De l'Allemagne à la Norvège

Mercredi 3 mai 2006 - 6ème jour de voyage

Padenstedt (Allemagne) - Au Nord de Kristiansand (Norvège)

513 km - 97 photos - 35 sélectionnées pour le site

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Je suis réveillé vers 5h30 par le bruit des camions et voitures sur l'autoroute Hambourg-Kiel. En fait, ce camping à Neumünster que je trouvais bien n'est pas à recommander tout simplement à cause de la proximité de l'autoroute. Je n'aurais jamais cru que ça pouvait déranger à ce point-là. Pire, il y a aussi une voie ferrée, qui m'a réellement importuné, surtout hier soir. Heureusement que j'étais fatigué... Bon, il est trop tôt pour se lever! Je me rendors très vite, bien au chaud dans le duvet, et c'est finalement la sonnerie du réveil, à 7 heures, qui va me faire revenir dans le monde des vivants.

Direction la douche. Espace, propreté, et... musique! C'est vraiment l'organisation allemande. Pas de chaussures dans l'espace de bains, normal. Il y a déjà quelqu'un, moi qui aime être tranquille, je suis servi. Sûrement un retraité, ce sont les seuls à se lever si tôt! Bon, l'eau est froide, puis tiède. Je n'aurai pas mieux, finalement. Et si je me trompais de côté? Non, c'est glacial dans ce sens. Bon, alors c'est parti pour l'eau tiède, je fais le shampooing quand même. Quand je sors, mon retraité est là, à poil, dans le couloir, pas gêné, grand sourire. Morgen! Morgen! Je lui demande s'il avait de l'eau chaude. Oui, bien sûr... Mais, comment? Alors il m'emmène dans la douche, toujours à poil, et me fait voir comment il fallait faire. Il y a un petit trait central, et il fallait emmener le point rouge sur ce trait! Vous savez, le fil rouge sur le bouton rouge, et le fil... Bref, j'aurai appris quelque chose de bonne heure ce matin! Allez, un coup de rasage, les dents, et je ressors.

Et... tempête de ciel bleu. Un merveilleux soleil réchauffe déjà ma tente. Comme il y a une belle rosée, je vais déjeûner tranquillement pour laisser sécher tout ça. Finalement, il est déjà 9h30 quand je démarre! Vraiment pas moyen de boucler en peu de temps. JJ est en pleine forme, il démarre au quart de tour.

L'entrée du camping, ou plutôt la sortie pour moi ce matin.

Direction l'autoroute vers le nord, vers Flensburg. C'est reparti pour une journée à entendre le "ronron" du moteur. Tout se passe bien en Allemagne, il fait 20 degrés, même 21. Un peu de vent, mais sans plus.

11 heures. Je pénètre en terre danoise pour la première fois de ma vie, et ça me fait quelque chose. Photos obligatoires pour immortaliser ce passage. En premier lieu, les recommandations habituelles propres à chaque pays.

La même sans le zoom, histoire de vous faire voir la vision des premiers kilomètres au Danemark.
Ici, je viens juste de passer le poste-frontière.

 

Midi. Je commence à avoir faim... Je fais une petite pause près de Kolding, sur un arrêt autoroute.

J'y prends -ou plutôt, j'y achète- quelques denrées...

Cette fois, c'est la langue anglaise que j'utilise. Jusqu'à ce matin encore, je pouvais parler en allemand, mais c'est pratiquement terminé maintenant. Le "do you speak english" va devenir ma phre clé pour les prochaines semaines.

Il est 13 heures passées quand je daigne faire une grande pause pour manger quelque chose.
Ce sera un repas de céréales. Le vent a beaucoup forci, et ne va plus me quitter maintenant.

Il me reste encore 220 km à parcourir, et mon bateau part à 17 heures, et je n'ai pas de billets... On verra bien.

Je me trouve à la hauteur de Tebstrup.

Le temps se gâte, non pas au niveau des nuages, mais au niveau du temps, et des températures. Le vent devient très violent, et de travers ... Il me frappe à droite. Les camions énormes que je double en descente me redoublent en côte. Pire, j'ai effectué quelques descentes sans pouvoir dépasser le 60 km/h, vous vous rendez compte? C'est vraiment une forte épreuve, que j'avais déjà expérimentée lors de mon retour d'Espagne, un jour de tempête. En fait, le vent est bien plus difficile à suuporter et à gérer que la pluie, car il nécessite une attention continuelle, et beaucoup d'efforts physiques au niveau des bras. Cependant, je relativise en pensant aux cyclistes, ce qui me donne toujours du courage!

Je ne lâche donc pas le morceau, et je m'arcboute, c'est le cas de le dire, à ma poignée de gaz, toujours au maximum. Là, je peux dire que JJ donne le maximum de lui-même, et moi aussi. Inutile de vous dire qu'au niveau du paysage, c'est un peu tristounet. Le pays est au début un peu vallonné -ce qui explique ces longues pentes, de faible pourcentage- puis de plus en plus plat, avec des champs, des vaches. En fait, c'est plutôt très monotone. Il n'y a pas d'arbres, ou très peu, et c'est ce que je n'aime pas. C'est aussi la raison pour laquelle le vent est si terrible, car il n'y a absolument rien pour l'arrêter. J'imagine qu'ici, en plein hiver, avec la neige, ce doit être glacial!

Les 60 derniers kilomètres sont horribles, mais la récompense est au bout. J'arrive directement sur les bureaux de la compagnie maritime dont je me souviens du nom en le voyant, la Color Line. Il est 15h45, un exploit!

 

Je monte au troisième étage de leurs bureaux, et suis accueuilli par une charmante demoiselle qui ne parle pas français, mais anglais quand même. Lorsqu'elle me demande mon âge, et comme la question me surprend, je lui fais répéter, et elle me dit alors "quel âge as-tu?" en riant de toutes ses dents. C'était donc bien ça, la question!

Elle me dit que je peux payer en euros, et que ça m'en coûtera 60. Je pouvais réserver sur Internet pour 62 euros, et j'avais pensé qu'à cette saison, il devait y avoir de la place! J'avais bien raison. J'avais constaté la même chose lors de mon voyage en Ecosse, vis-à-vis des réservations sur Internet. Voilà. Au revoir, mademoiselle, direction l'embarcadère.

Je passe le poste de contrôle que vous voyez ci-dessus.

Et je me retrouve ici, devant le Silvia Ana, qui sera mon bateau et celui de JJ. L'attente va durer plus d'une heure, ce qui est bien long, en plein vent, sans abri. Heureusement, je suis couvert, mais je supporte mes vêtements sans problème, malgré le soleil. Il fait 17 degrés, mais le vent est toujours aussi violent, et il me frigorifie. Un motard arrive, grosse Suzuki. On se regarde sans s'adresser la parole, timidité réciproque?

Gros plan sur la proue du Silvia Ana. Ces bateaux qui nous transportent vers les pays nordiques sont impressionnants. Celui-ci a été construit en 1996 ici, à Cadiz, au sud de l'Espagne! Il a donc 10 ans.

Ah, ça y est enfin, on embarque. Les motos en premier? Génial! Je roule derrière le Suzuki-man, car comme vous le savez, je suis très lent, et il me faut un moment pour démarrer... Tout le monde m'attend! Mon motard descend de sa bécane et se met à installer d'énormes sangles autour de sa moto. Je lui demande si c'est obligatoire, et il me fait comprendre que si je ne le fais pas, JJ va tomber. Les employés ne s'occupent absolument pas de nous, et sans ce motard providentiel, je n'aurais pas sanglé le scooter... En plus, vous me connaissez, je ne sais rien faire -manuellement j'entends...-, et devant mon air dubitatif, mon biker sangle le x9 lui-même. Merci, mon ami. Très peu bavard -il est Norvégien- et ne parlant que 3 mots d'anglais, il accepte de boire le pot que je lui offre. Il prend un café, me remercie et va s'asseoir.

Pas de communication possible, il n'en a pas envie non plus...

Croyez-moi, le bateau ne fait pas ses 10 ans. Il est extrêmement confortable, et je m'installe ici pour la traversée.

Je voulais écrire mon journal de bord, mais je suis tellement fatigué, épuisé même -les suites du combat mené contre le vent- que je ne tarde pas à fermer les yeux. J'entends à peine le bruit des moteurs, et je dirais même que ce ronronnement est très agréable et me berce. Et je ressens une formidable poussée, que je peux constater de visu en regardant à travers les hublots.

On fonce!

Mais qu'est-ce que je fais affalé ici dans un fauteuil! Allez, mec, secoues-toi un peu, ce n'est pas tous les jours que tu vas en Norvège... Appareil photo et sac en bandoullière, me voila parti sur le pont.

Magnifique, la trace laissée à l'arrière par le navire, avec le soleil qui mélange ses rayons dans les gouttelettes d'eau propulsées vers le ciel, ce qui me donne droit en plus à un superbe arc-en-ciel.

Je vous laisse admirer comme moi le spectacle, auquel il vous manque les odeurs d'iode apportées par l'eau et le vent!

 

Oui, je sais... Et encore, je me retiens.

Bon, ça va comme ça, vous en avez assez, je sais. J'arrête!

Vous avez remarqué que le ciel est d'un bleu laiteux, et il ne fait pas chaud, en fait. Evidemment, vous, vous êtes bien à l'abri à regarder les photos, mais pour ma part, je prends un bon bol d'air frais! Je suis bien content de faire ces quelques clichés, car je n'en ai pas pris beaucoup aujourd'hui, comme vous avez pu le constater!

Alors maintenant, on va faire le tour du propriétaire ensemble!

Tout est nickel, j'aime beaucoup. Ah, oui, il faut que je vous dise. Pour aller sur le pont, il faut traverser la salle des machines à sous. Et ça vous étonne? Pas de petits bénéfices! Et ça marche, en plus, il y a des gens en train de jouer...

J'en connais un qui y serait sûrement aussi, s'il était ici!

C'est beau, hein? Et ça vous fait envie, n'est-ce-pas? Laissez-vous tenter, foncez!

Je reviens dans mon fauteuil avec de la documentation sur Kriantiansand (la ville d'arrivée). Il y a un terrain de camping, mais au fond de moi, j'ai envie de suivre mon plan, à savoir de foncer directement sur la route 9 -en Norvège, les routes sont connues et même réputées par leur numéro, vous en prendrez vite l'habitude en lisant mes récits- qui monte vers la vallée du Setesdal, et rouler jusqu'à trouver un camping ou dormir en bivouac.

Je relève la tête et aperçois des montagnes dans le lointain. La Norvège, déjà?

Je regarde l'heure. 19h30. Je retourne sur le pont. Il faut bien se rendre à l'évidence, c'est la terre Norvégienne que je vois là.

Entretemps, le ciel s'est complètement bouché, et une belle brume recouvre la terre norvégienne, comme si elle voulait encore se dérober à mon regard, et conserver de son mystère!

La côte norvégienne est parsemée d'îles et d'îlots, et la région de Kristiansand ne déroge pas à la règle!

J'arrive donc dans l'immense baie de Kristiansand, dommage qu'il fasse si sombre!

Un couple engage la conversation. Elle parle très bien français, elle a le type "gitan", et lui le type italien. Je les avais aperçus avant l'embarquement dans un magnifique camping-car, de marque "Clou", les plus chers et les plus sophistiqués. En fait, ce sont des Catalans espagnols, et ils vont passer une semaine de vacances à Bergen. Très sympas.

Mon premier phare de Norvège... Il est beau, hein?

 

Et mes premières maisons norvégiennes...

Je suis tout excité à l'idée de débarquer bientôt sur cette terre mystérieuse qui m'a tant fait rêver!

Nous croisons un autre ferry de la Color Line, qui vient juste de quitter Kristiansand.

Il est temps que je redescende prendre mes affaires. Je retrouve mon motard en bas, déjà occupé à désangler sa bécane. Comme je n'y arrive, c'est encore lui qui va m'aider. Il soulage donc JJ de ses liens, qui ne comprend pas pourquoi il a été ainsi "jeté" en prison, le pauvre... Mon "sauveur" essaye de me demander où je vais, et je lui montre la route 9 sur ma carte. Aussitôt, il se rembrunit et me déconseille très vivement d'y aller.
Je ne saurai jamais pourquoi! Il voulait même me conduire dans un hôtel.

 

Nous accostons à 20 heures, comme prévu. La rigueur et l'exactitude des nations nordiques...

Il fait froid, le ciel est gris. Je suis encore hésitant, les réflexions du motard m'ont un peu troublé! Je vais dans le camping de Kristiansand, où je prends la "9". Que faire, maintenant? Mais les événements vont finalement choisir pour moi.
En effet, deux minutes plus tard apparaissent des panneaux de circulation, juste à la sortie du port, et l'un d'entre eux m'indique justement la route 9. Le sort en a décidé ainsi, je prends!

 

Et c'est alors vraiment instantanément, et j'insiste beaucoup sur ce côté immédiat, que je prends pleinement conscience de me trouver en Norvège. En effet, il y a des tas de neige sale et froide tout au long de la route, et de l'eau noire là où elle a fondu. Et il fait froid, vraiment froid. La température est descendue à 12 degrés en quelques kilomètres, la route monte et très vite, après la traversée de quelques zones industrielles, je me retrouve dans la forêt. Et là, la neige, elle n'est plus noire, mais bien blanche. Et voici un lac. Mais que vois-je? De la glace? Ouahhhh.... Il y a de la glace sur le lac! Pire, il n'y a presque que de la glace. Quand je pense que je voulais venir en avril... Oui, enfin, on n'est que début mai!

Mais alors, pour bivouaquer, ça ne va pas être possible! Aucun terrain disponible, aucun chemin pratiquable. Il n'y a que de la neige ou de l'eau noire. Et il est 20h30 maintenant, le soir tombe quand même. Je quitte la route principale, je prends des petites routes secondaires, je traverse de petits villages. RIEN, il n'y a rien pour moi. Et le peu de gens que je rencontre me regardent curieusement. Ils ont bien raison, qu'est-ce-que c'est que cet hurluberlu? Le temps passe, le brouillard tombe, et le thermomètre aussi, 11, puis 10, puis 9, puis 8, puis 7 degrés. Puis six, et CINQ degrés maintenant, je suis abasourdi, c'est quand même dingue, ça, je commence presque à avoir les boules! Je pense que c'est pour ça que mon motard voulait me dissuader de venir ici.

 

Je reviens sur la route principale n° 9. Ah, un bistrot ouvert, cool. La fille, super jolie (oui oui) et super sympa me remonte le moral. Elle passe un coup de fil, et me rassure complètement : oui, il y a un camping ouvert à deux milles, à KYLE. Elle me l'écrit sur un papier. OK, c'est parti, c'est génial. Mais deux milles, pourquoi pas en kilomètres, ils sont bizarres, ces Norvégiens... Je roule 2, 3, 4, 5, 6 km, rien de rien, pas de camping. Pas de camping. Bon, de guerre lasse, je reprends une petite route pour trouver un bivouac, mais rien de rien. Neige, lacs gelés, propriétés privées, herbe dans l'eau... Je demande à une maison, devant laquelle deux gars étaient en train de discuter. la conversation s'arrête à mon approche, on me regarde avec force curiosité et un petit sourire au coin des lèvres. Non, on ne parle pas anglais. Mais j'ai du faire bonne impression, l'un des deux va chercher sa femme à l'intérieur de la maison, elle parle anglais. Oui, il y a un camping à Kyle (tiens, tiens, mais ça me rappelle quelque chose, ça, non?). Il faut reprendre la 9, puis c'est par là, 15 km maxi... OK, merci beaucoup, c'est super. je retourne sur la route 9, je roule, je roule, je roule, il fait très froid, et de plus en plus sombre, mais quand même, quelle chance cette clarté, la nuit vient vraiment très tard.

 

Je vois une aire de pique-nique, table, bancs, pelouse parfaite -enfin, herbe jaune et couchée, l'herbe d'après la neige, mais terrain plat. Ce sera ici, c'est décidé. Il y a un camping-car stationné sur le bord, je dois les avertir de mon installation pour ne pas les effrayer. Ce sont des Allemands. Il est 22 heures passées, mine de rien! J'appèlle, la porte s'ouvre tout doucement, j'entends un chien grogner. J'explique à travers la porte, alors le gars sort avec un magnifique berger allemand, puis sa copine derrière lui. Ils m'ont vu sur le bateau, ils y étaient eux aussi. On sympathise aussitôt. Ils sont jeunes. Je vais donc monter ma tente, et ils viennent un peu plus tard me rejoindre avec une tasse de thé bien chaud. Quelle gentillesse. je suis d'autant plus touché que je suis fatigué, donc les émotions viennent plus vite. Et ça me fait chaud au coeur. Hum, bien que je ne sois pas trop "thé", ça me fait beaucoup de bien. Ils rentrent dans leur camping-car, je termine mon installation, je sors le PC, toutes mes affaires, et me fait cuire une soupe "velouté aux champignons", une pleine casserole. C'est délicieux, surtout par un temps pareil! Vers minuit, un gros camion s'arrête, dételle une remorque, fait un bruit d'enfer. De plus, la route est très passagère, et ça circule beaucoup jusque très tard, j'en suis vraiment surpris. Enfin, ça se calme vers une heure du matin. J'écris encore mon journal jusque vers 1h30, heure à laquelle j'éteins la lumière et me glisse dans mon duvet bien chaud.

 

Quelle journée quand même, riche en événements. Je suis très fier de moi, ce soir. Non seulement j'ai atteint mon but, mais je l'ai fait dans les temps prévus, et me voici maintenant vraiment à pied d'oeuvre, dans le vif du sujet.

Et bravo aussi à JJ mon fidèle et loyal destrier, qui ne m'a pas lâché une seconde... encore heureux, malgré les misères que je lui ai faites (la garde à vue sur le ferry....).

 

Une seule chose me désole, c'est de ne pas avoir fait de photos depuis le débarquement...

Trop tard maintenant. On verra demain, enfin, tout-à-l'heure, quoi!

 


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