De l'Auvergne à la Belgique, via Nevers

Lundi 1er mai 2006 - 4ème jour de voyage

La Veurvre - Spa (Belgique)

577 km - 70 photos - 23 sélectionnées pour le site

Sur la carte ci-dessous, il y a des liens vous permettant d'accéder directement aux photos et au récit attaché à cette région. Dirigez votre souris vers les coins qui vous intéressent, et si la flèche se change en une main, c'est qu'il y a un lien direct. Attendez un petit moment avant de cliquer si vous arrivez juste sur cette page, le temps que les photos se chargent. En attendant un peu, vous pouvez commencer à lire le début, ce qui vous permettra de patienter. Lorsque vous voudrez revenir à la carte, utilisez la flèche "précédent" de votre navigateur. Bonne lecture.

 

 

 

Le premier mai, c'est jour férié, on ne travaille pas... Et en plus, il est même pas 6h30. D'habitude, à cette heure-là, quand je travaille, eh bien, c'est simple, je dors... encore! C'est le monde à l'envers, n'est-ce-pas?

Oui, mais vous savez comme moi que lorsque l'on fait quelque chose qui nous plait, alors là, on a une de ces pêches...

C'est ce que j'ai ce matin, la pêche. J'ai très bien dormi, finalement. Et je suis réveillé par les petits oiseaux. Je mets la tête dehors et, dommage, le ciel n'est pas aussi beau qu'hier, c'est gris, très gris même. Je ferai avec, d'une part parce que je n'ai pas le choix, et d'autre part, parce que ... c'est comme ça!

 

Le temps de déjeûner, et de plier bagages, et il est 8h passées lorsque je mets JJ en route!

Toujours aussi lent, ma foi. La tente est trempée, et je n'ai ni le temps ni les moyens de la faire sécher... Je la plie donc comme ça, on verra bien ce soir. Et c'est parti pour une nouvelle journée d'aventures, la première entièrement seul.

 

Je traverse Le Veurvre, il est 8h15, il n'y a pas un chat dans les rues, et pour cause.
C'est jour férié, donc les habitants, à une heure aussi matinale, sont.... dans leur lit!

Ce village est baigné par l'Allier, que voici, et qui sert aussi de frontière avec le département de la Nièvre, dans lequel je m'engage maintenant. Je coupe à travers la campagne pour rejoindre Saint-Pierre-Le-Moutier, et je prends plein nord direction Nevers par la très fameuse et très réputée N7 ou Nationale 7 -qui l'est moins maintenant, à cause des autoroutes. C'est la fameuse route des vacances, des Parisiens qui descendent vers le sud, ou des Vendéens qui montent vers le nord...

Je suis donc dans la deuxième catégorie, nettement moins importante d'ailleurs!

La route passe à Magny-Cours, très réputé pour son circuit automobile, sur lequel se joue le Grand-prix de France de Formule 1. Puis c'est Nevers, capitale de la Nièvre en Bourgogne. Je contourne la ville, et je quitte la N7 pour la D977 direction nord-nord-est.

Un petit arrêt sur la voie de contournement de Nevers.

 

Le ciel s'assombrit de plus en plus, et je finis par recevoir quelques gouttes. Aïe aïe aïe, il se pourrait bien que ça s'aggrave, je décide de faire un arrêt habillage: je vais mettre mes sur-bottes et mon pantalon de pluie, comme ça, peu importe, je serai à l'abri des intempéries!

C'est donc à Champléry, tout près des sources de la Nièvre, que je procède à l'habillage du pilote, là, en plein milieu du bourg. Ce n'est pas très discret. Heureusement, il n'y a pratiquement personne dans les rues, si ce n'est une ou deux dames qui se rendent à la boulangerie. Je me sens toujours très gauche quand j'enfile ce pantalon, en dansant sur une jambe pendant que j'enfile l'autre... Et comme je n'ai rien en commun avec une danseuse étoile...

Voilà, je suis un peu comme le bonhomme Bibemdum, maintenant...
Gros plan sur la pendule de l'église de Champléry, avant de repartir! Et elle est à l'heure.

 

Gy-L'Evêque, dans le département de l'Yonne. Quel nom, c'est vraiment bizarre. En tout cas, l'église est magnifique, et je regrette encore une fois de ne pas prendre le temps d'en admirer le tympan!

Il règne ici une activité intense, et pour cause: c'est un très gros vide-grenier qui se tient là. La file de voitires stationnées un peu partout est impressionnante, et je vois des tas de gens en train de partir les mains et les sacs pleins...

J'ai trouvé une explication fantaisiste sur internet, j'ai bien rigolé.... Quoi qu'il en soit, vous voyez le nuage de fumée sur la droite, vous savez ce que c'est? Non? Ah oui, c'est vrai que vous n'avez pas les odeurs avec la photo, quel dommage pour vous!

Je vous mets sur la piste. Cela sent bon, très très bon, et me donne faim, très très faim...

Et voilà, c'est le stand des grillades, le stand qui va réaliser les meilleures affaires de la journée, comme toujours...

Et regardez le monsieur, au premier plan, en tenue traditionnelle, SVP!

Bon, il est 10 heures et quart, je ne peux quand même pas déjà manger une saucisse, non? Allez, Jef, retiens-toi, ce n'est pas encore l'heure, tu en trouveras d'autres plus loin. Mais bon sang, c'est dur, ça sent tellement bon!

Gy-l'Evêque se trouve à pratiquement 10 km d'Auxerre, la capitale de l'Yonne.

Auxerre, la cathédrale Saint-Etienne, imposante et inmanquable. La ville de Cadet Roussel..., vous savez, la chanson...

La cathédrale d'Auxerre, toujours, et la statue de Paul Bert.

Vue d'ensemble de l'endroit où je prends la photo, sur les bords de l'Yonne. Je vais prendre ce pont

Gros plan sur la cathédrale Saint-Etienne, dont voici l'histoire.

 

Je poursuis toujours vers le nord-nord-est, sur la N77, direction Troyes que je dépasse sans même m'y arrêter. Toutes ces haltes manquées, ces visites non réalisées, elles feront bien sûr l'objet de mon grand tour de France, un jour ou l'autre, qui durera plusieurs mois et me permettra de fouiller davantage notre beau pays.

En attendant, je suis dans la région Champagne-Ardenne, département de l'Aube. La route est absolument droite comme un "I", à perte de vue, et le paysage n'a rien d'intéressant! C'est un plateau, très plat, plat à perte de vue!

C'est après environ 20 km d'une route absolument rectiligne que j'arrive à Arcis-sur-Aube.

Il y a un feu de circulation -rouge pour moi- et assez long, ce qui me décide à prendre cette photo alors que j'attends le passage du feu au vert. Un incendie a ravagé ce bourg en 1719.

 

Cet arrêt n'aura donc duré que quelques minutes... Il est midi passé, et je commence à avoir faim, mais je veux continuer à rouler un peu, surtout que le temps s'est légèrement amélioré. Je retrouve ces grandes lignes droites à perte de vue, et je me dis que je n'aimerais pas rouler ici en vélo... car même en scooter...

En tout cas, je passe un peu plus loin près du grand camp militaire de Mailly, lourd de mauvais souvenirs, datant de plus de 30 ans! En effet, en tant que militaire, je suis venu ici faire des exercices de tir au canon de char, et je me souviens d'une nuit horrible, et glaciale, passée à se tenir éveillé autour d'un minable poële à charbon... d'une permission refusée que j'ai finalement réussi à obtenir, d'un départ en WE en moto avec un copain parisien venu me prendre au camp, d'un retour en retard -régiment déjà reparti-, d'une course poursuite en stop sur Châlons, pour prendre un train en catastrophe vers Strasbourg et rattraper finalement mes camarades dans la gare... Je ne regarde plus le paysage, je suis assailli de souvenirs qui me reviennent en mémoire, c'est très bizarre, mais je ressens comme un malaise à passer ici. D'autant plus que ça me remet en mémoire les disparus de Mourmelon, le camp militaire situé près de Châlons, vous savez, tous ces militaires disparus après avoir fait du stop ici...

Bon, c'est donc dans un curieux état d'esprit que j'arrive à Châlons-en-Champagne, préfecture de la Marne.!

C'est en cherchant un "snack-bar" ouvert que je "tombe" ici, près de la cathédrale Saint-Etienne. Il y a beaucoup d'églises portant ce nom dans la région. C'est un bâtiment magnifique.

C'est encore un édifice qui mériterait à lui seul une ou deux heures de visite...

Les poteaux des drapeaux sont évidemment mal placés, et j'aurais dû bouger un peu mes fesses pour mieux prendre cette photo, mais il se trouve que j'ai vraiment très faim, et que je suis pressé de trouver un établissement dans lequel je pourrai me mettre quelque chose sous la dent! Mais je ne peux pas ne pas la mettre, car si j'ai pris cette photo, c'est tout simplement parce que j'ai été très ému par cette statue, et principalement par la saisissante expression et attitude du soldat du milieu, le plus ancien, qui se trouve ici au premier plan, celui qui tient son fusil à la main! Les pauvres gars, comme je les plains. J'ai ressenti cette immense tristesse et lassitude si admirablement représentée ici par l'artiste ayant réalisé cette oeuvre. Il a les yeux fermés -il dort sûrement debout-, ses vêtements sont sales et trempés, il a les pieds dans la boue, on a même l'impression qu'il neige.

Ici, dans cette région de France où tant d'armées sont passées, où tant de gens ont été tués par des guerres incessantes, ce ciel tout gris et triste, ces camps militaires, cette terre si cruellement chargée d'histoires et d'Histoire, bref, ici, je repense à mes grands-pères, qui ont passé et donné contre leur gré plusieurs années de leur vie, qui sont revenus estropiés, profondément marqués dans leur chair et dans leur âme, et ça me fait mal.

Oeuvre du sculpteur Gaston Broquet, le Monument aux morts de Châlons-en-Champagne a été inauguré le 24/10/1926.

Décidément, je ne suis pas gai du tout, aujourd'hui! Ou est-ce la région qui me fait ça, le nord-est de la France?

La cathédrale est ici à ma gauche, voici JJ qui m'attend patiemment, comme toujours. Et il n'y a presque personne à traîner dans les rues, comme vous pouvez le constater.

Je repars à la recherche d'un petit repas, et je passe à nouveau au pied d'un superbe bâtiment: l'église Notre-Dame-en-Vaux, du XIIème siècle, et située en plein centre de la ville. Mais je ne m'attarde pas.

Je trouve finalement un bistrot qui va me permetra de prendre une collation, et de téléphoner à ma famille. En effet, je n'ai pas donné signe de vie depuis vendredi midi avec ma fille, tout simplement parce que j'ai annulé mon contrat téléphonique, et laissé le portable à mes enfants pour les deux mois de préavis restants. Je suis fatigué d'être l'esclave de ces énormes sociétés qui gagnent des quantités d'argent effarantes et qui ne reversent rien à la société. Cela fait plusieurs années que je paye 50 euros par mois mon forfait téléphonique, chez Bouygues pour ne pas le nommer. Ayant déjà eu une première expérience lors de mon voyage en Espagne-Portugal de la façon dont on nous VOLE -du genre des messages téléphoniques envoyés sur votre portable à chaque passage de frontière, et j'en passe, messages non sollicités mais qu'il faut tout de même payer, et des appels qu'il faut payer en plus du forfait, à un tarif extravagant, et du forfait qui pendant ce temps-là ne vous sert à rien... j'appelle le service clientèle pour leur demander d'utiliser les 50 euros payés chaque mois dans un forfait "étranger", soit 100 euros au total, somme que je ne veux pas payer pour rien! Vous savez quelle fût la réponse, vraiment "gonflés" de dire ça à un client: "mais monsieur, quand vous partez en vacances, vous continuez à payer votre loyer, non?". Que voulez-vous répondre à de telles âneries, proférées par de pauvres hôtesses dont le boulot est justement de vous lire les phrases pré-mâchées et complètement idiotes. J'ai raccroché aussitôt, demandé le passage de mon forfait en un forfait mini, et envoyé une lettre recommandée d'annulation du contrat -préavis de deux mois- afin de donner un minimum pendant ces deux mois. Et depuis, je n'ai plus de téléphone, et je m'en passe très bien, et je paye les communications importantes et indispensables, ni plus ni moins, et je ne suis plus esclave de ces gens qui se moquent complètement de nous et n'en veulent qu'à notre argent! Quand je pense que mes communications ne pouvaient être déduites de mon forfait, ce n'est pas un scandale, c'est un vol caractérisé, mais allez attaquer ces gens-là... Par contre, si vous volez une pomme à l'étalage, gare à vous... Pauvres de nous!

Franchement, essayez de vous en passer, essayez de convaincre vos proches de s'en passer aussi, c'est notre seule arme...

 

Il est 13h30 lorsque j'enfourche à nouveau le x9. Je commence par un demi-tour sur la route et, mauvais dosage du braquage, ou pas encore habitué au poids du chargement à l'équilibre imparfait, toujours est-il que JJ se couche sur la chaussée, en plein milieu! Le moteur continue à tourner, je me relève à toute vitesse et je le soulève de toutes mes forces, en poussant aussi sur les sacoches, mais je dois faire vite, et ... j'y arrive, et repars sans plus tarder.

Ouf, quelle émotion encore!


Du coup, j'en oublie de rebrancher le GPS... Je roule sur la D977 toujours nord-nord-est, et je traverse la Champagne-Ardenne, que je ne connais pratiquement pas. Je passe par Suippes, Vouziers, Le Chesnes, et j'arrive à Sedan, que je traverse sans m'arrêter, enfin, si, aux feux rouges... quand même! La région est ici plus agréable, un peu plus vallonnée et parcourue de petits virages.

A Sedan, je fais le plein d'essence sous la pluie, "j'attaque" les Ardennes sous une pluie battante, et c'est ainsi que je pénètre en Belgique, près de Bouillon, en région Wallonne. Je roule sur la N89, au revêtement très irrégulier mais plus souvent mauvais que bon...

La Roche-en-Ardenne, en Belgique toujours. Je vais sortir mon appareil photo malgré la pluie. On voit ici l'église, et son célèbre château en arrière-plan. Sur la photo suivante, vous pouvez voir un char de 1944, près du musée commémoratif de la bataille des Ardennes qui s'est déroulée dans cette région en décembre 1944, détruisant cette ville à 90%...

Les guerres, toujours les guerres, par ici!

Le char, d'époque, est derrière moi à droite, et le château en contrebas de la petite place où se trouve mon x9. Vous pouvez voir ici très nettement les traces de la pluie qui tombe sur la région!

 

Vu ce beau temps, je quitte la N89, sur laquelle je n'avance pas vite, et je prends l'autoroute A26 direction Liège. C'est gratuit, donc moins cher que pas cher, mais ça ne rapporte rien non plus... Malgré la pluie, je quitte la voie rapide pour reprendre une petite route! Dommage: déviation, qui semble très longue. N'ayant pas de carte détaillée, ayant toujours de la pluie, et désormais désireux de me "poser" quelque part, je décide de retourner sur l'A26...

Et c'est ainsi que j'arrive à...

Spa, dans le camping "Le parc des Sources".

C'est en short et en sandalettes, sous la pluie, que je vais prendre ma douche!

Et c'est aussi sous la pluie que je monte la tente!

C'est rigolo de me retrouver encore une fois dans la ville d'un des grands prix de Formule 1, qui se joue tous les ans sur le circuit de Spa-Francorchamps, tout près d'ici, après être passé à Magny-Cours ce matin!

 

J'ai donc fait une belle étape de 577 km, et j'entame mon voyage européen, en ce sens que je viens de quitter la France!

Ce n'est pas encore très visible, la Belgique étant quand même très proche de la France, dans beaucoup de domaines, mais quand-même, je ne suis plus dans mon pays! La journée n'a pas été très touristique, la pluie m'ayant quand même souvent empêché de prendre des photos!


Depuis le 06/06/2005 Visites:852933 Aujourd'hui :47 Maintenant:6 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)