121ème jour

Mardi 12 Août 2008.

Bon, cette fois, je suis décidé. ce sera aujourd'hui ou jamais!

Je vais voir comment est le paysage au bout de cette maudite route...
Pourquoi maudite? Parce que c'est encore une de ces routes sans goudron!
Qui abîme mes pneus, ma carosserie, mes suspensions. Qui ne m'apporte aucun plaisir...

Enfin, passons. la curiosité est la plus forte.

14h30. C'est parti. Le long de la belle Skjalfandafljot.

Je sais que la première partie est "supportable", jusqu'au pont, puisque je l'ai déjà faite le jour où je suis allé voir la belle Aldeyarfoss.

Eglise de Lundarbrekka.

Ensuite, c'est la 843. Rappelez-vous, la première partie est en fait la 844 (la carte est fausse).
Aïe, ça se gâte! Par moment, sur 40 ou 50 mètres, c'est l'enfer, et il vaut mieux passer au pas.
La première fois, j'ai continué à 60/70 km/h, mal m'en prit... J'ai cru qu'Akitsu allait se désintégrer.

C'est donc bien ça le problème. Tu ne peux pas quitter la route des yeux, et donc te laisser aller à profiter du paysage, comme j'aime le faire en laissant Akitsu filer comme elle le veut. Ici, je dois prendre la main, et donc bosser. Et je n'aime pas bosser.

Quelques formations volcaniques assez souvent vues en Islande. des monticules de toute taille, pointus, comme ici.

Je m'arrête pour laisser passer un bus -et faire quelques photos! Mais que fait-il ici, en dehors des circuits touristiques traditionnels?
Je quitte en effet le cours de la Skjalfandafljot pour suivre, de loin, celui de la Sudura, qui se jettet d'ailleurs dans la Skjalfandafljot.

La voila, la Sudura, qui traverse le considérable champ de laves Sudurarhraun.

Au loin, la vallée de la Skjalfandafljot que je viens de laisser, Fosholl et Godafoss étant sur la droite.

Ce sont de grandes, très longues lignes droites. Sur les hauteurs, la route est un peu mieux.

Vers l'Est, une immense plaine. En fait, un champ de laves aux dimensions colossales, comme diraient nos amis Allemands!

Et que vois-je ici, vers l'Est? Le Blafjall, 1222m, que je voyais aussi très bien au Sud du Myvatn.

Et très loin, au Sud-Est, ne serait-ce pas l'Herdubreid (1682m) qui domine toute la région, et auquel on ne peut échapper si d'aventure on va vers l'Askja?

Cette zone est connue sous le nom d'Utbruni.

Zoom sur le Blafjall. Quelques moutons dans la lande... enfin, sur la lave!

Vers le Sud-Ouest, la vallée de la Skjalfandafljot, que l'on voit encore.

Et, et... Mais oui, mais c'est bien sûr!
Le parking de la cascade Aldeyarfoss, et la profonde cassure que l'on devine!
Je reconnais même sans peine le chemin qui y conduit.

Et on aperçoit, sur la gauche, le Svartarvatn. But de ma balade.

Svartarvatn. Ici commencent ce que les Islandais appèllent les hautes-terres, le grand désert du centre.

Au zoom maxi, de l'autre côté, la cassure géologique dans laquelle s'engouffre la Skjalfandafljot. On devine presque le nuage de vapeur de la cascade Aldeyarfoss.
Au loin, en face, une voiture suivie de son nuage de poussière quitte la F26 et( s'engage sur la route 842.

Et alors? Que vois-je vers le Nord-Est? Mais oui, pas de doute! Le Hlidarfjall, qui se trouve au Nord du Myvatn.
Distance à vol d'oiseau: 42 km...

Et là-bas, je ne r^ve pas! C'est bien ça, aucun doute là-dessus. Le Namafjall, les fumées des deux usines géothermiques et, tout au fond, le Krafla, évidemment.
Distance du Krafla, à vol d'oiseau: 48 km... Une paille!

Le Svartavatn

Vieille maison de Svartarkot. En cours de restauration, je pense.
Une école a été ouverte ici, j'ai vu un site sur Internet. Je pense que le car, que je retrouve, est venu pour ça.
Mais alors que je voulais continuer, je suis littéralement couvert de mouches en quelques secondes, à tel point que j'ai à peine le temps de prendre la photo.

Une autre vieille maison de Svartarkot .

Je ne poursuis pas sur le chemin, que je crois être un cul-de-sac, puisque la ferme est devant moi, et l'école à droite, et le lac en face!
Je me trompe, j'aurais dû continuer, le patron du restaurant de Fossholl m'a dit qu'il fallait poursuivre (après coup), et je n'ai pas eu le courage, avec toutets ces mouches, de sortir la carte!
Quel dommage! Je m'en veux vraiment maintenant, mais bon, je ne vais pas retourner. Occasion manquée!
Et pourtant, au-delà de Svartarkot, un chemin continue dans la lave, et va jusqu'à Askja. Et je voulais voir si je pouvais faire quelques kilomètres le long de ce tracé...

Je vais demi-tour, et aperçois un chemin sur ma droite. Une décharge automobile se trouve ici.

Je continue un peu, puis décide de continuer à pied.

Il y a un peu moins de mouches, mais... Mais j'y pense, je devrais normalement avoir mon filet acheté en Ecosse.
Bingo!

Le filet sur le tête -pas très pratique, mais tellement mieux que les mouches!-, et l'appareil-photo à la main, et me voici parti à l'aventure...

Au loin, le désert de laves et de pierres au-dessus de la cascade de Aldeyarfoss.

Tellement beau! En face, l'immense champ de lave de la Sudura, le Sudurarhraun, je vous l'ai déjà dit. Qui s'arrête curieusement à la rivière.
De mon côté, le terrain est complètement différent. D'origine volcanique sans aucun doute, mais ce ne sont pas les plaques de lave que je vois en face!

Je m'imagine commençant un trek ici. Oui, mais facile... Je n'ai aucun sac. En conditions réelles, avec par exemple de la pluie, le sac, la nourriture.
Hum... Ce ne serait pas du tout pareil!

En tout cas, je suis rapidement émerveillé par une nature généreuse. Le courant est assez puissant, et il n'y a pas de gué ici.
Un sentier suit plus ou moins la rive. Est-ce un sentier, un chemin de moutons? Ah, j'aperçois des traces de chaussures. Qui a déjà vu un mouton avec des chaussures?

Au fond à gauche, l'énorme masse de l'Herdubreid, à environ 45 km d'ici à vol d'oiseau. A mes pieds, le magnifique flot de la Sudura.

Pas très profonde, mais le courant est tout-de-même vigoureux, et je ne me verrais pas traverser ici. J'estime la profondeur à environ un mètre, minimum!

Détatil sur le champ de lave en face. Je ne voudrais pas avoir besoin de le traverser, car pour "casser" un rythme de marche, je ne crois pas qu'on puisse faire mieux!
Les différentes forces tectoniques du pays l'ont quelque peu bouleversé...

Je savoure ces moments avec beaucoup de délice.

Le chemin se perd tantôt dasn la végétation, mais lorsque cela arrive, je me dirige vers la rive et j'en retrouve un autre.

Des canards s'envolent à mon approche, parfois surpris. Ils suivent alors la rivière en un vol rasant du plus bel effet.
On dirait un groupe de chasseurs bombardiers, leur vitesse est très impressionnante, et je suis resté un long moment pensif après un de leurs passages, tellement j'ai été secoué par la grandeur de ce moment privilégié! Ici, aucune trace humaine, à part peut-être au loin le toît d'une des maisons de Svartarkot, quand j'en vois un!

Vers le Sud-Est.

Vers l'Ouest. La Sudura se dirige vers la Skjalfandafljot, comme je vous l'ai dit.

Restes d'un champignon.

La silhouette caractéristique de l'Herdubreid une fois de plus.

Une petite île au mileiu de la Sudura, certainement un bloc de lave échoué ici.

Sur ma gauche, quelques collines couvertes de pierres, et sur lesquelles la végétation a du mal à s'installer.

Panique à bord. Un humain approche. Sauve-qui-peut!
Admirez en arrière-plan la chute absolument parfaite et naturelle de la Sudura. C'est tellement parfait qu'on dirait pratiquement un toboggan bleu, une surface lisse et dure!

Pas très net, mais j'ai été encore plus surpris qu'eux!

Et en toile de fond, l'Herdubreid, toujours. D'ailleurs, je ne vois vraiment pas pourquoi il serait parti!

Et encore un vol à raz de l'eau. C'est la fête. je suis ébloui et en même temps émerveillé de voir tant de vie!

Il faut dire que l'eau, avec le courant continuel et la "propreté" de l'environnement, doit être très propice à la vie et à la nourriture des canards.

On aperçoit les plantes au fond de l'eau. Je pense que ces canards ont, en quelque sorte, trouvé ici une sorte de paradis!

Une des maisons de Svartarkot.

Encore ces formations typiques, ces monticules pointus, que je vois si souvent.

Svartarkot, vers le Nord-Ouest.

Les couleurs sont affreuses. Le zoom est au maximum. Mais...

Vous voyez ce que je voyais? L'immense glacier, à l'horizon. Le Vatnajökull, forcément! A 60 km, c'est bien normal.
Les champs de lave au premier plan, et la Sudura.

Je remonte vers Akitsu en essayant de couper en ligne droite.

Difficile! Je dois traverser plusieurs fleuves... Enfin quoi, ma tête à couper si ce que vous avez devant les yeux n'est pas le cours d'une rivière violente!
Et il y en a plussieurs à suivre. je ne comprends pas bien... Est-ce récent? Est-ce rempli au moment de la fonte des neiges?
Ou bien est-ce très ancien? En tout cas, tous se dirigent vers la Sudura!

Après la superbe nature que je viens de voir, c'est un contraste saisissant. Je l'avais bien oublié, celui-là!

Des ballots de paille en train de pourrir! J'ai vu ça tellement souvent, et ça m'énerve tellement... Pourquoi produire?
En France, c'est tout-de-même écoeurant, car j'en ai vu beaucoup justement l'année où l'on manquait de fourrages.
Pourquoi ce gâchis? Subventions pour créer?

Le feu dans la montagne? Non, tout simplement une voiture qui trace au loin sur la 842!

Herdubreid tout au fond (1682 m), derrière Eggert et Kollottadyngja (1332 et 1177m)

Et je quitte les terres de Svartarkot...

Retour vers la vallée de la Skjalfandafljot, que l'on voit très bien en bas. Une voiture passe sur la 842, telle une fusée à réaction!

Je me rapproche de la vallée.

la montagne sur l'autre versant, de l'autre côté de la Skjalfandafljot.

Un exemple des endroits complètement défoncés dont il faut particulièrement se méfier.
Pas envie de casser une patte à Akitsu!

Je ne sais pas si je vous ai déjà montré ce genre de situation. C'est assez courant en Islande.
Il y a énormément de routes avec des sommets de côte sans aucune visibilité, et c'est la parade pour éviter des accidents.
Et je suis bien certain que ça en évite!

 

Et je rejoins la Skjalfandafljot.

Vraiment pas fâché de quitter cette vilaine route.

Coup d'oeil arrière vers une des fermes.

Le long de la rivière, je vois des groupes importants d'oies sauvages. C'est vraiment superbe!
Je ne les avais pas vues à l'aller.

Mais tout le monde se sauve à l'approche d'Akitsu!

Pourquoi tant de haine envers elle, si sage!

Et finalement, arrivée en vue de mon camping préféré. J'aperçois ma petite maison, que je suis tout heureux de retrouver!

Une belle balade, avec quand même une petite pointe d'amertume de ne pas avoir poussé plus loin l'aventure avec Akitsu!
Néanmoins, la vie le long des rivières m'a emballé, et c'est tant mieux!

Merci de votre attention.

 

430 photos. 90 km

Depuis le départ, 15.633 km
Depuis le départ, 40.326 photos
Compteur Akitsu, 29.644 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 129 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 333 photos

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