Arrivée de Mygoo

Et si je partais en... voiture ?

Arrivée de Mygoo...

Une belle forme aérodynamique.

Octobre 2010

Je viens de boucler une jolie balade de 5 mois à travers l'Europe des Balkans (et la Turquie), en moto et en camping (à lire ici pour ceux qui ne savent pas). J'en reviens enrichi à tous points de vue, philosophiquement, culturellement, humainement. Pas physiquement : je pensais perdre une partie de mon "bide", mais c'est raté, il est resté... Au cours de ce voyage, ma façon de bourlinguer a évolué.

C'est le propose de cette petite page de réflexion.

Rappel des faits

J'aime "itinérer", je pense que vous l'avez compris depuis longtemps, si vous suivez ce site. Et je ne suis pas sectaire. Ce qui veut dire que j'aime tous les modes d'itinérance, et j'ai envie de tous les essayer, si possible.

Je me promène à pied (c'est génial, mais c'est fatiguant pour le bonhomme, et difficile physiquement). Pour l'instant, je n'ai fait que des promenades à la journée, mais j'aimerais aller beaucoup plus loin, des jours, des semaines, pourquoi pas des mois sur la route...

Je voyage en camping-car depuis plusieurs années. J'adore. Un seul reproche : c'est gros, c'est lourd, ça consomme, ce n'est pas toujours/partout bien perçu/accepté, ce n'est pas très discret, c'est contraignant (eau, toilettes, électricité...) bien que le nombre d'aires pour camping-car soit tel que, de ce point de vue, les choses se sont améliorées.

Je voyage en deux roues. Il y a le vélo : j'en ai tellement fait pour aller à l'école que j'ai fini par le haïr, et rêver de voyager en mobylette. Les circonstances de la vie ont fait que la période "mobylette" est passée sans que j'en use, et je ne veux toujours pas faire un voyage en vélo. En 2003, j'ai fait un pas au-dessus de la mobylette : je me suis acheté un scooter 125 cm3. Avec, dans la tête, l'idée de voyager.

- Une semaine sur les cols pyrénéens en septembre 2003. J'ai tellement aimé que je rêvais de repartir. Mais je trouvais le coût trop élevé (hôtel). C'est là que j'ai décidé de me lancer dans le camping.

- C'est ainsi qu'en 2004, je suis resté 4 semaines sur mon scooter 125 cm3, du 15 septembre au 11 octobre, pour faire le tour de la péninsule ibérique, avec bivouacs en camping tous les soirs. J'ai adoré. A lire ici.

- Il fallait que j'aille plus loin, que je parte plus longtemps. Et je voulais encore en baisser le coût. Décision : camping 2 jours sur trois, et bivouac sauvage le troisième jour. Ce fut en 2006. Deux mois, du 28/04 au 23/06, soit 57 jours et 15.400 km. Les pays scandinaves et les pays baltes. J'ai adoré, sauf... le camping sauvage. Décidément, je ne suis pas un aventurier, j'ai peur tout seul la nuit dans la nature, je ne suis pas un homme des cavernes... OK. J'ai donc bien trouvé la façon de voyager qui me convient. Le camping. A lire ici.

- Du coup, je passe à l'étape supérieure. Passage du permis moto, achat d'un scooter de 650 cm3. Mais ça ne me convient pas, je veux une moto : j'achète une Honda Transalp 650 cm3, et je pars avec elle en 2008. Europe du Nord (Angleterre, Irlande, Ecosse, Islande, retour par la Norvège). Du 14/04 au 17/09/2006, 20.000 km et 157 jours. Fantastique. A lire ici.

- Du coup, j'ai envie de remettre le couvert. Achat d'une moto BMW 1150 cm3 fin 2009, et réalisation de ce dernier voyage. De mi-avril à mi-septembre 2010, les pays des Balkans la Turquie et les ex-pays de l'est (5 mois, environ 20.000 km). A lire ici.

Evolutions....

Cela fait donc maintenant 8 ans que je voyage en deux-roues et en camping-car. Depuis deux ou trois ans, j'ai envie de m'essayer à la voiture. Le concept : ma voiture de tous les jours, une vieille, mais qui roule bien, ne consomme pas trop. Avec, dans l'idée, de dormir dedans . Ben oui... Puisque j'ai peur de dormir tout seul dans les bois, et puisque je veux que ce soit gratuit, le choix est faible : il me faut une maison roulante. J'en ai une, c'est le camping-car. Mais je le trouve trop gros. Il me faut plus petit, beaucoup plus petit, énormément plus petit...

J'ai donc installé des rideaux sur ma voiture l'an dernier, avec la ferme intention d'aller tester ça. Mais elle est tombée malade. Une sale maladie, qui s'est envenimée au point que, malgré les docteurs, elle en est morte. Plus de voiture. Je suis reparti avec la moto....

Ce qui a changé....

Ce voyage dans les Balkans a changé ma façon de voir les choses. Les routes ont été difficiles, voire très difficiles. Elles sont en mauvais état, voire en très mauvais état. Ce qui veut dire qu'en moto, elles sont dangereuses, voire très dangereuses. Je suis tombé 4 fois, sans conséquence, presque au pas. Je dirais que si j'avais eu un peu plus de chance, je ne serais pas tombé. Je dirais que si j'étais un peu moins maladroit, je ne serais pas tombé. Je dirais que si j'avais eu moins de chance, ou si j'avais été plus maladroit, j'aurais pu tomber des CENTAINES de fois, chacune de ces chutes aurait pu être grave, très grave, voire même définitive. Et CHAQUE jour pouvait être le jour d'une chute.

SAUF les jours où je n'ai pas roulé avec la moto, bien entendu...

Et là, tout doucement, je me suis rendu compte que ça ne pouvait pas continuer ainsi. Le voyage, pour moi, c'est le plaisir. Mais lorsque je roule avec la peur, je perds cette notion de plaisir. Je m'explique (en partant du postulat -qui était le mien- que je roule avec une grosse moto chargée) :
- Tu veux t'arrêter, tu dois être très prudent, il faut mettre la béquille sur un bon terrain, attention la pente, attention la consistance du sol, attention le sens dans la pente pour pouvoir repartir, attention ceci, attention cela....
- Tu roules. La route est sinueuse et pleine de gravier, il y en a dans toutes les courbes : tu ne peux pas te laisser aller, tu es continuellement sur le "qui-vive"...
- Il y a de la circulation : attention, les camions, les voitures, les fous, les imprudents... Tu es sur deux-roues, si ça touche, même tout doucement, tu peux tomber, tu peux te blesser, tu peux te TUER, oui, sans problème, c'est très facile. Je n'ai pas réussi, mais j'aurais pu !
- Les routes sont défoncées, il y a des travaux, il n'y a plus de goudron, il y a du sable, il a plu et ta roue avant s'enfonce... Horrible. Chaque mètre est un combat, chaque mètre peut être ton dernier mètre...
- Tu roules dans des villages de montagne avec des pentes aux pourcentages totalement incroyables, et tu ne sais pas quelle est la route principale car elles sont toutes semblables, et tu prends malheureusement la mauvaise qui se termine en ruelle sur des pavés au sommet d'une forte côte et tu ne peux même pas faire demi-tour.... La descente, centimètre par centimètre, est effroyable, et te coûte, sinon ta vie, du moins des litres de sueur chaude et froide...

.... Et je ne dis pas tout. Mais ce fut mon lot quotidien. Quand tu n'y penses pas, ça va. Quand tu y penses, quand tu te rends compte de la dimension du sujet, quand tu prends enfin en considération l'ampleur de CE problème, alors tu te dis...

POURQUOI ?

Pourquoi supporter tant de galères ?
Et tu te prends à rêver de pouvoir t'arrêter sans te soucier de quoi que ce soit.
De rouler sur ces routes défoncées en râlant, certes, mais SANS risquer ta peau, SANS risquer de tomber.
De suivre cette superbe route de montagne sans aucune inquiétude pour le gravier présent dans les virages; tu ne le vois même pas, tu t'en moques !

Vous noterez que je n'ai parlé que d'un seul problème lié à la moto (scooter, mobylette... même le vélo) .
Deux roues, ça tombe.

Je n'ai pas parlé de ce qui, petit à petit, s'est AUSSI inséré dans ma tête. Mettre la radio, écouter un bon CD, mettre les essuie-glaces en marche, mettre le chauffage, s'allonger et lire un bouquin, se faire un café, une sieste.... Dormir aussi... eh oui, même dormir ! Bref, tous les bonheurs dont je suis privé lorsque je roule avec la moto.

J'ai sans doute fait une "overdose" de bécane...

Oui, je l'avoue, j'en ai assez. J'ai fait le tour des grands voyages en moto. Et je n'en ai plus envie, vous l'avez compris. Je viens de faire environ 160.000 km en scooter/moto ces 8 dernières années. Veni, vidi, vici. Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu. J'ai visité une grande partie de l'Europe avec ce moyen de transport. C'est bon, j'en ai fait le tour, je suis satisfait, ça me va, j'ai envie de passer à autre chose. La moto, je me la garde pour les bonnes routes, le beau temps, les promenades avec les copains et les copines, les petites sorties du dimanche après-midi, les randos sur un long week-end, même une semaine.

Bref, la moto seulement pour le plaisir, juste pour le plaisir, rien que pour le plaisir.

J'ai eu le temps d'analyser mes besoins pendant ce voyage. Je connais bien mon cahier des charges. Je sais ce que je veux.

Pas grosse...

Pour pouvoir aller partout.

Mais assez longue...

Pour y mettre le matelas pneumatique sur lequel le bonhomme est habitué à dormir.

Idéal sur les petites routes affectionnées par son nouveau maître.

Elle aime la nature.

Elle n'a pas peur des cailloux, graviers et autres trous de la chaussée.

Elle n'a pas peur de s'arrêter dans l'herbe.

Et elle n'a pas besoin de beaucoup de place pour se ranger correctement.

Et son papa peut y ranger tout son petit matériel de survie.

Bref, Mygoo (c'est son nom) est tombée amoureuse de son motard de proprio, et réciproquement.

Il me reste quelques bricoles à faire, mais vraiment des bricoles.

Je vous ferai un topo lorsque ce sera fini, juste après le petit test en grandeur nature qui s'impose...

Ah ah ah ah ah.....

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