milfontes

Du 1er au 4 février 2019 : Villa Nova de Millfontes, Troviscais.

1er jour, 27 km, et 80 km le deuxième jour, avec une rando de 12 km à Troviscais. Randos sur le littoral les autres jours. Les 4 jours en bivouac à Vila Nova de Milfontes.

Oh là là, les rafales de vent pendant la nuit du 31 janvier au 1er février ! Une série plus violente nous a réveillés en même temps vers 4h45. L'air rentrait dans le fourgon par le frigo, ça bougeait de partout : la sécurité, et le désir de dormir sereinement, nous a décidés à bouger Rouletabille. Nous sommes allés près de l'embouchure du fleuve Mira qui se jette ici à Villa Nova de Millfontes, à moins de 5 kilomètres de là. Eh, ma foi, la différence fut considérable, et nous avons pu terminer notre nuitée dans le calme. Ce matin, au réveil, il fait toujours très doux, mais le ciel est nuageux comme prévu. Qu'à celà ne tienne, nous partons découvrir l'embouchure du fleuve Mira.

J'avais adoré ce delta lors de mon passage en scooter, je confirme aujourd'hui mon émerveillement d'alors. Ce fut magique, et Claudine a adoré elle aussi. Il faut dire que les rafales de vent et les changements rapides et violents de luminosité et de ciels tantôt chargés et tantôt bleus ont ajouté cette petite note fantasmagorique toujours bonne à prendre. Regardez, admirez vous aussi.

Non, ce n'est pas la mer, mais bien le fleuve, deux ou trois cent mètres avant de se jeter dans l'océan.

La géologie des lieux est fantastique, avec des minéraux très variés, tant dans leurs matières que dans leurs couleurs.

Coup d'oeil arrière sur V.N. (Villa Nova) de Millfontes. Au loin, le pont permettant de franchir le Mira.

Là, ce fut magique : le vent balaie le sable sous les petites pierres, qui se retrouvent comme figées au sommet de mini monticules.

Les traces blanches de chaque côté de Claudine sont les sommets de vagues jaillissant sur les rochers invisibles d'ici. Magique !

Et la falaise qui tombe dans le fleuve et dans la mer, et qui, au fil des siècles, perd les galets extrêmement durs insérés dans sa gangue, laissant des alvéoles vides, tels des nids d'oiseaux ayant perdu leurs poussins. Comme c'est beau !

Les promeneurs ont bâti quelques cairns avec de petits galets sur les morceaux de falaise vidés d'une partie de leur substance...

Claudine essaye, mais pas longtemps, de marcher sur les décombres des falaises : incroyable ! Je suis scotché par tant de beauté.

Là-bas, la falaise sur laquelle nous avons marché hier en soirée.

Coup d'oeil arrière sur l'embouchure du fleuve.

Le sable fin soulevé depuis les petites plages crible nos visages et nos lunettes : demi-tour par le haut !

Les eaux du fleuve se mélangent à celles de l'Océan Atlantique : quel spectacle !

Juste pour info, car nous ne le savions absolument au moment où j'ai pris cette photo : notre bivouac de ce soir se trouve sur la rive opposée, près de la bâtisse qui se trouve être un restaurant.

Extraordinaire statue située sur le rond-point terminal dominant l'estuaire.

Retour au camion posé un peu plus bas. Nous arrivons au moment précis où surviennent de nouvelles averses et, croyez-moi, ce sont des grains violents ! Du coup, après avoir de nouveau examiné la carte, nous décidons d'aller manger sur la côte quelques kilomètres plus au nord, à peu près au milieu du chemin côtier venant de Porto Covo jusqu'ici.

Nous nous posons à l'entrée de la forêt et partons à pied jusqu'au rivage -un peu plus de deux kilomètres-, car nous avons loupé la piste par laquelle nous aurions pu passer avec Rouletabille. Pas grave, ça nous fera faire de l'exercide, d'autant plus que le ciel s'est bien découvert. Et nous avons bien fait, car nous n'avons pas pris une goutte pendant plus d'une heure, et la pluie s'est remise à tomber, une nouvelle fois, alors que nous venions de rentrer chez nous. Jour de chance !

Superbe descente vers l'océan qui nous tend les bras.

L'immense plage de Malhao. Il y a là un superbe spot pour Rouletabille, mais nous ne voulons pas passer une deuxième nuit en bordure de mer, car il y aura encore beaucoup de vent la nuit prochaine.

On aperçoit Rouletabille au bout du chemin nous attendant avec le sourire, comme toujours. C'est le moment de casser la croûte, ces balades nous ont mis en appétit et, de plus, c'est largement l'heure ! Après manger, vu la météo promise -pluie et vent, ou l'inverse-, nous partons directement choisir le point de chute de la nuit : ce sera sur l'autre rive du fleuve Mira.

Si vous regardez bien les photos, vous "verrez" le vent !

Les eaux du Mira vues depuis la route. En face, le château de V.N. de Millfontes.

Le pont que nous venons de franchir.

Sortie rapide sur la berge, histoire de faire quelques ultimes photos...

Bivouac du 1er février : ci-dessus, vue depuis le cockpit ! Ciao ciao.




Le ciel s'est dégagé, les vents ont viré à 180 ° et sont passés au nord, les températures ont baissé : il ne pleut plus, mais il fait plus froid ! 8 °C seulement en ce matin du 2 février au réveil. Pour aujourd'hui, nous avons repéré une belle rando à l'intérieur des terres sur l'application Wikiloc : une belle boucle de 11,5 km, départ et arrivée à Troviscais, hameau situé dans la montagne au-dessus du fleuve Mira, dont nous avons admiré l'estuaire hier. Mais avant d'aller au village, nous voulons atteindre le fleuve par la route.


Plus on avance et plus la largeur de la route diminue... Je prie -heu, non, j'espère sans prier- ne pas croiser de véhicule au cours des deux derniers kilomètres.

C'est un cbelles ul-de-sac, il n'y a pas de pont, mais nous le savions. J'adore ce fleuve : il est large et bordé de collines couvertes de végétation, c'est très sauvage et, pour ma part, je ressens là une atmosphère d'Amérique du Sud, alors que je n'y suis jamais allé, mais ce paysage est en adéquation avec les reportages vus sur ce pays. Bref, j'adore ! Un vent glacial nous accueille sur la rive, nous contraignant à repartir assez vite, dommage ! On voit très nettement sur la photo suivante que l'effet de la marée est ici encore très important (une dizaine de kilomètres à vol d'oiseau de l'embouchure).

Peu avant d'arriver à Troviscais, nous apercevons une cigogne en train de picorer dans un pré près d'un troupeau de moutons. Une fois de plus, je déplore le manque de zoom optique de mon smartphone mais, que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir non plus !

Sur la fenêtre d'une petite maison de Troviscais. Préparation du pique-nique, et c'est parti pour la belle balade, avec un dénivelé d'environ 300 mètres. Avec un départ et une arrivée dans le bourg, la boucle est très bien balisée et, bien que croisant de nombreux chemins, ne nous a posé aucun problème de navigation. Ceci dit, avec la rando activée sur Wikiloc, plus les cartes Maps.me en mémoire, nous ne risquons pas de nous perdre ! Troviscais étant situé sur les hauteurs, nous commençons d'abord par descendre vers le fleuve, puis nous le longeons dans les forêts d'eucalyptus, avant de remonter à travers les plantations de chênes-lièges.

Descente vers la Mira que vous apercevez en bas.

Coup d'oeil arrière pour vous montrer que vous venons des hauteurs au-delà des deux maisons, le hameau étant situé derrière ces collines. Nous longeons cette zone marécageuse de prés souvent recouverts par le fleuve, avant de prendre de la hauteur dans une superbe forêt d'eucalyptus.

La Mira, vers l'aval. J'ai absolument adoré cette portion, une des plus belles, ou du moins la plus exotique des randonnées de ces derniers mois.

Le sentier est très étroit, et jonché de débris feuillus, certainement en raison des vents forts ayant sévi ces derniers jours. C'est absolument magique. Les chants des oiseaux, le bruissement du feuillage très ténu des eucalyptus, leurs troncs épluchés si caractéristiques, les odeurs fortes et agréables dégagées, la vue discontinue du fleuve en contrebas, la densité de la végétation, je suis comme ensorcelé. En quelques dizaines de mètres seulement, nous avons été téléportés au coeur d'un environnement sauvage et insoupçonné, beau et mystérieux en même temps. Je garderai longtemps en mémoire cette splendide portion de notre marche.

Nous cassons la croûte dans cet environnement, à l'abri du vent, en surplomb au-dessus du fleuve. Puis le sentier redescend sur les rives de la Mira, que nous suivrons jusqu'à la petite maison que vous apercevez ci-dessus.

Ici, on élève... l'huître ! Claudine ayant vécu de nombreuses années dans la région de Royan connaît bien l'ostréiculture, et me montre les capteurs et la machine toute neuve utilisée pour les préparer. Incroyable !

Notre passage fait fuir un groupe de beaux et grands oiseaux blancs qui se dirigent d'abord sur nous avant de s'éloigner plus loin. Instant magique.

Nous quittons ensuite cette zone pour nous enfoncer dans un sous-bois très dense, trop sombre pour la photo.

Claudine, l'oeil toujours attiré par le monde végétal, me montre les bruyères en fleurs, blanches.

Mais elle est passée près de ce lapin sans même le voir... Elle me faisait justement remarquer ces derniers temps que nous ne voyons pas d'animaux...

Nous retrouvons la pleine lumière au sommet de la pente qui nous a donné bien chaud. Mais ici, sur les hauteurs, l'air est vif et frais, nous obligeant à remettre nos vestes coupe-vent. Les fleurs de la camomille recouvrent en partie le sol, offrant de beaux contrastes de couleurs avec le vert tendre de l'herbe.

Déjà loin derrière nous, la Mira serpente dans la vallée.

Les vaches brunes comme les "Salers", éparpillées sur les monts, nous feraient presque penser à un paysage d'Auvergne !

Autres bruyères, aux couleurs violettes, cette fois.

Nous traversons maintenant une zône de chênes-lièges.

Et c'est le retour à Troviscais. Franchement, la randonnée absolument parfaite !

Nous allons nous désaltérer au petit bistrot local fort animé avant de reprendre la route.

Quelques courses à Odemira. Ci-dessus, le beau belvédère surplombant la Mira.

Retour sur la côte, ici à Almograve, pour le coucher de soleil. Nous avions bien l'intention de dormir ici, mais le parking est strictement interdit aux camping-caristes, et comme nous sommes obéissants, nous décidons de retourner dormir à V.N. de Milfontes, sur le même bivouac.




Nuit du 2 au 3 février. Ciel pur, étoiles nombreuses et brillantes, nuit glaciale : le froid est bien revenu, puisque la température est descendue à 5°C cette nuit. En contrepartie, le ciel bleu au réveil nous émoustille : allons nous dégourdir les gambettes le long de la côte sud, en direction d'Almograve.



Pour rejoindre la côte vers le sud, il nous faut contourner la puissante falaise par... la route !

Pour nous retrouver dans un surprenant paysage de campagne.

La récomprense ne se fait pas attendre : un magnifique point-de-vue sur l'embouchure de la Mira vue depuis la rive gauche, cette fois, avec Vila Nova de Milfontes de l'autre côté. Magique ! Nous sommes de nouveau sur le sentier de la Rota Vicentina. Enfin, presque, car celui-ci est large et bien balisé, et nous décidons d'abord de longer la mer et les falaises au plus près de l'océan. Nous reviendrons par le sentier, situé 100 à 200 mètres en retrait de la côte.

S'il fallait donner un thème à cette portion, je dirais "érosion".

Le désert des Bardenas en miniature. Epoustouflant.

Voyez à quel point le découpage de la côte nous fait marcher, mais nous aimons ça. C'est un peu l'aventure pour passer d'une falaise à sa suivante, pour franchir les criques et canyons creusés par l'eau, le vent, l'océan. Souvent délicat, toujours superbe.

C'est alors que nous retrouvons une zone comme celle située à l'embouchure de la Mira, rive droite. Les roches en structure de nids d'abeilles. Absolument fantastique, un paysage lunaire, ou martien, ou... juste fantasmagorique !

Nous rencontrons ici un jeune couple de randonneurs tchèques venus faire une partie de ce sentier.

Et voilà. je grimpe sur la plus haute dune du secteur pour une photo d'ensemble. Vous voyez, sur le plateau en retrait des falaises, l'agriculture intensive s'installe. Violent contraste. Vous pouvez voir le sentier, beaucoup moins bucolique, qui longe les prés, et que nous allons prendre maintenant pour retourner manger dans Rouletabille.

Voilà, fin d'une belle balade d'environ 8 kilomètres. Après-midi "relaxe" sur notre point de bivouac. Soirée bruyante : un groupe de 6 ou 7 camping-cars en bien piteux état, posés en carré comme les caravanes dans le far-west, nous ont cassé les oreilles avec une musique de type "boum-boum" bien forte et assez imbuvable. Je dis ça parce qu'ils nous imposent leur musique très tard le soir avec un niveau sonore très élevé, ce qui est pour le moins très impoli. Nous avons dû nous en éloigner mais, heureusement, le parking est vraiment immense. Il y avait d'autres camping-cars et fourgons plus loin de chaque côté, anglais, allemands, espagnols, mais le groupe de malpolis était composé de... français.




Nuit du 3 au 4 février encore plus froide : 2 °C au réveil ! Oups, nous ne sommes plus habitués. Aujourd'hui, c'est mon jour de repos. J'avais dit à Claudine que j'aimerais ne rien faire de temps à autre, et c'est la première fois depuis le départ que je m'octroie une journée de congés. Claudine est allée se promener en ville, et sur la rive gauche de la Mira. Je suis resté dans Rouletabille, à... bosser ? On va dire que non, puisque j'aime faire ça. Du coup, ce soir, je peux vous mettre en ligne la suite de notre beau voyage. Ciao ciao.

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