La route n°9 vers le Nord - Jour 8

Vendredi 5 mai 2006 - 8ème jour de voyage

Près de Straume, sur la route 9 - Rauland

143 km - 444 photos - 222 sélectionnées pour le site!

Sur la carte ci-dessus, il y a des liens vous permettant d'accéder directement aux photos et au récit attaché à cette région. Dirigez votre souris vers les coins qui vous intéressent, et si la flèche se change en une main, c'est qu'il y a un lien direct. Attendez un petit moment avant de cliquer si vous arrivez juste sur cette page, le temps que les photos se chargent. En attendant un peu, vous pouvez commencer à lire le début, ce qui vous permettra de patienter. Lorsque vous voudrez revenir à la carte, utilisez la flèche "précédent" de votre navigateur. Bonne lecture.

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Agrandir le plan

Je me suis réveillé vers 6h20. Il fait déjà jour! Mais je n'ai pas envie de me lever, tout simplement parce que je n'ai pas envie de rouler dans le froid, avec une luminosité insuffisante pour prendre des photos. En effet, c'est la montagne, et avant que le soleil n'atteigne toutes les vallées... Je me rendors, ou plutôt je somnole, car j'ai un peu froid. Je me pelotonne dans le duvet, mais c'est limite. Il faudrait que je mette un gilet, mais je décide à chaque fois de ne pas en prendre! Je dors donc avec une gtea-shirt, et c'est tout! Je me lève finalement vers 7h20. Je vais voir la température au scooter: 3 degrés seulement. Je sentais qu'il ne faisait pas chaud, mais à ce point, je ne pensais pas!

Peu importe, il n'y a pas de nuage, le soleil va donc rapidement réchauffer l'air.


Je fais mon café, quelques photos, je mange tranquilement en regardant monter le soleil. C'est rigolo d'observer la progression du soleil dans la forêt, sur la montagne derrière moi. Et dire que ça correspond à la vitesse à laquelle la terre tourne, qu'est-ce-qu'on est peu de chose, quand même, en comparaison de tout ça.

J'ai pris cette photo hier soir, mais après avoir télécharger ma carte dans le PC, ce qui fait que je la retrouve ce matin dans l'appareil photo. C'est la montagne que je vois en face de moi.

Egalement prise hier soir, un détail de l'eau qui tombe du haut de la falaise. C'est également pour vous montrer la verticalité de cette muraille. On voit à gauche un bosquet de sapins et de bouleaux: ils semblent minuscules en proportion!

Egalement prise hier soir, pour vous montrer le débit de la cascade. Pas mal, quand même, hein?

Autoportrait de votre narrateur, avec son bol de café!
Et ça penche, mais ce n'est pas l'alcool! Heureusement que l'arbre me soutient!
Quoi qu'on pourrait se demander si je ne suis pas tout simplement en train de faire pencher l'arbre...

Ce petit déjeûner m'a donné une pêche d'enfer, comme vous pouvez le constater. Il faut vous dire que je suis également extrêmement heureux d'avoir réussi à bien dormir en bivouac dans la nature. En fait, le moindre bruit me fait sursauter, mais comme je suis absolument mort de fatigue lorsque j'éteins la lumière -le travail de récupération des photos, le tri et le choix des photos, l'écriture du journal, la préparation du trajet du lendemain, tout ça me prend entre 1h30 et 2h30 de temps-, je m'endors malgré tout très très vite!

Voilà, le soleil commence à me réchauffer. C'est superbe!

9h30, c'est l'heure à laquelle je démarre finalement, et il fait maintenant 9 degrés! Belle remontée du thermomètre. J'ai eu une frayeur. JJ a démarré au quart de tour, puis a calé. Et il m'a fallu 5 à 6 démarrages avant qu'il accepte de partir! il peut se vanter de m'avoir fait peur!!

Et je continue la visite de cette vallée du Setesdal.

 

Bon, à peine démarré, et ça recommence, je m'arrête déjà. Ben oui, quoi, c'est toujours aussi beau, et vous serez bien contents de les regarder mes photos, alors ne rouspétez pas!

Cette petite ville -enfin, ce village, ce hameau même- s'appelle Rysstad.

J'adore ces toîts recouverts de terre, et par conséquent sur lesquels poussent herbe et même arbustes!
Je suppose que ça doit agir comme isolant. Il serait intéressant de questionner les Norvégiens pour savoir si c'est réellement efficace, car j'ai l'impression qu'ilos ont tendance à abandonner cette technique, peut-être trop contraignante.

Les tombes du cimetière entourant l'église font face au motel-camping. Qui se repose le plus en regardant l'autre?

JJ était tout content de rouler, et n'était pas plus content que ça de devoir s'arrêter.

La petite église de Rysstad, et le muret entourant le cimetière.

A côté de cette grande maison, très ancienne compte tenu de son toît en herbe, se trouve un magnifique silo à grains, qui me rappèlle les greniers à grains de Galice en Espagne, appelés là-bas "horreos". Ici en Norvège, on les appèlle des "Stabbur".

Ce n'est pas un lac, mais toujours la magnifique rivière "Otra".

Après un petit passage dans lequel la rivière est beaucoup moins large, je la retrouve ici à nouveau sous la forme d'un lac!

Je continue à rouler plein nord. Je suis ici entre Uppstad et Kvestad, toujours sur la rive de l'Otra River.

Quelques fermes. On voit bien, sur la première, la rampe d'accès à la grange. Il s'agissait d'une levée de terre suivie d'une passerelle en bois -maintenant maçonnée- permettant d'accéder à l'étage où étaient entreposées les denrées.

Encore un superbe paysage! L'arrêt était obligatoire. Vous pouvez constater que lorsque l'eau est à ma gauche -je roule à droite...-, je traverse la chaussée avec JJ et me colle contre le parapet ou sur l'extrême bord face à la circulation. Je me fais parfois klaxonner, mais c'est assez rare, les Norvégines étant plutôt tolérants.

Je ne m'en lasse pas, décidément, c'est vraiment trop paradisiaque. Le groupe de photos qui suit a été pris ici et jusqu'à cette maison que vous voyez là juste après le virage.

Vue prise depuis la maison dont je vous parlais, mais en regardant en arrière. Je viens donc de là-bas... côté gauche!
Le village s'appèlle Kvestad.

La rivière Otra se rétrécit à nouveau au passage d'un petit défilé. Un pont la traverse, je vais voir ce que ça donne.

La rivière a eu du mal à se faire un passage, et ça bouillonne pas mal dans le fond. La roche est très glissante, et des pancartes avertissent du danger et signalent des accidents mortels. La prudence est donc de mise.

JJ, pas fou, décide de se mettre à l'écart en m'attendant...

Je vous laisse admirer!

Puis la vallée s'élargit et j'arrive à.... Valle. Altitude 308 mètres.
Je ne sais pas s'il y a un rapport entre les deux, mais avouez que c'est assez troublant.

Donc puisque la rivière a de la place, elle la prend, et on dirait presque un lac! De l'autre côté, les falaises avec leurs parois gigantesques, les marques visibles des éboulis des dernières centaines de milliers d'années, et bien sûr les cascades.

Il y a un centre d'informations touristiques, dans lequel je me renseigne pour un accès Internet. De là, ils me dirigent vers un autre bâtiment, où une jeune fille m'installe très aimablement devant un poste internet, avec possibilité de brancher mon disque USB, sur lequel j'ai mes photos et mes compte-rendus. C'est génial. De plus, c'est gratuit, et, comble de gentillesse, une autre jeune fille m'apporte un café bien chaud. JJ m'attend sur le parking, minuscule face à l'énorme muraille naturelle!

C'est donc d'ici que j'envoie le premier dossier et les premières photos de ce voyage, que vous avez pu trouver sur le blog mis en place sur le site par mon frère, qui m'a énormément aidé dans cette réalisation. En effet, je lui ai tout envoyé, mais il avait toute la mise en page à faire et les photos à insérer dans mon récit aux bons endroits. Le pauvre! Mais vous savez ce que c'est, pendant que certains se promènent, il en faut bien qui bossent...

Avant de repartir, un coup de zoom sur les montagnes dans le lointain. On distingue une route à droite sous la neige.

Le toît typique avec son coffre de terre -en fait, je ne sais pas exactement- , et l'herbe qui pousse.

Et je reprends la route. Le x9 en avait vraiment marre d'attendre. le pauvre, 5 minutes plus tard, à peine, et me voici de nouveau arrêté! La rivière Otra nous fait encore des caprices, rapides, chutes d'eau, du grand spectacle, quoi!

Sur le parking, des sapins déjà grands poussent sur le toît des toilettes -le plus grand. Impressionnant!

Un gros caillou a été entrainé jusqu'ici par les flots tumultueux de l'Otra, voici sûrement de nombreux siècles. Un sacré morceau, en tout cas. Et dans le lointain, les sommets entièrement recouverts de neige.

De l'autre côté des rapides, l'Otra est plus large et plus calme.

C'est toujours superbe, ici. Comme auparavant, il faut se méfier des dalles bien lisses et bien glissantes.

Tout là-haut, ce n'est pas la même chanson, il doit y faire froid!

La forêt est ininterrompue. Je prends cette photo pour le nom de la localité.

Je vois de plus en plus de neige, et les paysages deviennent de plus en plus grandioses et sauvages. Très franchement, regardez les photos, j'ai l'impression de pénétrer au Canada, c'est vraiment bluffant de ressemblance! Grandes rivières, grandes forêts de sapins, immensité, neige. Il ne manque que les ours, mais ce n'est pas pour me déplaire...

Je viens de laisser à ma droite la route 45 qui file vers l'est. Elle est décrite comme très jolie aussi, mais il faut bien faire des choix dans la vie, hein? Je vous invite donc à rouler avec moi sur cette magnifique route numéro 9, direction plein nord!

Sur la droite, les falaises donnent vraiment l'illusion d'un énorme château-fort.

La route suit toujours les méandres de l'Otra.

Un très beau bloc de granit.Comment est-il venu ici? Mystère pour moi. Les géologues ont sûrement une explication.

La route est plus haut. J'ai vu un beau chemin descendre sur ma gauche, vers la rivière, et j'ai décidé d'aller voir de plus près. Je m'arrête avant le pont, on distingue JJ de l'autre côté à gauche. Il m'attend, je traverse à pied.

Il reste des plaques de neige sur les rochers de la berge, et il y a même encore de la glace dans l'eau!

Plus loin, le chemin continue, encore en partie enneigé.

 

Encore un chemin qui descend vers un superbe paysage. Alez, j'y vais, le dernier était tellement beau. Oh là là, je sens que c'est mou, comme terrain, je stoppe, et avance sur la gauche pour faire demi-tour, mais c'est trop tard, je suis enlisé. C'est la cata. En effet, le terrain est très en pente, et je n'aurai jamais la force de pousser JJ à reculons. Ma béquille latérale est mise, et je suis incapable de l'enlever, elle est enfoncée dans une terre spongieuse qui se dérobe sous mes pas. JJ s'enfonce.

Je le prends en photo, et réfléchis. Il faut que je fasse quelque chose!

Je m'arcboute pour lui faire faire demi-tour, et j'y arrive, la béquille tournant toute seule sur elle-même dans la boue, sous ma poussée. J'y ai mis toutes mes forces, mais je suis très heureux. Je suis maintenant dans le bon sens, je démarre, ça démarre, puis ça s'arrête: j'enlise totalement la roue arrière, le moyeux est dans la boue, je ne peux plus rien faire, j'ai besoin d'aide!

Il passe très peu de véhicules. je fais de grands gestes: les conducteurs-conductrices me regardent, pas un signe, pas un geste, et continuent leur route. Je commence à maudire les Norvégiens! Il ne faut pas grand chose pour changer d'opinion! Bon, puisque je ne peux pas compter sur eux, il faut que je me débrouille seul; pas question de rester les bras croisés, je dois m'en sortir. Je commence à défaire les sacs, pour soulager le scooter, et rendre le dépannage moins difficile.

Des voitures arrivent, je tente une dernière fois et, oh miracle, il y en a une qui s'arrête. Un couple de jeunes; le gars comprend de suite la situation, me dit que la neige n'est pas encore complètement fondue, et que le sol n'est pas encore stabilisé -en anglais. Il se met de suite à l'arrière du scoot -pourtant, il va salir ses chaussures, au minimum- et me dit de démarrer. Et ça marche de suite, mais il tient à me conduire en sécurité totale, et me dit de continuer jusque sur la route. Génial. Sauvé!
Merci ami Norvégien, il y en a de très sympas, c'est comme partout, évidemment!

Après leur départ, je descends à pied en bas du chemin, et même à pied, je constate que c'est vraiment limite. En effet, je sens le sil se dérober sous mes pas, comme si je marchais en fait sur l'eau. Me voilà désormais vacciné. Je ne prendrai plus les chemins de terre avec JJ sans avoir testé auparavant la solidité du sol!

En tout cas, et comme à chaque fois, le paysage vaut TOUJOURS le déplacement, ici.

Les eaux sombres sont encore en partie gelées, du moins sur les bords.
En tout cas, si j'avais le temps, je poursuivrais à pied sur ce chemin, la balade doit être superbe.

Un zoom sur l'autre rive, encore bien prise par les glaces. Au premier plan, on voit le courant de l'Otra.

Je me trouve ici entre Bjornara et Grasbrokke.

Je reprends la route, mais pas pour longtemps!
Petite photo en arrière. Regardez à gauche, il reste encore de la neige jusqu'au bord de la route.

Puis, soudain, c'est l'énorme surprise. Je ne m'y attendais pas du tout. Un lac entièrement gelé; pourtant, il ne fait pas très froid, mon thermomètre indique 16 degrés, et je suis vraiment bien pour rouler. mais le fait est là. Regardez les photos. C'est le premier, mais pas le dernier. Je suis émerveillé. Petit à petit, je quitte le Canada pour me retrouver en Russie, en Sibérie! Quel voyage, mes mis, quel voyage. Et tout ça dans la même journée. Mais quel pays!

 

On voit très bien les dernières traces laissées par les moto-neige...

Peu après Grasbrokke, la route passe sous un tunnel, au niveau de Nausen -quelques maisons. Or, comme souvent en Norvège, il y a sur le côté l'ancienne route, désormais abandonnée, généralement barrée, mais qui reste autorisée pour les piétons et parfois les cyclistes. Il y en a bien une ici, à gauche. Je traverse donc et décide de m'installer ici pour casse la croûte. En effet, il est déjà 13h15, mine de rien, et toutes ces émotions m'ont creusé l'appétit.

Voici donc l'ancienne voie.
Evidemment, le chasse-neige n'est pas passé, et je vais avoir la joie de faire quelques pas dans la neige.

Il faut bien se rendre à l'évidence: je ne suis pas le premier à emprunter ce passage.
Je pense que ce sont des crottes de rennes, vu les panneaux.

Plus j'avance et plus la couche est épaisse. Je ne vais pas plus loin, car mes chaussures de rando ne sont pas assez hautes!

L'eau coule en petites cascades sur ma droite, au-dessus de ma tête, accélérant ainsi la fonte.

Devant moi, le lac gelé, et de l'autre côté, la falaise, encore partiellement gelée.

Mes pas dans la neige. Je fais demi-tour.

Cette vue globale regroupe les deux photos précédentes.

Un petit coup d'oeil en arrière. A droite, mon chemin enneigé.

Et je retrouve le petit JJ, et mon casque tombé par terre, sûrement lors d'une ruade de JJ.
Il fait souvent ça, pour se détendre les jambes...

Zoom sur la falaise en face, de l'autre côté du lac. L'eau suinte de partout aussi, et il y a encore des cascades gelées.

Bon, le temps passe, j'ai bien mangé -des céréales, en fait, c'est pratique, ça cale bien l'estomac, et en plus ça se conserve bien. De plus, je ne suis absolument pas difficile, et encore moins en voyage, alors pourquoi se gêner! C'est reparti.

Je n'ai pas roulé longtemps avant d'être à nouveau arrêté par la splendeur des paysages.
Ici, la rivière Otra dévale la pente dans un paysage grandiose et glaciaire. Admirez.

Pourquoi je dis "glaciaire"? Pour ça, tout simplement. C'est beau, n'est-ce-pas? Mais je n'arrête pas de le dire, en fait.

Arrivée à Bykle. Altitude 550 mètres. La route est défoncée pour cause de travaux, et je suis obligé de faire rouler JJ sur de la caillasse, plus ou moins coupante, et au moins sur 500 à 600 mètres, ce qui est plutôt long. J'ai peur de crever un pneu, compte-tenu de mon gros chargement, mais bon, ça passe.

Belle petite église avec son petit cimetière entouré de son petit muret de pierres.
La rivière coule derrière, tumultueusement, au fond d'une vallée très étroite.

Des petits chalets surplombent la route, avec un drapeau norvégien dont vous ne voyez ici que la hampe.

Je viens de faire le plein à une petite station service, et d'acheter quelques denrées. Deux "bikers" anglais arrivent aussi, et on discute 5 minutes sur nos impressions réciproques, qui sont semblables: nous sommes émerveillés.

 

 

La vallée s'élargit à nouveau après Bykle, et la rivière aussi. Je retrouve maintenant le type de paysage canadien.

Sur la gauche, on aperçoit des Canadiens en train de couper du bois, pour le prochain hiver, sûrement!

Par moments, la pente se fait un peu plus raide, et la calme rivière se change en torrent.

L'ensemble est grandiose.

J'aperçois de plus en plus de glace sur les rives de la rivière.
Je suis très ému par ces paysages que j'avais si souvent imaginés, car le fait d'y être vraiment, de pouvoir toucher la glace et la neige, d'y être parvenu sans aucun effort physique grâce au scooter, c'est tout simplement enchanteur.

Je vous disais "enchanteur"... Je rajoute: ravissant, saisissant, surprenant, féérique...

Je ne peux résister à l'envie de vous mettre quelques photos de ce lieu... sans aucun commentaire.

Tout simplement parce que je ne vois rien à ajouter à l'image, qui se suffit à elle-même.

Maintenant, quelques explications sont nécessaires.

Le groupe de photos que vous venez de voir, c'était le côté rivière, à ma droite en allant vers le nord.
Cette photo et les suivantes vous montrent ce qu'il y a à ma gauche -la route sépare les deux côtés.
C'est le sous-bois, mais je croyais que la forêt était accessible à la randonnée. FAUX. ARCHI-FAUX.

C'est la fonte des neiges, et la forêt est couverte de neige, de glace et d'eau, de milliers de flaques d'eau qui finissent par former de petits étangs et même de petits ruisseaux qui coulent et se rassemblent et font de petits torrents qui rejoignent la rivière plus bas. Vous comprenez maintenant pourquoi le bivouac sauvage est pratiquement exclus en cette saison.

Vu de la route -je roule vers le nord, donc à droite.
Grâce à JJ, je traverse les routes et stationne aussi bien du côté gauche que du côté droit.

Vous voyez, un ruisseau est en train de se former ici.

Nordli. Quelques maisons.

Un peu avant Hovden se trouve le lac Hartevatnet, 5,92 km2 de superficie, 24 km de périmètre, et à 759 m d'altitude.

En fait, si c'est de plus en plus gelé, c'est tout simplement parce que je grimpe, mine de rien, je grimpe! Tout s'explique!

Et je continue toujours vers le nord.

Une partie de JJ est visible sur la photo, il l'a fait exprès...

Bon, vu le nombre de photos, vous savez que je suis encore une fois émerveillé par le spectacle qui défile à ma gauche...

Vision irréelle, celle d'une plage de sable en partie recouverte de glace!

J'aperçois maintenant les premiers toîts des maisons d'Hovden.
Mais vous me connaissez maintenant, je ne fais que traverser...

C'est ici, dans les montagnes d'Hovden, que la rivière Otra prend sa source. Je l'ai donc suivie jusqu'à son embouchure, à Kristiansand. Elle fait environ 260 km de long, et est la 8ème rivière de Norvège. Cette rivière est redevenue très poissonneuse, grâce à un gros travail effectué contre la pollution.

Ce qui me prend, montre en mains, maximum cinq minutes, photos comprises, c'est vous dire la taille de la ville....

.

Je me trouve maintenant sur un vaste plateau, il n'y a plus de falaise de chaque côté de la route.
Et voici mon premier torrent dans la neige et la glace

Instant magique. J'aime l'eau sous toutes ses formes, et là, je dois dire que je suis servi.

Et au milieu de ce désert, de temps en temps, j'aperçois le toît d'une maison. Est-elle habitée, je n'en sais rien!

Voilà le panorama qui s'offre maintenant à mes yeux émerveillés.

Et si on y regarde de plus près, mais il faut s'arrêter pour cela, alors c'est à nouveau l'émerveillement qui me gagne.
Je pense que faire un trek sur ce plateau ne doit pas être possible en cette saison, car c'est la fonte, et le sol a perdu la rigidité qu'il doit avoir en hiver. Maintenant, la neige est molle, la glace fragile, et l'eau n'est pas loin...

Détail sur le torrent, que je ne me lasse pas d'admirer!

Et encore une petite...

Zoom dans le lointain, au-delà du plateau. Là-bas, c'est ce que j'appèlle l'immensité blanche.

Je m'arrache difficilement du spectacle des eaux bouillonnantes dans la neige!

Si ces grands poteaux sont les piquets de neige, c'est impressionnant!

Dans le lointain, un lac à moitié gelé, inaccessible au pauvre piéton que je suis!
Les couleurs sont splendides, et passent allègrement du bleu au vert, avec toutes les nuances possibles!

Vu la très faible circulation, je me permets de stationner tranquillement du côté gauche, ce qui ne doit pas être possible en été.

Les maigres bouleaux vont bientôt revivre!

Les teintes des eaux des lacs sont tout simplement époustouflantes.

La neige est blanche, la glace fine est bleu-clair, l'eau au centre est transparente.

C'est le Breidvatn. Superficie de 3,37 km2, périmètre de 11 km, altitude 897 mètres.
Mine de rien, je grimpe encore, c'est presque imperceptible!

Et encore un magnifique torrent.

La couche de neige semble encore assez importante dans ce coin.

Et le Saesvatn, 3,51 km2, 12 km de périmètre, et lui aussi à 897 mètres d'altitude.

Je viens de quitter la région du Aust-Agder et de pénétrer dans la région du Telemark. J'adore ce nom, car ça me fait penser à Télémaque, le fils d'Ulysse, le grand voyageur de la mythologie grecque!

Quelques maisons, un hameau, qui porte le même nom que le lac, à savoir Saesvatn.

Un coup d'oeil sur la route 9, qui, comme vous le voyez, continue de monter un peu!

Enfin, qui ondule. Je ne voudrais pas être en vélo ici non plus...

L'herbe sur le toît a été brûlée par la neige hivernale. La barque était bien protégée contre le mur pendant le long hiver.

Toutes les photos suivantes sont prises du même endroit, sur les rives nord-est du Saesvatn.

Encore une petite maison avec son toît d'herbe.

JJ encore en train de m'attendre. Remarquez, quand je le prends en photo, il est évident qu'il ne roule pas....

Quelques centaines de mètres plus loin, au sommet d'une côte, vue d'ensemble vers l'arrière, vers le Saesvatn.

Je reprends la route vers le nord.

Un peu plus loin, un autre lac gelé, cette fois du côté droit de la route.
C'est le Langeidvatn, 6 km2 de surface, 30 km de périmètre, à 886 mètres d'altitude.

La glace se brise par plaques entières sur les berges du Langeidvatn.

Là-bas, tout en bas, c'est le bout de la route 9, c'est Haukeligrend.
On ne se rend pas compte sur cette photo, qu'il y a en fait un super précipice ici.

Et vers l'est, c'est le Tveitevatnet -lac-, sur la E134, en direction d'Oslo.

Le Tveitevatnet au zoom maximum.

La descente est absolument splendide, mais très dangereuse.
Et pour arrêter JJ dans cette descente et faire quelques photos, j'ai vraiment du mal et un peu le vertige.

 

A Haukeligrend, j'arrive donc à un important croisement de routes, à savoir la E134 en provenance d'Oslo à l'est, et se dirigeant vers les fjords à l'ouest. Et, à ce croisement, un magasin vendant un peu de tout de style "spar" où je m'arrête faire le plein de nourriture et de boisson de type jus d'orange. Ensuite, je pars à la recherche d'un camping, que je trouve. Malheureusement, les propriétaires ne sont pas là, et je ne connais pas le prix exact, car ce n'est pas très clair. Portant, ce camping me convient bien de par sa petite taille, coprrespondant excatement à ce que je recherche. Nul besoin d'un 3 ou 4 étoiles avec toboggan et aire de jeux pour enfants, qui ne me sont d'aucune utilité.

Par conséquent, je décide d'aller voir plus loin. Il est 17h30, il me reste encore pas mal de temps avant la nuit.

 

Je prends cette fois la route 362, qui monte un peu vers le nord avant de bifurquer complètement à l'est, pour longer le grand lac Totak sur toute sa longueur. Ici, c'est le Venemodammen, que je ne vois que dans cette échappée.

Le même Venemodammen, au zoom dans le lointain, vers le nord-ouest. C'est bien gelé par là-bas aussi!
Ma route bifurque maintenant plein est.

Le beau soleil de cette journée a fait fondre la neige des bas-côtés, et l'eau traverse la chaussée.
A gauche, les petits ruisseaux qui se forment avec la fonte. Ici, ce n'est pas un plateua, c'est la montagne. J'ai fait -enfin, JJ a fait- une belle grimpette depuis Haukeligrend, qui se trouve en fait en fond de vallée.

Je vois beaucoup de traces de skis dans la neige, vers les bois, sans doute laissées par les skieurs de fond, les randonneurs, ou les chasseurs!

Soudain, la route est barrée par un torrent qui la traverse de part en part. Je vous l'ai bien dit, la neige fond, des ruisseaux se forment, et l'eau doit absolument se frayer un passage. Des agriculteurs -à gauche, plus en hauteur- avec de gros tracteurs sont en train de colmater les brèches et détourner le cours de l'eau. Ils semblent très habitués à ça! En tout cas, ça surprend.

Du côté droit, après avoir coupé la route, l'eau poursuit sa descente dans la neige. La nature, toujours superbe!

Puis la route descend, et la température aussi. Bizarre, d'habitude c'est plutôt l'inverse.

Et j'arrive dans une nouvelle vallée, occupée en grande partie par le fameux lac Totak. Très joli nom.

D'une superficie de 36,59 km2 et situé à 687 mètres d'altitude, le lac Totak est le 20ème lac de Norvège par son volume de 2,36 km3 d'eau et le 10ème par sa profondeur de 306 mètres. Son périmètre est de 70,48 km.

Que voici. J'arrive donc dans la ville d'Arabygdi, petite cité industrielle qui semble exploiter à fond l'électricité sans doute produite par un barrage, car les bords du lacs sont couverts de pylones électriques. Je passe presque sans un regard...

Ah, un peu après, je découvre vraiment les bords du lac Totak, et la nature vierge d'hommes. C'est nettement supérieur!

Le Totakvatn, ou le lac Totak si vous préférez, c'est plus de 36 km2 de superficie, c'est un volume de 2,36 km3 d'eau, c'est une profondeur maximale de 306 mètres 'quand même...), c'est un périmètre de 70 km, et il se trouve à 687 mètres d'altitude.

Comme vous pouvez le constater, il est encore pas mal pris par les glaces, pour mon plus grand plaisir -des yeux bien sûr!

A cet endroit, la montagne s'avance dans le lac, et la route contourne l'obstacle. Une ferme s'est installée sur les rives, près d'une belle plage de sable et... de glace! J'aperçois des Hytter -ces mini-chalets pour la location dans les campings, et je me dis qu'il doit y avoir possibilité de camper ici.
Un chemin bien dur y descend, la pente y est fort raide, mais je suis fatigué, il est 18 heures, je décide de m'y aventurer.

Voici la plage...

Et le splendide panorama offert depuis les Hytten, face à l'immensité glacée du grand lac.
Et je comprends bien maintenant pourquoi la température est descendue alors que l'altitude baissait. Tout simplement à cause de cette énorme masse de glace, qui rafraîchit considérablement l'air ambiant. Et c'est presque palpable, je ressens encore, maintenant, ce froid pénétrant, comme lorsque vous ouvrez la porte d'un congélateur!
C'est presque irréel, un congélateur naturel, de plusieurs kilomètres de grandeur.

Bon, revenons à nos moutons.
La patronne me dit que le petit camping n'est pas encore ouvert, qu'il n'y a encore ni eau ni toilettes. Dommage.

Je remonte avec précaution, car j'ai un virage à angle dxroit à négocier, en pleine montée, et je n'aime pas tourner vers la droite. Et patatras... je me casse la figure, JJ sur moi, et la main sur l'accélérateur, ce qui fait que couché, j'accélère... Pauvre gars! heureusement, deux jeunes, descendent en courant de leur tracteur (je dirais entre 1é et 15 ans) et me soulèvent le scooter comme un fétu de paille... Ouf, merci, amis norvégiens, mille mercis pour votre aide!

Bon, je suis vraiment fatigué, maintenant, après cette petite chute, il faut que je me pose dès que possible!

Ce village s'appèlle Va. OK, j'y vais.

Les maisons sont admirablement situées, toujours au mieux pour le panorama. J'ai remarqué ça dès le début, les Norvégiens recherchent toujours, pour implanter leur maison, une belle vue surplombant en général un lac.

J'arrive maintenant dans la partie la plus large du Totakvatn.

Au niveau de Rauland.

Dont voici la petite chapelle, toujours entourée de son petit cimetière.

Juste à côté, un terrain de caravanes; je tente ma chance. 5-6 personnes sont attablées devant l'apéritif sur une terrasse, ce sont les patrons et des amis sans doute. La dame discute avec son époux, et accepte que je plante ma tente, pour 25 couronnes, et me demande si je suis d'accord!! Eh bien, à 150 couronnes, j'aurais accepté, alors à 25... ce quii correspond à 3,30 euros!! Avec toilette, électricité, et 5 NOK (couronne norvégienne) pour la douche chaude...
Merci, les amis, merci.
Je plante la tente, heureux comme un roi!

La serviette, les chaussettes et les chaussures profitent des derniers rayons de soleil.

Au loin, face à JJ, je vois le lac gelé. Il y a quelques caravanes occupées, je suppose par des gens du pays, en week-end.
En tout cas, je suis parfaitement bien ici.

 

Bilan: une journée extraordinaire, un voyage hors du commun, Canada, Sibérie, Groënland dans la même journée.


143 km seulement, mais intenses, véritablement intenses.


Et 444 photos, toutes plus belles les unes que les autres, je ne savais vraiment pas lesquelles vous montrer!!


Crevé, je ne vais pas écrire longtemps sur le PC. La lampe à peine éteinte, je ronfle déjà... pauvres voisins de nuitée, heureusement, la première caravane occupée est un peu plus loin!

Nuit sans aucun rêve, nuit de rêve, après une journée de rêve, sommeil réparateur.


Coordonnées GPS du bivouac de ce soir: 59°04'39" Nord et 07°34'07" Est


Depuis le 06/06/2005 Visites:919965 Aujourd'hui :165 Maintenant:9 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)