melides

24 et 25 janvier 2019 : Lagune de Melides.

1er jour, 37 km et 35 km pour le deuxième. 1er bivouac à la lagune de Melides et le second à Sines en bord de mer. Météo exceptionnelle : en effet, les températures diurnes atteignent désormais les 20 °C, et nous sommes à 25 °C dans Rouletabille, lanterneau ouvert et en T-Shirt !

Calme total sur le beau parking de Comporta, sur lequel nous étions quand même 8 camping-cars, plus exactement 3 camping-cars et 5 fourgons. Et c'était un véritable rassemblement européen : 1 belge, 1 norvégien, 1 allemand, 2 anglais, 1 espagnol et 2 français. Il y avait de quoi faire les services, mais ça attendra 24 heures, on verra demain. Il fait beau, et doux, à part un peu de vent. Nous n'avons plus besoin du chauffage, ni le soir ni même le matin au lever, c'est incroyable !

Nous retrouvons aussitôt la grande forêt, avec ses splendides pins parasols, mais aussi avec quelques eucalyptus mélangés parmi les divers conifères.

Nous faisons une halte dans le village de Melides, car Claudine a bien aimé celui de Composta hier, et ce n'est qu'à pied que l'on peut apprécier les bourgs. Celui-ci ne nous a pas déçus : il y a devant l'église un incroyable ensemble sculptural, tout en marbre s'il-vous-plait : je vous laisse le découvrir.

Il y en avait un sur le sculpteur Rodin, un autre sur le tour du monde en 80 jours de Jules Verne, j'en passe et des meilleurs ! Chaque titre était sculpté, il y avait même des gravures sur les pages de couvertures. Bref, du très grand art.

Dans la petite église au style très épuré, il y avait deux poupées, heu, pardon pour les croyants, mais c'est désormais ce que je ressens à chaque fois, et ça me sidère lorsque je pense à mon enfance et à mes croyances d'alors...

Je prends enfin le temps de photographier quelques chênes-liège, et celui-ci est particulièrement photogénique, non ?

En préparant notre route ce matin, nous avions décidé de passer par la lagune de Saint André. En effet, la route principale ne longe pas la côte, et pour voir la mer, eh bien ma foi, il faut prendre les routes perpendiculaires à l'axe nord-sud quand elles se présentent. C'est un peu comme chez nous dans les Landes. Et justement, à Melides, il y a aussi une petite lagune, que je propose à Claudine d'aller voir aussi : nous avons tout notre temps, et Claudine étant toujours d'accord avec moi... Eh bien, je vais vous dire un truc : c'est tellement beau que nous y resterons bivouaquer ce soir !

Voici donc la lagune de Melides. En fait, il s'agit d'une petite rivière dont l'embouchure a été obstruée par les sables apportés par l'Océan Atlantique. Comme l'autre jour avec celle de Albufeira, on voit nettement que les vagues passent la dune régulièrement, mais pas toujours ! Bien entendu, allons voir ça de plus près : nous allons traverser le banc de sable pour aller grimper au sommet de la dune de l'autre côté. Suivez-nous.

Très loin en mer, je reconnais nettement la Serra de Arrabida.

Après la plage, nous venons longer le lac, faisant s'envoler les oiseaux.

Une fois sur la dune, nous admirons la forêt de petits pins parasols qui longe la rivière.

Un amer se trouve au sommet de la dune, et je me mets en tête de l'escalader pour avoir une jolie vue. Claudine en profite pour me photographier alors que je fais un peu le pitre, et si je souris, je n'étais pas trop sûr de moi sur le petit cercle sommital...

Au bord de la falaise, Claudine trouve une chaise ! Un bon moment de rigolade.

Retour vers Rouletabille. D'ici, on voit très bien l'océan (et la plage à perte de vue) d'un bord et la lagune de l'autre.

Une vue des énormes masses de sable "montées" à chaque marée par l'océan. Grandiose. je me sens tout petit devant les forces de la nature, et il faut bien admettre que les baïnes creusées entre chaque monticule de sable sont terriblement traîtresses. Même là, à marée basse, nous avons dû courir deux ou trois fois pour ne pas nous faire prendre par une vague montante. C'est bien pour cette raison qu'à Nazaré, des guetteurs installés en haut du sable, près d'une voiture 4x4, surveillent les promeneurs avec virulence quand ils s'aventurent en bas ! Mais les autorités n'ont pas les moyens de surveiller les dizaines de kilomètres de plages, surtout en cette saison, et si vous venez un jour marcher le long des rivages portugais, souvenez-vous de ça, ce n'est ni une plaisanterie, ni une exagération de ma part.

Nous avons rencontré un couple de Hongrois venus passer l'hiver au Portugal. Ils se demandent s'ils ne vont pas acheter une maison, ils en ont trouvé une de 100 m2 pour 120.000 euros. Ils nous disent qu'il fait en ce moment -10 °C en Hongrie, et qu'il y a beaucoup de neige... Pour notre part, il n'est pas pensable d'acheter un bien au Portugal, ni ailleurs non plus, tant nous sommes heureux de changer de décor quotidiennement. Aucun risque de regretter un achat, nous sommes totalement libres en voyageant ainsi.

Regardez plutôt : nous mangeons porte grande ouverte sur l'espace forestier, à 200 mètres de la mer, en T-shirt, et il fait 25 °C dans Rouletabille. A l'extérieur, il doit faire environ 16 °C, mais avec le soleil sur les vitres du poste de pilotage et sur le lanterneau, les degrés montent. Quel bonheur !

Alors, forcément, nous allons rester ici cette nuit. Il y a une dizaine de camping-cars disséminés dans la forêt, dont quelques très vieux habités par quelques hippies accompagnés de chiens un peu bruyants, mais après tout, il en faut pour tout le monde, non ?





Soirée animée : musique puissante en provenance du bar, quelques aboiements de chiens, mais tout était redevenu parfaitement silencieux vers 22h30, donc ne nous plaignons pas, ce fut royal ! Il y a plusieurs camping-caristes disséminés dans la forêt, c'est un spot incroyable !



Nous avons vu, en examinant mes cartes sur le smartphone (j'utilise essentiellement l'application maps.me, de qualité exceptionnelle, et avec laquelle j'avais téléchargé à la maison en connexion WiFi toute l'Europe; elle ne me consomme donc pratiquement pas de data), que nous pouvons rejoindre la lagune suivante, celle de Santo André, par des chemins dans la forêt. Du coup, vous devinez aisément ce que nous avons fait ! Pratiquement seuls, ce fut merveilleux.

Nous avions déjà vu à Nazaré que les portugais récoltent la sève des pins. Ils laissent près des troncs les godets en plastique dont ils se servent pour faire ce travail.

Claudine, à l'oeil toujours très en éveil, me montre ce champignon en train de sortir du sable. La nature trouve toujours des solutions à ses problèmes.

Et voici la lagune de Santo André. Des camping-caristes français rencontrés plus tard nous ont appris comment cette lagune, précisément, se remplit. En fait, il s'agit d'un grand événement qui a lieu chaque année début février (donc très bientôt). Toute la population est là, ainsi que la télévision locale et les journaux. En fait, des bulldozers ouvrent une large tranchée jusqu'à la mer, et vident le lac dans sa totalité ! Ensuite, la lagune se remplit à nouveau naturellement par les marées de l'océan, qui, en plus, finissent le travail sans aucune intervention humaine : les vagues remontent le sable et recréent une dune, fermant de nouveau le lac. Et ainsi de suite, chaque année ! Incroyable, non ?

De longues passerelles ont été crées pour permettre à la dune de se stabiliser en empêchant le passage des humains : ainsi, la végétation repousse et se fixe. Nous faisons ça aussi chez nous, mais ici, les longueurs sont plus importantes. Au fait, il fait tellement chaud que nous avons été obligés d'enlever nos gilets, et nous cheminons en T-Shirt. Le printemps fut de courte durée, voici déjà l'été !

Claudine a aperçu un objet non identifié sur la grève. Allons voir ça de plus près.

Eh bien, ma foi, je ne sais pas quoi vous dire. Quel animal se cache sous cette fourrure bizarre ? C'est lourd, et flasque. Une sirène ?

Il nous faut maintenant procéder aux services de notre fourgon. Un allemand, bavarois, stationné près de nous, et avec lequel nous discutons un moment, nous renseigne : le magasin Intermarché à Vila Nova de Santo André. C'est une dizaine de kilomètres au sud. C'est là que nous avons rencontré Michel et Annie, des retraités qui viennent passer l'hiver ici en camping-car depuis dix ans. Ils sont tombés complètement amoureux de ce pays, et nous donnent des tas de tuyaux. Merci à eux. Nous profitons d'être en ville pour faire le plein de salades, de fruits... et pour manger. Puis nous décidons d'aller nous installer à Sines, sur un spot exceptionnel situé au bord des falaises (ci-dessus le réseau des pipelines sortant de Sines), face à l'Océan Atlantique que nous aimons tant.

Précisément ici. En bas de la photo, vous pouvez nous voir tous les trois, Claudine, Jef et Rouletabille !

Et voilà la vue depuis notre table de travail ce soir. Je prépare ce petit journal en levant régulièrement les yeux pour regarder ce magnifique spectacle. Une fois de plus, nous n'allons pas nous plaindre !

Page précédente: Troia
Page suivante: Sines


Depuis le 06/06/2005 Visites:1232247 Aujourd'hui :50 Maintenant:11 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)