Europa2014 : 23 juillet

Voyage Europa 2014
Mercredi 23 juillet 2014 - J008 - 297 km - 294 photos (3.290-1.614/27.513-23.582)
Entrée en Slovaquie.

Juste comme ça, pour votre info : Tchernobil -vous connaissez, non ?- ne se trouve qu'à 220 km à l'Est de mon bivouac....

Bien. Ceci dit, il a plu toute la nuit -je le sais, car j'ai mal dormi, à cause de fortes douleurs dans les côtes, côté gauche, et suites de l'accident. Et ce matin, au réveil, il pleut encore. Ah oui : si les infrastructures sont en mauvais état et bien vieillottes -portes de douche ne tenant qu'à un fil, par exemple-, il faut avouer que l'eau était chaude et que, justement, je me suis offert, hier soir, une douche délicieuse. Curieux, d'ailleurs, que lorsque je voyageais en moto, je préférais presque systématiquement prendre une douche le matin, alors qu'avec la voiture, je préfère le soir ! Allez comprendre...

Je vous écris ce CR jeudi 24, à midi, alors que je suis en pause en plein milieu d'une forêt slovaque, dans les montagnes. Je suis en train de manger des rranches de pain de mie garnies de salami acheté avant-hier, et dont le paquet est ouvert, et que j'avais oublié dans une des cases des placards de Mygoo.... Si vous lisez ces lignes, c'est que j'aurai survécu.... hé hé hé.

Départ du camping à 8h45, après un bon petit-déjeuner pris dans ma chambre, à l'abri de la pluie. J'ouvre un peu la fenêtre de toit -il ne fait pas froid- histoire d'avoir de l'air frais, et de faire chauffer mon grand bol de café (avec un réchaud à gaz, il est indispensable d'aérer). Il m'est agréable de voir les premiers campeurs sortir de leurs tentes, emmitouflés sous leurs ponchos, alors que je suis si bien dans Mygoo, assis confortablement sur ma chaise basse (réservée à l'habitacle, elle me permet d'être parfaitement à l'aise sans être aucunement gêné par le toit). Ce n'est pas de la méchanceté -je n'y suis pour rien-, mais juste de la joie de voyager avec cette voiture aménagée, après la première partie réalisée en moto. Tout ça pour vous dire que je savoure mon voyage, et que, vous le savez bien, chaque moyen de transport ayant ses avantages et ses inconvénients, il se trouve que je m'adapte extrêmement facilement à tous les modes, et que j'aime presque tout (le cyclo-tourisme ne fait pas partie de mes choix, car c'est vraiment par trop difficile !).

Assez bavardé, place à la route. C'est désormais la 897, qui longe la frontière slovaque en direction du nord-ouest sur une longueur d'environ 80 km à vol d'oiseau. Au début, je ne vois pas grand chose, car il pleut bien, mais les choses s'améliorent très rapidement, et si la pluie ne cesse aucunement, la visibilité devient bonne, pour mon plus grand plaisir.

Il y a toujours de belles églises en bois. Mais prendre des photos sous la pluie est pénible, car si l'objectif reçoit ne serait-ce qu'une seule goutte, il faut le nettoyer sans faute ! Or, je trouve une solution qui s'avère être d'une redoutable efficacité. Il y a un très joli parapluie dans Mygoo (acheté voilà fort longtemps à Saint-Claude, dans le Jura, spécialité de cette ville). Et ma foi, photographier sous la pluie, sous le parapluie : c'est le top ! Non seulement je ne risque plus de mouiller l'objectif, mais en plus, je reste sec ! Hé hé hé, vive la voiture.... (amis motards, ne vous vexez pas, je m'offre la permission de vous taquiner quelque peu, ayant -très- largement fait mes classes avec une bécane....).

Encore une autre... J'en loupe sciemment quelques unes, celles qui sont à l'écart de ma route. Mais si vous êtes des passionnés, sachez qu'il y en a plusieurs dizaines, de quoi y consacrer deux ou trois jours. Et ce qui ne gâte rien, c'est que vous avez en même temps la possibilité de randonner !

Non non, ce n'est pas la même !

Il est déjà midi lorsque je passe la frontière slovaque, sur la route 9, ou E371. Ce qui change ? La présence policière, et le respect absolu des limitations de vitesse. J'ai eu le nez fin, car dans le premier village, il y avait une limitation à 40, que j'ai respectée, et... il y avait un radar et les cowboys qui vont avec, près de leur grosse voiture... Si vous allez en Slovaquie, je vous conseille de respecter les panneaux, la présence policière est forte, et ça ne badine pas. En milieu d'après-midi, j'aperçois un camion arrêté sur la route, près d'un virage. Alors que je ralentissais, je vois quelqu'un me faire signe d'avancer. Ce "quelqu'un" était en fait une jolie policière, avec son flingue au côté, qui m'ouvrait la route. En passant, j'ai vu : la voiture des flics était près du pare-choc du camion, mais le nez tourné vers son moteur. C'est simple, en plein virage, ils se sont déportés en face du camion pour le bloquer... Je vous le disais bien : on ne rigole pas avec la réglementation, ici. Je dois avouer que, malgré tout ça, je n'ai pas vraiment vu de recherche absolue de "pompe à fric" de la part de la maréchaussée. Les limitations sont pratiquement partout justifiées, ce qui est un bon point.

Ce n'est pas parce qu'on change de pays qu'on ne voit plus d'églises en bois. Il y en a autant de ce côté-ci de la frontière, et les panneaux touristiques sont extrêmement bien faits, avec des cartes précises pour les trouver. Bravo.

Un peu plus loin, j'aperçois ces deux monstres de la seconde guerre mondiale. Sur les panneaux explicatifs, je lis "death valley". Quoi ? La "vallée de la mort" ? Il s'git en fait d'une vallée dans laquelle s'est déroulée en 1944 une terrible bataille de chars entre l'armée nazie et l'armée stalinienne... Les allemands ont perdu, bien entendu, écrasés sous le nombre. Je décide de m'écarter de ma route pour "voir" cette vallée.

Vision insolite. On aperçoit des chars dans les champs, dans les pentes de la montagne, près des bois, c'est fort curieux. J'apprends qu'ils font chaque année des reconstitutions de la bataille qui a duré plusieurs jours.. Je ne sais pas s'ils manoeuvrent les chars...!

Ah, voici les cigognes slovaques, de l'espèce réputée "slovakia cigonia".

Entre-temps, la pluie a eu la bonne idée de s'arrêter, ce qui est fort agréable.

On trouve partout ces manifestations de la religion.

Puis je retourne sur la E371, qui descend plein sud. ici, près de Giraltovce.

Encore une autre, toute petite. Je ne les photographie pas toutes, il y en a trop, et il faut bien avancer un peu !

Je longe ensuite ce grand lac.
La route, en réparation, est bloquée en deux endroits par des feux de circulation auprès desquels il m'a fallu attendre plus de dix minutes à chacun d'eux !

Turany nad Ondavou... juste avant le lac.

Sur la 576, vers le sud-ouest, juste avant d'entrer dans la région de Kosice.

La 576 franchit un petit massif montagneux fort joli.

Et pénètre dans la forêt. Alors là, mes amis, je suis ébahi. Ces montagnes slovaques qui, à priori, ne payent pas de mine -faible relief- sont en fait difficiles à franchir. La route est une suite ininterrompue de virages et autres épingles à cheveux, et tout ça sous le couvert de forêts si denses qu'il y fait presque nuit.

Absolument impossible de rouler vite ici. Amis motards, c'est le paradis pour vous. Sauf.... sauf que les revêtements sont de "parfait" à "insupportable", et si j'utilise cet adjectif, c'est à bon escient. J'ai parfois été obligé de rouler entre 10 et 20 km/h, en voiture ! Alors, imaginez en moto -de très gros trous, revêtement disparu, route bombée ou creusée, ornières, il y a de tout !

Mais c'est d'une beauté incroyable, et j'avoue avoir adoré !

Une seule chose m'a attristé, c'est de voir une partie de la population vivre manifestement très en-dessous du seuil de la pauvreté, je dirais même pratiquement dans la misère presque totale, en tout cas, dans un très grand dénuement. Il s'agit d'une population vraisemblablement laissée pour compte. Ce sont des gens de type "tsigane", du moins y ressemblent-ils. Ils sont extrêmement bruns de peau, je trouve même qu'ils ressemblent énormément aux indiens des Indes. Leurs vêtements sont sales et fort abîmés, ils sont souvent plusieurs dizaines sur le bord des routes, essayant de vendre de magnifiques champignons, de toutes tailles, mais certains très gros et beaux. J'ai vu des enfants en guenille descendrede la montagne du bois sur d'affreux chariots aux roues défoncées... Bref, c'est aussi ça, l'Europe. Je ne fais ici que vous décrire ce que je vois, sans émettre le moindre jugement, mais c'est ainsi. Ces gens vivent dans les faubourgs des villes, pratiquement des bidonvilles.

J'arrive à Kosice vers 17 heures. Je mets un moment à trouver un parking -il y avait en avait plusieurs dénommés "SMS-parkings", un peu lourdé, le pappy, sur ce coup-là.... Ah oui, au fait, la Slovaquie est désormais dans la zone "Euro". Or, j'avais conservé par-devers moi quelques pièces slovaques issues de mon dernier passage ici (avec Jolly Jumper en 2006....). Elles ne serviront donc plus jamais ! Un euro l'heure de parking.

OK, il fait beau maintenant, et même chaud. Je sors Bocloo, histoire de nous aérer tous les deux... Deux cyclo-touristes sont en train de regarder une carte de la ville, et me font le signe du pouce levé en me montrant la carte d'Europe sur Mygoo. Sympa.

C'est une jeune fille qui a pris cette photo. En fait, alors que je faisais une photo, elle me fait un salut -j'avais sans doute fait un sourire ?- auquel je réponds, allez savoir pourquoi, en français, en disant "bonjour". Aussitôt, elle me dit : "Vous êtes français ?". Là-dessus s'engage une conversation intéressante. J'apprends qu'elle est américaine, et vit ici depuis une année. Curieux, je lui demande pourquoi ici, à Kosice, en Slovaquie. Et là, elle me sort : "parce que je fais partie de l'Eglise des Mormons....". Du coup, je n'ai plus envie de discuter, car je sens que la conversation va tourner "église" et "dieu" et compagnie. Elle essaye un petit peu, mais comprend vite qu'elle perd son temps. Nous nous souhaitons mutuellement bonne chance...

Le centre-ville historique est très agréable.. Rues piétonnes et cyclistes, que du bonheur.
La cathédrale de Kosice est une gothique magnifique. En fait, le style gothique est mon style préféré.

C'est ouvert. Comme j'ai vu une jeune et jolie commerçante juste à côté qui m'avait, elle aussi, répondu en français, je vais lui demander si je peux lui laisser mon vélo, le temps de visiter la cathédrale. Elle parle un français excellent, et accepte.

Statue vue dans la cathédrale.

Joli jardin en face de la cathédrale.

Je vais récupérer mon vélo. Avant de partir, nous discutons un grand moment. En fait, cette jeune femme -environ 30 ans- a vécu 6 ans en France, à Nîmes, et à Avignon. Elle y a appris la céramique, alors qu'elle a des diplômes de la fonction publique et administrative slovaque. Elle est revenue voici deux mois à Kosice, et essaye de vendre le fruit de son travail. Mais elle me dit être un peu désespérée, et ne sait pas si elle va continuer, car c'est la misère ! Elle est allée aussi aux Etats-Unis, en Irlande... Je trouve dommage qu'elle soit déjà "blasée", à son âge, et qu'elle semble perdre courage, avec les bagages qu'elle a en sa possession, sans compter qu'elle est très belle. Bref, je lui souhaite bonne chance dans sa vie.

Je poursuis ma balade avec Bocloo.

Et j'avoue aimer ça à un point inimaginable.

Il faut dire que ce vélo ne pèse rien du tout, passe absolument partout, et peut aller très vite s'il en a envie.

Comme toujours, je m'arrête tous les cent pas. Et c'est en pédalant et faisant des tours sur moi-même avec le vélo que je trouve les bons angles pour photographier, sans prendre la peine de le mettre sur la béquille. Que du bonheur, vous dis-je !

Superbe, cette flèche !

Il y a un peu d'animation.

Vue arrière. A l'arrière-plan, le clocher avec les dorures est celui de la cathédrale.

Superbes couleurs sur ce bâtiment près de la cathédrale, où je suis revenu par d'autres jolies rues. Je m'étais un peu égaré, en fait, et partait totalement à contre-sens. heureusement, j'emporte toujours Titi avec moi, et je fais toujours un Waypoint du parking. Comme ça, je suis absolument certain de retrouver mon chemin !

Vue arrière de la cathédrale.

En retournant vers Mygoo.

Il y a un camping à Kosice. Un peu -et même beaucoup- vieillot, complètement entouré de hauts grillages, porte fermée et gardien, on se croirait dans les Pays de l'Est.... Là, je suis certain de la sécurité, c'est impressionnant. Le prix : 7,50 euros.... C'est cher, pour la Slovaquie, je trouve, mais j'accepte quand même. Il y a Internet, avec une très bonne réception. Et si les installations sanitaires sont du même niveau -vieilles, très vieilles-, la douche est absolument parfaite, je m'en suis donné à coeur joie.

Il y a un couple d'italiens avec une petite caravane, et un couple de néerlandais en voiture, qui ont loué un de ces bungalows. Ainsi que quelques autochtones. On se fait juste un signe de la main.

Il se met à pleuvoir, il y a du vent, quel bonheur d'être dans Mygoo. Je m'installe, une fois n'est pas coutume, sur les deux sièges avant, pour profiter de la lumière du jour au maximum. Mais j'avoue être très malheureux de voir que la nuit tombe si tôt. Il fait sombre à 20 heures, et pratiquement nuit vers 21 heures ! Je bosse jusqu'à 23h30, histoire de vous mettre une journée en ligne. Mais c'est très pénible de devoir plier l'écran pour voir les lettres du clavier ! Du coup, j'abandonne la saisie du jour, c'est trop difficile !

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