Europa2014 : 22 juillet

Voyage Europa 2014
Mardi 22 juillet 2014 - J007 - 294 km - 424 photos (2.993-1.320/27.216-23.288)
A l'extrême Est de l'Europe Politique

Réveil vers 7h30. Météo toujours au top niveau.

Un peu d'air, délicieux. Je prends mon petit déj' dehors sur la table, un grand bonheur.

Hier soir, le gars du camping est venu discuter avec moi, car il a été émerveillé par la carte affichée sur Mygoo, et il voulait en savoir davantage. Il m'a félicité chaudement et m'a souhaité un bon voyage. Il m'a également donné une belle documentation en anglais sur la ville de Zamosc -lorsque je suis allé terminer mon CR à la réception, à cause des moustiques- , que j'ai lue hier soir. Du coup, ce matin, je décide de sortir Bocloo, ça lui fera le plus grand bien, et à moi aussi, avant de partir avec Mygoo. Le camping est à 1,5 km du centre-ville, ce ne sera vraiment pas fatiguant !

Devant la cathédrale. Il y a une messe :

Un immeuble "art nouveau".

Une des portes de la ville, encore accolée aux fortifications.

Les fortifications comprennent plusieurs niveaux.

Et une partie a été restaurée en galeries commerciales fort bien réussies.
En même temps, plusieurs emplacements sont dédiés à un musée de l'artillerie polonaise.

Entièrement gratuit, extrêmement bien documenté, avec des mannequins et des costumes parfais, ainsi que quelques canons.
Bravo pour cette très belle réhabilitation.

Le clou du centre historique : l'hôtel de ville, que voici, et la magnifique place.

Un vrai régal. Décidément, j'adore ces grandes places historiques.

Détail des façades.

Superbe, non ?

Allez, ce n'est pas tout ça, mais on a de la route ! J'aki passé beaucoup de temps dans le musée de l'artillerie, ce qui fait que lorsque je démarre Mygoo, il est déjà dix heures... et comme je vais faire deux-trois courses, je ne quitte pas Zamosc avant 10h30 !

Une heure plus tard, j'arrive à Belzec, encore un camp d'extermination !

Vous savez, faute d'avoir relu mon itinéraire avant de partir, j'ai raté hier la visite du camp de Majdanek, en réalité situé à Lublin ! Comme les indications sur ces lieux de mémoire sont délivrées au "compte-goutte", je n'ai vu aucune pancarte lorsque j'ai quitté Lublin, et je le regrette d'autant plus que ce camp conserve encore des bâtiments.

Ici, il n'y a qu'un musée et ce grand mausolée, les allemands ayant tout détruit mi-1943 lors du démantèlement du camp.

On estime à environ 500.000 le nombre de personnes assassinnées ici !!!!!

J'ai fait le tour du terrain. Au centre, des milliers de pierres de type volcanique.
Et tout autour, les noms des villes d'où provenaient les juifs, ainsi que les dates de leur arrivée au camp.

Dans le musée.
Au début, les allemands ont humilié les juifs. Ici, ils coupent la barbe d'un vieux monsieur. Bien sûr, tout le monde rigole.
Il faut se méfier lorsque des gens sont publiquement humiliés, et ne jamais rire !
Car il s'agit là d'une méthode de "bourrage de crâne" pour la population....

Extrait du livre écrit par Rudolf Reder, un des deux seuls survivants connus de ce camp. J'essaye une traduction.

La "réception" du train commença. Des douzaines de SS ouvraient les wagons, hurlant "Los !" (vite). Avec des fouets et les crosses de leurs fusils, ils poussaient les gens dehors. Les portes du wagon se trouvaient un mètre ou davantage au-dessus du sol. Poussés vers l'extérieur par les fouets, les gens devaient sauter en bas. Tous, vieux et jeunes. Beaucoup se cassaient bras et jambes en tombant. Ils devaient sauter sur le sol. Dans ce tohu-bohu, les enfants étaient mutilés. Tout le monde tombait, sale, épuisé, terrifié....
Pour chaque transport, ce fut la même chose qu'avec le mien. Les gens devaient se déshabiller, laisser leurs affaires dans la cour...
Les gens laissaient toujours entrevoir dans leurs yeux la lueur d'espoir qu'ils allaient travailler. Mais quelques secondes plus tard, les bébés étaient arrachés de leurs mères, les vieux et les malades étaient jetés sur des brancards, et les hommes, les petits garçons, et les filles étaient poussés à coups de crosses de fusil plus loin et plus loin au bout du chemin.

Témoignage de Kurt Gerstein.
Je vous laisse traduire, faute de temps, mais c'est absolument horrible !

Comme à chaque fois, j'ai du mal à me remettre dans le bain du voyage, après avoir vu ça ! Le pire, c'est que le lieu, et les environs, sont comme encore entourés d'une couche de peur que je ressens, et qui me donne envie de partir ! Allez, nous sommes en 2014, tout ça est passé. Quoi ? Oui, c'est vrai, l'Ukraine est là, juste à côté.... Et des nationalistes recommencent leurs litanies, tentant de rassembler à nouveau des peuples....

Je roule sur la 865, qui longe justement la frontière ukrainienne vers le sud-ouest.. Il fait lourd, le ciel est couvert. Je fais la pause ici à Plazow, un petit village. Quelques personnes curieuses regardent de loin l'énergumène que je suis, installé près de sa voiture, près de l'église....

Une heure plus tard, j'arrive à Jaroslaw. Le soleil est revenu, et c'est du feu qui tombe du ciel. Je vais néanmoins marcher dans le vieux centre-ville.

L'hôtel de ville est absolument somptueux, et est assurément le plus bel édifice de la ville.

Détail de l'hôtel de ville.

Quelques photos glanées lors de mon passage....

Quelques immeubles autour de la place de l'hôtel de ville/

Le San à Przemysl. Heu, vous le prononcez comment, vous, le nom de cette ville ? J'aperçois quelques bâtiments, et surtout près de la rivière, mais ne trouvant pas de stationnement, je poursuis mon chemin sur la route 28 qui s'éloigne quelque peu de l'Ukraine.

Un beau château photographié à travers la grille.. à Krasiczyn. J'ai beau faire deux fois le tour du site, je ne trouve pas d'entrée !

La route devient nettement plus vallonnée, pour mon plus grand bonheur.

Le San, à nouveau.

Et l'on prend de la hauteur !

A Kuzmina, je quitte la 28 pour la 890, qui part en Ukraine, direction sud-est. Je suis ici dans le Massif de Bieszczady, dans lequel se trouvent de nombreuses églises en bois bâties par les habitants de la montagne aux environs du XVème siècle. Inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco, elles bénéficient de programmes importants de restauration.

Je vais jusqu'à la frontière ukrainienne, que je ne franchis pas.

Demi-tour devant les bâtiments de la frontière, voici donc le premier panneau que trouvent les ukrainiens venant en Pologne.
J'avoue être très heureux d'appartenir à cette communauté européenne.

Ces plantes font entre 2,5 et 3 mètres de hauteur !

Je prends ensuite la route 896, qui file plein sud. Une autre église en bois. Je lis sur la pancarte qu'elle a servi de maison forestière....

LLe ciel est désormais très nuageux, et les premières gouttes de "vraie" pluie font leur apparition.

Il commence à faire sombre, et la pluie tombe "pour de bon". Je vois un camping : 17 zlotys, je prends. Il y a un bar, et je m'offre une soupe délicieuse, contenant pommes de terre, carottes, et même un oeuf complet, pour 6 zlotys. Il pleut à verse lorsque je retourne dans Mygoo. Internet ne fonctionnant pas -contrairement à ce que la fille m'avait dit-, et la nuit étant tombée, je décide de bouquiner un peu et de me coucher. Autour de moi, les gens -jeunes pour la plupart, ces montagnes faisant partie d'un parc naturel et étant très "courues" par les randonneurs- courrent, emmitoufflés sous des ponchos ruisselants. Je dois avouer que, cette fois, je suis heureux d'être avec Mygoo...

Je me trouve ici au point situé le plus au sud et le plus à l'est de la Pologne, dans une enclave entre l'Ukraine et la Slovaquie. Demain, je vais amorcer un virage à 90 degrés, et reprendre une route vers... l'ouest ! Au fait, ces petits massifs montagneux font partie des Carpates.

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