Europa2014 : 14 mai

Voyage Europa 2014
Mercredi 14 mai 2014 - J044 - 288 km - 372 photos (11413-8661)
Tout plein de petits villages, massif du Harz, Quedlinburg.

Hier au soir, le patron du camping est venu me dire au revoir et me souhaiter un bon voyage. C'est un gars qui a beaucoup voyagé, en bus et train, mais qui s'occupe de gérer ce camping depuis 7 ans avec sa soeur. Et je vais vous recommander très chaudement ce camping. Parce qu'il a tout pour plaire. Patron très soucieux de sa clientèle, petit camping, Internet, sanitaires excellents, douches très chaudes et sans limite de durée, petits prix. Voilà, c'est dit, c'est mérité. Il m'a d'ailleurs dit que sa clientèle augmente sans cesse sans qu'il ne fasse aucune pub', juste par le bouche à oreilles. Forcément !

Bien. Ce matin, réveil à 5h45. Ah ah, les siestes de la veille ont fait leur effet. Cependant, il fait froid dehors, pas envie de me lever déjà, je replonge.. Deuxième réveil, 6h45... Là, faut y aller. Heureusement, la douche très chaude est une aide précieuse au démarrage du bonhomme. Qui met en route à 8 heures, sous un beau soleil, avec une tente totalement sèche dans le sac, une fois n'est pas coutume. Frais, il fait, mais j'adore cet air froid que je laisse pénétrer sur le visage, c'est trop bon.

Valse de petits villages, j'ai fait plusieurs photos, je ne peux pas toutes vous les montrer.

Ici, un fermier a peint cette scène sur son mur. Si je vous mets cette photo, c'est juste pour montrer que les gens aspirent et aiment tous la même chose, et que ce n'est pas une question de nationalité. Les gouvernements nous formatent, mais au plus profond de l'être humain, c'est la paix qui est désirée. Et cette fresque l'exprime fort bien, je trouve. Pas vous ?

Ah, que j'aime ce type de route. Les jambes complètement allongées sur les repose-pieds faits par Antoine et recouverts de tissu par Charles, c'est le bonheur de "cruiser" ainsi, au guidon de la petite, qui ronronne paisiblement en se laissant glisser sur le long ruban gris. Ce qui est difficile, c'est de m'obliger à interrompre sans cesse ce bonheur, à obliger Serparti à s'arrêter, elle qui roulait si bien, et tout ça pour prendre une ou des photos. Mais c'est le prix à payer pour avoir des souvenirs, et pour les partager.

Au niveau du ciel, ça se gâte, comme hier, comme avant-hier. Et c'est la même chose pour les températures, c'est de plus en plus froid.

Et encore un chemin vers Compostelle. Il y en a des dizaines et des dizaines dans toute l'Europe !

Tous ces villages sont bien paisibles. Dommage, je ne prends même pas le temps de m'y poser quelques minutes.
Mais quand j'arrête le moteur, c'est le silence, entrecoupé parfois par le chant des oiseaux, le hennissement d'un cheval, ou des cris d'enfants.
La vie, quoi.

Le relief du massif du Harz commence à se voir.

Les bois et forêts sont toujours aussi beaux.
Serparti : "on me voit, là, sur la photo ?". Moi : "oui, on te voit".

Une petite ville.

Elles sont pénibles à traverser, car les feux sont longs, longs, longs....

Sans les panneaux, comment s'apercevoir qu'il y avait ici une frontière ?

Celle de la DDR, ou RDA en français.

Ici, Allemagne et Europe furent séparées jusqu'au 12 novembre 1989 à 19h30....

Je me souviens particulièrement bien de la DDR, pour y être allé en vacances. Mais ce qui me fait le plus mal, c'est de ne pas me souvenir de l'endroit où j'étais, j'aurais tant aimé allé revoir la famille chez laquelle j'ai vécu quelque temps. Et j'ai aussi des souvenirs de peur concernant ce pays, avec les fouilles, les passages dans la zone de transit, les "vopos" et leur terrible réputation -non usurpée, croyez-moi ! J'y suis allé en tant que civil basé à Berlin, et aussi en tant que soldat français.

Je m'en doutais bien, depuis le temps que ça me pendait au nez... La drache, comme ditKriss -j'adore ce terme, du pays des chtis- fut terrible, longue, et glaciale. Le pire, c'est que lorsqu'elle sévit, il n'y a plus de nuages, il n'y en a qu'un seul. Et ce fut donc avec une grande surprise, mais aussi un grand soulagement, que j'ai revu le ciel bleu ! J'avais juste eu peur d'être définitivement dans le nuage.

La journée entière s'est déroulée sous ces averses, violentes et froides, accompagnées à chaque fois de bourrasques énormes, mais jamais très longues, heureusement. Mon équipement Bering a encore frappé : pas mouillé, pas gelé. J'ai eu froid, mais je ne mets toujours qu'un seul T-shirt sous la veste. Pour ce qui est des jambes, je suis toujours au chaud, c'est le bonheur total.

Avec toute cette eau qui tombe, comment se fait-il que le lac ne soit pas plein ?

Entre deux averses, c'est toujours splendide, avec souvent, en prime, la route qui fume.
Je suis toujours sidéré par la vitesse à laquelle se font les échanges entre air et eau.

Je me suis offert une bockwurst avec des pommes frites dans cet "imbiss". Il pleuvait à torrents lorsque je suis rentré, et lorsque je ressors....
Bien choisi !

Encore un lac de barrage à moitié vide !

Etonnant, non ?

Le relief s'accentue un peu, mais ne sera jamais plus prononcé que ça.

C'est joli, mais comme pour la forêt de Thuringe, je manque de panorama.

La pluie revient en force, je décide de quitter le massif pour retourner vers l'est.

Nouveau passage d'une ancienne frontière avec la DDR.
Regardez au loin ce que je viens de me prendre sur la tronche !

Vieille maison en ex-DDR.

Arrivée à Quedlinburg.

Alors là, les amis, mes bras en seraient tombés, tant c'est beau.

En fait, c'est un des villages d'Allemagne ayant le plus grand nombre de maisons du Moyen-Âge en bon état.

Vous pouvez y passer une demi-journée, voire une journée si vous voulez photographier calmement, avec toutes les conditions d'éclairage.
Soleil levant, soleil couchant.

Je dis à Separti : "Je vais être obligé de te laisser et d'y aller à pied".
Serparti répond : "Pas question, je viens avec toi, ou plutôt, tu viens avec moi. Suis-moi".

Je l'ai suivie....

Et effectivement, elle m'a conduit partout -sauf les sens interdits, je n'ai pas voulu !

Il y a des dizaines et des dizaines de maisons qui valent d'être photographiées, tant elles sont belles.

Je n'avais jamais vu une ville qui en avait autant.

Et vous ne voyez qu'une infime partie de ce que j'ai photographié.
Et je n'ai photographié qu'une infime partie des trésors de ce village.

Evidemment, les contre-jours, c'est tellement dommage !

Mais au moins, vous en aurez une idée.

J'adore ces balcons tordus par les ans, les mouvements de terrain, sans doute ?

Sculptures, peintures, textes, à foison !

Que vous dire ? J'ai a-do-ré, une fois de plus.

Et voilà. Là, elle est heureuse, la miss, croyez-moi.
Car nous sommes ici au coeur de la ville, sur la place centrale, entièrement piétonne...

Bravo, Serparti, bien joué. On a croisé les flics, elle leur a fait un clin d'oeil, moi un salut amical, auquel ils ont répondu. Cooooooool.

Dommage, la place centrale est encombrée par les camions des marchants ambulants.
Je trouve que ça gâche tout !

Encore une place digne des "Grote Markt" des villes flamandes.

Emerveillement total, partout.
Je ne sais plus où donner de la tête, heu, des yeux..

Et toutes, absolument toutes les rues adjacentes sont remplies de maisons de ce style !

Des touristes sont venus discuter, émerveillés par... la bulle de Serparti.
Elle était rouge de confusion !

Une jeune femme est venue me voir. Elle est du Montenegro, et travaille ici dans le domaine du tourisme.

Et elle me fait voir ce "truc", là-haut : c'est en fait un boulet de canon datant de 1477.

Elle m'apprend d'ailleurs que ce sont des ouvriers et artisans polonais qui ont rénové 75% des maisons. Ils ont commencé dès l'époque de la DDR, et ça s'est poursuivi ensuite, après le rattachement des deux Allemagne.

Encore une autre rue....

J'arrête, il faut bien continuer.....

Au loin, la montagne fume encore, je crains de m'en prendre d'autres, et surtout, de devoir monter la tente sous la pluie.
En attendant, admirez la chance : la visite entière de Quedlinburg sous un chaud soleil, ce fut merveilleux !

Bon, un camping, maintenant.
Il y en a un à moins de 10 km. Pas mal. Mais pas d'Internet, et 13 euros. Trop cher.
Un autre, 8 km plus loin, ici, dans cette petite ville de cure. D'où les maisons. 25 euros, le camping.... Je me suis sauvé en courant.

Et encore une petite dizaine de kilomètres plus loin, perdu au coeur de la forêt...
Un camping comme je n'aime pas trop, presque personne, loin de tout, mine du boss "patibulaire", mais presque...

11 euros, sans la douche, sans internet.

Le gars, il en a marre. Alors, il prend, le gars.

Il y a quelques caravanes, il y a des gens, très discrets, à peine visibles.

Je monte la tente sous des arbres immenses, splendides. Silence total.

Les sanitaires sont propres.

Et, surtoout surtout, il y a une très grande cuisine, avec tables et chaises et prises de courant à gogo. Et ça, c'est la classe.

Une frayeur en commençant le boulot : le PC ne voulait pas lire la carte mémoire contenant les photos... Finalement, j'ai réussi.

Voilà, il est 22 heures. Sauvegarde, et dodo.

Cooooooooooool.

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