Europa2014 : 14 novembre

Voyage Europa 2014
Vendredi 14 novembre 2014 - J122 - 297 km - 570 photos (33.008-52.125/57.251-74.093)
Adeos, Portugal. Espagne à nouveau : Santiago de Compostela, mon pèlerinage à moi.

Je démarre à 6h40. Impossible de faire une photo du bivouac, il fait nuit, mais surtout, il tombe des hallebardes ! C'est de l'orage. Un éclair très violent a éteint toutes les lumières de la petite ville. Je décide d'aller de suite dans une station service, faire les indispensables transferts de liquides (hi hi hi), car sous cette pluie battante, je ne suis pas très "chaud". IIl y en a une juste à la sortie, le gars n'avait pas ouvert (7 heures normalement), mais il lance les machines et me dit d'aller me servir, qu'il n'y a pas de souci. Je reste prendre un café (corsé....), et me renseigne sur la route que je veux prendre, car Titi me refuse absolument le passage, la considérant comme coupée. Le pompiste me rassure : pas de souci, asphaltée, et pas coupée. Ouf.

A propose, et pendant que j'y pense, le Portugal est le pays le moins cher parmi ceux qui nous sont proches géographiquement, et de loin. Hier, mon coca avec un gâteau : 1,60 €. Avant-hier, mon sandwich, 1,30 €. Et aussi, dans le bistrot avant-hier soir, j'ai payé 1 € pour le coca, je n'en revenais pas! Alors que je suis resté plus de deux heures au chaud, avec Internet et le branchement électrique...

7h15. Comme vous le voyez, il ne fait pas encore vraiment jour. Ceci pour vous montrer, car la pluie s'est mystérieusement arrêtée comme je quittais la station, à quel point la région est belle. Hier soir, j'avais vu ces eaux sombres à travers la forêt, j'étais sur l'autre rive. Ceci me fait prendre conscience des paysages loupés, une fois de plus, lorsque la pluie s'invite au festin de la route.

C'est un lac de barrage, assez long, et splendide.

C'est magnifique !

Après Geres, la route grimpe dans la montagne : c'est la Serra do Geres. Les épingles à cheveu sont splendide, avec une forte pente, comme je les aime. Malheureusement, je me retrouve très vite dans les nuages, et la visibilité tombe à zéro pendant toute la montée. Miraculeusement, ça se lève alors que je roule dans une forêt extraordinairement belle.

Fonte -et non Ponte (pont)- : c'est une source, les portugais sont amoureux des sources. Je suis sous le charme. Avec ça, je trouve que le brouillard apporte une petite touche de mystère qui m'enchante.

Je savoure totalement chaque centaine de mètres. C'est simple : c'est parfait, tout ce que j'aime est là.

Et le brouillard disparaît alors que j'approche de l'Espagne. Elle se trouve à moins d'un kilomètre de cet endroit.

Une sacrée envie d'aller randonner, quand je vois un sentier comme ça. Un chemin de pierres sans doute vieux de plusieurs siècles.

C'est sur cette image que je quitte le Portugal. C'est un très beau pays, qui offre donc aussi de la montagne, et pas seulement un bord de mer. Ce dernier est sublime, car il s'agit de l'Atlantique, dans toute sa puissance. Il y a d'immenses plages, mais aussi de spendides côtes rocheuses, des falaises incroyables. Les portugais sont extrêmement sympathiques (mais je vous l'ai dit, c'est valable pour tous les pays, il suffit d'aborder les gens avec le sourire et d'être sympa, et la magie humaine agit presque toujours). Je suis loin d'avoir vu tout ce que ce pays recèle de trésors, mais vous en avez au moins une petite idée. Pour ma part, j'espère y revenir de façon plus approfondie un jour, j'espère. Et avec une meilleure météo !

Espagne, le retour. Un autre sentier, magnifique lui aussi, récemment restauré (dit la pancarte).

Côté espagnol, c'est la descente vers la vallée.

Superbe aussi.

Ah, les fameux horreos (greniers à grains) de Galicia, que j'adore. J'en avais parlé lorsque je les avais découverts pour la première fois.

Au loin, un lac de barrage.

De près, un lac de barrage.

Je roule maintenant sur une nationale. Le ciel est incroyablement beau, je me dis que, peut-être, les prévisions météo étaient mauvaises (pluie, pluie, pluie). Or, j'ai choisi cette route (après ce passage montagneux) à cause du mauvais temps.

Passage d'un col à 800 mètres environ, sur lequel j'ai la joie de revoir un groupe de bouleaux comme je les aime. Juste après, la pluie est revenue, ce qui m'a conforté dans mon choix. Averses brutales, longues, entrecoupées de -rares- éclaircies. Pas de regret, donc, de ne pas être allé m'enfoncer sur les minuscules départementales que j'aime tant !

Mygoo voulait absolument faire le chemin de Compostelle. Eh bien voilà....

Nous y sommes. Santiago de Compostela, Saint-Jacques de Compostelle, c'est ici, c'est ça.
J'ai mis Mygoo dans un garage souterrain (pour la première fois), à deux pas de la cathédrale, car... il pleut à verse.

Je peux vous dire que je suis heureux d'avoir pris mon parapluie.

Les averses sont extrêmement brutales lorsqu'elles se déclenchent.

Non non, je ne raconte pas d'histoires ! Je me suis mis à l'abri dans un hôtel, le parapluie ne suffisant pas.

Dès que ça se calme, je ressors....

Ah, j'adore ça : mon drapeau flotte sur tous les bâtiments important de toute l'Europe, et c'est génial. Je me sens donc partout chez moi.

Les silhouettes traversent la grande place sous leurs parapluies. C'est joli, je trouve, ça met de la couleur dans le paysage.

Tiens, mais ça me dit quelque chose, ces trois mots.... Voilà un film que j'aimerais bien voir. Car je vous l'ai dit plusieurs fois au cours de ce voyage, j'aime la route sous toutes ses formes : du chemin à l'autoroute (oui oui, aussi). Et j'aime tous les moyens de transport, quels qu'ils soient, car tous apportent des sensations, toutes sont différentes, et c'est bien que qui en fait leur intérêt. Donc, la route, à pied... oui !

Ce pèlerinage de Compostelle est quand même incroyable, car il est connu dans le monde entier, et toutes les nations sont ici représentées. J'ai vu un groupe de jeunes filles asiatiques avec leurs ponchos sur leurs sacs à dos, en train de se photographier : pas besoin de dessin, elles ont marché sur le chemin, elles aussi. C'est un lieu magique, exceptionnel, un point de rassemblement de l'espèce humaine comme il n'y en a pas tant que ça, finalement. C'est pour cette raison que je tenais à y passer. C'est comme le Cap Nord. Ce ne sont pas des lieux spécialement beaux, mais humainement, ils permettent de belles rencontres, et ils offrent de belles images de nos confrères humains. Ici, ce que j'aime, c'est de regarder les pèlerins qui arrivent sur cette place, le but de leur marche, le lieu de leur rêve. Car ils en ont rêvé, certains depuis des décennies. Et beaucoup ont souffert pour arriver ici. Et lorsqu'ils arrivent là, sur cette place, ils pleurent, ils tombent à genoux, ils s'embrassent, ils chantent, ils hurlent leur joie. Et j'aime ce spectacle. Je les comprends, et je serais heureux de le faire un jour. Pas spécialement Compostelle. Mais une longue marche, avec un but particulier, un lieu magique.

La visite de la cathédrale est gratuite. Entrons donc. Ici, les deux derniers papes.

St Jacques ? On dirait un mousquetaire, non ?

La coquille est partout.

Personne ne rigole, tout est hyper sérieux....

Et violent...

J'admire une fois de plus l'immense talent des artisans qui ont oeuvré pour réaliser ces objets.

Ici, les croyants demandent de l'aide à leur dieu, ou en trouvent. J'ai lu ce mot au-dessus, c'était en allemand, quelqu'un qui souffre....

Je fais une très belle rencontre dans cette église. Deux jeunes français, un couple, intermittants. Lorsqu'ils ne bossent pas, ils voyagent. Ils sont venus en train, et ont visité la côte. Et voulaient s'arrêter ici. Je les envie pour leur jeunesse, mais surtout parce qu'ils font ce que j'aurais aimé faire. Ils prennent le temps qui leur est imparti, et l'utilisent pour faire ce qu'ils aiment faire. Ils ont raison. Bravo à eux pour vivre leur vie à fond.

Lorsque je ressors -heureux de quitter cette ambiance quand même plutôt triste, voire lugubre-, le ciel est plus clément.

C'est par ce côté de la cathédrale que je suis entré, les deux tours étant en réfection et les portes principales closes.

Il ne pleut presque plus, mais ce n'est pas le soleil pour autant.

J'ai faim, mais tout est assez cher.

Quand je tombe par hasard sur une petite alimentation-bar absolument incroyable. Les prix sont extrêmement bas, je n'en reviens pas. Du coup, je m'installe au bar, et prends une omelette espagnole avec fromage, et une bière. La dame revient avec deux énormes pains, omelette croustillante au cente, avec le fromage. Le tout pour 3,50 €, bière incluse ! Autant vous dire que je n'ai plus faim en sortant, j'ai eu du mal à tout manger.

Allez, je vous fais une petite visite.

Laurent, j'ai pensé à ton livre "Pluton" en voyant cette sculpture, sur l'église des âmes....

Il ne pleut vraiment plus, et il n'y a plus de vent.

Et....

Mais oui, le soleil fait son retour.

Quel bonheur.

Lumière.

Et chaleur, comme ça fait du bien.

Ces balcons-vérandas espagnols sont magnifiques.

Je les admire sincèrement. Esthétiquement très réussis, je trouve.

Là, c'est toujours aussi sérieux !

Oh, quel beau bleu.

Retour sur la place de la cathédrale. Les deux tours en travaux.

Je refais des photos de la grande place, avec le soleil.

Je suis heureux de revoir les gens faire des photos.

Ah, j'en tiens un, un pèlerin. J'ai croisé un pèlerin allemand, il boîtait, il me faisait pitié, le pauvre. Non non, ce n'est pas lui.

L'immeuble en face de la cathédrale, celui qui a le drapeau de l'Europe, à droite.

A gauche, les deux filles sont arrivées tout-à-l'heure. Je les ai prises en photo (avec leur appareil, pour elles), et ai discuté un peu. Ce sont des espagnoles. Elles ont fait 114 kilomètres. Ce n'est pas grand chose, mais vous auriez vu leur joie, et la fierté avec laquelle elles m'ont fait leur annonce. Bravo à elles. Et là, depuis mon balcon devant le portail de la cathédrale, je les vois se précipiter vers un couple qui arrive sur la place. Evidemment, ce sont des pèlerins qu'elles ont dû rencontrer sur la route. Ils se sont embrassé, ils ont dansé en cercle, c'était merveilleux de les voir.

Ce bâtiment est un hôtel. Le portail d'entrée est sublime. C'est là que je me suis réfugié au plus fort des averses.

Yeeeessss ! On a réussi !

Détail du portail de l'hôtel.

Les grilles de la cathédrale. C'est depuis ce balcon que j'ai fait les photos précédentes.

En retournant vers le parking.

Et voilà, les amis.

4,28 euros le parking. Plus cher que le repars. C'est la vie moderne. Je laisse ensuite Titi me conduire au camping, que je sais être ouvert. Malheureusement, ils veulent me faire payer comme un camping-car, ce que je ne peux pas accepter. Je demande alors si je peux juste prendre une douche, et à quel prix. La fille va demander au boss, et revient en me disant : 5,30 €, et il me faut votre passeport. Devinez ce que j'ai fait...

Analyse de la route. Je change donc à nouveau mon plan, et me dirige vers... la côte. La pluie est revenue, et sous la pluie, entre la mer et la montagne, je choisis la mer. Titi me conduit donc vers le nord-ouest. Et là, je viens de réaliser.... que j'ai re-perdu une heure. Eh oui, me voici de nouveau à la même heure que vous. Il va falloir que je fasse gaffe demain matin, car il ne fera pas jour avant.... 8h15 ! J'ai roulé jusqu'à 17h45 (heure espagnole et/ou française). Il y a un hôtel-restaurant-station service au bord de la nationale. Je crois bien que je vais dormir devant. Enfin, pas sûr, car c'est très éclairé. J'irai peut-être dans le village juste à côté. Il est presque 22 heures, il fait évidemment nuit noire, ce sera donc très facile de me poser discrètement. Il me reste quand même à refaire mon itinéraire pour demain, car ce n'est pas très clair dans ma tête pour l'instant, et je dois étudier la carte et... la météo.

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