Permis à Nîmes et retour

Jeudi 12, Vendredi 13 et Samedi 14 avril 2007
Le passage du permis moto, ou permis A, à Nîmes,
et retour aux Sables d'Olonne

803 km - 29 photos - Pluie - Retour du soleil le samedi 14 avril.

 

Jeudi 12 avril. Je suis réveillé de bonne heure par l'équipe de Mickaël, qui vient de très bonne heure. En effet, ce sont eux qui doivent conduire trois motos au centre d'examens de Nîmes, qui se trouve de l'autre côté de la ville. Je crois qu'ils ont rendez-vous à 8 heures là-bas. Le reste de leur équipe part en voiture. Je me lève et les aperçoit. Il y a eu de l'orage cette nuit, et il pleut! Aïe, je ne voudrais pas être à leur place, franchement pas. D'un autre côté, je pense qu'ils vont avoir leur permis sans problème. L'équipe de Mickaël est meilleure que la nôtre. Ils sont plus jeunes aussi!

De notre côté, après notre dernière séance de panneaux, nous partons à nouveau en plateau. Parcours lent et parcours rapide, nous passons tout en revue. Freinage d'urgence, rétrogradage. Pour le lent, ça va, je suis assez confiant. Il suffit de bien tourner le tête, c'est vraiment le secret. Pour le rapide, il pleut, et c'est génial. Bizarrement, et contrairement à la plupart de mes camarades, ça me plait car ça nous donne une seconde de plus. Et j'ai appris à me rendre compte, grâce à william, qu'une seconde, c'est énorme. Comme je ne suis pas trop inquiet sur mes capacités à effecteur le parcours dans les temps, je trouve qu'avec cette seconde providentielle supplémentaire, le stress, enfin, mon stress, baisse d'un bon cran. Et ça, ça me remonte le moral.

Nous descendons à midi. je me fais conduire par mes camarades. Nous partons à deux voitures, le rendez-vous au centre est à 14h15. Nous décidons de partir vers 13h30, voire même avant. Alain, le patron du relais, nous gonfle à bloc. Il est vraiment super. Nous rencontrons les trois jeunes du groupe à Mickaël, qui sont venus manger ici. Ils ont réussi le plateau. Ils nous mettent également en confiance, nous disent qu'il n'y a pas de problème, bref, ils sont super sympas. On les félicite naturellement!

Et c'est parti. Nous sommes dans nos petits souliers, la tension est palpable. Patrice, l'un des patrons du CFM, emmène l'autre partie de notre petit groupe. C'est lui qui nous assiste et nous présente devant l'inspecteur.

Ah, l'inspecteur! Très particulier. Patrice nous dit qu'il est très sympa, mais très procédurier. Il applique le règlement à la lettre. Oui, c'est vraiment le fonctionnaire zélé. Je le vois de suite. Petite voix fluette, il semble très gentil, mais je ne le sens pas du tout. Déjà, à l'enregistrement. Il nous appèlle les uns après les autres, pour contrôller nos permis de conduire, et donc nos identités. Puis il nous donne les ordres de passage. Il pleut très légèrement, quelques gouttes, mais cela suffit pour nous octroyer la seconde supplémentaire, qu'il nous confirme! C'est génial.

Bon, c'est maintenant parti pour de bon. Je suis le cinquième sur les sept. Le parcours tiré au sort à la poussette est celui avec retour en arrière, celui que je déteste. En effet, les Suzuki GS 500 sont vraiment nulles en manoeuvre arrière, je l'ai expérimenté dans le garage. mais bon sang, je vais bien y arriver, d'autant plus que je vois mes camarades faire devant moi. Pendant que l'un pousse sa machine, l'inspecteur questionne l'autre sur les contrôles à effectuer avant le départ. Vous savez, cette épreuve avec les mnémoniques, que nous connaissons tous par coeur. Chaque élève doit choisir une des trois fiches de contrôle au hazard. Alexis passe le premier. Il avance la machine et fait son "S" en marche avant, puis la recule en marche arrière, arrive au point de départ, regarde l'inspecteur, et recule la Suzuki jusqu'au trait. Sa note est B. Mais pourquoi pas A. Mais je vous ai dit d'arrêter la moto roue arrière au trait, et vous l'avez reculée jusqu'à la roue avant! Alors ce sera B. Inutile de faire l'épreuve des contrôles, B étant la plus basse note possible sur cet exercice, non éliminatoire. Je lis la déception sur les traits d'Alexis. je suis dégouté, scandalisé. mettre un B pour ça, voilà de la débilité. Aucun rapport avec la sécurité, vraiment aucun. C'est d'une bassesse. OK. On ne doit rien attendre de ce mec. Allez, Jef, tu bosses pour toi, t'occupe pas de lui, c'est un con, mais ce n'est pas ton problème. Ce matin, un des petits jeunes a également eu un B sur l'épreuve des contrôles. Vous savez pourquoi? Parce qu'en parlant du casque, il a tout expliqué, mais il ne l'a pas mis sur sa tête. Encore un bel exemple de stupidité. le gars, quand il va prendre sa moto, il mettra son casque sur sa tête, il ne fera pas semblant de le mettre pour le poser à côté. Mesquinerie qui peut coûter beaucoup d'argent à l'élève, et qui n'apporte absolument rien en matière d'éducation, et qui n'enlève rien aux qualités du pilote!

C'est mon tour. Le coeur bat fort. J'avance lentement, avec beaucoup de précautions, entre les cônes. Bon, j'arrête la roue avant à ce niveau, je recule maintenant, là, doucement, passage entre les cônes, arrêt roue arrière au trait, béquille latérale, cool, c'est bon, réussi, génial. L'inspecteur m'annonce B. Quoi, un B? Mais pourquoi? Je vous avais dit de passer entre les cônes, et ce n'est pas ce que vous avez fait! Mais bien sûr que si. Oui, vous, vous êtes passé entre les cônes à l'aller, mais pas la moto, que vous avez passée à côté. Quoi? J'ai passé la moto à côté des cônes? mais... oui, c'est vrai, j'ai fait ça! Mais je suis complètement taré, moi! Et le retour, c'est bien la moto qui est passée entre les cônes, et pas moi! Quel nul je suis. Ce ne sera pas la peine de passer l'épreuve de contrôle avant le départ, pusique vous avez déjà le B.... Quand il appèlle le suivant pour cette épreuve, j'y vais! Je tire au sort la partie "chaine cinématique et notice d'utilisation", à laquelle je réponds parfaitement, bien sûr. Il me dit, OK, ce sera donc A. Il me met un A, il a oublié ma première erreur, c'est génal! Vous êtes bien monsieur ... Ah non. mais alors... Ah oui, mais je vous ai dit que ce n'était pas la peine de la faire, celle-ci, que ça ne servait à rien, puisque vous avez le B... Je réponds aussi sec que je voulais montrer que je la connaissais! Mais en fait, c'est encore le stress qui m'a fait faire cette nouvelle erreur... Jef, on se calme, tout va mal. Tu as la plus mauvaise note, celle qu'il ne fallait pas avoir.

Maintenant, c'est le parcours lent, il faut un A, obligatoirement. A moins que je ne prenne le A sur le rapide, mais c'est plus chaud... Non, c'est sur le lent qu'il le faut. Le tirage au sort nous a donné un parcours qu'on a beaucoup fait sur notre piste du CFM. En tout cas, je le connais bien. Les camarades passent. Daniel fait tomber un cône, il abandonne, C. Quelle erreur, ce doit être le stress. William a bien dit de ne jamais abandonner, il aurait peut-être fini ce lent avec un B. Bon, ce n'est pas trop grave, il a droit à un deuxième tour. C'est reparti, mais il loupe carrément la porte, alors là, c'est erreur de parcours, ce sera encore un C. Eliminé, Daniel est éliminé. Les boules. Mince, ça ne rigole pas. Heureusement, pour remonter le moral, encourager, mettre à l'aise, donner la pêche, Patrice est là. Il est formidable. Il me serre les coudes, me donne des conseils, me parle avec beaucoup de gentillesse et d'encouragement. Merci Patrice, tu es un chef. C'est pour moi la bonne méthode. J'oublie totalement l'inspecteur, je me suis déjà dit que ce n'est pas lui qui a fait passer ma moto à côté des cônes tout-à-l'heure, mais seulement moi et mon p.. de stress. Et Patrice m'a mis en confiance, il m'a boosté. Premier cône, première porte, regard sur la suivante, encore le regard, allez, et ça passe tout seul, encore mieux qu'à l'exercice. Ouf, passé! Je stoppe, montée du passager, demi-tour avec passager, accélération en sortie -Patrice le disait à chacun, tout-à-l'heure, accélère, avec l'effet giroscopique, la moto va se mettre droite toute seule- et tu passes les barrières en accélération, c'est sans problème.... OUI. C'est bon. Merci Patrice. Monsieur l'inspecteur? Note? A. SUPER. J'ai mon A. Incroyable. mais alors, c'est bon, je vais l'avoir, ce p.. de plateau!

Et maintenant, place au "rapide". Bon, une seconde de plus, ce n'est pas un problème. En plus, la piste me semble beaucoup plus large que celle du CFM. Beaucoup plus facile. Je regarde mes collègues passer. Le troisième obtient un C. Pourquoi? Trop rapide? Non, c'est vraiment ignoble. On doit le faire entre 20 et 23, et il le fait en 19,2. Or, la piste ne serait pas mouillée, ce serait ok. C'est trop nul. D'habitude, il est toujours un poil trop lent, là il a suivi les conseils à la lettre, foncer au premier essai. mais très franchement, il n'avait qu'à lui mettre un B, et basta. Car en fait, ce n'est pas un mauvais pilote, pour preuve! Bon, il faut recommencer. Patrice l'encourage vraiment très bien, tu roules cool, t'as le temps, t'inquiète... Ah oui, j'ai oublié de vous le dire, on a tiré au sort l'exercice avec rétrogradage! Ce n'est pas le plus facile -je préfère le freinage d'urgence- mais il est plus facile que l'évitement, que je n'aime pas. Le copain repart, fait tomber un cône -pas grave, B- et termine correctement. Et là, l'inspecteur annoce C. Quoi, pourquoi C? Patrice demande. Parce que la vitesse n'était pas stabilisée. En d'autres termes, il a ralenti avant de rétrograder! Alosr là, c'est dég... Car en fait, le premier parcours lui est refusé pour cause "trop rapide", et il lui fait le reproche d'avoir "ralenti" au retour du deuxième. Quel scandale. Deux C, donc recalé, il va falloir repasser. La tension monte... C'est mon tour. Patrice me recule, pour me donner de l'élan, m'encourage encore avec gentillesse, c'est bon, c'est mon premier essai, et ce doit être le bon. C'est parti. Tout passe à merveille. Demi-tour impeccable, je réaccélère, seconde, troisième, slalom, et au dernier slalom, je touche un cône. pas grave, je m'en fous. Passage à l'inspecteur, pas de ralentissement, rétrogradage, comme William nous l'a si souvent dit, fait hurler tes vitesses, vrrrr, vrrrr. Génial. Je me retourne. L'inspecteur me fait signe, OK, c'est B. Génial, c'est le bonheur, pas besoin de faire le deuxième essai, je n'en reviens pas. je donne ma moto au suivant et vais m'asseoir sur le banc, encore tout étonné d'avoir réussi. Bon, il reste l'épreuve des fiches. Bon sang, celle-là, ce n'est pas un problème!

L'attente est longue. les gars sortent les uns après les autres, OK. C'est bon. Moi aussi. Mon tour arrive vite puisque deux de mes copains ont échoué. Veuillez tirer une fiche SVP. Mon rêve: la fiche sur les voyages. Vous savez pourquoi! je la connais par coeur et je peux en rajouter des tonnes... Je prends dans le mileiu, et quelque chose me dit que c'est une erreur. L'équipement du motard. Bah, c'est facile, j'ai plein de trucs à dire sur ce sujet. et me voilà parti. je sens que c'est bon, je parle tout seul. Il ne m'aide pas, me laisse parler. Mais ce n'est pas grave. C'est bon, me dit-il. C'est trop génial.

Ah, dites-moi, ce panneau concerne-t-il les motocyclistes? Je réponds oui, sans autre explication, William et Mickaël ayant été très clairs sur ce point. Si la question demande un oui ou un non, s'en contenter, sans autre explication. Pas de risque à prendre. L'inspecteur me regarde, me dit ok, va pour écrire sur son papier. je me dis que c'est terminé, et là, au dernier moment, il se ravise, me regarde et me demande, quels sont les véhicules concernés exactement? Le symbole de la voiture vue de profil, tous les véhicules dont le PTAC est inférieur ou égal à 3,5 T.Plus rien à ajouter, monsieur l'inspecteur. C'est bon, vous êtes reçu, BABAA. Vous avez votre plateau. Félicitations. Au revoir.

Vous n'avez pas à remercier, disait William. C'est à vous que vous le devez, et à vous seul. Merci monsieur. Au revoir.

Voilà, l'éducation. J'ai dit merci!

Patrice a besoin de trois gars pour ramener les motos. Je suis volontaire. Alexis et Fred prennent les deux autres. Quel bonheur de rentrer au CFM aujourd'hui, vraiment très intense. Je n'arrête pas d'y penser, tout au long de la route. je roule prudemment, la route est bien trempée, pas le moment de faire le pitre, respect total des limitations, 80 sous la pluie. Mes deux camarades vont un peu vite, je les laisse me distancer, peu importe. Arrivée au CFM, on rentre les motos dans le garage. William est au garage en train de faire de la mécanique. Je suis un peu déçu de sa réaction, pas de félicitations, il ne m'a rien demandé, j'aurais aimé plus d'enthousiasme. Bon, ce n'est pas grave, c'est le résultat qui compte!

Et ce soir, j'ai pris une très grosse option.

Le programme pour demain. Je devais aller passer la circulation à 9 heures, et donc me rendre à 9 heures au centre d'examens. mais comme il est hors de question que j'y aille avec le camping-car, il est convenu qu'Alex, Fred et Alexis viendront me prendre à 9 heures, et que nous irons au centre pour 10h15. Il est 16 heures, tout le monde s'en va. Nous nous congratulons encore, heureux de pouvoir passer une soirée à ne rien faire, car les fiches, maintenant, c'est fini et bien fini!

Patrice, qui a vu mon permis tout-à-l'heure, me dit qu'il n'y en a plus beaucoup, des permis comme celui-là, encore écrit à la main. Tu devrais faire une déclaration de perte et le conserver pour l'offrir à tes enfants, afin qu'il reste à tes descendants. Hum... ça me fait un drôle d'effet d'entendre ça. Moi qui essaye toujours de m'intégrer, de rester jeune, j'ai un permis qui est une "antiquité"! Les boules... mais il a peut-être raison. je leur en parlerai!

Il pleut à moitié. Ce week-end, il y aura de très grosses courses de motos sur le circuit, et les camions arrivent. Je décide d'aller à pied faire quelques photos, histoire de marcher un peu et de me décontracter.

Je sors donc de l'enceinte du circuit à pied, et je longe le bois qui surplombe le plateau, au-dessus de la vallée.
Au premier plan à gauche, le château de Lédenon.
Au centre, tout à droite, au bord de la route, c'est notre relais de Lédenon, où nous allons manger tous les midis.

La route défoncée qui contourne le circuit, limitée à... 40 km/h.

Lédenon, la partie récente du village. Et la route avec sa belle épingle.

Zoom sur l'épingle du bas.

Le virage du haut, celui qui termine la ligne droite en pente très forte!

Le virage final.

Les courses de ce week-end.

La grande descente... ou la grande montée... cela dépend!

On distingue encore, au loin, le relais de Lédenon.

Une idée de la pente. En vrai, elle est beaucoup plus impressionnante, croyez-moi!

Vue globale sur le château de Lédenon.

Zoom sur le château.

Cette petite promenade, bien que très humide, m'a fait du bien. Mais je suis tout de même sur les nerfs.

Il est à peine 17 heures. Je décide de me mettre à l'aise, toilette, pyjama. je ne sortirai pas ce soir....

Un grand bol de café, de la lecture, de la musique. C'est soirée détente, après toute cette semaine de tension.

La fin approche, et je retrouve confiance en moi.

 

Cette nuit, beaucoup de trafic sur mon parking. Plusieurs véhicules viennent s'installer, transportant des motos sur remorque. Sans doute ne peuvent-ils plus rentrer sur le paddock. Ce sont des gens qui vont courir ce week-end sur le circuit, c'est évident.

La pluie tombe à verse, tambourinant sur le toît, et m'empêchant de m'endormir. D'un autre côté, j'aime bien entendre les gouttes d'eau s'écraser avec fracas au-dessus de ma tête. Demain, la route sera très humide, et il va falloir être très prudent.

Demain, c'est le grand jour, la révélation!

 

Vendredi 13 avril. C'est une bonne date. C'est le Vendredi 13 Octobre que j'ai passé et obtenu mon code avec succès aux Sables d'Olonne. Allez, je suis confiant, ça va bien se passer! Je suis réveillé de bonne heure. La pluie avait cessé, mais elle reprend maintenant. J'entends les trois jeunes de l'équipe de Mickaël, qui viennent chercher les motos qui serviront pour la circulation. Ils sont super sympas tous les trois, et j'espère très sincèrement que tout va bien se passer pour eux. Les autres doivent rejoindre directement le centre. Un peu plus tard, j'entends les motos passer.

Je me lève et prends un bon petit déjeûner. Je ne peux pas partir sans manger, le matin, c'est pour moi indispensable. Les copains doivent venir me prendre vers 9 heures. C'est la grasse matinée! D'habitude, dès 8 heures, on est au boulot! Je décide de faire quelques photos, plutôt que de rester à tourner en rond dans le camping-car.

Vous voyez, c'est bien mouillé quand même! A droite, notre piste d'essais, celle sur laquelle nous avons travaillé toute la semaine. J'espère ne pas avoir à y revenir, sauf un jour, peut-être, en promenade dans la région, avec ma propre moto...

La voilà, notre belle piste.

Zoom à travers le grillage, et les plantes. Dans la partie droite, entre les baraquements et les arbustes, se trouve l'endroit réservé au parcours lent. Souvenirs... Très bons souvenirs, tout compte fait!

Le ciel s'est éclairci. Il ne pleut plus, et c'est tant mieux. Aujourd'hui, pas de chrono, mais il n'est pas question de se traîner non plus! Les voitures sont celles des nouveaux! En effet, une nouvelle "fournée" d'apprentis motards commence aujourd'hui les cours. J'ai l'impression d'être un ancien, c'est un drôle de sentiment, au bout de seulement une semaine. Mais quelle semaine chargée, pleine à raz-bord, qui m'a semblé durer une éternité!

J'avance vers le centre de formation. La porte du garage est ouverte. C'est ici que sont entreposées les motos.

Mes collègues arrivent, avec leur bouteille de champagne. Ils vont la mettre au frais, dans le frigo de William, Mickaël et Patrice. Pour ma part, je n'en ai pas. J'ai décidé de l'acheter APRES. Je suis un peu supersticieux, finalement. Mieux vaut tenir que courir. Les gars sont d'accord pour me conduire dans un magasin, après l'examen. Nous en rêvons tous les quatre.

Il y a Gilles, Alexis, Fred et moi-même. Nous sommes quatre. Nous décidons de descendre prendre un café au relais, chez Alain. Il nous reçoit une fois de plus avec sa bonne humeur proverbiale, et nous encourage comme pas deux!

Bon, pas question d'être en retard, nous partons largement en avance.

Patrice est là, dans la voiture, au volant. C'est lui qui conduit. L'inspecteur est à côté de lui. Il ouvre sa vitre et nous souhaite la bienvenue, un léger sourire aux lèvres. Décidément, je ne l'aime pas! Bon, il veut reprendre nos permis... Pourtant, il les a vus hier... Bon, ne t'occupe pas de lui, Jef, concentration. Alexis est le premier. L'inspecteur nous demande si nous voulons venir tous les trois dans la voiture, à l'arrière. On est d'accord. Les tenues et les casques dans le coffre, Alexis sur la moto, contrôle de la radio, et c'est parti. Quelle tension. Alexis roule bien. L'inspecteur lui fait une remarque en sortie d'un rond-point. Une voiture était près de lui, légèrement en retrait, et tournait également à droite. Alexis est parti devant, il aurait du la laisser passer. C'est un peu tiré par les cheveux, car William nous a toujours appris à foncer, à ne pas traîner. Mais l'inspecteur nous a prévenu, la sécurité avant tout. C'est fini, après diverses routes, ville, campagne, l'inspecteur fait stopper Alexis. Je suis assis au milieu à l'arrière, et c'est donc Gilles qui s'y colle. Pendant qu'il s'arnache, Alexis vient se mettre à ma place au centre, et l'inspecteur lui refait la remarque déjà faite à la radio. Alexis va pour se justifier, puis se ravise et dit qu'il est d'accord, qu'il aurait du la laisser passer. C'est ce que l'inspecteur voulait entendre. C'est bon. Vous avez le permis. Bravo. Je file un coup de coude à Alexis pour le féliciter. Il explose de joie intérieure, je sens qu'il fait de gros efforts pour rester de marbre... Et c'est reparti avec Gilles. pendant la route, Patrice occupe l'inspecteur. A chaque belle maison, oh, elle est très belle celle-là. Oui, j'ai des voisins qui ont fait une mezzanine chez eux, très joli, j'ai bien envie de faire la même chose. Oui, le terrain est sec. Il faut arroser le matin, pour la pelouse. Etc, etc... Conversations bidons, mais qui, finalement, m'apaisent. Pourtant, la tension est forte, palpable. Gilles conduit parfaitement, l'inspecteur ne trouve absolument rien à dire, et il n'y a rien à dire. C'est nickel. Il le fait stopper dans une zone "30", dans un petit village. Fred se précipite, alors que je comptais y aller. Manifestement, il ne veut pas passer en dernier. je ne voulais pas non plus, mais c'est bon, le sort en a jugé ainsi, je serai le dernier! Pendant que Fred met son équipement, Gilles s'installe dans la voiture, et l'inspecteur lui donne le verdict: c'est parfait, vous avez votre permis. Un sourire, Gilles reste imperturbable. Deux sur deux. C'est bon signe. Fred est nerveux, mais il l'est toujours. William a beaucoup crié sur lui toute la semaine. C'est le plus excité de nous tous. Il se trompe de direction une fois ou deux, il cale à un démarrage, c'est un peu saccadé, ça lui ressemble bien, mais pas de faute à proprement parler. je commence à moins regarder et à me préparer psychologiquement. C'est bientôt mon tour. Je vais avoir droit aux rond-points de Nîmes, c'est moi qui vais ramener la moto en ville, j'ai les boules! Je préfère la campagne, j'aurais adoré faire le parcours de Gilles. Fred reçoit pour consigne "dès que possible, tournez à gauche". William nous a déjà fait le coup, je me souviens, c'était avec Alexis justement. La première route en question était à sens interdit... Alexis l'avait prise. William avait hurlé "éliminé, le premier, évidemment, on rentre en sens interdit, c'est normal en moto....". Fred ne s'y trompe pas. Il ne prend pas la première, il y avait une flèche "défense de tourner à gauche". Bravo Fred, bien vu. Vous arrêterez dès que possible... Fred s'embarque dans une ruelle de lotissement. Bon, pas de problème pour repartir. C'est à moi. Je prends la radio, elle était à un niveau très élevé, ça ne m'étonne pas de Fred. Je descends la puissance. Patrice vient vérifier, merci.

Et c'est parti. Il me dit de prendre la direction de Nîmes, ce qui ne m'étonne pas... mais je ne la vois pas, je me doute l'avoir loupée. je continue, et je trouve une pancarte, enfin. Alexis me dira avoir dit dans la voiture :"le pauvre, il ne connaît pas du tout la région". Merci Alexis, c'est super sympa. Bon, c'est une belle route, avec des rond-points. J'enquille à 80-90, c'est mouillé, c'est normalement 80, mais il ne fait pas être hypocrite. william l'a dit cent fois, inutile de faire trop semblant de tourner la tête à gauche, et à droite, de ralentir presque à s'arrêter, bref de "fayoter" comme des malades. Il a dit, "vous foncez, les gars, vous jetez un coup d'oeil aux priorités à droite, c'est évident, mais s'il n'y a rien, vous foncez. Pas la peine de s'arrêter comme des idiots, il n'y a personne, alors on passe". J'applique à la lettre. L'inspecteur me fait tourner dans une zone industrielle, justement avec plein de priorités à droite, contournement de voies de chemins de fer, etc. Du billard, j'adore rouler là, c'est cool. Mais les ronds-points, les immenses rond-points de Nîmes vont venir. Tout se passe bien, à un moment, je double un gros camion en poussant un peu les rapports, génial. mais ensuite, le camion me redouble, car je me tiens à la limitation. Un nouveau rond-point, j'arrive derrière le camion à nouveau, moto et souplesse obligent, et je redouble, en puissance, sans hésiter. Alexis me dira que Patrice, dans la voiture, commençait juste à dire "il faudrait qu'il redouble" alors que je le faisais. Nickel chrome! Puis l'inspecteur me dit, à la prochaine, vous arrêterez sur le lieu de départ. Quoi? mais alors, on arrive déjà? C'est fini? Soudain, je reconnais les lieux. mais oui, c'est le centre d'examen, là, à droite. C'est fantastique. Je ne vais pas en ville. Contrôle, clignotant, je tourne et stoppe près des auvents, là où nous avons commencé. Je coupe le moteur, enlève mon casque, et me dirige vers l'inspecteur, qui a baissé sa vitre. C'est bon, me dit-il, vous pouvez aller discuter avec vos camarades pendant que je remplis les documents. Ah, non, s'il-vous-plait, pouvez-vous me lire la plaque d'immatriculation de la moto? Non, pas ça, ici, regardez, ce document, pouvez-vous me lire cette phrase? je m'approche et lui lis. C'est bon, c'est bon, merci. parfait. Allez-y, je fais les papiers.

C'est fini. C'est tout. Vraiment, cool, trop facile, le parcours effectué, j'ai adoré.

Mais alors, ça y est, les gars, c'est terminé. Permis A "in the pocket". On l'a tous.

C'est le bonheur total. Pour un peu, on s'embrasserait! Patrice vient nous rejoindre, et demande lequel va rester ici pour reconduire la moto au CFM de Lédenon. Gilles accepte. OK Gilles, alors à tout-à-l'heure. Les papiers sont remplis, nous pouvons y aller. Au revoir, monsieur l'inspecteur, et merci. Mais pourquoi merci? Encore? C'est grâce à nous, à notre ténacité, à notre pugnacité, à notre courage. Bon, peu importe. Les gars, on s'arrête dans un magasin, je dois acheter ma bouteille de champagne. Quel bonheur, d'aller acheter cette bouteille. Alexis ne paye pas le téléphone, il me le prête, je ne peux pas attendre plus longtemps. Allo? Oui, c'est moi. Je l'ai. Oui, oui, c'est terminé, c'est la fête, c'est la joie, la bouteille de champagne est entre mes jambes.... Bravo, félicitations, fais attention à toi. Oui, ne t'inquiète pas!

Nous roulons directement vers le CFM de Lédenon, où nous retrouvons nos instructeurs, William, Mickaël, puis Patrice qui nous rejoint. Nous allons sortir les bouteilles du frigo les uns après les autres, nous remplissons les gobelets, et tendons les verres aux nouveaux, ceux qui le passeront vendredi prochain. Ils sortent de la salle, ils viennent sans doute de faire la première leçon des panneaux moto. Ou de voir le placement des motos en circulation, sur les rond-points... Peu importe. C'est la joie, tout le monde parle, les visages sont éclairés par les grands sourires.

Voilà une partie de l'équipe. A gauche, Gilles, en pleine forme, comme il se doit! A côté de lui, Fred le routier. Puis un des membres de notre groupe, dont je ne connais pas le prénom. C'est dommage, d'ailleurs, que les instructeurs ne nous font pas faire les présentations, le premier jour, de façon à ce que nous nous connaissions mieux, que le groupe soit plus soudé. Près de lui, c'est William, mon instructeur, un vrai motard. Je crois qu'on l'a fait particulièrement souffrir, cette semaine, mais je n'en sais rien, après tout. C'est peut-être pareil toutes les semaines, il faudrait l'interviewer... A côté, c'est le mécano du centre, dont je ne connais pas le prénom. Puis c'est Mickaël, l'autre roi de la moto. Près de lui, un gars qui avait loupé la semaine dernière, et qui a repassé avec succès hier et aujourd'hui. Puis Alexis, et Patrice pour finir, un des boss du CFM.

Patrice, il a été formidable, du moins pour moi. Ses encouragements m'ont fait beaucoup de bien!

Les mêmes, dans le désordre.

Voilà.

Je vous recommande cette école au plus haut point.

Vos instructeurs sont de vrais professionnels de la moto, ils vous apprendront beaucoup de choses sur ces machines qui nous font tant rêver. Je ne suis pas subventionné, j'ai payé ma semaine comme tout le monde. Je me suis fait copieusement engueuler par William -c'est la seule chose qui m'a gêné-, mais j'ai mon permis.

Je vous remercie tous, les gars, toi aussi William, malgré ton peu de patience. Si je repasse dans le coin, je ne manquerai pas de vous le faire savoir, et d'aller boire le verre de l'amitié avec vous.

Gilles, Alexis, Fred, je n'ai pas de nouvelles. Je vous souhaite bonne route à vous trois, soyez prudents.

Daniel, j'espère que tu as eu ton permis la semaine suivante. merci pour les moments partagés.

Voilà, retour au relais de Lédenon, que vous connaissez comme moi maintenant.

Bien sûr, j'y viens en camping-car, j'ai quitté le centre et le circuit pour de bon, avec joie.

Inutile de vous dire la joie à nouveau partagée avec Alain, autour du bar, une bonne bière à la main, malgré ce temps maussade. mais il ne nous touche pas du tout, le mauvais temps, pas le moins du monde!

Après le repas, tout le monde se serre la main.

Un merci spécial à toi, William, merci Mickaël pour les panneaux et les contrôles, merci Patrice pour ta mise en confiance.
ET merci pour votre professionalisme sur la moto, vous êtes vraiment des pros.

William, essaye de moins gueuler, et d'apprendre nos prénoms, plutôt que "numéro un", et tout ira encore mieux!

Il y a un garage, près du restaurant, tenu par des Marocains. Je suis allé les voir avant-hier, pour leur montrer mon voyant de freins. Ce sont les plaquettes, me dit le patron. J'ai pris rendez-vous à 14h pour les changer. Pas question de partir comme ça, la sécurité prime sur tout. malheureusement, je ne leur avais pas laissé la carte grise, et les plaquettes reçues ne correspondent pas. Le patron me dit d'attendre, il va les chercher sur Nîmes. Mince, le temps perdu, moi qui avait tout organisé pour ne pas avoir à aller en ville... Bon, en attendant son retour, je lie conversation avec le beau-frère, un gars très instruit, architecte, qui a construit une préfecture pendant deux ans en Arabie Saoudite. La conversation est passionnante, et si je vais un jour au Maroc, je ne manquerai pas de les contacter, ils sont super sympas. Le patron arrive, changement -elles étaient vraiment complètement mortes:-, purge. Le boulot est très bien fait. je paye, on se serre la main, et c'est parti.

Direction ma chère Vendée. je décide de passer par Montpellier, et de profiter de cette petite portion d'autoroute, pour remonter ensuite sur Millau, Rodez, Brive, Decazeville, Limoges, Niort... J'ai tout mon temps. Il pleut, mais je chante dans le cabine. Allez savoir pourquoi... A Montpellier, c'est la galère. Bouchon, longues files de véhicules au pas. Je reste très calme, pas la peine de s'énerver. peut-être aurais-je du passer par la montagne, finalement...

Mais ça passe, et je retrouve l'espace devant moi.

 

Milliau. Il est 19 heures. On distingue vaguement le viaduc, dans le lointain, à gauche.

On le voit un peu mieux.

 

La descente vers Millau est époustouflante. je l'avais déjà faite, mais j'avais oublié. Je reviendrai en scooter la faire, d'autant plus que c'est le seul moyen -à pied ou en vélo aussi- pour pouvoir s'arrêter et faire de splendides photos.

Ce n'est pas le thème pour l'instant. Je passe en ville, car je dois faire quelques emplettes avant de repartir, et aussi faire le plein, pour rouler tranquillement. Il y a une cabine téléphonique, et j'en profite pour passer un coup de fil à mes enfants, et leur faire part de "mon réussissement".... Ils me congratulent, bien entendu. Je leur parle de l'histoire du permis, si cette relique les intéresse. Ma fille le veut... OK, ma chérie, je te le mets précieusement de côté!

Je suis en pleine forme, sauf un mal de crâne un peu fort. Un grand verre d'aspirine, et ce sera parfait. Je le prépare, et c'est reparti. Cinq minutes et cinq kilomètres plus tard, une pensée traverse mon esprit. Tu t'es bien préparé un aspirine, mais tu ne l'as pas bu... Aïe aïe aïe, dans quel état vais-je retrouver ma cuisine, et les fauteuils! Bon, ce n'est pas grave, après tout, j'ai le permis. Je m'arrête dès que possible, pour nettoyer et m'en faire un autre. J'arrive dans la cuisine, et que vois-je? Sur la table, en plein milieu, mon verre d'aspirine, plein, pas renversé, trout prêt, qui m'attend, et semble me narguer! Non, ce n'est pas possible, le bol! Il n'est pas tombé, pas une seule goutte sur la table. J'éclate de rire, tout seul dans mon camion. C'est vraiment trop fort. Je m'empresse de le boire, non, je le bois tranquillement, je range tout, et je reprends le volant.

Vendredi 13 avril, une excellente journée, pour moi!

La nuit tombe doucement. Il pleut moins, maintenant. je suis toujours en excellente condition, pas le moindre battement de paupière, pas de douleurs musculaires, bref, je n'ai pas sommeil. Je passe Rodez, et je décide de m'offrir une petite collation. Hum, délicieux, je savoure. Avec ça, un grand bol de café bien chaud, et c'est reparti. Decazeville, Figeac. C'est la montagne. je devine dans mes phares des paysages superbes, que je connais déjà. Quel gâchis, de faire ça de nuit, sans m'arrêter pour admirer... Cette nuit, je vais "bouffer" du virage, jusqu'à satiété... Gramat, Martel, et enfin, je rejoins l'autoroute A20, qui est gratuit jusqu'à Limoges. J'avoue que ça me fait du bien, de pouvoir enfin rouler correctement. le camping-car est en pleine forme, largement autant que son maître. C'est une merveille, et les kilomètres défilent. je n'en reviens pas. je m'étais fixé Millau, voire Rodez, comme objectif pour aujourd'hui. Mais me voici maintenant à Limoges, et j'ai encore la pêche. Ah, la traversée de Limoges, par la ville, c'est à chaque fois le même b.. bazar! Nulle part, à Limoges, on ne voit la direction "Niort" ou "Confolens". C'est vraiment pénible, ces villes, qui ne daignent pas mettre les noms des villes importantes de leur région. En fait, et je l'oublie à chaque fois, il faut suivre "Angoulême". Je demande à des passants, qui m'aiguillent dans une direction qui ne me plait pas. il faut vous dire qu'il est une heure du matin, et que les esprits ne sont peut-être pas très frais. Et bien m'a pris de ne pas suivre les indications reçues, car peu de temps après, je vois enfin ce que je cherche: "Niort"!

Ouf. je suis sorti de la ville. Les seuls véhiculent qui circulent à cette heure sont les camions, les poids-lourds. Et je les comprends. Ils peuvent rouler à cette heure, la voie est libre. Ils sont à 100 km/h, comme moi. Ils me gênent dans les côtes, je dois en doubler quelques uns. Je vois mon niveau d'essence qui baisse, je vais essayer d'atteindre Niort, mais je n'en suis pas certain... Non, finalement, c'est trop risqué, il ne manquerait plus que ça, que de tomber en panne d'essence en rase campagne. Ou ailleurs. Finalement, je remplis dans un petit village. Sans carte bleue, obligé de s'arrêter, c'est évident!

C'est finalement à 3h30 que je termine la traversée de Niort. J'arrête le camping-car en face de la maison de ma fille. Elle ne va pas en revenir, demain matin, enfin... tout-à-l'heure, quand elle va se réveiller, de me voir déjà là. Je lui ai dit au téléphone que j'essaierai de passer pour le repas de midi... je suis vraiment heureux, mais je suis en même temps vraiment fatigué.

697 bornes d'affilée avec le camping-car, après la tension de ce matin...

Je me couche, et je crois bien que je m'endors avant que ma tête ne touche l'oreiller....

Et je me réveille à 8h30... Le permis, c'est bon, c'est dans la poche! Non non, rien à étudier, les fiches, c'est fini, tu peux ranger tout ça. Place à la fête. Je regarde la maison de ma fille, et j'aperçois mon gendre et ma petite fille à la fenêtre, en train de faire coucou! C'est royal. Je descends prendre un solide petit déj'.

Bonjour ma chérie. Elle est enchantée de revoir son pappy. Et c'est bien réciproque!

 

Je ne tarde pas trop. Je suis pressé d'arriver maintenant. Direction Les Sables d'Olonne, où j'arrive à midi.

 

Personne à la maison. Ce n'est pas grave!

Je vais dans le garage, je soulève la housse qui le protège... Il est là, il m'attend.

J'ai le droit maintenant. Les clefs, un coup sur le démarreur, et le ronron du moteur retentit instantanément.
Je le laisse chauffer un peu, je mets casque, gants et veste, et c'est parti pour mon premier vrai tour, sur la route.

 

 

 

Voilà, William, l'horreur que je me suis achetée... Enfin, pour toi. je sais, ce n'est pas une moto.

Le scooter Suzuki Burgman AN 650, 650 cm3.

Et tu vas rire, mais je suis déçu, un doute me vient à l'esprit! Après avoir "bouffé" de la moto pendant une semaine, après avoir appris à serrer les genoux contre le réservoir, à sentir la machine vibrer et réagir comme un prolongement de moi-même, avec mon gros pèpère, je ne ressens rien. C'est un gros lourdaud. Les sensations ne sont pas là. Quel changement.

J'atteins la "deux fois deux voies", et j'accélère doucement. Et ça vient. Il va bien, Pégase, mon cheval. Il va même très bien. Au rond-point, je fais demi-tour. Il n'y a pas un chat. J'ouvre la poignée. Le vaisseau amiral se met en place, comme sur un rail. J'entends les chevaux qui se bousculent. Bien sûr, ce n'est pas une moto, mais je n'ai plus à chercher ce p.. de point mort. Juste une poignée à tourner. Jamais je n'avais roulé à cette vitesse, aux commandes d'un deux-roues. Bon, c'était juste pour voir. On se calme. Qu'as-tu appris pendant une semaine, hein?

J'ai bien fait, c'était le bon choix. Bien sûr, ce n'est pas une moto. Mais quand je pense à tout ce que cet engin m'apporte, confort, capacité d'emport, sécurité, bien-être, protection, et... simplicité. Et les sensations, le bonheur du deux-roues, c'est bon, elles sont bien là. Les odeurs, l'air qui fouette les joues, l'équilibre, cette sensation de glisser sur l'asphalte.

J'arrête. C'est parfait.

Enfin, l'Europe est maintenant à ma portée, et plus encore peut-être...

 

 

 

 

C'est la journée des motos, aujourd'hui. Mon amie a le permis depuis bien longtemps. D'ailleurs, elle me taquinait régulièrement sur ce sujet. Vous avez vu, j'emploie l'imparfait... Maintenant, elle ne peut plus rien dire!

Et c'est un grand jour pour elle aussi. Elle arrive en effet un peu après moi, avec sa nouvelle moto.

Une splendide Triumph Bonneville America bleue, flambant neuve!

On se congratule mutuellement.

On mange tranquillement, mais après manger, on ne tient plus en place.

Les casques sur la tête, le blouson sur le corps, les grosses chaussures, les gants, à nous la route...

Devant l'abbaye de Lieu-Dieu, à Jard-sur-Mer.

 

 

Voilà.

Je pense vous avoir tout dit.

J'ai fait ce compte-rendu pour vous faire partager mes "aventures", mais surtout pour vous dire que, si, vous aussi, vous voulez passer votre permis, alors allez là-bas, prenez une grosse semaine de vacances, et vous reviendrez avec le petit papier dans la main. Je répète: ce sont des professionnels de la moto. Et en plus, le faire en une semaine, c'est vraiment le pied, et finalement bien plus économique. Car si on compte le nombre réel d'heures que l'on passe sur les bécanes, les conseils qui sont prodigués, les cours individuels qui sont réellement donnés, alors c'est évident, vous serez gagnant par rapport à une moto-école classique. Attention, je ne dénigre personne, que tout soit bien clair. Mais j'ai entendu beaucoup de choses sur ce sujet. Pour ma part, c'est, et de très très très loin, la meilleure méthode. Je leur demande juste de moins "hurler" sur leurs élèves, c'est vraiment le seul point qui m'a gêné, et je le dis clairement, sans ambiguité. Mais pour le reste, c'était parfait.

Je réitère mes remerciements à toute l'équipe.

Voici leurs coordonnées:

Centre de Formation Moto
Circuit de Lédenon
30210 Lédenon
Téléphone : 04.66.37.18.38

 

William, Patrice, Mickaël, si vous passez un jour par Les Sables d'Olonne, ou si vous avez envie de faire un bout de route avec un scooter.... n'hésitez pas à me contacter par mail... On ira boire le pot de l'amitié. Et ça vaut aussi pour les collègues de "travail", ceux qui ont souffert avec moi pendant cette difficile semaine...

Bonne route à tous. Et rappelez-vous les consignes, soyez prudents!

 

Conclusion.

Je ne voudrais pas être mal compris par rapport à tout ce que j'ai écrit sur ce permis, car j'ai écrit assez vite, au fur et à mesure de mes souvenirs, et en fonction de mes sentiments et ressentiments personnels.

Ma seule déception vient du fait que les instructeurs ont un comportement quelque peu militaire, et ça ne passe pas très bien avec mon caractère d'individualiste, c'est tout. Il n'empêche qu'ils sont super sympas, mais ce sont des jeunes, ils sont amoureux fous de la technologie, vitesse, belles motos et belles bagnoles -jantes, tuning, etc...-, et jolies filles, donc pas du tout mon genre, -sauf pour les jolies filles-, mais ce sont des gars vraiment biens et corrects. Ce reproche que je leur fais, il est peut-être aussi du à mon âge, et était partagé avec les collègues les plus âgés. Les jeunes ne font pas attention à ça. Alexis m'a dit qu'il trouvait normal de se faire "engueuler", que de cette façon, ça rentrait dans son crâne, et il ne recommençait pas les mêmes erreurs. C'est une méthode qui me plait moins, mais pour le reste, c'est génial!

Les tarifs.
Le permis à Lédenon coûte 650 euros, 800 euros avec le code. Le code se passe en deux jours, je crois. Je n'ai pas pris, je l'avais déjà. Les autres l'avaient pris AVEC code, et ils l'ont tous eu avec 2 fautes maxi. Méthode intensive et sûre. Par conséquent, en terme de tarif, ça vaut ce prix, c'est évident, vu tout ce que j'ai dit sur le site: des pros de la moto, quand tu repars, tu sais piloter une bécane, c'est clair.
Sinon, les frais annexes. C'est évident que si tu n'habites pas dans la région, ça te revient plus cher. Pour ma part, le coût de l'essence du camping-car. Les repas, je ne compte pas, chez moi, je mange aussi. Et le temps, la semaine passée. Si tu fais moto-école pendant 6 mois, compte alors toutes les heures consacrées à ça, tes frais d'essence aussi, et les frais annexes, inscriptions, heures supplémentaires, etc... Il y a des chambres d'hôtes là-bas, tu peux y aller avec ta femme et elle va se promener pendant que tu bosses, et te préparer de bons repas le soir, et te remettre en forme pour le lendemain, bref, à toi de voir. Et psychologiquement, une semaine, et tu as le permis. Donc une semaine de stress, c'est tout. Si tu ne l'as pas, c'est dans le forfait: ils font tout pour que tu puisses te présenter la semaine suivante, sans payer un centime de plus. Et ils acceptent que tu viennes refaire quelques heures de plateau avec les suivants. Je l'ai vu, je peux en témoigner!
Donc au total, je ne regrette qu'une seule chose: c'est d'avoir commencé dans une autre moto-école, là j'avais perdu des tunes, là j'avais payé une heure alors qu'il fallait souvent aller faire le plein de la moto, à chaque fois mettre les cônes en place, avant de repartir, tout enlever, repartir 10-15 minutes avant la fin, etc. Là, j'avais été arnaqué. Là, le gars, en terme de pilotage, ne m'avait rien appris, rien dit sur le contre-braquage (absolument scandaleux), rien montré (je ne l'ai pas vu une seule fois sur la moto! En comparaison, les gars de Ledenon, j'te raconte pas...!
Je ne regrette pas un seul centime du coût global de cette opération. C'est avec les auto/moto-écoles classiques que l'on a une frustration! Attention, je ne veux pas généraliser, il y en a qui sont bien, c'est évident!

Je trouve que les moto-écoles devraient obligatoirement fonctionner sous la forme du CFM de Lédenon, et qu'ils aient des contrôles réguliers au niveau de la compétence des instructeurs sur ce permis difficile, à savoir qu'ils soient capables de passer toutes les épreuves d'une main.... (je rigole, mais les gars de Lédenon, ils le font sans problème!).

C'est une excellente école de moto.

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