Europa2014 : 13 juin

Voyage Europa 2014
Vendredi 13 juin 2014 - J074 - 398 km - 57 photos (20.146-16.103)
Rencontre finlandaise inattendue !

J'ai encore oublié de vous raconter une rencontre ! Avant-hier soir, alors que je venais de rentrer de la bibliothèque, et que je finissais de discuter avec la femme du boss du camping, une cliente du café du camping, accompagnée d'une vieille dame qui m'a donné l'impression d'être "saami", m'a abordé en anglais. Elle était devant la bulle, et m'a dit que la vieille dame voulait me poser des questions, ce à quoi j'ai évidemment acquiescé. Cette dame voulait savoir les pays que je visitais, pourquoi, comment je pouvais laisser ma famille aussi longtemps, etc... Puis elle est venue vers moi et m'a enlacé en me tapant sur l'épaule en parlant beaucoup. La traductrice m'a dit qu'elle voulait me trasmettre la force de la nature, et surtout des arbres, pour me protéger. Incroyable, hein ? Voilà, merci à cette dame, qui était extrêmement sérieuse, et qui a paru très inquiète que j'aille en Russie...

Ensuite, d'autres rencontres... Hier soir, vers 21 heures, alors que j'étais en train de bouquiner, bien au chaud dans la tente (il y faisait très bon), j'ai entendu "bonsoir". J'ai de suite réalisé qu'un français avait envie de parler. J'ai donc répondu et suis sorti en pyjama discuter avec un français, venu en voyage d'affaires en Finlande, mais qui a désiré prolonger son voyage en faisant quelques jours d'excursion avec une voiture de location. Très sympathique, nous avons échangé un petit moment.

Ce matin, au réveil, il pleuvait à nouveau ! Allez, une bonne douche bien brûlante pour me mettre en forme. Génial.

Plus tard, alors que j'étais sous la tente, j'ai entendu "bonjour". Jean-Louis, le français rencontré hier soir, m'invitait fort gentiment à partager son petit-déjeûner. Mais j'avais déjà terminé de manger. Il m'a alors invité à prendre un café, ce que j'ai fait après avoir tout plié -sous l'averse..... Nous avons discuté un bon moment, c'était fort agréable. Alors que je le quittais, un motard allemand est venu discuter avec moi au sujet de mon voyage. Lui, il vit en France, en Alsace, et est marié à une française, mais il ne parle pas français, car elle voulait parler allemand.... Bref, il visite la Finlande qu'il adore, et avec ses cannes à pêche sur la moto. Comme quoi, vous voyez, chacun son trip ! Il m'a fait rire : "je ne vais pas en Norvège, c'est plein d'allemands" !

Avec tout ça, je démarre à 9h30 !

Quelques centaines de mètres après le camping, sur les bords de la Baltique. Un vrai lac, vous dis-je !

Peu après, l'église de Merikarvia.

Et Serparti sur la place du marché.

Puis le GPS me fait prendre une route secondaire asphaltée. C'est génial.
C'est vraiment dommage que la plupart soient des pistes, car j'aimerais bien traverser la Finlande loin des grandes routes.

Un vrai bonheur.

Les gens vivent vraiment au coeur de la nature, complètement isolés.

Il y a des centaines de rivières comme celle-ci qui parcourent le pays.
Bien sûr, on voit partout le panneau représentant un poisson avec un fil au bec, signalant un lieu de pêche. Ils sont innombrables.

Et quand on stoppe le moteur : le grand silence, en dehors du chant des oiseaux, et de la pluie qui tombe....

Car elle revient...

Assez éloignée du français, la langue finlandaise.
Je crois qu'il s'agit de... radars ? Pas vous ?

J'en ai eu toute la journée. Et je me demande si je ne me suis pas fait flasher sur une limitation à 50 que je n'avais pas vue !

Je descends plein sud pour, une cinquantaine de km avant Turku, bifurquer vers la mer et aller visiter l'archipel de Turku. C'est un lieu très prisé des finlandais et des suédois, et il existe des ferries pour passer d'un pays à l'autre à travers la Baltique, à ce niveau couverte de milliers d'îles de toutes tailles, les unes suédoises et les autres finlandaises. Dans cette région, c'est la langue suédoise qui prédomine. Mais sans parler d'aller en Suède, il y a un archipel de centaines d'îles proches du rivage, et une route le traverse, moyennant d'emprunter quelques ferries. cependant, ils sont tous gratuits, car faisant partie du système routier. C'est ce que je voulais parcourir, voir, et vous montrer.

Donc, nous y voici, sur les premières îles, que l'on atteint par des ponts. Et là, ce ne sont pas des lacs, mais bien la Mer Baltique, à nouveau, transformée en milliers de canaux, lesquels correspondent aux passages de la mer entre les îles.

Mer Baltique... Etonnant, non ?

Les maisons sur les îles. Un cygne.
C'est très joli, mais.... regardez bien, il pleut à verse !

Un pont plus conséquent, car le bras de mer est plus large.

Vers le large, vue prise depuis le pont.
Il pleut toujours....

Sur une île, sur la route 1922, celle qui va me permettre de faire le grand tour routier de l'archipel.

Arrivée au ferry, à Heponiemi. Il pleut toujours. Mais ce n'est pas le problème. Ici, c'est la désillusion complète. Rien, aucune indication, tout est désert, pas d'horaires visibles. Que faire ? Une voiture arrive. Deux vieilles dames, l'une parlant trois mots d'anglais. Je finis par comprendre que le ferry sera là dans un peu plus de deux heures ! OK. Et après, qu'en est-il pour les autres ferries qui suivent ? Car s'il faut attendre deux heures à chaque fois.... Elles ne savent pas, mais me demandent de les suivre. Elles roulent dur, les mémés, bien plus vite que les limitations.... Bref, elles m'ont conduit à un restaurant, qui devrait me renseigner.

La carte de l'archipel, photographiée près de l'embarcadère du ferry. Le gros point rouge "Olet tässä" : tu es là.... Vous voyez le topo. La fille du restaurant, Marilyn -jolie comme l'autre, d'ailleurs- est fort sympathique. Mais elle reconnaît que c'est très mal fait, et est incapable de me dire, elle non plus, combien il y aura d'attente au ferry suivant....!!!! Je prends un sandwich, et je m'installe à une table. Il y a le WiFi, je sors le PC pour essayer de trouver les horaires. J'y ai passé plus d'une heure, j'en ai trouvé, mais rien ne correspond, ni les noms des villes, ni rien du tout. Il faut savoir que les villes ont plusieurs noms (langues différentes), ainsi que les îles... Vous me suivez ? Non ? Eh bien, moi non plus.

Je retourne au ferry, pendant trouver quelques voitures. Bingo. Entre-temps, il s'est mis à pleuvoir de plus belle ! Je questionne une jeune femme, fort sympathique, qui va jusqu'à chercher elle-même sur Internet avec son téléphone. Elle me répond : c'est vrai que rien n'est clair, et en plus, les horaires vont changer dans quelques jours, et les horaires ne sont pas les mêmes selon le jour de la semaine. Bref, normalement, le ferry suivant ne traverse qu'une seule fois dans la journée le vendredi, et je pense que c'est à 17h40. Pour les autres, je ne sais pas.

Bien. Ma décision est vite prise : demi-tour ! Je ne traverserai pas l'archipel de Turku, trop aléatoire. De plus, avec cette pluie, que puis-je voir depuis le ferry, à part une ligne brumeuse indiquant le rivage opposé ? Dommage, mais il convient de s'adapter aux circonstances !

Ici, c'est devant le restaurant.

Il pleut à verse.

Ce sera la dernière photo. Une fois extirpé de la zone de l'archipel, je prends la grande route, direction Turku. Puis, comme il pleut, je modifie la destination sur le GPS, et inscris "Helsinki". Et ma surprise est grande de voir que je n'en suis qu'à 190 km.... Alors, autoroute, même pas la peine d'aller à Turku sous la pluie, quel intérêt ? Peu à peu, la pluie s'arrête. Le ciel est noir d'encre de tous les côtés, mais je passe à travers les gros orages. La température : entre 12 et 14 °C, vue sur de gros thermomètres de gros centres commerciaux de la banlieue de Turku. Je n'ai pas eu froid, l'air est relativement doux et agréable. Quel dommage que les nuages n'étaient pas seulement "blancs" !

Je roule entre 80 et 85 km/h, vraiment très "cool". Mais quand on ne fait pas de photo, ça avance quand même....

Je connais le camping d'Helsinki pour y avoir couché en 2006. Camping de capitale, surpopulation, et pas terrible. Je n'ai pas très envie d'y aller, mais lorsque je cherche sur ma base de données, ils sont tous sur la côte sud, ou bien plus au nord. Ah, si, j'en vois un, là, à Lohla, à une dizaine de bornes au sud de l'autoroute, et à 80 km de la capitale. Ah oui, ça me va bien, allons-y !

Pas de bol ! Ce camping n'existe plus depuis longtemps.... Il y a un restaurant, et la patronne, fort sympathique, me dit que je devrais pouvoir camper dans un très bel endroit, au café Riverside, dans la petite ville voisine, dont elle me donne l'adresse. Heureusement, parce que sans le GPS, je n'aurais jamais trouvé !

Le lieu est perdu, au bord d'un lac, au bout d'un kilomètre de piste. Tout ça ne me dit rien qui vaille. Un homme est là. Il pleut à nouveau, le lac est couvert de vaguelettes, bref... Ambiance de film catastrophe. Oui, je sais, mon imagination... terrible ! Je suis accueilli fort chaleureusement. Non, ce n'est pas un camping, mais je peux y mettre ma tente, il peut me laisser la porte des toilettes et de la douche ouvertes. Venez visiter. C'est extrêmement propre, parfait. Il me dit : "par contre, je ne reste pas là, vous serez seul, mais ce n'est pas un problème, c'est super tranquille, ici, peut-être qu'un ou quelques pêcheurs viendront, mais c'est tout". Le prix ? Combien payez-vous habituellement ? Dix euros ? C'est parfait.

Oui, mais le gars Jef, il n'a aucune envie de rester ici, tout seul, paumé, au fin fond de nulle part ! Mon interlocuteur le voit bien. Et me dit : "je vais appeler ma mère, elle habite la grande maison, là-haut, à 600 ou 700 mètres. Elle a de la place, et acceptera peut-être". Quelques instants plus tard : oui, pas de problème, vous pouvez y aller.

En y allant, je regrette d'avoir dit oui, mais... trop tard, c'est fait !

Je trouve la maison. Deux dames m'accueillent. Le coin qu'elle me proposent est un véritable hâvre de paix. Pour couronner le tout, un peu de ciel bleu fait son apparition ! Je monte la tente. J'ai oublié d'aller faire mes courses, je leur demande si elles peuvent me faire un sandwich. L'une d'entre elles parle le français, les deux l'anglais, dont l'une parfaitement ! Une demi-heure plus tard, je vais dans la maison. Susan est allée me chercher une quiche de légumes au village, elles me la font réchauffer, et me servent un bon café. Et nous faisons connaissance. Ce sont de très grandes voyageuses. Anneli, la propriétaire, a passé sa vie hors de Finlande, en Allemagne, en Australie, en... -j'ai oublié- et 27 années en Nouvelle-Guinée. Elle est même allée dans les villages pygmés, dans la montagne. Elle a ramené des colonnes de bois sculptées par les pygmés avec lesquelles elle a fabriqué un patio, en y ajoutant trois colonnes représentant la Finlande. C'est magnifique. Susan a un fils à Singapour. Le fils d'Anneli, qui m'a reçu au bord du lac, a vécu en Nouvelle Guinée, où il a pris sa femme, moitié guinéenne, moitié écossaise... Bref, je suis sorti à 20h passées, ne voulant pas abuser de leur hospitalité. Comme convenu, je lui paye les dix euros (à Anneli), plus les 5 euros de la quiche qu'elles ont payé au commerçant.

Une fois sous la tente, j'entends les oiseaux, comme dans une forêt vierge. Je me sens ici en totale sécurité, et je suis heureux de m'être ainsi laissé porter par les événements. J'aurais pu dire "non" au fils, et filer sur le camping à Helsinki, mais voyez-vous, c'est une soirée qui restera longtemps gravée dans ma mémoire. Quelle rencontre humaine inattendue et exceptionnelle. Quel jardin, aux arbres centenaires : l'un d'entre eux a trois siècles. Il règne ici une paix incroyable, je suis très ému.

Il est 22 heures 30. Le vent souffle dans les branches, les oiseaux chantent encore. Il fait très clair, bien entendu. Je vais lire un peu, ou juste m'allonger et me laisser bercer par les bruits de Dame Nature.

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