Europa2014 : 7 novembre

Voyage Europa 2014
Vendredi 7 novembre 2014 - J115 - 288 km - 395 photos (31.130-48.543/55.353-70.511)
Crachin, puis éclaircies. Andalousie, un collier de perles dans un pays de déjà couvert de bijoux.

Finalement, hier soir, je suis allé chercher une place de bivouac ailleurs, mais pas bien loin. Tiens, pas si chaud que ça ce matin. Il fait encore bien nuit, forcément, il est 6h45. Un coup d'oeil dehors : le pare-brise est trempé, et je n'entends pas la pluie tomber. Alors... crachin. Déception, moi qui chantait le retour de l'été hier ! Décision : je pars faire le plein à la station repérée hier près du bistrot, et s'il est ouvert (le bistrot), j'irai y prendre mon petit déj', car j'ai vu le prix hier soir : 1,90 €, absolument imbattable. Et... bingo, le plan fonctionne à merveille, le café est ouvert. Internet, bien au chaud, café, pain, jambon de pays (il est délicieux), et une coupe de tomates écrasées.

Vrai départ vers 8h10. Il pleut toujours, crachin. Pas bien grave, je roule sur une nationale, direction Cordoba (Cordoue), jolie ville que je n'ai jamais visitée, mais je le sais. Avant de partir, je demande au patron si la route que je veux prendre (pour éviter Cordoue, justement, et gagner une bonne vingtaine de bornes) est correcte. Il appelle la gentille serveuse qui m'a accueilli hier soir. Elle est enchantée que je lui pose cette question : "j'habite dans la ville où démarre cette route, mon mari travaille à l'Office de Tourisme là-bas....", etc. Bref, oui, la route est correcte, aucun souci. Dont acte !

Dans tous les pays, il y a des panneaux réservés aux motards....

Me voici donc sur cette fameuse route. Oliviers, fermes, cultures modernes.
Mais visibilité réduite.

Espejo. Village tout blanc d'Andalousie, nettement moins éclatant sous un ciel comme aujourd'hui !

Avec cette météo, ma décision est vite prise : je descends vers Antequera par la A45 (gratuite) qui va à Malaga.
Musique, chauffage, Mygoo glisse gentiment sur l'asphalte parfait.
Très agréable, la caisse. Aïe aïe aïe, pas taper, amis motards, pas taper !

Antequera. Ici commencent les affaires vraiment sérieuses.
J'ai de la chance, j'ai été entendu par les dieux de la route : la bruine s'arrête.

Dès la sortie de la ville, le spectacle commence, et ne me quittera plus de la journée.

Du grand art !

J'ai la banane, c'est beau à... Oui, vous savez, quoi !

Valle de Abdalajis. Hé oui, m'sieurs dames, un nom bien bizarre, mais un village magnifique. Attention, si vous allez dans les rues avec votre véhicule, c'est étroit et délicat. J'y suis allé, je me suis trompé, j'ai été obligé d'y retourner deux fois.... Titi refuse absolument de me conduire là où je veux aller, à savoir à El Chorro, en tout cas pas par la route que je veux prendre. Alors, je demande dans le village, et je tombe sur.... un prof' d'anglais en train de prendre sa pause avec des collègues devant le collège. Chanceux, non ? Super gentil, et il parle effectivement parfaitement l'anglais.

Dans Valle de Abdalajís.

Hé hé, et notre ami le soleil vient, timidement, éclairer le paysage, et c'est tout bonnement splendide !

Les oliviers sont lourds de fruits.

Les petites haciendas sont disséminées dans le paysage.

Et la route existe bien. Pas super super au niveau de l'asphalte, mais en Roumanie, j'ai maintes fois rêvé d'en avoir une comme ça !

Regardez le gars en train de faire de l'escalade sur cette magnifique dalle verticale.

Sans commentaire !

Descente vers le barrage.

Je viens de traverser le barrage. la seule chose désagréable dans le paysage, c'est l'usine hydraulique et les grands tuyaux recouvrant la montagne. Je ne vous les montre pas.

Bien entendu, je n'ai pas besoin de vous dire que sur un cercle de 20 km de diamètre, vous en avez pour un mois de vacances....

Là, c'est incroyable. Il y a un défilé extraordinaire et très réputé, le Desfiladero de los Gaitanes, au-dessus duquel passe un sentier vertigineux à flanc de montagne, et interdit au public depuis l'an 2000. El caminito del Rey, le petit chemin du Roi. Mais rassurez-vous : il y a plein d'ouvriers et d'entreprises dessus, je suis absolument certain qu'ils sont en train de le restaurer pour le redonner au grand public, à mon avis moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Mais ils feront le plein de clients, et je ne serais pas le dernier à y ajouter mon obole, parce que, voyez-vous, ce doit être...

... énorme de marcher ici !

Il y a une autre route (en fait, il y en a plusieurs, et je suis totalement certain qu'elle valent toutes le déplacement) que j'avais prévu de faire (un aller-retour). J'y vais, j'y vais pas. Allez, c'est si beau, j'y vais.

J'ai absolument bien fait.

C'était merveilleux.

La route s'achève sur ce "mirador", ou panorama, absolument gigantesque.

Quelques détails sur mon paysage favori.

Cette large et fantastique vallée couverte de sapins et calée entre deux fabuleuses montagnes.
J'en ai vu plein, des "comme ça", en Norvège. Mais en Norvèe, en ce moment, il fait nuit et froid....

Retour... Mygoo me dit : "STP, peux-tu pour une fois me laisser rouler jusqu'en bas, tu as déjà tout photographié, sur cette route". OK, OK, lui dis-je. J'ai -presque- tenu ma promesse, juste quatre (ou cinq ?) photos vite faites....

Dont celle-ci. D'ailleurs, on y va, près de ce lac.

Pfff.... Que voulez-vous, comment voulez-vous ? Impossible pour moi de rouler sans m'arrêter. Quelle chance de "faire" l'Espagne à cette saison, car en été, avec Mygoo, je n'aurais pas pu faire plus de 10% des photos réalisées.

Rencontre, et longue discussion, avec un couple d'allemands (en voiture de location). Ils sont motards. Il y a 4 mois, il a eu un accident avec sa Guzzi 1100, il est allé au tapis sur une route trempée, surpris. Avec sa femme. Il s'est cassé le pied, et sa femme a été légèrement blessée. Il me dit : "j'ai arrêté la moto définitivement, je serai à la retraite dans un an, je n'ai pas envie de la passer dans un fauteuil roulant"... Il y en a d'autres qui ont dit ça, aussi...

C'est simple : avec le soleil qui joue à cache-cache, j'ai vu des paysages inimaginables, j'ai raté des centaines de photos.
J'essaye de vous en donner un minuscule aperçu, loin, très loin de la beauté réelle de ce que j'ai vu, croyez-moi sur parole.

Jeux de lumière, donc.

Jeux de couleurs.

Contrastes saisissants, changeants en temps réel. C'est simple, j'aurais pu filmer, ça passait du bleu au vert ici, ou là, ou là-bas, sans arrêt.

Bref, je pars, parce que je pourrais y rester des heures et des heures.

Ardales. Je prends maintenant le route de Ronda, une très belle régionale.

Et au même moment, le ciel se couvre très fort. Cette photo faite "à la volée" est très belle (je m'envoie des fleurs tout seul, maintenant).

Et la pluie s'invite de nouveau. Il doit y avoir moins de 30 km jusqu'à Ronda. Eh bien, je vais vous dire, j'ai vu des paysages de folie, que je n'ai pas photographiés (il y avait de la circulation, et j'y serais encore...). Partout, de tous les côtés, et tout le long du parcours. Un "trafalgar" de beautés naturelles et humaines (oliveraies, haciendas, forêts...). Du grand beau !

Les quelques photos que j'ai ont été prises comme ça, en roulant, dans le trafic. Pas facile, limite dangereux. J'ai acquis de l'expérience en la matière, à force de pratiquer, mais ça reste du "à défaut de rien", histoire de capter des paysages qui me reviendront en mémoire en regardant ces photos bâclées. Bref, une aide mémorielle, en fait.

Ronda. J'hésite un moment. Je me pose ici, ou pas. Il est 16 heures passées, le soir tombe, il pleut, le ciel est noir, il va être impossible de poursuivre la séance de photos pour cette journée. Alors... Oui, je me pose. Et j'ose... entrer en ville. Oups ! Rues étroites, en forte pente... Pauvre fou ! Pourtant, la chance me sourit. Je trouve une place gratuite -rien que trouver une place, même payante, est une gageure- à dix mètres à gauche de cette photo. Je suis dans le centre, à côté des rues piétonnes (à dix mètres à droite...). Et... 50 mètres plus loin, un bistrot-restau, avec le WiFi, le courant, tout ce qu'il me faut. Franchement... D'ailleurs, je me demande si je ne vais pas dormir là où je suis....

19h30, la nuit est tombée, les gens passent avec leurs parapluies, et les clients sont attablés... dehors, sous les grands parasols. décidément, espagnols, italiens, grecs, croates, français... Tous les méditerranéens sont les mêmes : dehors, dans la rue. Ils ne peuvent s'empêcher de regarder passer leurs semblables, ou de se montrer. Je suis le seul.... dedans ! Mais j'ai rarement fait comme les autres, dans ma vie, en fait. Allez, je vous laisse là-dessus. Je vais me commander une petite collation, mon ventre commence à chanter, j'ai faim.

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