147ème jour

Dimanche 7 Septembre 2008.

5h30. Trop tôt? Oui.
6h10. C'est bon, debout, j'ai de la route aujourd'hui!

ET je démarre à 7h20... Il y avait bien longtemps que je n'avais pas été si rapide!

Il fait 8 degrés. Mais j'ai mis ma couverture maximum, cette fois, car je n'ai pas envie d'avoir froid.
Le ciel est couvert, et très humide. La température monte très doucement, et finit par se stabiliser aux alentours de 10 à 12 degrés.

Il y a 3 tunnels, dont un de plus de 7 km, tous payants. Sauf pour les motos!
Ce sont des choses appréciables, car il y en avait en tout pour presque 120 NOK
La route est belle, mais comporte énormément de limitations, avec beaucoup de contrôles radar.
J'ai respecté la totalité, y compris sur de longues portions à 50 km/h, sans maisons!

Je passe la frontière Suédoise à 10h30. Totalement inespéré.
C'est la première fois de ma vie que je viens en Suède.
Je voulais photographier les panneaux à l'entrée, mais il pleut à verse!
Et 12 degrés sur le thermomètres d'Akitsu.



Petit à petit, la pluie diminue, et doucement, très doucement, la température augmente.
Je suis sur la E6, c'est l'autoroute. Vitesse limitée à 110 km/h jusqu'à Göteborg, sauf quelques portions de travaux.

Je suis à Göteborg à 12h30. C'est incroyable, je suis super content de moi -pour changer... Ben non, en fait, je suis presque toujours content de moi!

Près de la station-service, dans laquelle je reste un moment pour consulter une carte routière.
Je fais une photo de l'IKEA... pour mes enfants, adeptes de cette marque!
Ouvert un dimanche, plein à craquer! Le parking est immense. Impossible d'y trouver une place!
Me revoici dans la société de consommation...
Travaillez, gagnez de l'argent, et dépensez-le abondamment le dimanche, jour de repos, comme ça vous gagnez le droit de continuer à bosser...

Vite, je me sauve!

Je fais une très belle pause déjeûner peu après Göteborg. Je m'installe sur une des tables de camping, et me fais un bon repas. Pain, sardines, muesli, banane.
Il y a là un auto-stoppeur américain, qui visite le Nord de l'Europe depuis 3 mois. Il est jeune, mais n'est pas étudiant et n'a pas de boulot. Il se dirige sur Copenhague, où il espère bien dormir ce soir. C'est le contraire de moi. Il recherche les villes, je les fuis...

La température est maintenant de 17 degrés. C'est incroyable.
Finalement, elle va monter jusqu'à 21 degrés. Le temps est lourd.

Je roule entre 80 et 90 km/h depuis Göteborg, alors que cette partie d'autoroute est limitée à 120 km/h.
Seulement, mon pneu arrière est maintenant lisse, et je ne veux pas le chauffer de trop. Comme j'ai assez souvent regardé les "Grands Prix" auto à la TV (un de mes fils a été mécano en F1...), je sais que plus on roule vite, plus les pneus chauffent, et plus vite ils s'usent. Et un pneu usé peut éclater s'il chauffe trop. Tout le long de la route, j'ai essayé de rouler sur les parties humides.
Il me reste encore pas mal de km, j'espère qu'il tiendra!


J'arrive vers 16 heures au camping répertorié pendant mon temps libre aux îles Féroé. Le gars arrive. Il ne prend pas la Carte Bleue.
Il accepte les euros. Je n'ai qu'un billet de 100 euros, il veut me rendre la monnaie en Couronnes Suédoises. Je ne veux pas.
Il me dit sèchement d'aller ailleurs. Je lui dis qu'il me reste des pièces en euros, je compte devant lui. Il me reste 11 euros.
Il n'en veut pas. Je lui demande gentiment s'il connait un camping dans le coin. Il me dit "non".
Je lui dis: "Allez, soyez sympa, c'est votre pays, vous en connaissez sûrement". Il me tourne le dos et s'en va.
Là. Ben, ça s'appelle se faire clouer le bec!

C'est mon premier Suédois! Je ne vais pas généraliser, non!

Du coup, je m'en vais, je n'ai pas d'autre chose à faire, n'est-ce-pas? La tête basse. Encore un peu abasourdi...
Juste pour vous dire, il avait quand même ouvert son portefeuille, et j'avais remarqué qui était plein d'euros.... et qu'il pouvait me rendre la monnaie sans problème!

Alors, vous savez ce qu'il décide de faire, le gars Jef?
Non? Vous ne voyez pas?
Ben... Je quitte la Suède! Je comptais prendre le ferry demain matin, le plus tôt possible.
Je le prends maintenant. C'est à 30 bornes, ou 40, je ne sais pas trop. Mais je camperai au Danemark, il y a des campings là-bas aussi!

J'arrive au ferry à 16h25. A Helsingborg. La traversée dure 20 minutes, et il y a un départ toutes les 30 minutes, aux heures et demi-heures pleines. Je le savais. J'avais regardé tout ça lorsque j'étais à Torshavn, dans mon camping aux îles Féroé, les jours de mauvais temps! Donc, je pensais le prendre à 17 heures. Que nenni.

Je vais à l'appareil automatique, je n'y arrive pas, je ne comprends rien! D'ailleurs, soit dit en passant, j'ai peur de vieillir aussi à cause de ça... Là, soudain, je me suis un peu senti comme un p'tit vieux qui ne comprenait rien. Et pourtant, j'ai des tas d'années d'analyste programmeur derrière moi... Vous me direz que c'est peut-être à cause de ça... Passons.

Il y a un guichet d'ouvert, pour ceux qui payent en espèces. Je vois les voitures monter dans le ferry. J'appèlle le gars, et lui demande s'il accepte ma carte bancaire. OK, dit-il. Venez. Et voilà. Je vais vous dire un truc: ces gens là sont des businessmen, et j'ai beaucoup apprécié. Si j'avais eu à faire à des fonctionnaires, avec une procédure "machin", c'était perdu d'avance.
Donc, la petite Akitsu fonce vers le ferry. C'est la dernière à y rentrer. Les barres se relèvent aussitôt derrière moi!

Le ferry démarre déjà. Je suis certain qu'il a démarré avant que je n'arrête le moteur d'Akitsu! Et j'avoue que ça m'a beaucoup plu.

Je crève de chaud. J'ai toujours ma tenue de ce matin. Dans le ferry, la température est au moins de 30 degrés! C'est extrêmement orageux.

Peu importe. La joie m'envahit. Je retrouve ma drogue alors que je suis "en manque"... Je me lâche complètement. Un mitraillage commence. Je ne peux pas m'arrêter!

Je quitte la Suède avec plaisir. Ma visite fut bien courte, une des plus rapides qu'il m'ait été donné d'effectuer! Mais c'est sans regret. Je reviendrai, évidemment...
Le ferry accélère. Il va vite. La ville d'Helsingborg apparaît lentement sous mes yeux. Elle doit avoir un beau coeur historique. Je n'en ai rien vu.

Mais je dois bien reconnaître que ces villes portuaires m'intéressent peu.

Un beau zoom sur le front de mer.

Je me retourne vers l'avant maintenant. Le trafic maritime est intense, c'est la valse des ferries. Au loin, le Danemark, et la ville d'Helsingor.
J'ai du mal à retenir le nom de ces deux villes, si proches physiquement, si proches par leur nom, et en même temps si éloignées.
Helsingborg/Suède et Helsingor/Danemark...

Vers la Suède à nouveau, avec une timide percée du soleil à travers les nuages. Un rivage plat, un rivage sans relief, comme je ne les aime pas...

Au revoir, la Suède.

Bonjour, le Danemark. Le même rivage plat. Le Danemark est un pays complètement plat. Enfin, pas tout-à-fait. Je souris en y repensant. Une conversation avec les motards Danois rencontrés à Torshavn. Ils m'ont dit que les Hollandais aimaient venir au Danemark pour leurs montagnes. Et ils souriaient en me disant ça. Oui oui, nous avons quelques collines...

La circulation maritime ne doit pas être facile, et notre ferry actionne souvent sa sirène pour éloigner les petits bateaux croisant autour de sa route.

Il vaut mieux ouvrir l'oeil, d'autant plus que notre vitesse est très loin d'être négligeable!

Transport de troncs d'arbres.

Le château d'Helsingor/Danemark.

Et me voici au Danemark une demi-heure plus tard. 17h. Heure Française, maintenant.
Je prends la E47, je sais que c'est la bonne, puis la E6. C'est ce que j'ai noté sur un papier.
Il faut vous dire que je navigue, depuis Bergen, sans aucune carte! Je me suis offert la traversée de la Norvège et de la Suède sans carte, ni GPS!

Pas mal, je suis content de moi. Oui, encore, je sais, mais c'est comme ça!

De toute façon, je ne vais pas rouler jusqu'à la nuit. Je suis un peu fatigué, et surtout trempé de sueur.
La circulation est dense, mais je sors de la ville plus facilement que je ne le pensais.


Tiens, un camping. Bingo.
Ah non, monsieur, désolé, pas de carte bleue, appareil en panne! Décidément, c'est mon jour de chance -...-, moi qui n'utilise la carte que très très rarement!
Il me reste 11 euros en petite monnaie, dis-je au patron.
OK, me répond-t-il, c'est bon. Normalement, je devrais vous faire payer un supplément, puisque vous n'avez pas la carte des campings. Mais bon, ça ira.
Très commerçant, le Danois.
Oui, je vais vous donner la salle TV, vous serez tranquille pour travailler.
Formidable!

Voilà, les p'tits loups. Il y a des gens bien partout, même au Danemark.... ;-)

Du coup, à 19h30, sauvegardes terminées. Direction la tente, repas, lecture, dodo.

Tout est humide, presque trempé! Et comme il n'y a pas un souffle d'air, ça ne sèche pas. Pire, il y a des moustiques, ici. Je n'en avais pas vu un seul dans le Nord. Vous me direz, j'ai eu les midges et les mouches, et je me demande si je ne préfère pas les moustiques! Si si, je suis sincère. Car s'il en rentre un ou deux sous la moustiquaire, ils sont vite éliminés. Par contre, s'il rentre 3.578 midges, c'est nettement plus long...

Mais peu importe, finalement. Je suis heureux. Le Danemark!
Et Akitsu qui s'est défoulée et a parcouru 645 bornes sans même être fatiguée. Une bécane fantastique!

Et demain, c'est plus cool, puisque le ferry est déjà passé!
L'Allemagne n'est plus très loin, et derrière l'Allemagne se profile déjà la carte de France...
La descente est rapide!

78 photos. 645 km.

Depuis le départ, 17.501 km
Depuis le départ, 43.663 photos
Compteur Akitsu, 31.512 km

Moyenne quotidienne depuis le départ - 119 km
Moyenne quotidienne depuis le départ - 297 photos

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