Europa2014 : 1er octobre

Voyage Europa 2014
Mercredi 1er octobre 2014 - J078 - 225 km - 288 photos (22.753-28.836/46.976-50.804)
Fin des Dolomites, fin des Alpes italiennes, fin des Alpes. Une nouvelle et magnifique page Europa 2014 vient d'être tournée !

Et ce matin, le doux bruit d'une petite pluie calme. Le changement de temps était bien prévisible, je ne suis pas étonné. La température est la même qu'hier soir : 11 °C, et je suis à 1.800 mètres quand même. Et le moral est au beau fixe maximum, puisque de toute façon, j'en ai terminé avec les Alpes, et que je prends la direction du sud. Je démarre à 8 heures pile, au même moment que mes voisins de camp, des camping-caristes autrichiens.

Et même s'il pleut, il y a cette lumière particulière du matin qui me restitue des couleurs que je n'attendais pas !

J'attaque un nouveau col aussitôt, et déjà, les sommets se dévoilent.

Fantastique, hein ?

Arrivée au col de la Selva, cette fois, à 2.121 m.

Je me pose ici pour rentrer dans ma coquille. Au programme, biscottes et grand bol de café bien chaud. L'ambiance est au grand bonheur.
Vous dire que je suis heureux serait bien en-deça de la réalité. Je me sens comblé.
Et je me félicite chaque jour d'avoir choisi et préparé cette voiture fin 2010, quand j'ai arrêté la moto. Choix parfait, il ne me manque rien !

Descente vers Arraba.

Le berger, son chien et ses moutons.

Arrivée à Arraba : les maisons d'en haut.

Et la petite ville en bas. Photo prise en roulant, il y en a de très bonnes, ma technique n'est pas si mauvaise.

Puis c'est une longue descente sous une pluie devenue bien plus sérieuse, voire même violente par moments.
Ambiance humide bien restituée ici, je trouve.
Mais en fait, je m'en moque, et chante à tue-tête dans ma bagnole.

Le petit lac à Alleghe. Ambiance loch écossais....

Le même, à l'autre bout. Ambiance Autriche....

Mais non, tout ceci est de la littérature. Nous sommes dans les Dolomites, en Italie.

Je vais maintenant suivre la vallée de la Stanga. Les nuages apportent une ambiance feutrée et mystérieuse adorable.

Puis... c'est le choc. Je longe des murailles que je devine impressionnantes, telles que vous avez vu sur la photo précédente. Comme je n'ai pas beaucoup de km à faire aujourd'hui, avec la moitié dans une région plate et sans saveur, je prends mon temps et, malgré la pluie, moins forte mais néanmoins toujours présente, je continue à m'arrêter et à sortir avec mon parapluie faire quelques photos. Là, près du parking (juste un à-côté de la taille de deux voitures, en gravillons) se trouve un sentier forestier, barré par une grande barrière cadenassée. Il y a un passage pour les piétons. J'y vais. Je traverse d'abord un sous-bois enchanteur, puis j'arrive dans une zone de caillasses rondes, je ne suis pas loin de la rivière, mais il y a une grue et des machines d'exploitation de carrière. Je m'apprête à faire demi-tour mais, malgré tout, la curiosité l'emporte. Je fais quoi.... cent mètres, pas plus, et j'arrive ici...

Sans le bruit des voitures passant sur la route, j'aurais l'impression absolue d'avoir été téléporté quelque part au Canada, ou ailleurs, mais vous savez, dans ces contrées lointaines où seuls vivent les animaux sauvages et quelques hommes.... sauvages eux aussi, il faut bien le reconnaître. La beauté de ce lieu dépasse l'entendement, d'autant plus qu'il me tombe comme ça des nues. La surprise est de taille, les bras m'en tombent. Je m'approche de la rivière aux eaux absolument transparentes, et je fais fuir un très bel oiseau de type canard, mais bien sauvage lui aussi, et qui ne s'attendait pas à me voir.

L'émotion est extrêmement forte, les larmes ne sont plus très loin, je le sais bien. Je respire fortement mais doucement, me forçant à me calmer, car voyez-vous, j'ai vécu à cet endroit un de ces moments rares et puissants, de ceux qui laissent des traces indélébiles.

J'eusse aimé rester ici quelques heures. Rien, absolument rien n'était ici déplacé. Et, aussi incroyable que cela puisse paraître, même les machines des hommes ne gênaient plus. Pourquoi ? Parce qu'elles étaient abandonnées, ce que je n'avais pas vu au premier regard. Elles avaient sans doute été largement rentabilisées, et elles étaient en train de se faire phagociter par dame Nature de façon extraordinairement belle. Elle est en train de les manger. Et je sais qu'avec le temps, qui travaille pour elle, elle va les digérer de façon magistrale.

Mais bon dieu, pourquoi dois-je mourir ? Pourquoi ne puis-je rester avec elle, quelques centaines de milliers d'années, seulement, mais au moins !?

L'envie de rentrer dans l'eau, de traverser la rivière, d'aller explorer. Mais là, les hommes sont juste à côté. De tels endroits existent encore, sans hommes autour. Ils deviennent rares, mais il en reste, et un de mes voeux les plus chers serait d'aller m'y perdre quelques jours, seulement quelques jours.... Un jour, peut-être, j'espère, je pourrai vous conter une telle petite aventure.

Retour vers la civilisation....

... à travers le sous-bois. Déjà, ce simple sous-bois, déjà un autre monde !


Non, ce n'est pas au même endroit.. Quelques kilomètres plus loin, j'aperçois la rivière juste sous la route. Je loupe un parking bien placé, je fais demi-tour. Eh oui, je suis comme ça. Vous ne pouvez pas savoir le nombre de fois que j'ai fait ça, j'oublie souvent de le raconter ou, plus simplement encore, je présente la mauvaise photo, pas celle que j'étais allé chercher... parce que je les choisis en mode visionneuse, et donc un peu au hasard. C'est ainsi. Donc, je reconnais ma belle rivière de tout-à-l'heure. Le lieu semble tout aussi enchanteur, bien que plus près de la route. Mais je suis déçu, bloqué, le ravin est trop raide, je ne puis descendre, et je dois me contenter de cette vue à travers les feuillages....

Or, avant de remonter dans Mygoo, j'avise un endroit différent dans le feuillage, je m'approche et, là, bien que fort en pente, il y a un passage que certains ont déjà utilisé, et ouvert... pour moi, merci à eux. Forcément, j'y vais. Et.... la magie opère une nouvelle fois.

Mon dieu. J'espère que les photos vous plairont, vous enchanteront, vous donneront des frissons, des envies d'y aller voir vous-mêmes !

Mais je me prends une nouvelle claque.

Et... si ça me si fait mal, c'est tout simplement parce que je dois partir.

Ensuite.... C'est la vallée du Vas que je vais suivre. Très très belle elle aussi, la rivière est splendide, mais la pluie aussi.... J'arrête dans un bistrot manger un toast, délicieux, servi par une asiatique qui sourit sans arrêt, ce qui souvent les caractérise. Près d'un pont, je vais photographier le Vas, ou la Vas, je ne sais pas comment dire. Par contre, ce que je sais, c'est qu'elle est belle belle belle, transparente comme je l'ai rarement vu, berf... Je suis à nouveau envoûté.

Pourtant, je fais ces photos sous la pluie, et sans le parapluie....

Ce sera ma dernière photo. Cette fois, j'ai bien quitté les montagnes, et je rentre dans un pays plat et terne, les villes se suivent sans discontinuer, je n'avance plus du tout, 30 ou 40 kilomètres à l'heure, pas davantage, circulation infernale. C'est interminable, et insupportable. Après ce que je viens de voir, j'ai beaucoup beaucoup de mal ! Mais si vous regardez la carte, vous comprendrez pourquoi j'insiste, car ce que je vais visiter demain, ce n'est plus le travail de la nature, mais bien celui des hommes. Car parfois, oui, il se surpasse ! Et Europa 2014 ne peut pas se permettre de frôler une des plus belles villes créées par l'homme, sans aller la voir, la sentir, la vivre un peu. Elle le vaut bien, oui, elle vaut les efforts que je consens à faire... J'espère qu'elle ne me décevra pas !

J'arrive au camping retenu lors de mes recherches hivernales, car pour cette ville, il faut bien préparer. Or, je suis déçu. Très bien reçu par une femme d'origine belge, et parlant un français parfait, mais les prix sont beaucoup plus élevés que ce que j'avais lu. 24 euros la nuit pour Mygoo et moi. Et comme il me faut deux nuits, ça fait un billet de 50 qui dégage, plus 13 euros demain pour le bateau. Non, c'est trop cher. Alors, la gentille dame me dit qu'elle ne comptera pas la voiture, mais une tente à la place, ce qui ne fait plus que 17 euros et des broutilles, 35 pour les deux nuits. Un beau cadeau déjà. Mais.... il n'y a pas Internet, il faut payer 5 euros pour 24 heures. Ah, alors là, les bras m'en tombent.... Business is business.... Je demande si je peux venir demain matin (le gars qui se dit "je vais bivouaquer cette nuit dans le coin, et je ne prendrai que la nuit de demain, après la journée à Venise'). Elle réfléchit et me dit : oui, venez entre 7h30 et 8 heures, j'expliquerai à ma collègue pour le prix spécial. Là, vous paierez les 17 euros, vous aurez votre nuit de réservée, il ne restera plus qu'à prendre le ticket pour le bateau, départ à 8 heures.... Merci m'dame. Je demande à Titi s'il ne peut pas me trouver un autre camping. Il en trouve deux. A dix bornes. C'est parti. Ce sera 14 euros, dans le camping Jolly, AVEC le WiFi. Je viens demain matin à 8 heures, j'ai payé. Par contre, départ à 9 heures seulement, et ... en bus. Prix : 5 euros aller-retour... Moins cher que le bateau.

L'argent que j'économise me permettra de manger quelque chose dans un restau à Venise ! Du moins, je l'espère.

Voilà, les amis. Et je me suis trouvé un petit bivouac à deux kilomètres du camping, qui devrait être parfait. Voili voilou.
19h40, sauvegardes, dîner, musique et dodo.

Ah oui, je pourrais aller vous envoyer tout ça en allant près du camping; ça marche, j'ai essayé. Mais... pas le courage de bouger ! Désolé.

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