Europa2014 : 6 avril

Dimanche 6 avril 2014 - 438 km - 113 photos (2016-498)

Un p'tit coup d'accélérateur.

Départ à 8 heures. Je décide de rattraper l'itinéraire plus au nord, la région ici étant "banale". Enfin, je vais me faire taper sur les doigts, en écrivant ça. C'est beau, c'est la campagne, mais ce n'est pas exceptionnel, je préfère foncer vers la jolie partie de cette région d'Angleterre. Donc, monsieur GPS me dirige vers l'autobeurk pour rejoindre Leicester, puis Derby. C'est en arrivant dans le secteur de la River Trent que je rejoins le réseau secondaire.

J'étais en train de mettre la tente dans le sac lorsque les premières petites gouttes sont tombées. Quelques minutes plus tard, je me suis trouvé sous une belle "drache". Le ciel a déversé une baignoire, j'en ai pris plein la tronche pendant la première demi-heure. Et grâce à ma tenue Bering, je n'ai pas été mouillé du tout. D'un autre côté, ce n'était qu'une demi-heure... Ensuite, ciel couvert, mais plus de pluie. Vent assez fort, quelques belles rafales. J'ai presque froid, normal, je n'ai pas la doublure. La tenue est nickel, mais le problème de la doublure est difficile à gérer.

Pour la première fois depuis le début du voyage, j'arrive enfin sur les routes que j'adore.

Les croisements sont très délicats, les virages sont souvent serrés, la route est une patinoire, mais quel bonheur ! Par contre, la moyenne, là, c'est terminé. Serparti avance peinarde, aucune fatigue : entre 30 et 50, parfois entre 20 et 30, pas possible de faire mieux. Sinon, danger !

Là, j'adore.

C'est dimanche, mais quelques magasins sont ouverts. Ici, je trouve du pain de mie.

Cet ensemble fait partie d'une propriété privée, y compris l'église....

So British !

C'est le Peak District National Park, une vraie merveille.

Il bruyine, mais pas question de louper le traditionnel pique-nique du dimanche.

So British, vous dis-je.

J'adore !

Les murets de pierre couvrent la région entière, et délimitent les routes.
Toutes plus étroites les unes que les autres : les immenses propriétaires terriens n'ont accordé que le strict minimum...

Curieuses formes de montagnes.

Les Hauts de Hurle-Vent.
Sur les hauteurs, le vent siffle et bouscule Serparti et son pilote.

Partout, dans le fond des vallées, des retenues d'eau. Pas près d'en manquer, les anglais !

Serparti est géniale, serviable, silencieuse, toujours prête.
On s'entend bien, tous les deux. Jamais un mot plus haut que l'autre.

Que vous dire, à part que je suis ici au coeur des paysages que j'aime. Là, des landes à l'infini, des moutons, presque personne à part quelques randonneurs, quelques cyclistes -les pauvres, admiration !-, quelques motards qui disent bonjour en faisant "non" de la tête (si si, je vous assure). Et encore. Je vois ces gens parce que c'est dimanche. En semaine, il reste les moutons.

Je vous le disais, des randonneurs. La carte Europa 2014 sur la bulle de Serparti a eu du succès pendant ma pause photos.

Taux de déclivité : 20 %. Emporté par la pente en première ! Terrible.
Les anglais ont l'art de faire les plus forts taux de pente avec des montagnes peu élevées.
Normal, ils attaquent les montagnes en direct, avec très peu de virages.

Durt dur de s'arrêter, mais c'est tellement beau que je ne veux pas vous priver des photos.
Et puis, pour vous faire baver un peu, tous ceux qui bossent.
Et puis, pour vous donner envie de partir, aussi.

Les églises au style bien de chez eux -normal, hein !-, avec ces cimetières et ces pierres tombales défiant les siècles.

Quel style ! (Prononcez "staïle"...).

Encore une retenue d'eau. Un motard BMiste était là, et on a discuté un peu du trajet que j'entreprends.
La bulle a du succès !

Serparti croit que c'est pour elle. SVP, ne la contredisez pas, laissez-la y croire, ça la rend radieuse.

Encore un paysage que j'adore, ces immenses terres de bruyère brûlée par l'hiver.

Regardez la route qui remonte à droite. Pour vous donner une idée des pentes. Au creux, là, il est impossible de dépasser les 10 km/h tellement c'est dangereux. La route est terriblement glissante, les courbes terrifiantes, l'asphalte bosselé comme le paysage, mais en miniature. Gaffe, il faut sans cesse anticiper. Tu ne peux pas accélérer, ou alors, tu vas devoir freiner en plein élan, tellement ça vient vite et ça surprend. Mais c'est génial, de descendre au creux de la pente, dans ce sous-bois humide où rugit le torrent, où les animaux ne se cachent même pas.

La route te permet ça, sans effort, au doux son du ronronnement rassurant de Serparti, avec son inimitable "teuf teuf teuf" lorsqu'elle attaque la pente, sans avoir l'air de forcer. Quand je croise le cycliste qui remonte la pente, je lui fais un sourire en levant le pouce, pour le féliciter et l'encourager. J'ai droit à un sourire à chaque fois, et il oublie deux ou trois coups de pédales qui se font sans réfléchir, c'est toujours ça de gagné !

Petit arrêt photos.

Leurs murs sont drôlement bien faits ! Un travail d'orfèvre.

Encore une retenue.

De mieux en mieux.... Vous imaginez, en vélo ? Non ? Moi non plus !

Et toujours les alignements de murets qui sillonnent les pentes.

Serparti au sommet de la côte. Même pas senti les 25 %, pour de vrai.

L'Angleterre est couverte de ce genre d'églises fortifiées, entourées de leur cimetière.

J'approche du Yorkshire, j'ai contourné et bien dépassé York, j'ai envie de faire la pause. La grande pause du soir. Une pancarte "camping" : j'y vais. Ce n'était pas loin, environ deux kilomètres. C'est propre. Je vais frapper aux carreaux de la petite ferme. Personne. Au moment où je pars, un jeune homme sort. C'est 8 £ pour la nuit. Non, pas de WiFi. Ah, dommage, au revoir.. Je repars. Il y en a pas mal, dans le coin. Ah, tiens, celui-ci me tente bien, à 1,7 mile.. 20 £... Oups, non merci. Un autre, au bord de la route. 12 £. Non, pas de WiFi. Décidément, me dis-je, j'aurais peut-être dû accepter le premier. En sortant de ce dernier camping, je repars et re-freine brusquement : il y en a un autre, là. Un homme arrive alors que je suis en train de retirer mon casque en affichant mon plus beau sourire. A ma demande, il s'asseoit, réfléchit, regarde quelqu'un que je ne vois pas dans une autre pièce en disant quelque chose que je ne comprends pas, et me dit : "5 £, ça vous va ?". Heu, oui. Avez-vous le WiFi ? Oui, sur tout le terrain, voici le code. Et, une chaise et une table pour bosser un peu avec mon PC ? Oui, là, dans la salle TV et jeux, vous avez des chaises et des tables, je ferme à 22 heures, ça vous ira ? "Yes", m'entends-je lui répondre. A 18 heures, ma douche est prise et je suis ici, dans la salle de jeux. Dehors, le ciel est d'un noit d'encre, l'averse est violente, quelques rayons de soleil insistent. C'est très beau. Ah oui, et la salle d'eau ? Douches chaudes, papier dans les toilettes, savon partout à chaque lavabo. Je dois dire que j'ai vraiment de la chance !

Et vous aussi, du coup !

Pour finir, quelques pièces et un billet de Sa Majesté la Reine d'Angleterre....

Bonne nuit, les p'tits loups.

Et à demain, si vous êtes sages.

Ah oui, j'avais oublié. Il y a de temps à autre un camion au bord de la route. Avec quelques tables et chaises. J'avais un peu faim, je me suis arrêté à l'un d'eux. Pour 3,50 £, j'ai eu droit à un gros pain de mie, dans lequel ils m'ont mis deux saucisses, un morceau de je ne sais quelle viande, des épices, des champignons, d'autres légumes, le tout mis et cuit sous mes yeux. C'était délicieux. Je crois bien que je ferai ça à chaque fois que l'occasion se présentera, ha ha ha. Eh oui, ça me permet de manger un peu de viande, et de manger quelque choise de chaud. Sinon, le gars, il n'ira pas au bout.

Page précédente: Europa2014 : 5 avril
Page suivante: Europa2014 : 7 avril


Depuis le 06/06/2005 Visites:905135 Aujourd'hui :81 Maintenant:8 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)