Europa2014 : 3 aout

Voyage Europa 2014
Dimanche 3 août 2014 - J019 - 273 km - 402 photos (6.153-5.064/30.376-27.032)
Entrée en Autriche. Le Danube.

Finalement, hier soir, il pleuvait vraiment à verse, et je n'ai pas eu le courage d'aller jusqu'aux sanitaires, assez loin en fait. Ce matin, le ciel est gris, mais il fait déjà lourd, et la journée sera comme les précédentes, c'est évident. La douche fut délicieuse, tout était nickel. Je prends mon petit déj' dehors comme j'en ai désormais l'habitude, puis je démarre peu après 8 heures. Je vais d'abord à la réception (ouverture à 8 heures, c'est la raison pour laquelle je prenais mon temps). Et la note est parfaite, puisque la dame, après une courte réflexion, me fait payer... 9 euros. Rien à redire, évidemment !

Je descends vers le sud, je descends de la montagne, et j'arrive dans la vallée d' un des fleuves mythiques d'Europe : le Danube.
La petite ville qui s'éveille aux premiers rayons du soleil dominical : Vilshofen an der Donau.

Windorf, le petit village suivant. Je fais une pause photo au bord du Danube.

Je longe le Danube au plus près sur la St2125. Je suis descendu sur les rives, j'ai discuté avec un pêcheur qui me montre les poissons qu'il attrape : que des poissons minables et d'importation de pays exotiques qui ont tué et mangé la faune autochtone.... Et là, sous mes yeux, il pêche un beau gardon ! Ah, il en reste encore, des gens du pays, me dit-il.... Ah oui, il me dit aussi que le Danube est anormalement plein, qu'il devrait être à un niveau beaucoup plus bas. Et c'est vrai, je vois bien qu'il remplit complètement son lit. Et ses eaux sont boueuses, et le courant est assez fort.

Puis je quitte le Danube pour filer vers le sud-ouest, via la route 12, qui longe grosso-modo la vallée de l'Inn, grosse rivière germano-autrichienne qui leur sert d'ailleurs de frontière naturelle. Ici, près de Ering. C'est toujours propre et mignon partout.

Et j'arrive finalement là où je voulais arriver, ce qui semble normal. J'ai traversé la grande rivière appelée "Inn", et je suis passé en Autriche. Et je me suis aussitôt arrêté dans les faubourgs pour sortir Bocloo. J'aurais pu éviter, je n'ai fait que deux kilomètres de vélo, alors qu'en fait, il n'y avait que 300 mètres à parcourir.... Mais voilà, quand on ne sait pas !

Alors, que de mystères. Je vais vous dévoiler le nom de cette jolie petite ville : Braunau am Inn.

Le superbe hôtel de ville.

La vieille église est couverte de magnifiques antiques sculptures.

J'entends les gens chanter à l'intérieur : c'est la messe, et il y a du monde....

La porte d'entrée de la ville, entièrement reconstruite à l'identique de l'originale.

Sur ma droite, depuis l'endroit où je fais cette photo, il y a....

une maison, que voici. Plutôt banale et même défraîchie, comparée à ses voisines.
Aucune inscription.

Ah, tiens, si, sur le trottoir, devant la maison. Une grosse pierre. Une inscription.
"Pour la paix, la liberté et la démocratie. Plus jamais le fachisme et ses millions de morts"

Ah, si, de l'autre côté, il y a une autre inscription.
"pierre provenant du camp de concentration de Mauthausen".

 

Alors, c'est quoi, ça ?

 

Eh bien, c'est tout simplement là, dans cette maison, que naquit un certain Adolf Hitler....

Autrichien, il n'habite qu'à quelques mètres de la Grande Allemagne qui le fascine.
Là, en face de Braunau am Inn, sa ville, autrichienne, se trouve Simbach am Inn, allemande.

Et ce qui les sépare, c'est elle, cette rivière : l'Inn. Large et gonflée. Comme le Danube, la rivière est pleine.
Elle file d'ailleurs se jeter dans le Danube..... Suivons son cours, mais côté allemand, comme à l'aller.

C'est là, à Passau, que l'Inn se jette dans le Danube.

Vue globale de la vieille ville de Passau, qui mériterait certes une visite.

Nous reprenons le cours normal de notre route : la vallée du Danube, vers l'Est. C'est désormais le Danube qui ser de frontière entre Allemagne et Autriche, et je roule au nord, côté allemand, l'Autriche étant au... sud, rive droite.

Je vous le disais bien : ses eaux sont chargées de limon.

Les bateaux de croisière vont très vite, leurs moteurs sont très puissants. A mon avis, ça vaut le coup d'en prendre un. J'ai pu les suivre depuis la route, et ils font une belle croisière sur le grand fleuve, depuis Passau. Environ 50 km aller-retour, d'après ce que j'ai calculé. C'est une opportunité pour faire de très belles photos. Pour moi, c'est plus difficile, avec ces contre-jours affreux qui brûlent toutes les couleurs !

La rive opposée, autrichienne, est plus jolie, avec plein de petits villages. En fait, la vallée y est bien plus large. Côté allemand, c'est la falaise presque jusqu'au bord. En contrepartie, la route passe très près du fleuve, et sans vis-à-vis de maisons et autres barrières à photos. L'idéal, c'est de faire les deux rives, évidemment.

La route s'arrête subitement à Jochenstein. C'est d'ailleurs là que les bateaux font demi-tour. En fait, ici, le Danube devient totalement autrichien. La route allemande attaque la montagne creusée par le Danube pendant des centaines de milliers d'années, et rejoint le plateau sommital. Ici, une vue plongeante sur la vallée danubienne autrichienne.

Et nous voici en Autriche, où tout semble plus bleu, même le Danube, comme dans la chanson.

Tout simplement magnifique. Ce qui doit être super intéressant, ici, c'est de suivre les piste cyclables. On peut suivre le Danube jusqu'à Vienne, jusqu'à Budapest... Il y a des tas d'organisateurs de voyages spécialisés dans ce domaine, les choix sont infinis... Mais c'est à mon avis le meilleur moyen de locomotion pour suivre au plus près et avec la meilleure efficacité le grand fleuve.

La route s'éloigne ensuite du fleuve, pour y revenir plus loin. Ici, une vue arrière sur Pfaffing et ses côteaux de vignobles.

Et je retrouve le Danube à Aschach-an-der-Donau.

Puis j'arrive à Linz, grande ville. je voulais voir le centre-ville, mais je loupe la route, et je décide de faire l'impasse, à cause de l'énorme chaleur moite et suffocante qui règne ici. Il fait plus de 30 degrés, c'est absolument évident. Même respirer demande un effort....

Peu après, j'arrive à Mauthausen. Encore un lieu de sinistre mémoire.

Parking gratuit pendant 4 heures. Entrée payante : 2 euros. Premier camp de concentration avec entrée payante.

La porte d'entrée du terrifiant camp de concentration de Mauthausen. Ici, les détenus ont extrait des blocs de granite de la montagne. Ici, les détenus sont morts sous un travail de forçat, sous les coups, sous les tortures physiques et morales continues, sous les privations... Bref, ils ont vécu l'horreur, et beaucoup y ont perdu la vie.

Dans ces baraques prévues pour détenir 300 personnes, plus de 2.000 y étaient entassées.... Nombreux étaient ceux qui devaient coucher par terre !

Du courant de 380 volts passait dans les barbelés. Nombreux sont ceux qui s'y sont jetés pour abréger leurs souffrances.
D'autres y ont été poussés, par jeu, par les gardiens SS.

Je croise à plusieurs reprises un petit groupe de 5 ou 6 personnes. Il y a 3 jeunes, qui parlent français. Une femme et un homme parlent une langue que je ne comprends pas, et n'arrive même pas à déterminer.

Monument érigé par la France, "aux français morts pour la liberté".

De nombreux pays ont également érigé un monument. C'est assez irréel de voir les noms de ces pays d'Europe qui, tous, ont vu une partie de leur population massacrée pendant cette terrible pértiode que fut la seconde guerre mondiale. Comme je savoure le temps présent, avec cette possibilité qui m'est offerte de voyager sans contrainte dans tous ces pays.

Monument hongrois.

Une partie du monument érigé par l'es-RDA (allemagne de l'est).
En arrière-plan, la quiétude de la campagne autrichienne.

Irréel.... ou surnaturel. Quel contraste !

Le chemin descendant aux carrières dans lesquels ont été massacrés les prisonniers.

Pas besoin de vous expliquer davantage....

Souvent, des gardes SS poussaient des détenus depuis le haut. Ils appelaient ça des "parachutes".... !

Une vague idée de la raideur de la pente !

La vie quotidienne du détenu de Mauthausen était un cauchemar !

En descendant ces marches, je me retrouve à nouveau près de ce groupe parlant en partie le français. Je questionne les jeunes. Ils me répondent avec gentillesse et, je le sens, avec plaisir. Ils sont réfugiés tchètchènes, arrivés en France en 2001. Leur père, personnage important de la résistance, a disparu. Leur mère, personnalité politique connue, a été obligée de fuir avec ses enfants, et c'est ainsi qu'ils sont arrivés en France. Ils ont un oncle réfugié en Autriche. C'est pourquoi ils sont là. Leur mère vient se joindre àla conversation. Elle parle moins bien le français que ses enfants. La discussion est passionnante, et terrifiante. Car eux vivent encore dans leur chair l'horreur et la misère. Leur mère me raconte que là-bas, en Tchètchènie, des tas de gens disparaissent, chaque jour, sans qu'on ne sache ce qu'ils deviennent. Les prisons, les camps, les tortures raffinées -elle me dit que la science a permis d'augmenter les possibilités dans ce domaine-, tout celà existe encore, en ce moment même, et est connu des autorités, et accepté pour raisons politiques, pour le business, pour...

Rien n'a changé ?

Non.

Rien n'a changé.

Sauf pour nous, ici, en Europe. C'est tellement mieux.

Vue sur le Danube, depuis le camp de Mauthausen.

Retour sur les rives du grand fleuve.

Je suis fatigué. Le thermomètre, ici, à Mauthausen-ville, accuse 35 degrés !

Je vois un grand parking sur les rives du Danube, en face de ces jolis bâtiments.

Immeuble très curieux.

Détail de la gravure, pittoresque ! Dans le cabinet dentaire.

Je fais un petit tour du coin. Je trouve des toilettes très propres, avec papier et savon dans les lavabos.

Cette sculpture.... signée par l'entreprise Poschacher, qui exploite les carrières.... Mais, car il y a un immense "mais", c'est cette même entreprise qui exploitait les détenus du camp de concentration.... Pensez ce que vous voulez !

Autres jolies façades.

Du coup, vous l'avez compris, je pense. C'est ici, sur ce parking, que je vais passer la nuit. Je vais manger une soupe dans un des bistrots, car il y a le WiFi, ce qui me permet de vous transférer, au moins, la journée d'hier. Je bosse un peu sur la terrasse du restaurant, quand l'orage éclate, violent. La voiture est là, juste à côté, je m'y réfugie. Les écalirs se succèdent sans discontinuer pendant plus d'une heure, et les nuages se déchirent, décersant leur contenu sur Mygoo... Impossible d'aérer, il fait une chaleur torride dans ma chambre à coucher. Je suis en maillot de bains... et je m'endors. Réveillé vers une heure du matin, il ne pleut plus. J'ouvre la fenêtre de toit, la fraîcheur pénètre dans l'habitacle, que du bonheur.

Je me rendors aussitôt...

Page précédente: Europa2014 : 2 aout
Page suivante: Europa2014 : 4 aout


Depuis le 06/06/2005 Visites:874762 Aujourd'hui :150 Maintenant:7 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)