Europa2014 : 5 avril

Samedi 5 avril 2014 - 320 km - 129 photos (1578-385)

Angleterre, nous voici !

Une traversée sous un grand soleil, puis ciel se couvrant au fur et à mesure de la montée vers le nord. Frais et venteux.

J'ai mis le réveil à 7 heures, mais je me lève un peu plus tard, sachant que j'ai quand même le temps. En fait, je resterais bien faire la grasse matinée ! La rosée est considérable, j'aurai une tente à faire sécher ce soir ! Le ciel est bleu, il fait froid, mais je sens qu'il va faire chaud. Du coup, je me décide enfin à enlever les doublures de ma belle tenue Bering. Et je dois dire que j'ai drôlement bien fait, parce que même sans les doublures, quelle protection ! En fait, elles sont utiles pour des températures inférieures à 10 °C. Au-dessus, il faut les retirer, je trouve !

Je viens de passer le contrôle anglais des passeports. Etonnant, car nous sommes à Calais, et avant les guichets des compagnies ! Bref, je m'arrête là. Grosse émotion. C'est comme si je faisais un deuxième départ. Plusieurs raisons à tout ça. Le ciel bleu. Le bien-être dans la tenue Bering : chaud et léger à la fois, que du bonheur. Le fait de quitter le continent. Et, il faut bien le dire, le contrôle que je viens de passer ! En effet, je venais de donner ma carte d'identité au contrôleur anglais, il m'avait examiné la tronche en comparant avec celle -pourtant minable- de ma carte d'identité, en me disant que je pouvais garder mon casque, qu'il me reconnaissait très bien. Déjà, sympa, un sourire échangé de chaque côté, c'est tellement plus sympa. Puis, alors que je rêvassais, le regard perdu sur cette grande esplanade, j'entends le gars me dire, avec l'inimitable accent britannique, "bon anniversaire". How do you say "sixty" in french? Ah yes. Bonn' soixant'... Ben oui, il a ma pièce d'identité ! Super sympa, comme premier entretien du matin, d'autant plus que je n'y avais pas du tout pensé !

Bon, alors, au centre, la compagnie que j'ai choisie, car c'est là que j'ai eu le meilleur accueil hier aux guichets. C'est pour ça qu'hier, dans mon bistrot de Paris à Calais, j'ai réservé chez eux. Et, vous n'allez pas me croire : je tombe sur la même dame sympa, dans la guérite, là, alors qu'elle était dans les bureaux hier matin. Etonnant, non ? On a papoté cinq minutes, il n'y avait pas foule. "Donc, ligne 251. Dépassez tout le monde, ne vous gênez pas, même si ça râle, et mettez-vous le premier de la file". Oui, les motos rentrent les premières, ils n'ont rien à dire. Merci, m'dame. En fait, c'est généralement comme ça sur les lignes maritimes.

Ici, deux gars m'accueillent et harnachent Serparti pendant que je dois rester assis. Du service comme je n'en avais jamais eu sur un bateau. En général, dém...-toi, si vous voyez ce que je veux dire. Et puis, forcément : "Quoi, vous allez faire tout ça? Tous les pays? Tout seul ?". Laissez votre casque ici, personne ne vous le prendra, c'est gardé, on fait des rondes. Et en plus, c'est moi qui passerai, alors pas de souci ! Bon, on dirait que c'est mon anniversaire, là. L'un des deux prend même une photo pour avoir l'adresse du site.

Ah, ces anglais ! Le monsieur est venu avec ses deux sièges... Un habitué, sans doute.

En plus, il me prend en photo.

C'est parti.

La belle plage de Calais. Au loin, Sangatte, où j'ai passé la nuit, juste derrière la dune. J'avais envie d'aller sur la plage, hier soir, mais j'étais fatigué et il faisait froid et déjà sombre lorsque je suis rentré du bistrot. Dommage, car j'adore ces belles et immenses plages du nord.

Ah oui, je voulais vous en parler. J'ai vu hier les malheureux, vous savez, ceux qui arrivent ici, dans ce bout de France, et veulent absolument passer en Angleterre.. Tous ces gens, tassés dans des abris de fortune, sur une voie ferrée abandonnée à l'entrée de Calais, dans un pays étranger, sans papiers je suppose, sans aucun moyen de survie. C'est la misère. Ce camp fait pitié. Je les ai revus ce matin, je n'ai pas osé les photographier, ils ont assez de misère comme ça, je n'ai pas voulu qu'ils se sentent comme des animaux que l'on photographie.

Je quitte la terre de France, heureux, mais je compte bien y revenir un jour !

Vitesse entre 35 et 40 km/h, sur le GPS. Pas très rapide, celui-ci.

Dernier bout de Fran,ce : le Cap Gris-Nez.

Ah, tiens, on croise un frangin.

Puis je vais à l'intérieur. Internet. Je suis tellement absorbé que je sursaute en apercevant le port de Douvres : déjà arrivé, j'ai loupé les magnifiques falaises que l'on voit si bien depuis le bateau. Quel blaireau, je m'en veux ! Il est 11 heures, alors que je suis parti à 10h30 de Calais. Où est le truc, car il y a forcément quelque chose. C'est simple, les anglais ne sont pas à la même heure que nous. C'est le contraire qui serait étonnant, avec eux.

Mais on les aime bien quand même, n'est-ce-pas ? Oui ? Non ? Y'en a un qui n'est pas d'accord, là-bas, dans le fond de la classe.
Bof, chacun ses idées. Pour ma part, je les aime bien.

Douvres, juste à la sortie du port. Les falaises. les maisons typiques.

C'est génial !

Je prends l'autoroute, direction Londres. Quelques kilomètres plus loin, une petite route conduit à cet endroit. J'ai faim, j'ai un sandwich acheté ce matin à Sangatte en passant, c'est le moment et le lieu. Je m'asseois sur ce banc, et je savoure ces instants. Bonheur total.

J'aperçois le port de Douvres au loin dans la brume.

Et ces magnifiques falaises.

Bien plus tard, j'arrive dans les faubourgs de Londres.

Embouteillages, feux tricolores extrêmement longs, ça n'avance pas !

A gauche, un taxi londonien. Je pense à ma fille, qui était venue ici comme "fille au pair", et qui avait subi l'exploitation. Mais ce fut pour elle une bonne école, je pense, et une sacrée expérience.

Là, je suis dans le centre, tout près de la Tamise. The river Thames, pour les connaisseurs.
Je me suis trompé deux fois déjà, et je commence à ronger mon frein.

Et je me re-trompe, pour finir en pleine foule, dans des rues piétonnes. Les gens se rangent, sympas.
Je finis par poser Serparti, et je décide d'aller à pied sur les bords de la Tamise.

Un superbe voilier est posé là.

La voici, la Tamise.

Le coeur de Londres.

J'adore cette photo. Pour les deux bus. Et pour la Tour de Londres, que l'on aperçoit à droite, au loin. Je l'ai reconnue en la photographiant.

Chouette !

Juste derrière, ces vieux pans de murs. Ne me demandez pas le nom de l'église...

Je retourne chercher Serparti. Un gars me fait un grand sourire en levant son pouce : il a vu la bulle. Un peu plus loin, les flics de Londres, et je roule dans une rue piétonne. Je fais un sourire, ils regardent la bulle, et lèvent la main avec le sourire. Cool, ça passe amicalement.

Et voilà. Traversée de la Tamise pour passer dans London North.

Arrêt photo sur le pont.

Enfin, pas que "photos", l'arrêt... Eh oui, ça bouchonne très dur, dans Londres.

La longue remontée.

Je photographie quand je suis bloqué à un feu, on a le temps d'en prendre une dizaine... à chaque fois.

Je ne connais pas le om de ce quartier, mais la foule y était extrêmement dense.

Bien plus tard, bien plus loin, dans une petite ville.

Il fait sombre, je ne sais pas du tout où je suis, mais j'en ai assez pour aujourd'hui. Il est temps de chercher un coin pour dormir. GPS. Campings.

15 km pour arriver dans une petit village. Un très joli bistrot. Deux kilomètres plus loin, une ferme, isolée. Trois caravanes dans un champ, je vais sonner à la maison : personne. Je retourne à l'auberge. Ils ne savent pas. Très sympas, ils répondent à mes questions, mais ne connaissent aucun camping dans le coin.

GPS. Il y en a pas mal, beaucoup de fermes. Mais j'ai un peu les boules de faire chaque fois dix à vingt bornes pour rien. A ce train, il fera nuit avant que je n'en trouve un qui soit ouvert. J'examine la liste avec attention, j'en trouve un à 28 km, plein nord. Le nom me plait bien, je décide d'y aller. Routes minuscules, au fin fond de la campagne. Je n'avance pas. En plus, il faut faire gaffe, avec cette obligation de rouler à gauche. J'ai fait plusieurs erreurs déjà, en arrivant sur les rond-points. C'est bon, je prends bien à gauche, mais j'oublie complètement que je n'ai pas la priorité, et que les voitures déboulent de la droite... Aïe aïe aïe, mais le métier rentre vite, finalement.

J'arrive après bien des vicissitudes. Je trouve un distributeur dans un petit village, histoire d'avoir un peu de monnaie du pays ! Puis je fais le plein de Serparti. Il me restait bien environ 100 bornes, mais comme la nuit va bientôt tomber, ça me fera un souci de moins, si je dois aller plus loin.

J'arrive. Grille... fermée. Les boules ! Pourtant, j'y croyais, à celui-ci. GPS. Le premier, c'est celui-ci. Tiens, 200 mètres. Bon, pas grave, c'est fermé. Ah, il y a une ferme que je sens bien, là, à 10 km. C'est parti, la petite Serparti démarre au quart de tour et s'élance, et, et... Mais.

Mais il y a des tentes et des camping-cars, ici. Mais... oui, bien sûr, l'entrée est ici, je me suis juste arrêté devant une grille, 200 mètres avant l'entrée. Quel soulagement, je sens que ça va être bon. Effectivement. le patron devant l'entrée. Il voit clair, bien qu'il fasse déjà sombre. Français ?? Moto ? Tout seul ? Il se retourne vers la dame, et lui parle. Ce sera dix livres, pour moi, au lieu de vingt ! C'est bon ? Oui, forcément, que c'est bon.

Ils sont tous fous devant Serparti, c'est à qui veut se faire photographier.

Vous pensez si elle est fière, la miss. Elle adore ça !

Bon, la dame que vous voyez là, c'est la patronne. Elle m'envoit les photos par mail quelques minutes après les avoir prises !

Le camping ? Royal ! Mon emplacement.... C'est immense, c'est propre, c'est un tapis d'herbe. Dommage, ma tente est trempée de ce matin, ça va mettre un moment à sécher. Je file prendre ma douche en attendant.

Sèche-cheveux, savon partout pour les mains, papier-toilette évidemment !

La salle WiFi, avec prises de courant, bien au chaud ! Le bonheur, vous dis-je !
J'utilise ma prise multi-nationalités : ça marche, génial.

Vous avez du bol, vous ! Encore un CR bien ficelé !

Il est 0h17 à ma montre Seïko à quartz, temps d'aller au lit, non ? Allez, je vous envoie tout ça, et dodo.

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