118ème jour

Samedi 9 Août 2008.

La première partie du trajet sera la même pendant plusieurs jours. Je pars de mon camping Fossholl situé à Godafoss, et je roule vers le lac Myvatn. Arrivé au lac, il y a deux itinéraires pour rejoindre Reykjahlid, l'un contournant le lac Myvatn par le Nord, et l'autre par le Sud. L'itinéraire est plus court de 4 km par le Nord, et ne traverse aucun hameau, ce qui n'est pas le cas de l'autre, plus long donc, et aussi plus lent, puisqu'il comporte plusieurs limitations à 50 km/h. J'arrête l'itinéraire de cette première carte à l'arrivée au lac, la carte suivante étant une carte détaillée du lac, sur laquelle vous verrez mon trajet autour du lac, ainsi que mes randonnées.

Cette fois, je me dis qu'il faut que je bouge un peu, sinon je vais m'ankiloser.

Du coup, contrairement à mes habitudes avec Myvatn, je suis sur la route à 11 heures, et sur le site à midi!

Le site. Myvatn, puis route 863 vers le Nord, vers Krafla.
Juste à côté du cratère Stora-Viti, si vous vous souvenez.

 

Les dernières éruptions du Krafla se sont produites en 1975, le 27 avril et 8 septembre 1977,  10 juillet 1978, 16 mars, le 10 juillet et le 18 octobre 1980, le 30  janvier et le 18 novembre 1981,
La dernière éruption, de type fissurale, s'est produite du 4 au 18 septembre 1984, avec une coulée d’une extension maximale de 9 km et de 1 à 2 km de large, pour 6 à 11 m d'épaisseur. Après 2 jours d'éruption fissurale, la lave sortit d'un cratère et elle s'installa dans un chenal de lave très important de près de 6 km de long avec une largeur moyenne de 190 m. Certaines zones autour de la faille se sont affaissés de 2-3 mètres après l’éruption. Le volume de cette éruption qui ne dura qu'une quinzaine de jours a été estimé à environ à 110 millions de m3 de lave, ce qui est énorme pour une coulée de lave. Ainsi l'éruption de l'Etna en 1983 qui dura près de 130 jours, et dont la coulée fut déviée, c'est un volume de 90 millions de m3 qui fut émis.
Ces informations proviennent de ce site. Merci à eux.
Allez aussi lire celui-ci si vous voulez comprendre les paysages Islandais. C'est vraiment très bien!

 

Me voici donc sur le site de la dernière éruption, de type "fissural", et datant de 24 ans seulement.
Cette coulée de lave porte le doux nom de Leirhnjukshraun .

Elle est noire, contrastant énormément avec les autres champs de lave que j'ai pu voir en Islande!
En arrière-plan, la zone géothermique de solfatares du Leirhnjukur.

Le chemin est extrêmement bien fait. Les Islandais semblent se mettre au goût du jour en matière d'accueil des touristes, mais surtout en matière de protection des sites. Ils commencent à s'apercevoir qu'il ne faut pas laisser les gens errer n'importe où. Ici, la lave est récente, et par conséquent encore "vierge" -plus ou moins- d'aggressions humaines. Or, la lave est extrêmement fragile, facilement cassable, et ils ont décidé de protéger la zone, et par conséquent de "canaliser" les touristes en les obligeant à passer sur un chemin de planches au-dessus de la zone. Les travaux sont en cours. Je leur donne entièrement raison sur ce point.

Revenons à nos moutons.

Ici, je longe une zone de laves anciennes. Remarquez les fissures, énormes, là encore. Le sol de toute cette région est soumis à d'énormes pressions!

Ici, la grosse tache de Jupiter....

On retrouve des paysages semblables à ceux de Namafjall.

Le vieux champ de laves au premier plan.

Les petites vallées creusées par les écoulements de l'eau bouillante...

Bienvenue sur Mars... Ben oui, ma navette spatiale se déplace relativement vite!

Les mouvements tectoniques continuels ont bouleversé cette vieille lave, qui s'est ouverte, fracturée, soulevée par plaques entières, certaines étant dressées comme des murs.
Quel chantier! Les dieux ont de la puissance, mais il laissent tout en plan derrière eux... Pourraient nettoyer un peu! Je préfère une belle fissure bien nette.

Le chemin aménagé dont je vous parlais. Un peu brut, mais il a le mérite d'exister.

Regardez le contraste entre les terres boursouflées par les vapeurs d'acide sulfurique, et dans la foulée, le vieux champ de laves complètement torturées!

A perte de vue... En tout cas, jusqu'au Krafla, que l'on aperçoit là-bas, et le cratère Stora-Viti avec les voitures que l'on devine sur le parking...

La lave cordée.

J'adore ce type de refroidissement de la lave. La couleur indique une forte activité de solfatares à cet endroit. Ces zones se déplacent.
Ces zones d'activité et de fumerolles se déplacent, celle-ci semble complètement arrêtée. On voit bien que tout est encore très vivant ici!

Et ça bouillonne très fortement par endroits!

La mare est importante, les couleurs fantastiques. Les rives bouent, chuintent, éclatent, et mille odeurs parviennent à mes narines, plus ou moins agréables!

Le chemin aménagé contourne la zone. Il y a plusieurs sentiers, et l'un d'entre eux va vers la lave récente.
C'est ce que je suis venu observer...

Là, j'entre vraiment dans un nouveau monde. Le contraste est saisissant!

Comme de l'eau, puisqu'il s'agit au départ d'une matière liquide, la lave épouse les courbes de niveau du terrain environnant, et suit les pentes!
Puis elle se fige, dans toutes sortes de positions, en se refroidissant.
Le spectacle en temps réel doit être fabuleux, quand je vois combien c'est encore impressionnant une fois tout pétrifié!
Attraction terrestre oblige, tout le monde y est soumis...

Et que de constrastes tout autour de moi. Les fumerolles, les solfatares, l'herbe, la lave noire, les vieilles laves plus loin...
Regardez là-bas la coulée noire!

Oui, c'est incroyable mais vrai. La lave fume encore! 24 ans...
Alors, est-ce la lave qui fume, ou bien des zones encore très chaudes sur lesquelles l'eau coule et s'évapore? Je pense à la deuxième solution.
Mais en tout cas, une chose est absolument certaine. Sous mes pieds, à quelques mètres seulment, c'est chaud, voire très chaud!

L'éruption était fissurale, ce qui signifie que la lave a utilisé les fissures existantes pour s'écouler.

Mais elle s'est aussi échappée de ces grosses bouches éventrées, comme celle-ci, qui se trouvent très certainement sur le chemin de la faille!

Un photographe peut facilement s'installer ici pour une journée entière. Avec un pied, forcément! Je n'en ai pas.
Mais je vous garantis une chose. Il faut s'arrêter, prendre le temps de se baisser, et regarder de près. C'est inouï.
Le nombre de combinaisons offertes par dame Nature, ici sous forme de lave, est infini.
Les formes, les couleurs, la consistance, tout varie, tout est différent, tout est incroyablement beau.

Et tout est si fragile. J'ai touché. Il ne faut pas forcer beaucoup pour casser, c'est friable, et les Islandais ont raison de préparer des chemins.
Ici, dans la lave, il n'est que délimité, à peu près. C'est bien, ce n'est pas assez. des gens s'écartent, piétinent, cassent...

Je vous le disais bien. Ce volcan éventré, une des bouches d'échappement utilisées par le monstre, est bien sur une fissure!
Et c'est chaud en dessous. J'ai mis ma main, et j'ai très bien senti la chaleur sur ma peau.
On voit très bien d'autres fissures appraître sur les flancs du volcan.

Le minéral est aussi joli que le végétal, mais plus difficile à voir.
Par contre, un avantage pour la photographie, ça ne bouge pas!

Regardez-moi ces formes infernales!

La composition des laves est très variée, comme on peut le voir. J'ai fait toutes ces phtos du même endroit!

Enfin, à deux-trois mètres les unes des autres. C'est époustouflant.

J'arrête ici cette petite série. Mais je trouve ça tellement joli. Mon plus grand regret, est de ne pas avoir l'appareil photo adéquate. Mon objectif-zoom est de très piètre qualité, et mes photos n'ont pas la finesse que j'aimerais, loin s'en faut. Mais bon, c'est déjà ça.

Un petit groupe -ils étaient trois..- de jeunes Français me dépasse. Ils prennent un chemin à peine visible dans le champ de laves, et s'installent pour un pique-nique.
Ils me donnent faim. J'ai tout laissé avec Akitsu. J'ai juste mangé quelques cuillérées de muesli sur le parking. Pas terrible.

Il y avait une magnifique BMW 1200 GS près d'Akitsu, et j'ai pu discuter un moment avec leurs propriétaires. Un jeune couple d'Italiens. Très sympas. Ils sont déjà venus hier, mais comme il pleuvait, ils voulaient absolument revenir avant de poursuivre leur périple vers Akureyri. Ils m'ont dit qu'ils avaient une Transalp auparavant, superbe machine.

J'ai regardé Akitsu. Elle n'était plus bleue, mais rouge de confusion... Bon, elle a retrouvé sa vraie couleur, ouf!

Encore quelques photos de minéraux.

Et par moments, des zones orangées, rougeâtres... Toutes les couleurs.

L'immense champ de lave du Leirhnjukshraun. A droite, le petit chemin que je longe. je me suis légèrement écarté pour prendre cette photo.

On reconnaît immédiatement, à sa couleur noire, la lave la plus récente.

Le volcan éventré dont je parlais plus haut. La partie ouverte est difficile à voir, regardez bien la photo, et vous verrez l'ouverture béante par laquelle une partie de la lave s'est épanchée.
Au premier plan, les traces sur la lave noire sont dûes à de la mousse. Eh oui, le végétal est déjà là, et commence sont lent travail de récupération du site.
Ainsi va la Nature. Ce n'est pas notre rythme infernal. Je trouve cependant que mon rythme personnel n'est pas infernal non plus, surtout depuis quelque temps!

Encore de la lave cordée sur les bords. J'adore ça.

Non, ce n'est pas une tentative de pavage-dallage de la surface du Leirhnjukur! Je vous le dis, le sol bouge, s'ouvre, se referme, s'écarte...
Et la croûte de lave de vet endroit précis, pas très épaisse, ou du moins elle-même formée de couches disparates, se fendille sur cette épaisseur précise, correspondant à une couche précise. Par-dessous, des fumées s'échappent. vapeurs de souffre, odeur caractéristique, qui va jusqu'à transformer la couleur initiale de la lave!

Au premier plan, à gauch, encore une ancienne bouche de feu, sûrement aussi sur la fissure principale!

Surréaliste, ces couleurs orange. Il s'agit de la zone de solfatares traversée au départ de la balade.

Magnifique pierre ponce.

Vue d'ensemble du site vers le Nord. On voit très bien à droite que la lave a contourné les zones plus élevées!

Je monte maintenant sur ce que je crois être le Leirhnjukur en personne!

Des ponts de lave, des cavernes par en-dessous, des fumerolles qui s'en échappent...

Inquiétant. Il est toujours vivant. Pourvu qu'il attende que je reparte avant de s'étirer...

Sur les flancs du monstre, qui fume toujours! En mettant le premier plan droit, j'ai complètement penché l'arrière! Je ne m'en suis pas aperçu sur le coup, dommage!

Très imaginative, dame Nature, sur ce coup là. Je suis bluffé! Bravo, très beau travail.

Si je vous dis que ça fume encore, vous pouvez me croire...
Toujours est-il que c'est très trompeur, et que la fumée ne se voit pas toujours. Mais il suffit d'introduire la main dans les ouvertures entre les plaques de lave, et on comprend de suite!

Un des enfants du monstre figé en plein mouvement, alors qu'il sortait gueule ouverte du flot de lave dans lequel il se baignait... Ouf! Il était temps.

Au loin, le Krafla et le Stora-Viti.

Encore une bouche. Non, pas d'égoût... Elle est trop facile, celle-là, Toto!

Le Hlidarfjall. Et la grande fissure orientée Nord-Sud, qui court vers le lac Myvatn. On le devine à gauche.

Encore une fissure coupant presque cette nouvelle bouche en deux. En fait, le feu est bien sorti des fissures, et aux endroits les plus chauds, des cônes se sont formés.

Vue vers le Nord, depuis les sommets de solfatares du Leirhnjukur.

L'étang de solfatares vu au début de la balade.

Le Krafla et le cratère Stora-Viti visité la semaine dernière.

Vers le Sud. Contre-jour. On voit bien le lac Myvatn. Un chemin descend jusqu'à Reykjahlid, que j'aimerais tant parcourir, mais je ne le ferai pas seul.

Le chemin vers le parking. A gauche, celui par lequel je suis monté, et à droite celui par lequel je redescends.
La zone verte est un ancien champ de laves complètement recouvert de mousses épaisses, du plus bel effet.

Une magnifique fissure dans la lave.

La navette fait un nouvel atterrissage -pardon, amarssissage...???- sur Mars!

La coulée Sud descendant vers Myvatn.

Magnifique!

La terre s'écarte... Invraisemblable. Et pourtant, c'est vrai! La preuve.

Le plus vieux champ de laves, recouvert de mousse, comme je vous en parlais. Cettet fois vu du bas. Même les fissures ont été boiuchées par la mousse.
Il est interdit de marcher ici, et c'est bien ainsi.
En arrière-plan, les solfatares du Leirhnjukur.

Vue sur le Krafla.

Allez, je redescends maintenant vers le Myvatn, désireux de trouver l'autre grosse fissure, la Storagja.

La voici. Elle se trouve pratiquement à l'intersection de la route n°1 vers Namafjall. Regardez sur la carte, la trace jaune.

On la voit ici, courant vers la route n°1, qui l'a recouverte par la même occasion. Elle est très profonde, large, et semble ouvrir un deuxième front sur la gauche.

Je la longe sur environ 300 mètres, essayant de trouver un bon angle pour faire une photo dans l'axe.
Un mur a été érigé en pierres de lave. Je n'en ai pas vu souvent en Islande -je parle des murs-, alors qu'il y en avait tant en Angleterre et en Irlande.
Le chemin suit un peu le mur, qui, de son côté, surplombe la fissure, m'empêchant de poursuivre ma quête, me barrant le chemin, en quelque sorte!

La fissure, vue depuis le mur en question.

Une grosse pierre de lave, comme celles utilisées pour faire le mur.

Je reviens donc sur mes pas, et me penche vers le fond. Très impressionnant!
Surtout, les parois de la fissure. Ces énormes blocs rocheux, on dirait... presque des piliers, les piliers d'un temple!

Je retourne donc vers la route, car j'ai aperçu à l'aller un escalier permettant de descendre au fond de la fissure.

Des blocs rocheux se trouvent au centre, désolidarisés de chaque côté, la fissure les ayant coupés de leurs racines.
Elle a écarté la roche là où les forces soudant les atomes étaient les moins fortes!

Comme cette rangée centrale, ici, détachée par trois côtés, et qui s'est brisée net, fêléé de bas en haut, comme la coquille d'un oeuf!

Vus du dessus, les blocs rocheux paraissent encore plus imposants. D'énormes piliers, je vous le disais bien!
Au fond, la végétation s'installe, forcément.

Plus loin, un des piliers s'est effondré vers l'autre côté, n'ayant pas voulu céder à la base!

Ici, une grosse fissure longitudinale.

Un énorme bloc semble prêt à tomber. Et dire que je marchais tranquillement en-dessous! Un jour ou l'autre....
Je vous aurai prévenus...

Je suis descendu. Ah, vous l'aviez remarqué aussi?
On dirait presque le début de la taille de visages de chefs, un peu comme les statues de l'île de Pâques.
Regardez justement comme les coupures sont bizarres!

Soulevées de terre, les énormes colonnes de pierre sont soulevées! Comme des alumettes....

Cette fissure est vraiment très belle aussi, et vaut le détour.

Regardez comme le passage est, par endroits, étroit! Et la végétation au fond est un peu celle d'une forêt vierge!

Belle fissure longitudinale.

Très difficles à photographier, compte tenu de leur hauteur vue du bas, et du peu de recul qui m'est imparti.
En effet, le chemin au fond contourne les blocs.

Je ressors du labyrinthe, enfin, pas trop difficle non plus. La structure vue du dessus, en train de s'effriter lentement.

Retour vers la route. La faille Storagja vue donc pratiquement depuis la route.

Je pense que vous reconnaissez facilement mon volcan préféré, j'ai nommé le Hverfjall.

Ici en entier, vu depuis le parking à l'intersection entre les routes 848 et 87, au Nord-Ouest du lac Myvatn.

Le Blafjall, au Sud-Est du lac, à 1.222 mètres.

Le même, au zoom.

Et la route n°1 vers Godafoss. Celle que je connais maintenant par coeur. De très grandes lignes droites. ici peu de kilomètres avant Laugar.

Du même endroit, zoom sur l'hoziron Nord-Ouest, vers les montagnes en face d'Husavik.

Et un zoom maxi vers mon restaurant Fossholl. Le camping est derrière le bâtiment.
On aperçoit parfaitement bien la moitié de Godafoss en arrière-plan, à droite!

 

Voilà? Retour au bercail. Fatigué, mais content d'avoir visité ces deux sites, qui valaient largement le dépalcement!

 

630 photos. 128 km

Depuis le départ, 15.543 km
Depuis le départ, 39.879 photos
Compteur Akitsu, 29.554 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 132 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 338 photos

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