Europa2014 : 15 novembre

Voyage Europa 2014
Samedi 15 novembre 2014 - J123 - 417 km - 544 photos (33.425-52.669/57.648-74.637)
Magnifiques Picos de Europa

Finalement, je ne suis pas resté sur le parking du restau-bar-hôtel, trop visible. Je suis allé dans la petite ville à moins d'un kilomètre.. Il a fait assez froid, cette nuit, mais heureusement, il a plu, ce qui a freiné la baisse de la température. Révéillé à la bonne heure.... par le réveil ! Je pars à 7h30, pas envie de déjeuner ici. Il pleut à verse, alors autant rouler, surtout que la première partie n'a rien à m'offrir.

Malheureusement, lorsque les choses deviennent intéressantes, et que le jour est arrivé, il pleut toujours. Et pas la petite pluie gentille, non, elle qui t'empêche de sortir, même avec un parapluie. Des torents de flotte tombent du ciel, c'est incroyable. J'ai rarement roulé aussi longtemps sous la même pluie violente. Première photo à 8h50, toujours sous la pluie, mais avec une mini-accalmie.

Presque une heure plus tard.... pour vous dire !

C'est magnifique, et j'ai évidemment loupé de jolis paysages. Mais que voulez-vous !

Encore une heure plus tard. Il est 10h40.... Je viens de passer un col à 1146 m, et j'étais un peu inquiet. En effet, j'ai regardé hier soir la météo espagnole, qui annonçait la neige possiblement à partir de 1200 mètres (oups), et une alerte orange sur la côte avec des vagues de 6 mètres... Hé hé, il est grand temps qu'Europa 2014 rentre à la maison !

Il est un peu plus de onze heures, et j'ai déjà parcouru plus de 180 km, ce qui est extrêmement rare, et donne idée des conditions météos. Car je ne roule pas vite pour autant, surtout sur ces routes glissantes avec parfois de l'aquaplanning. Là, je suivais un camion et je sentais bien que j'allais avoir du mal à le doubler. Dans ce cas, plutôt que de le suivre, je m'arrête. Et, incroyable, il y avait un petit pont, et voilà. Ce qui prouve bien que, plus les routes sont petites, et plus on roule doucement, plus on voit des choses. Pour voir un pays, une région, il faut impérativement prendre le réseau secondaire, voire même tertiaire si possible. Là, et seulement là, on pénètre au coeur du terrain.

La pluie s'arrête quelques minutes. C'était extrêmement beau, mais les couleurs de la photo (et ce sera souvent le cas aujourd'hui) sont mauvaises, archi-mauvaises. Je crois bien que le petit Sony a pris une claque, quand même !

A moins que ce ne soit le manque de lumière qui ne lui permet pas de trouver les bonnes !?

Toujours est-il que je retrouve ces magnifiques couleurs d'automne dans les arbres, et ce n'est que du bonheur pour mes yeux.

Bon, dix minutes plus tard, la pluie revient, la bonne et vraie pluie, celle qui ne fait pas semblant. Pénible.

Pourtant, c'est une très belle vallée. Décidément, il faut à nouveau ranger l'appareil-photo. Je fais le point, car j'arrive sur la nationale qui va à Oviedo, dont je ne suis plus très éloigné. Là, j'ai une décision à prendre : mer ou montagne. Je choisis la montagne, malgré la météo, car j'ai peur de me retrouver dans des bouchons sur la côté, et ça, je ne supporte pas. je garde un souvenir horrible de la riviera italienne à cause de ça.

Et j'ai de la chance, car... le soleil se pointe. Il est 13h15, je suis au début d'une zone normalement superbe.

Je décide donc de manger ici, et de me faire le bol de café que je n'ai pas eu ni ce matin, ni hier matin !

Je ne pouvais quand même pas terminer ce voyage sans passer par les Picos de Europa !

Et je n'ai pas été déçu, contrairement à la mauvaise qualité des photos.

Cette route que j'ai prise est extraordinaire.. Et la chance m'a souri car, non seulement la pluie s'est arrêtée, mais le soleil a dominé.
Totalement inespéré, et contraire aux prévisions (qui disaient que la fiabilité était mauvaise).

Je vous laisse regarder.

Malgré la grande beauté des paysages, je ne traîne pas, c'ar j'ai deux cols élevés à passer, et je tiens à le faire aujourd'hui.

En fait, ça dépasse tous mes rêves de retrouver ces merveilles.

Là, je dois bien prendre mon mal en patience...

Je pensais que les photos allaient être éclatantes de soleil.

Et de couleurs. Au lieu de ça, c'est fade. C'était mille fois mieux, j'étais scotché. Cet endroit, particulièrement, était enchanteur.

Décidément, ça ne donne rien. J'espère que je pourrais retrouver les justes couleurs par les traitements, sinon, c'est une énorme déception.

Ah, celle-ci s'approche de ce que j'ai vu.

Pendant l'ascension du premier col. Là-haut, les montagnes sont recouvertes de neige fraîche, et je suis bien certain que, cette fois-ci, cette neige va rester tout l'hiver. Ce n'est pas une neige précoce, c'est la vraie, celle de l'hiver, qui commence à recouvrir les sommets.

A cet endroit précis, les jeux de lumière ont été fascinants. On aperçoit la jeune poudreuse là-haut à gauche.

Minable, comparé à ce que j'ai réellement vu. Ce paysage était féérique, tant il était beau. Tout s'accordait à merveille.

J'approche du col. Sur le côté, sans doute les restes de la neige tombée la semaine dernière. Bientôt, elle restera sur l'asphalte.

Coup d'oeil arrière depuis le col, où je suis arrivé.

Les sommets au col.

Comme vous pouvez le voir, la neige est tout près, mais je ne l'ai pas eue sur la route, dieu merci.

Vue arrière en descendant.

Cette descente est peu importante. En effet, la route continue sur un plateau pendant 20 à 30 kilomètres, aux alentours de 1150 mètres. la température est de 4 degrés. Je suis inquiet, car j'ai un deuxième col, à 1600 mètres.

Le spectacle des paysages offerts par Dame Nature sur ce plateau est fascinant.

Il y a beaucoup d'élevage, mais un élevage idéal. les nimaux semblent totalement libres, et s'égayent dans un paysage de conte de fées.

J'ai été époustouflé.

C'est un endroit rare.. J'en ai vu pas mal dans ce tour d'Europe, et c'est bien normal, puisque j'ai choisi les plus beaux coins. Mais ces lieux sont tels que je me fais toujours violence pour poursuivre. Je reste toujours sur ma faim, je suis toujours frustré. Parce que dans ces lieux, il faudrait y rester des heures et des heures, je dirais mêmes des jours. Les savourer. Sans penser. Juste s'allonger sur l'herbe, regarder, et rêver. Se laisser aller.

Parce qu'on est ici au-delà du "beau". Toute a été agencé à la perfection, rien n'est en trop, rien ne manque.
C'est pour ça qu'il faut se poser et regarder, emmagasiner ces images, cette perfection, pour la conserver en esprit, et y repenser lorsque ça va mal.

C'est pour ça que je fais tant de photos. Je pense, en tout cas, que c'est pour ça. Ce sont mes peintures, qui représentent ce que j'aime le plus.
Et que je pourrai ressortir en cas de "blues".

Il manque beaucoup d'eau dans les lacs de barrage, c'est dommage.

Regardez-moi encore ces couleurs. Et la magie opère en continu. Car voyez-vous, l'instant saisi est unique. Les lumières évoluent en temps réel, de seconde en seconde. Vous captez le moment parfait, ou vous le ratez. Combien de fois en ai-je vus, de ces tableaux à faire pâlir d'envie le plus grand peintre de nature du monde ! Combien de fois ! Mais tu roules, tu vois, et c'est passé. Parfois, ce n'est pas une question de lumière, mais de lieu exact. L'image parfaite est là, au kilomètre x, au mètre y, dans la direction, z. Là, à ce point précis. Exact. Tu bouges de 20 centimètres, c'est perdu. Il y a un buisson, une pente, un creux, un rocher qui cache tout. J'ai souvent fait des marches arrière, mais c'est dangereux. Lorsqu'une voiture te suit, c'est raté, il faut en faire ton deuil, essayer de conserver l'image dans ton cerveau. Chaque jour, c'est comme ça. Des milliers de photos que je ne fais pas, à cause de ça, ou parce que je suis trop pressé. Car si tu t'arrêtes, tu constates qu'il y a cent photos à faire, pas une comme tu le pensais. Tu bouges, tu marches un peu, à gauche, sur la droite, tu montes sur une pierre, tu soulèves une branche, et tu fais des découvertes inconcevables, bien au-delà de tout ce que tu pensais trouver. C'est ainsi. C'est le cadeau offert à celui qui bouge, qui sort de chez lui, quel que soit son mode de locomotion. A pied, c'est le summum. Mais à pied, tu ne fais qu'un tout petit bout de rien du tout de Terre.... Et on ne nous donne que cent ans et des broutilles, et encore, si ça va bien. Quelle misère !

Je fonce, car déjà, la lumière baisse.

Embalse de Riaño. Un paysage immense. Un mois de bonheur, rien qu'ici.

Comment, au bout de combien de temps, par quels truchements la Nature est-elle arrivée à réaliser ça ?
Dans les films de science-fiction, les dessinateurs inventent de tels paysages. Ils existent pour de vrai !

Imaginez les paysages sur la Lune, sur Mars.... sur les milliards de planètes...

Riaño. Je fais la photo, je file vers mon col. Dans 25 km.

Jeux de lumière, une fois de plus !

En route vers le col.

Vous voyez, je le disais. Il fait déjà sombre. En montagne, ça va très très vite, à cette saison.

Wouaaaa ! Neige bien fraîche. En même temps, le ciel s'assombrit. Avec 4 degrés à 1100 mètres, il doit faire zéro, ou même négatif, à 1600 mètres. Et je n'ai aucune envie de rouler sur du verglas. Mygoo a beau être bonne, elle a ses limites..

Yeeeesssss ! Gagné. Il fait un froid de canard, mais ce n'est pas gelé. Sur le poteau, la neige a gelé, mais pas sur la route. Je quitte les Asturies pour entrer en Cantabrie. Curieusement, derrière moi, la neige a recouvert les sommets. Et regardez au loin, cers la mer : aucune neige, loin s'en faut.

Les montagnes entourant le col, côté Asturies.

LLa descente est incroyablement belle. Pour les motards, c'est une tuerie. 1300 mètres de dénivelé jusqu'au village de Potes, mon but.

Los Picos de Europa. Un grand moment du voyage. Ils sont magnifiques. J'y étais déjà passé en scooter. Juste survolés, aussi... Je ne fais toujours que survoler. Il va falloir, maintenant, que j'aille voir de près les coins que j'aime, puisque je les ai trouvés ! Correction : j'en ai trouvé. Il en reste un paquet.

Finalement, je passe Potes, je trouve un restau-bar-hôtel super sympa. Et je suis heureux, car le village n'est qu'à 300 mètres d'altitude, Mygoo devrait donc démarrer sans souci. Car je ne voulais surtout pas bivouaquer là-haut, à cause de ça. Demain, ce sera, sans doute, l'Océan Atlantique !

Il est 21h30. Sauvegardes, étude du trajet pour demain... J'ai encore un peu de boulot !

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