Europa2014 : 18 aout

Voyage Europa 2014
Lundi 18 août 2014 - J034 - 167 km - 277 photos (10.495-9.155/34.718-31.123)
5 km de vélo.

Vallée de la Drina. Srebrenica (Bosnie Herzégovine)

Réveillé vers 6 heures, ce que je juge bien trop tôt, d'autant plus que je me suis couché hier soir vers minuit ! Je me rendors instantanément pour émerger à... 8h15. Oh là, cette fois, c'est tard ! Heureusement, la douche est extra, et me réveille complètement.

Je suis accueilli par Veselin (que tout le monde appelle Vesko) et par Milosav (à droite, le patron qui m'a spontanément et généreusement accueilli hier soir). Vesko, quant à lui, est un phénomène : il parle allemand, anglais, russe, ancien grec et plusieurs autres langues, la plupart qu'ilo étudie lui-même. Par exemple, pour l'allemand, il a acheté le livre "guerre et paix" en allemand, et un dictionnaire, et a tout appris par lui-même. Très intelligent, il réfléchit énormément, est très sérieux, de religion orthodoxe, a trois enfants, n'aime que la nature, est nationaliste.... Il est aussi apiculteur, sa main droite est très enflée car il s'est fait pas mal piquer hier après-midi. Je pourrais parler des heures avc lui, j'aurais beaucoup à échanger, mais il faut bien partir.

Voici l'auberge, allez-y de ma partn vous y serez bien reçus. Et la chambre vous coûtera maxo 1.000 dinars.

Et le nom du village. Attention, ce village a vu naître Vuk Stefanović Karadžić, grand écrivain serbe largement autodidacte. C'est lui qui est peint sur les murs de l'auberge. Et tous les enfants serbes doivent venir une fois dans ce village. Et je suis absolumentg persuadé que Vesko est un fervent admirateur, voire même un disciple, de cet homme !

Et finalement, il est déjà plus de 9h30 lorsque je pars, alors que mes interlocuteurs voulaient m'emmener marcher dans la montagne...

Loznica, la ville juste à côté, où habitent Marina et Zeljko avec lesquels j'ai passé la soirée hier. Marina y est professeur de mathématiques ! Ils ont deux filles, et l'une d'entre elles, Jovana, est une artiste peintre !

La journée de route se fera le long de la belle rivière Drina, qui sert en même temps de frontière entre la Serbie et la Bosnie-Herzégovine. Pour faire cette photo, il m'a fallu aller au milieu d'un pont, forcément. Et comme la rivière est une frontière, il a encore fallu argumenter avec les hommes du poste de police serbe. Le premier ne voulait rien savoir, mais un autre est intervenu et m'a autorisé à y aller. Il a fallu que je donne mes documents d'identité. Et au retour, j'ai dû repasser le contrôle de l'autre côté, logiquement !

Et les montagnes qui m'entourent font partie du massif montagneux des Alpes Dinariques.

En face, donc, la Bosnie-Herzégovine, en partie musulmane, comme vous le savez sans doute.

Les paysages sont magnifiques. Dommage, les contre-jours et la chaleur gâchent les photos et abîment les peintures, mais je suis ébloui quand même !

Evidemment, tout ce que vous voyez est la Bosnie-Herzégovine, mais c'est pareil là où je suis, sur le côté serbe.

Un vrai paradis : je pourrais m'arrêter continuellement, c'est carrément idyllique.

En Serbie, on voit des tombes isolées ou en petits groupes un peu partout, dans les champs, près des maisons.
Je ne pense pas que ce soit lié aux guerres récentes, mais je n'en sais rien !

Les meules de foin sont généralement moins belles que celles de Roumanie, mais j'en ai vu de magnifiques. Par contre, ici, les charrettes, que l'on voit encore assez régulièrement, ne sont jamais tirées par des chevaux, mais par de petits tracteurs, genre monoculteurs.

Je passe la frontière à Bratunac et pénètre donc en Bosnie-Herzégovine. Les types du contrôle sont, à ma grande surprise, carrément antipathiques. Et le douanier me fait ouvrir les portes de Mygoo, et m'interdit de prendre la moindre photo du pont.

Dans le premier village bosniaque.

Et me voici à Potocari, le village dans lequel se tenaient les casques-bleus néerlandais lors du massacre de Srebrenica. Car il faut bien vous l'avouer : si je suis ici, c'est pour témoigner de ce génocide, comme j'ai témoigné de ceux perpétrés par les allemands et les autres pendant la seconde guerre mondiale. Car c'est l'Europe, et ce massacre a eu lieu il n'y a QUE 19 ans

Une fois de plus, l'homme est un loup pour l'homme, et il l'a encore fort bien démontré ici !
D'où cette atmosphère que je ressens fortement dans cette ex-yougoslavie, qui a perdu son âme pendant cette guerre !

Ce matin, Vesko m'a offert un café "domestique". Pourquoi cet adjectif ? Il m'a expliqué qu'auparavant, en Serbie, on te servait un café "serbe", en Bosnie un vrai café "bosniaque", etc... Et pour ne plus froisser personne et oublier cette guerre, ils ont inventé ce café universel !

Le génocide -j'appelle un "chat" un "chat"- était clairement religieux, et ce sont les musulmans bosniaques qui en ont été les victimes.

Où je revois ces interminables listes de noms d'êtres humains....

Un nom, c'est toute une vie qui s'est terminée de façon horrible, une fois de plus !

C'est le chiffre officiel actuel. Il n'est pas définitif.

Il faut savoir que le mois dernier, la force onusienne des casques-bleus néerlandais a été reconnue responsable de ne pas avoir porter assistance aux civils qui leur en faisaient la demande. Cette tragédie est encore loin d'être jugée, et toujours sous les feux de l'actualité.

Et il y a du monde qui passe, jugez-en par l'épaisseur du livre d'or pour seulement un mois et demi !

Le village de Srebrenica lui-même se trouve 7 km plus loin, et je tenais à y aller.

Il y a bibliothèque et musée.... Je ne suis allé nulle part, je voulais juste voir ce terrible lieu.

Puis je retroune à mon poste-frontière serbo-nosniaque.
Les paysages de Bosnie sont les mêmes qu'en Serbie....

Je fais une photo du pont en le traversant, celui que les bosniaques ne voulaient pas que je photographie.
Juste une crise d'autorité, car il n'y a vraiment rien de secret à ça !

Nous revoici donc en Serbie, à longer à nouveau la Drina.

Comme elle est belle !

Et je me trouve ce fabuleux spot pour manger et me faire un grand bol de café comme je les aime.

Où trois jeunes serbes sont venus troubler ma quiétude, après m'avoir poliment demandé l'autorisation de s'installer près de moi pour jouer aux échecs.
Ils parlent très bien anglais, et l'échange est fort fructueux. Et je suis enchanté d'avoir fait leur connaissance.

Je reprends ma route, heureux de cette rencontre qui m'a quelque peu effacé la terrible visite de Srebrenica.

Une pancarte "canyon" attire mon attention, et me déroute de mon chemin. 4 kilomètres, disait la pancarte !

Oui, mais après... J'arrive sur des chemins qui partent dans la montagne. Je questionne un gars qui bosse à côté (une chance, car le lieu est désert et perdu dans la montagne), et le gars me dit "oui oui", en exhalant une forte odeur d'alcool, et en me montrant un des sentiers. Il ne parle pas un mot d'anglais, excepté "my friend".... Déjà pas mal, puisque c'est sympa. Je sors Bocloo, et je pars dans la montagne. Terrible grimpette, sur un sentier très caillouteux. Je suis obligé de mettre le pied à terre, et je crache mes poumons. Le coeur cogne fort, ma fille me dirait d'arrêter. La chaleur est terrible.Je souffre !

Puis il y a un embranchement. Je prends -courageux que je suis- celui qui monte, mais qui manifestement n'est pas le bon. Je redescends pour rependre l'autre, qui me conduit ici, la rivière (torrent) étant dans mon dos. Je sentier n'en est plus un, mais une masse informe de cailloux. Pas question que je m'aventure plus avant.... Demi-tour. Cinq bornes de VTT, très dures (enfin, pour la moitié). Je reviens en nage !

Je retrouve Mygoo avec bonheur, et je reprends la route derrière le volant. C'est bien plus "cool", malgré la... "chaleur".

La Drina est tellement belle, je suis béat d'admiration.

La route est sinueuse, plutôt correcte, peu fréquantée : que du bonheur.
A ce propos, je suis ébahi de l'absence quasi totale de touristes.

La région est si belle qu'elle devrait en avoir beaucoup -de touristes-, mais je crois que cette guerre a fait un mal considérable au pays dans ce domaine !

Il devait y avoir un camping ici, il y a encore une pancarte, mais plus personne....

La Drina à Bajina Nasta. J'ai envie de me poser, il est déjà 17 heures, et je n'ai pas envie de rentrer en Bosnie-Herzégovine à cette heure..

Titi me trouve un autre camping. C'est en fait une maison individuelle, mais il y a vraiement quelqu'un qui parle parfaitement anglais. le gars me deam,de dix euros, je dis que c'est trop cher, il va demander à la maison à côté, et après discussion, c'est ok pour 600 dinars, soit 5 euros. C'est superbe, belle pelouse, calme, seul, douche et toilettes dans l'autre maison, mais dans une dépendance, Internet, pergola avec tables et bancs, électricité. Bref, que du bonheur, pour moi le camping presque idéal (la douche est moyenne), mais je ne vais pas chipoter. J'en ai rêvé, c'est eactement ce que je voulais avoir ce soir ! Et le proprio -jeune- retire son fils de la pergola, et fait partir sa femme, pour me laisser sel et ne pas m'importuner. La classe ! Sans compter qu'il me fait l'article sur les choses à ne pas rater ici....

Par contre, je suis obligé de rentrer dans ma Mygoo pour cause d'abondance de... moustiques !

Le paysage de l'autre côté de la maison, donc dans mon dos. L'église se trouve de l'autre côté de la Drina, et donc en Bosnie-Herzégovine !

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