Mon marathon à moi...

19 mai 2016

Mon marathon... de... 47,32 kilomètres, et 305 photos...

L'itinéraire, canton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée.

L'itinéraire, canton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, Vendée.

Il y a des années que j'avais envie de faire une marche dépassant la distance du marathon (rappel : 42,195 km). Jusqu'à présent, ma plus longue marche a été de 34 km, réalisée le 23 mai 2005, et racontée sur ce site. Alors que j'écris ces lignes, je suis surpris de constater que celle que je vous raconte aujourd'hui s'est déroulée 11 ans plus tard, presque jour pour jour ! Etonnant, non ?


Parti à 7h33 très exactement, je suis arrivé à 18h15.

10h35 au total, dont 2 heures de pauses diverses en tout, ce qui correspond à une vitesse globale, arrêts compris, de 4,5 km/h, et plus exactement, à 8h34 de marche effective, soit 5,5 km/h. Ce dont je suis particulièrement satisfait, en fait.



L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

La météo est incertaine, il vient juste de pleuvoir mais, renseignements pris, ça devrait bien se passer. Une ou deux averses ne sont pas impossibles, au gré des nuages, mais elles seront courtes, même si certaines peuvent être violentes !

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

Une fois traversé le centre du bourg, je pars vers l'est par la rue du Plessis. Les dernières maisons sont très vite dépassées et, de suite, c'est la belle campagne. Bien que ce soit une route, la circulation est proche de zéro, et je savoure le plaisir de marcher dans un tel environnement. Les odeurs des champs fraichement labourés et tout juste arrosés par l'averse ajoutent à mon contentement. Il fait bon, Dame Nature est belle, je vais bien : que du bonheur !

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

L'Aiguillon-sur-Vie, Vendée.

Ma petite route se termine sur la D40, départementale à la circulation bien plus importante. Pas pour moi. Je bifurque au nord à gauche sur cette petite voie finissant à la ferme du Plessis.


Au-delà, le goudron disparaît, et mes pieds foulent avec délice le sentier qui, partant vers le nord, s'enfonce au creux d'un vallon. Le chant des oiseaux redouble d'ardeur, la voie est étroite, la végétation se referme sur moi. Un peu plus loin, au point le plus bas, le ruisseau de La Filatoire déborde, comme souvent à cette saison. Ce ruisseau va se jeter à l'ouest dans la rivière du Jaunay, à Givrand. Sur la droite, une passerelle à peine visible a été mise en place, permettant aux randonneurs et aux cyclistes de le franchir sans pied mouiller...

Puis forcément, le sentier se redresse, le souffle s'accélère, la grimpette qui s'ensuit pousse les mollets à se durcir, mais ça fait du bien. En effet, après un peu plus de 3 km, les muscles sont chauds.

Tout en haut, le sentier butte sur une nouvelle petite route départementale, la D42. Je la traverse et poursuis toujours plein nord. Je retrouve ici du goudron, mais juste pour cette belle ligne droite.

L'asphalte disparaît, la voie se rétrécit de nouveau, faisant place à un sentier bifurquant dans un sous-bois : je contourne le golf des Fontenelles. J'aperçois de temps à autre les belles pelouses du "green" à travers les haies.

Le soleil tente une timide percée.

Ouah, comme c'est beau lorsque la lumière éclate sur la robe des vaches paissant paisiblement dans les prés.

Ici le maïs, grand absorbeur d'eau, et présentement saturé du précieux liquide, respire la santé.

Après avoir contourné le golf, le sentier s'éteint en atteignant la départementale D6, ou plus exactement l'ancienne D6 (Saint-Gilles-Croix-de-Vie - Aizenay) qui évite désormais le bourg de Coëx. Pour ma part, je la traverse et poursuis mon chemin au nord, cette fois sur le territoire de mes ancêtres plus lointains (avant l'Empire...), j'ai nommé Saint-Révérend. Une nouvelle fois, après une petite portion de bitume, je retrouve mon terrain de jeu préféré, à savoir le chemin : je prends naturellement à gauche ! En face, une belle portion de terre vient d'être préparée pour un nouvel ensemencement : vue plus précise sur la photo suivante.

Une nouvelle pente m'entraîne au fond d'une nouvelle vallée, comblée par une inondation artificielle issue de la construction du barrage du Gué-Gorand. C'est le nom du cours d'eau qui poursuit sa course jusqu'au Jaunay, rivière dans laquelle il se jette à Givrand (tout comme le ruisseau de la Filatoire, mais encore plus à l'ouest), après avoir traversé le centre du bourg de Saint-Révérend puis le territoire de la commune de l'Aiguillon-sur-Vie. Il a été construit en 1990 pour irriguer 400 ha de terres agricoles et... le golf des Fontenelles.

La retenue d'eau forme un lac orienté est-ouest, aux rives encaissées surmontées d'une jolie piste cyclable en faisant le tour. C'est là que je bifurque à gauche, en direction de l'ouest, avec pour finalité le rivage atlantique ! Je longe le petit lac par la rive nord. Ci-dessus, la piste de la rive sud. On aperçoit au loin, au centre de la photo et en face, au pied des pentes, celle que je vais suivre.

Après avoir traversé le barrage, le chemin remonte la forte pente du vallon sud et retrouve le goudron en traversant la ferme de la Doitière. C'est ici que le ciel me tombe sur la tête... Au bout de cette ligne droite, le lieu-dit La Roche-Faudouin...

La Roche-Faudouin, donc, un peu plus de 11 km après le départ. Il est 9h40. Je traverse ici la D94, en provenance de Saint-Maixent-sur-Vie. Le bourg de Saint-Révérend se situe quelques centaines de mètres plus loin sur cette route. Ci-dessous une des granges de la ferme de La Roche-Faudouin. Je continue vers l'ouest, suivant la piste cyclable.

La petite route plonge alors littéralement dans un nouveau vallon très encaissé, parcouru par le Gué-Gorand, devenu insignifiant, que l'on retrouve et traverse ici même, tout près du village (dans son sens très ancien, à savoir un lieu-dit éloigné du centre-bourg et seulement composé de quelques maisons) de la Jauffrilière. J'ai trouvé des traces de mes ancêtres paternels dans ce secteur aux alentours de 1670...

La lumière solaire pénètre difficilement le sous-bois encerclant les rives du ruisseau. Le lieu exhale un étonnant parfum de calme et de sérénité : je suis à la fois charmé et envahi d'une douce mélancolie, et me surprends à demeurer là quelques instants. La bonne idée serait d'aller m'étendre sous la lumière et de laisser voguer mes pensées, mais le vagabondage est aujourd'hui pour les pieds, l'esprit devra faire avec...

Bien entendu, la route remonte à nouveau la pente du versant opposé et traverse le village de La Baudonnière, puis au nord-ouest celui de La Richardière, ici.

Avant de piquer de nouveau vers l'ouest en direction de La Ganacherie.

Quel bonheur de retrouver enfin une piste juste après avoir dépassé ce bel étang privé.

Ce secteur de La Ganacherie, situé au coeur d'un triangle isocèle dont les pointes sont constituées par les bourgs de Saint-Révérend, Saint Maixent et Le Fenouiller, est particulièrement charmant, le chemin serpentant au milieu de quelques bois, au sommet d'un joli plateau. Je vous laisse cheminer en ma compagnie.

Je retrouve un bout de goudron aux abords de la ferme de la Ganacherie, alors que les nuages s'étirent en faisant un peu de place au bleu du ciel, juste avant de retrouver un splendide chemin bordé de chênes.

Je viens juste de traverser la D32, la grande départementale reliant Les Sables d'Olonne à Challans, et marche désormais sur le territoire de la commune du Fenouiller, le village de mes ancêtres maternels, vivant ici depuis 1650, au minimum ! Ci-dessus, un immense champ de blé ondule au gré du vent. Je retrouve de nouveau l'asphalte ici, malheureusement pour un bon moment. La marche est très fatigante, en raison d'une route à la forme bombée, tombant en pente vers le fossé, de sorte que le pied droit (ou gauche, selon le côté choisi) ne se déplace pas au même niveau que le pied opposé.

Les champs de blé se succèdent de part et d'autre du chemin, égayant de leur belle couleur dorée la tendance verte dominante.

Loin vers le nord, au coeur des marais, je vois soudain l'église de Notre-Dame-de-Riez.

Et me voici arrivé au coeur du Fenouiller, tout près de la maison de mon grand-père maternel. C'est ici que j'ai passé les étés de mon enfance, et ce lieu est chargé de bien des souvenirs.

Il est 11h40, et j'ai parcouru 18,6 km.

Je prends alors la rue du Plessis, qui longe les marais situés au sud de la Vie, cette splendide rivière qui se jette en mer à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. En passant, je fais une courte pause devant les tombes de mes ancêtres.

Cette fois, c'est l'église de Saint-Hilaire-de-Riez, posée sur une butte, qui domine le marais de sa haute stature.

Les douves d'eau salée, alimentées par les canaux creusés depuis la Vie par nos ancêtres, étaient autrefois chargées de mulets et d'anguilles.

Le passé profondément catholique de la Vendée est encore bien visible ici, et accentue le contraste saisissant entre deux époques pourtant si proches... Je me souviens avoir été très surpris par la quantité de signes extérieurs de la religion catholique lors de ma première visite en Pologne en juin 2006 : c'était oublier mon propre environnement ! C'est très étonnant comme on voit différemment des choses absolument semblables, lorsqu'elles sont sorties de leur contexte habituel ! Car ici, quand même, le texte est impressionnant : "Le Fenouiller fidèle toujours à Dieu"... Les temps ont changé, heureusement. Que les croyants ne s'offusquent pas de ma remarque, elle n'est aucunement désobligeante. Je suis viscéralement attaché à la liberté absolue de penser (et par conséquent de religion), mais en même temps tout aussi viscéralement contre la "propagande" : les affaires religieuses doivent rester dans la sphère privée. Ce monument représente pour moi un vestige historique, au même titre que toutes les traces physiques de notre passé.

La Bodelinière, le village où habitaient mes grand-tantes et mon arrière-grand-mère maternelle, les familles Barraud, très vieilles familles de sauniers vivant ici depuis plus de quatre siècles... Je me souviens de leur minuscule maison, nichée sur le haut de la digue au-dessus de la rivière, au sol de terre battue, à la vieille cuisinière, aux poules dans la jardin auxquelles je balançais des sauterelles sautant par centaines sous la semelle de nos sandalettes en plastique...

Ci-dessous, la Vie, à marée basse. Nous pêchions ici de gros coquillages que nous appelions des "av'gnons" en patois...

Saint-Gilles-Croix-de-Vie. On aperçoit l'église de Croix-de-Vie, de l'autre côté de la rivière, le côté des marins. Ici, je suis sur Saint-Gilles-sur-Vie, le côté des commerçants. Les deux cités, séparées par la Vie, et réunies en 1967, furent autrefois ennemies, comme ce fut aussi le cas entre Les Sables d'Olonne et La Chaume, séparées par ce chenal devenu si fameux depuis le Vendée Globe... D'un côté les marins, de l'autre les commerçants. D'un côté les protestants, de l'autre les catholiques. Autres temps, autres moeurs...

Ci-dessus l'église de Saint Gilles, le pont de la Concorde sur la Vie. Ci-dessous, celle de Croix-de-Vie.

Statue de Marina Tsvetaïeva, poétesse russe ayant fréquenté Saint-Gilles en 1926.

Le port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, côté Saint-Gilles.

Bancs de mulets près des berges de la Vie à marée basse. Au premier plan, des huîtres sauvages.

Vue arrière sur l'église et le quai de Saint Gilles que je viens de longer. Ci-dessous, l'église de Croix-de-Vie, de l'autre côté du port de plaisance.

Sur la Promenade Marie de Beaucaire.

Embouchure de la Vie, entre les deux jetées.

Il est 12h40, et je viens de faire 25,5 km. C'est l'heure du repas. Je m'installe au pied de la jetée, j'enlève mes chaussures et je savoure cette première pause en dégustant un délicieux sandwich préparé avant de partir.

Devant mes yeux toujours émerveillés par ce saisissant spectacle, l'immense plage de Saint-Gilles, que je vais maintenant fouler jusqu'à Brétignolles-sur-mer, s'étend à perte de vue. Je vire à 90°, direction sud-sud-ouest pour 12 km de côtes.

Vue arrière sur la belle corniche de Croix-de-Vie, au-delà du chenal naturel creusé par la Vie. La semelle de mes chaussures sculpte le sable de façon éphémère, et nulle trace ne subsistera de mon passage sur cet espace momentanément découvert que la mer va bientôt effacer en reprenant provisoirement possession de ce territoire mi-terrestre et mi-maritime.

Une fois dépassés les hideux immeubles du remblai, je retrouve la nature insoumise. Quelques promeneurs, comme j'en vois toujours. Sur la gauche, un quidam avance, armé de son détecteur de métaux, à la recherche de l'or perdu par ses semblables...

J'adore ce paysage, je raffole marcher sur ces côtes, longer ces dunes qui malheureusement s'étiolent au fil des ans, j'aime regarder le mouvement incessant des vagues, écouter les cris des mouettes et des goélands, sursauter lorsque les tonnes de gravillons retombent avec fracas en accompagnant le reflux, égarer mon regard au-delà de l'horizon sans plus savoir si je vois l'océan de mer ou de sable confondus dans la brume lointaine, respirer l'iode, perdre mon souffle et courber la tête dans les rafales plus violentes... Je ris lorsque des dizaines de minuscules oiseaux limicoles courent comme des fous pour échapper à la vague qui remonte avec violence : la vitesse à laquelle avancent leurs petites pattes est sidérante ! De temps à autre, je me retourne, pour admirer la corniche de Croix-de-Vie et le phare de Grosse-Terre faisant face à Pil'hours. Mon dieu, comme tout ceci est beau !

J'ai trituré les photos, mélangé les couleurs, modifié leurs palettes, pour diversifier les tableaux. J'ai conscience que ça ne peut plaire à tous, mais chacun y trouvera son compte, j'espère.

J'arrive avec joie sur le relief tourmenté des quelques espaces rocheux disséminés sur le sable, car ils me rendent la marche plus facile et me permettent de souffler un peu, le sable mou ayant quelque peu pompé mon énergie.

En me retournant pour la ènième fois, je vois distinctement les clochers des deux églises de Saint Gilles et de Croix-de-Vie, ainsi que les châteaux d'eau correspondants : je vous les livre au zoom maximum, compressant les distances.

Je quitte ici le sable de la plage des Taillées pour continuer mon chemin sur le plateau sommital de la dune, là où la végétation s'essaie à recouvrir, sinon à effacer, le sable. Le combat n'est jamais gagné car l'homme, foulant le même espace, détruit ses avancées. C'est pourquoi il est nécessaire, malheureusement, de délimiter les espaces et de créer physiquement des frontières canalisant les pas humains : il faudra bien le faire ici aussi, un jour.

Mon père a passé ici son enfance, juste derrière ces dunes, 500 mètres à main gauche, et mes ancêtres paternels ont vécu là une centaine d'années. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ces paysages m'enchantent ? Je ne ressens pourtant aucune nostalgie. J'aime venir ici, mais j'aime aussi partir sous d'autres horizons.

Je passe la petite plage de La Sauzaie, et je vais suivre maintenant le chemin des douaniers, doublé d'une piste cyclable, lequel longe et domine le trait de côte jusqu'à Brétignolles-sur-mer, pour le plus grand plaisir des yeux.

C'est sur la plage du Marais Girard que je redescends sur le sable.

Pas pour longtemps... Voici déjà celle de La Normandelière, et c'est ici que je quitte le littoral. Au loin, l'immense plage des Dunes qui se poursuit jusqu'à La Gachère à Brem, puis la forêt d'Olonne... J'ai parcouru ces plages à pied, et en VTT : je vous raconterai un jour, peut-être...

Ici, les bancs m'attendaient, j'avais besoin d'une pause. La fatigue se fait nettement sentir, et je ressens l'impétueux besoin d'aérer mes orteils... J'en suis au kilomètre 38, il est 16 heures : ne serait-ce point l'heure du 4 heures ? Assurément, je l'ai bien mérité.

Direction nord-nord-ouest, ce joli chemin me dirige vers le coeur du bourg.

Mes pas m'entraînent au pied de l'église de Brétignolles-sur-mer, là où mes ancêtres paternels ont été baptisés, mariés, enterrés, près de l'école où ils ont appris à lire et à écrire.

Je retrouve ensuite la campagne profonde. Je connais ces chemins par coeur, les empruntant très souvent non pas trop à pied, mais plutôt en VTT. Je vous en parlerai un jour.

La piste s'étire sur un plateau souvent battu par les vents, mais là, tout est calme. C'est ici que j'atteins la ligne virtuelle d'arrivée du marathon, comme vous pouvez le constater ci-dessous sur l'écran de mon petit GPS : 42,19 km...

Les champs couverts de blé ondulent doucement sous l'action d'un léger zéphyr qui, finalement, fait son apparition. Je vous le disais bien : le plateau...

Je viens de traverser la D12 qui file vers l'est et La Roche-sur-Yon, juste à côté du château de Beaumarchais : c'est la demeure des anciens "seigneurs" de toutes les terres sises autour du Jaunay. Ils étaient alors les "maîtres" de mes pères, grand-pères et arrière grand-pères, esclaves sur les terres de la ferme du Moufois et sur lesquelles ils s'échinaient pour survivre...

Le chemin s'enfonce vers la vallée du Jaunay, lequel a formé de vastes marais en y prenant ses aises. J'aperçois le clocher de l'Aiguillon-sur-Vie, marquant la fin de la longue balade. Ci-dessous, un zoom du même endroit vous permettant de le voir, là-haut, de l'autre côté de la vallée, perché au sommet du bourg, repère topographique infaillible. Mon grand-père me les a montrés, ces clochers, lorsque nous étions à la pêche aux anguilles, aux plies, aux mulets, dans les marais de la Vie autour du Fenouiller. C'est lui qui m'a appris à les repérer pour se localiser. Je n'ai jamais oublié, et partout où je voyage, je sais les identifier pour m'aider à me situer dans l'espace...

Le sentier, devenu étroit, longe les douves avant d'atteindre une petite passerelle permettant de franchir le Jaunay. Tout est calme, seul le bruissement des feuilles des saules et des épis de blé émerge des chants des petits oiseaux. Là-haut, un épervier se tient immobile, battant des ailes sur place, ayant sans doute repéré quelque petit rongeur imprudent...

Je retrouve le goudron après avoir remonté le versant opposé du Jaunay. Un étroit sentier contourne l'église de l'Aiguillon-sur-Vie en longeant le ruisseau de La Filatoire traversé ce matin. Contre l'église, la nouvelle mairie, si disproportionnée eu égard à la taille du village, endettera les habitants pour de nombreuses années... Ceci est une autre histoire. Ici, mes ancêtres ont également vécu, de 1810 à 1860, et leur vie y fut bien dure. Je vous raconterai peut-être un jour, si j'en ai le temps...

La balade se termine un peu plus loin, au terme de cette marche mémorable. Il est 18h15 et, je peux vous l'affirmer, une journée bien remplie s'achève, une journée saine et riche, une belle journée de vie. J'espère que ce petit récit vous aura donné envie d'en faire autant, je vous le souhaite, car c'est très gratifiant !

La prochaine fois, j'aimerais dépasser les 50 kilomètres. Ce sont de grands voyageurs, Sylvain Tesson, Alexandre Poussin, Bernard Ollivier, Nicolas Bouvier, qui me donnent envie de marcher dans leurs pas... C'est aussi ce soldat des armées napoléoniennes qui a écrit un livre extraordinaire racontant ses campagnes. A cette époque, les soldats étaient capables de faire des marches de 80 km en une seule journée, avec leur bardas, le fusil, les chaussures détruites...

Alors quoi, pourquoi pas 80 km un jour ? Car, il faut bien le dire, quand on le veut, on le peut. Mais attention : sans le fusil, sans le bardas, avec des chaussures modernes...

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