Europa2014 : 10 avril

Jeudi 10 avril 2014 - 362 km - 222 photos (3229-1245)
J'ai pourtant bien regardé, mais pas vu Nessie...

Nuit froide, accompagnée de rafales de vent très violentes. J'ai toujours peur que le vent fasse tomber la moto, quand ça souffle comme ça, d'autant plus qu'elle est béquillée sur une herbe grasse et un terrain très humide ! La tente a ballotté, mais finalement, tout s'est bien passé.

Réveillé... par le réveil, donc à 7 heures. Départ du camping à 8h30... Temps couvert, et frais. Il tombe quelques gouttelettes alors que je termine de plier la tente. Elle est sèche, cool, pas besoin de faire sécher ce soir.

Au fur et à mesure que je roule, le ciel s'éclaircit, et voilà lmonsieur soleil qui vient enfin ! Tout est plus lumineux et coloré. Que vous dire sinon me répéter : rouler sur de telles routes, dans un tel environnement, avec une moto, c'est merveilleux. Je suis au milieu de la nature. La journée commence par une longue boucle qui me fait aller au fond d'une vallée, un "glen", comme disent les écossais.

Tout au bout, là où s'arrête la route, un grand parking -payant, je vous rassure, 2 £ pour la journée. Je croyais être seul, mais non, il y a plusieurs voitures, je vois des gens en train de s'équiper pour aller randonner. Puis il y a l'hôtel. Si j'étais riche, j'aurais dormi ici, Serparti a fait comme si...

 

Le retour se fait sur une route parallèle, tout aussi belle, naturellement.

Vue arrière. Au fond, les montagnes sont encore enneigées.

Quelques jolies demeures disséminées ça et là. Et toujours, un environnement soigné.

Mes amies les vaches écossaises. Adorables, et si belles. Ju, tu ne voudrais pas en mettre une sur ton grand terrain, à Comm. ?

Fini la rigolade, on attaque, ou plutôt on contourne, les Cairngorm Mountains.

Il y a une station de ski au sommet, et il reste quelques irréductibles. J'en vois un partir à pied sur un chemin caillouteux avec ses skis sur le dos. Au-dessus de lui, aucune neige visible. La marche va être longue, mais quand on aime...

En tout cas, ça caille, je peux vous le dire. De l'autre côté du col, une longue et splendide descente le long de cette belle rivière.

Je vous le disais bien, froide mais belle. Ou belle, mais froide, ça marche aussi....

Une énorme frayeur dans un beau virage, sur un pont. Au moment où j'arrivais au plus fort de la courbe, les roues de la moto allaient sur une belle bande de sable. Impossible de pencher là-dessus, je vais partir en glissade. Obligé d'écarter à droite, mais une voiture arrive. Le gars a dû avoir peur, mais sans doute pas autant que moi, je l'ai frôlé à quelques centimètres. Tout s'est passé extrêmement rapidement, comme toujours dans ces cas_là. Je me suis arrêté pour reprendre ma respiration. Serparti n'a rien compris.

Il y a un peu de circulation et de tourisme, malgré la saison. D'ailleurs, je ne vous l'ai pas dit, mais il y avait du monde dans le camping, hier soir. Enormément d'anglais passent leurs vacances dans des caravanes, encore, alors que ce mode de vacances est largement tombé en désuétude sur le continent. Mais vous savez, les anglais sont très lents pour changer d'habitude.

Une autre route, plus petite, et donc une autre rivière. Et moins de circulation.

Cette maison attire le regard, perdue et seule dans l'immensité.
Et quel style !

Tout un patchwork.... de couleurs.

Pas de gargotte sur la route. Je rentre dans un bistrot. Oui, pas de problème, vpous pouvez vous installer avec votre PC, le brancher sur l'électricité, surfer, et manger un sandwich. Le tout dit avec grande amabilité. Fantastique. Je m'installe, ce n'est pas rien, avec toutes les affaires à sortir, et... Mais où est donc passé mon adaptateur électricque ? Vous savez bien que les anglais ont des prises bien à eux ! Je dois me rendre à l'évidence : je l'ai laissé dans la prise du bistrot, hier soir. Forcément ! La guigne ! Bon, il me reste un peu de jus, le temps de vous transmettre les deux journées qui attendent de partir sur la grande toile. Au moins, vous aurez des nouvelles.

En sortant, la dame me dit que je pourrais peut-être en trouver au... Post-Office. Oui oui. J'y vais, c'est à deux pas. Et... YES. 2,95 £ l'adaptateur. Pas cher et, en plus, mieux que le mien qui n'acceptait pas ma rallonge. Affaire réglée !

 

Retour dans la nature. Je suis servi. Avec ça, le ciel est de plus en plus bleu, c'est le bonheur.

Pour vous montrer un peu les pancartes. Nous roulons sur la Highland Tourist Route.

J'avais bien préparé l'itinéraire. Ici, une route encore plus petite, au milieu de nulle part.

Un petit loch aux eaux glaciales -vaguelettes à cause des belles rafales de vent- et, bien camouflée, cette belle demeure.

La route s'étire à travers les landes couvertes de bruyère brûlée par la neige. Bien sûr, en été, c'est vert, un autre charme. Mais là, j'apprécie tout particulièrement le fait de ne pas voir de midges...

Si je vous dis : un vieux pont... Franchement, ce ne devait pas être simple de passer à cheval là-dessus ! Et en carriole...

Après bien des péripéties autour d'Inverness (je cherchais une station d'essence, j'ai roulé 65 km sur la réserve, et en plus, il restait encore théoriquement 4 litres.... J'ai fait 465 km avec mon plein, et théoriquement, je pouvais encore en faire une centaine....), j'hésite sur la conduite à tenir. Il est tard, et si je suis mon parcours, j'en ai pour un moment. Allez, soyons fous, on fonce...

J'ai bien fait ! Là pour le coup, à part deux trois fermes, et des agriculteurs, je n'ai croisé personne.

Mais dieu que c'était beau, et aventureux !

Féérique.

Mes potes les moutons.

Puis la route se dégrade, devenant doucement un chemin. Aïe, ça sent mauvais, mais c'est ça, l'aventure, ne pas savoir ce qui va advenir, s'il va falloir rebrousser chemin ou non, ce qu'on va trouver devant.

Vous savez comment s'appelle ce lac, là-bas ?

Le...

loch...

Ness.

Vous savez, là où réside Nessie...???

Cherchez partout, des photos du loch Ness prises sous cet angle, vous en trouverez très peu. Je suis aux anges d'avoir dégotté cette route.

Une barrière, et, devant, des vaches. Pourvu qu'il n'y ait pas de taureau ! JJe manque me casser la margoulette dans la bouse de vache, elle aurait été bonne, celle-là ! Cétait chaud, faut être prudent, Jef, ça glisse, ici.

Ouf, le plus dur semble passé, ça redevient plus praticable. Mais c'est absolument magique, le coin est inoubliable.

Le loch Ness en arrière-plan. Une descente extraordinaire sur cette route avec six ou sept épingles à cheveux et une forte pente, et un souvenir inoubliable. Alors que je descendais de la moto, en me retournant, une voiture ! Moteur silencieux, pas de coup de klaxson, elle attendait patiemment que je prenne ma photo ! Elle me dit de faire très attention dans la descente, elle semblait inquiète. Certainement la fermière du haut, souriante, aimable.

Et voilà, retour sur le plancher des vaches. A ma gauche, le superbe loch Ness, dans une ambiance de lumière vespérale magnifique.

Je fonce sur Inverness, il s'agit maintenant de trouver un camping. Toute la longuer du Ness dans cette superbe lumière, j'en ai pris plein les mirettes !

Pour vous donner une idée de sa largeur. Bien, une vingtaine de bornes plus loin, j'arrive à Inverness pour la deuxième fois ce soir. Je trouve enfin un camping, il est temps, je suis fatigué, le soir tombe, il est 19h15 environ. Le gardien dans sa petite guérite me demande 10 £. Je dis OK sans discuter, bien trop heureux de trouver un camping.

Vous savez ce que c'est, vous, une douche écossaisie ? Je vais vous le dire. J'étale ma toile de tapis de sol, je sors mes affaires, je déballe la tente sur la toile, je suis en T-Shirt car j'enlève toujours ma veste de moto quand je monte ma tente. Et j'entends un petit bruit qui, très vite, s'intensifie. En quelques secondes, ça passe de la bruine à la pluie tanbourinnante. Bref, en dix ans de camping, je ne me souviens pas avoir eu cette malchance. Ma tente, sèche, se retrouve trempée, je suis trempé, les affaires à l'intérieur de mon sac sont trempées parce que le sac était ouvert et que, dans la précipitation, je n'ai pas pensé à refermer, trop occuper à monter cette put' de tente...

Voilà comment, après une journée passée sans aucune averse, juste quelques gouttes de-ci de-là, je me retrouve dégoulinant ce soir, à cause de cinq mauvaises petites minutes. Vous savez, mauvais lieu, mauvais moment...

Ensuite, direction le petit mobile-home dans lequel se trouve une table, des chaises, des prises de courant, du chauffage et Internet. Le bonheur, jusqu'à 20h45, heure à laquelle monsieur le gardien a ordre de tout fermer. Et il le fait, en me mettant gentiment dehors. Pas grave, j'ai testé mon adaptateur sur ma rallonge multi-prise, j'ai commencé à charger une batterie d'appareil-photo, j'ai rechargé un peu le PC. Je retourne dans ma tente toute mouillée, je me plonge dans le duvet, je mange mes croquettes, et je me calfeutre bien au chaud. Cinq minutes plus tard, je dormais !

Ce matin, 11 avril 2014, je me lève à 6h, vais prendre une bonne douche chaude, et... je vous fais le compte-rendu.

Qu'est-ce qu'on dit ?

Le ciel est bleu, les canards crient à tue-tête autour de la tente.

8h30, il est grand temps de partir.

Ciao ciao.

Page précédente: Europa2014 : 9 avril
Page suivante: Europa2014 : 11 avril


Depuis le 06/06/2005 Visites:939669 Aujourd'hui :60 Maintenant:7 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)