Egersund - Lysebotn - 11ème jour

Lundi 8 mai 2006 - 11 ème jour de voyage

Egersund - Lysebotn

226 km - 487 photos - 261 sélectionnées pour le site!

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Réveil à 5h10, par le bruit de la circulation. En effet, le camping est près de la route 44. Je n'ai pas voulu mettre la tente près de la rivière -ça fait un boucan d'enfer, les rivières et les chutes d'eau- mais je n'avais pas pensé à la route, et les Norvégiens, s'ils ne travaillent pas le week-end, ils bossent les autres jours, et ils commencent dès l'aube.


Et il fait déjà jour.
Je referme les yeux, et je me réveille en sursaut à 8h10. Allez, debout, fainéant, il y a du boulot aujourd'hui.


Il fait chaud. J'ai eu trop chaud dans mon duvet, et j'étais à poil dedans! La douche fera 4 minutes exactement, pour 5 NOK. Ben oui, chez eux, les douches, c'est minuté! Malgré cette minuterie, je démarrerai JJ à 10h10. Je suis définitivement un lent!!

Et il fait 24 degrés!

Une idée du bazar qui règne sous l'auvent? Eh bien détrompez-vous, chaque chose est à sa place, et je range toujours pareil, ce qui fait que je n'ai aucun mal à retrouver mes petits dans ce semblant de chaos...

C'est tout près d'Helvik, et donc de la côte, que je prends cette photo. Pour vous montrer le sous-bois Norvégien au printemps. Des rochers, beaucoup de mousse formant un vrai matelas, et les fleurs qui sortent de terre à toute vitesse, car elles savent qu'elles n'en ont pas pour très longtemps avant l'arrivée du froid...

Voici donc Helvik et la mer du Nord, en Norvège du sud. Cette région porte le nom de Rogaland.

De gros blocs de granit presque rose, on se croirait en Bretagne. Sauf qu'ici, il y a des propriétés privées, avec barrières, jusque sur le bord de l'eau... Je suppose que ces clôtures sont pour les moutons.

Et pour passer le grillage, l'échelle croisée. J'ai vu ça aussi en Ecosse, mais il ne me semble pas que cela existe en France, où l'on trouve plutôt des barrières! Je préfère ce système, puisqu'il n'y a rien à ouvrir ou à refermer, c'est plus simple.

Au fond, vous voyez la mer. Et sur les rochers, des cairns sont disposés un peu partout, et parfois avec de très gros cailloux.

En voilà un exemple. Et les maisons sont à peine visibles dans ce dédale d'énormes rochers.

Je ne peux pas dire si ce sont des maisons habitées à l'année, ou seulement des résidences secondaires.

Eh bien, quelle surprise pour JJ. Le terrain devient complètement plat, et c'est drôle de rouler sans virages ou presque! Par contre, ça sent bon la mer, j'aime cette odeur d'iode! Là-bas, c'est Brusand, un petit village de la municipalité de Hä.

Et un petit zoom du même endroit.

Alors là, on ne peut pas franchement dire que les plages soient hospitalières!
Les pierres ont remplacé le sable, et les terres cultivées ou d'élevage vont jusqu'à la mer.

Les pierres servent aussi, ou ont servi, pour réaliser les murs de séparation des propriétés. Il n'y avait qu'à se baisser!

La route s'éloigne de la mer et traverse la campagne norvégienne, les fermes se suivent, et je vois mes premières vaches norvégiennes. Après l'iode, mon nez reçoit les bonnes odeurs des champs.

Vert et bleu. Mais je n'aime pas ces champs immenses, sans présence d'arbres, ou si peu. Pourtant, quand le vent souffle ici, ce doit être pénible, car il n'y a rien pour l'arrêter. Et comme je roule désormais vers le nord, la mer est à l'ouest, et je suppose que c'est là que sont les vents dominants, ce qui expliquerait quand même ces haies qui semblent relativement récentes. Peut-être qu'après avoir systématiquement détruit les arbres -comme ce fut souvent le cas chez nous- se sont-ils rendu compte qu'ils pouvaient avoir été utiles...?

Les blocs utilisés pour les murs sont énormes! Ils ne sont pas près de tomber en décrépitude!

Encore une ferme, derrière cette petite haie. Et le drapeau norvégien. Je suis surpris de voir autant de fermes arborant le drapeau national, et de voir ce côté très patriotique de ce peuple.

Une autre exploitation agricole. Les maisons sont regroupées au milieu des terres.

Je quite la route 44 qui monte à Klepp -où je vais d'ailleurs- pour faire un crochet par la côte et descendre sur une plage.
C'est la route 507. Voici la première église que je vois et qui n'est pas blanche.

Comme prévu, je reviens sur la côte, pour constater que les terres cultivées le sont jusqu'au bord aussi.

La route est sympa, étroite, et me rappèlle l'Angleterre avec ses murets de pierre aussi...

sauf qu'ici, on roule à droite comme chez nous...

Un peu plus loin, la petite chapelle d'Orre, et la mini-rivière Orreana, qui sort du lac Orrevatnet, à 500 mètres à l'est, et se jette en mer à 500 mètres à l'ouest...

Voilà. La mer à gauche, l'église ci-dessous à droite.

Et là-bas, on voit l'Orrevatnet, 8 km2, 23 km de périmètre, et 4 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer!

Et pour finir, JJ lors de cet arrêt photo, juste après le pont. La mer est à gauche.

Toujours ces murets de pierres divisant les parcelles. Et toujours ce manque d'arbres... Une belle ferme face à la mer.

La 507 fait son chemin entre la mer et le lac Orrevatnet, qu'elle contourne par l'ouest, sur une étroite bande de terre.
A l'horizon, légèrement dans la brume, j'aperçois les montagnes de Sandnes enserrant les fjords.

En face de moi, une petite baie -Honnsvika- et une longue plage de sable. Je décide d'aller voir de plus près.

Et encore une ferme. Elles se suivent sans discontinuer.

L'agriculture est ici l'activité principale... Champs et murets de pierres, fermes disséminées, petits hameaux -ici Sela.

La route est un cul de sac, et atterit dans un camping, après être passée à travers les fermes.
Ce sont des dunes, et ça ressemble aux côtes atlantiques. Ici, vue vers le sud, d'où je viens.

Quelques personnes se font bronzer, personne n'est dans l'eau.
Au loin, on voit les tracteurs répandant leurs engrais... La route 507 sur laquelle j'étais passe entre les fermes, là-haut.

Et vue vers le nord, où je ne vais pas aller. En fait, je vais laisser la mer et m'enfoncer dans les terres en direction du Forsand, vers le nord-est. Je ne vais donc pas aller à Stavanger, suivant en celà ma politique de contournement des villes.

Les dunes sont recouvertes d'une épaisse toison d'herbe, ce qui leur donne un aspect soyeux, presque laineux.
Curieusement, il y a quelques maisons disséminées dans le sable.

J'arrive ici dans la petite ville de Klepp, où je prévoyais mon bivouac pour hier soir. J'en profite pour faire le plein, comme à chaque fois, bien que ce ne soit pas encore nécessaire, mais je préfère avoir de la marge! Je demande à la station si la route que je prévois de faire est bien ouverte. Il me dit qu'il va se renseigner. Très sympa, il part dans un bureau annexe pour téléphoner. Pendant ce temps, je ne résiste pas à la vision de grosses saucisses en train de se faire griller, et je décide de m'en payer une, ça me rappelle les pauses petit-déjeuner en Allemagne... Délicieux, mais cher: 33 NOK pour une saucisse, soit... 4,38 euros, quand même ! Mon gars revient au bout d'un grand moment: il me dit avoir été obligé de téléphoner dans plusieurs services avant d'avoir l'info, et elle est bonne, l'info: la route, compte tenu du temps merveilleux qui règne ici, a été ouverte en avance de 24 heures. Elle a été ouverte AUJOURD'HUI à 11h30. Et il est midi un quart. Il y a donc seulement 3/4 d'heure, elle était encore barrée à la circulation! Proprement incroyable, la chance que j'ai!

Allez zou, en route. Je traverse une zone citadine, inévitable ici: c'est la banlieue de Sandnes, qui se trouve être la banlieue de Stavanger. Il y avait longtemps que je n'avais pas roulé dans des bouchons, et pourtant, ça roule à peu près bien, mais franchement, je déteste! Et ça me confirme une fois de plus ma décision: hors de question d'aller dans les villes! Et voilà la route 13, que je cherchais. Et évidemment, en 2 minutes, c'est le calme, la campagne, la nature, les oiseaux, les torrents, la montagne! Ce pays est incroyable, la vitesse à laquelle on passe d'un extrême à l'autre est inimaginable!

Me revoici donc dans la montagne, et ce n'est pas fait pour me déplaire! Ah non, je n'aime pas du tout la plaine...

Les Norvégiens sont quand même des privilégiés vis-à-vis de la nature! OK, ils ont des hivers rigoureux. En revanche, ils peuvent skier, ils ont le plaisir d'avoir de la neige, ils ont la montagne, l'escalade, de la randonnée à outrance, ils ont la mer, la plage, les bateaux, ils ont la verdure, ils ont de l'espace, ils ont des villes modernes, ils ont un habitat assez dispersé, et tout ceci dans un mouchoir de poche, dans un rayon de 20 km, ce qui est hallucinant!

C'est la route 316, qui passe au sud de la route 13, plus importante, qui mène elle aussi à Lauvvika.

Du haut de cette côte, j'aperçois le Storavatnet (7,48 km2, 42 km de périmètre, à 154 m d'altitude).
Si j'avais pris la route 13, je l'aurais longé là-bas.

Un peu plus loin, je longe les berges sud du Tengesdalsvatnet, à 163 mètres d'altitude.
Les monts en face sont le Husafj à 472 mètres et le Dyrafjellet à 484 mètres.

Ce lien vous donnera un plan au format pdf très détaillé sur l'escalade et les randos à faire dans ces montagnes.

Quelques maisons sont situées directement sur les rives du lac. Voilà ce que ça donne vu du haut... Merci Steinar. Steinar, le propriétaire de ce beau site, m'avait très bien conseillé sur le choix des dates pour entreprendre ce beau voyage!

Encore le Tengesdalsvatnet.

La 316 se termine sur la route 508. Pour suivre mon itinéraire, je dois prendre à droite. mais je décide de faire un petit détour, vu l'heure, pour aller voir le Hogsfjorden et les ferries le traversant, à Lauvvika. Pourquoi? Tout simplement parce que j'ai beaucoup rêvé de cet endroit, et j'ai cherché partout des photos sur internet. N'en ayant jamais trouvé, je vais les faire et je les mettrai sur mon site. Cette photo se situe à quelques centaines de mètres avant de rejoindre la route 13.

Voilà, sur la 13, juste avant Lauvvika. On aperçoit le Hogsfjorden à droite.

Arrivée donc au bout de la route. Pour aller de l'autre côté du Hogsfjorden, le ferry est obligatoire. Oanes est de l'autre côté du fjord. Voici les panneaux que l'on voit lorsqu'on arrive à un passage par ferries. Ici, vous voyez une seule destination, c'est qu'il n'y en a qu'une... Il y en a souvent plusieurs, sachant que les ferries peuvent aller à plusieurs points en face ou lors d'embranchements entre plusieurs fjords. Par ailleurs, ici, il y a deux voies. Ce qui veut dire que le ferry peut transporter la totalité des véhicules présents sur ces deux voies, et rien de plus. Il faut commencer par remplir la voie numéro 1.

Il vient de partir. Si vous êtes pressé, c'est rageant, car l'attente du suivant peut être longue!
On aperçoit Forsand sur l'autre rive.

Là-bas, au loin, c'est le pont joignant Oanes à Forsand, et enjambant un autre fjord invisible d'ici, un superbe fjord, qui porte le joli nom de Lysefjord. Le but de mon itinéraire d'aujourd'hui, c'est de rejoindre par la route l'autre bout de ce fjord, et c'est pour ça que je ne prends pas le ferry ici, car je vais en même temps contourner le Hogsfjorden!

Les montagnes de l'autre rive...

Zoom maxi sur le ferry s'éloignant du quai, et la petite ville de Forsand de l'autre côté.

14 heures déjà! Je repars sur la 13. Dernier coup d'oeil, au loin sur le Hogsfjorden, et au premier plan sur le Holefjorden.

La preuve... la route 13, que je vais quitter très vite pour reprendre la 508.

Comme tout-à-l'heure, là-bas le Hogsfjorden, et au premier plan le Holefjorden.

La 508 grimpe jusqu'à un col où je m'arrête pour faire une photo. Je me retourne, et je vois au loin, vers le nord, une dernière fois, le Holefjorden, l'île d'Adnoy, le Hogsfjorden, et la côte du Forsand. Maintenant, vous connaissez le coin par coeur!

Du même endroit, vers l'est, on aperçoit à nouveau le Hogsfjorden.
La montagne, c'est le Rullefjellet. Steinar l'a escaladé en hiver, sous la neige.
C'est extraordinaire, et j'ai vraiment envie de revoir ce pays en hiver -mais pas en scooter...
Sa première photo, sur la route 508 justement, est pratiquement l'endroit même ou j'ai pris celle-ci, c'est incroyable!

Mais le printemps, c'est génial également. Admirez cette nature qui s'éveille.
Ici, au carrefour avec la 315 qui file tout droit, la 508 à gauche! Il faut faire attention à ne pas louper cet embranchement.

Et ça aussi, c'est le printemps. Adorables petits, heureux de vivre, qui gambadent et sautillent dans les immenses prés.

La maman n'est jamais loin, et me regarde avec l'air du "qu'est-ce que c'est que cet énergumène?"...

Et je plonge vers le fjord. Au loin, les montagnes caractéristiques des fjords, arrondies et rabotées par les glaciers.

Au fond, il est facile d'imaginer cette ancienne vallée glaciaire, du moins est-ce ainsi que je l'imagine...
Je retrouve en fait le Hogsfjorden tout au fond.

D'ici, le Hogsfjorden paraît bien petit, et je domine nettement le Forsand de l'autre côté du fjord.
En bas, il y a un lac, c'est le Ragsvatnet.

Les premières maisons d'Oltedal. .

Les gens habitant ici sont des privilégiés, quand même, vous ne trouvez pas?

Tout en bas, le centre touristique et en même temps le centre commercial. J'en profite donc pour faire quelques courses, pour remplir mes grosses sacoches, en prévision de futures ripailles...

Je suis maintenant presque au fond de la vallée.

Le voilà enfin, le Ragsvatnet.

Je le contourne par le sud.

Une petite route le contourne par le nord et s'achève sur le Hogsfjorden. Elle est parfaite pour une promenade à pied ou même en vélo, si vous venez par ici. Comme d'habitude, je n'ai pas le temps, mais ce n'est pas grave...

Le Ragsvatnet n'est séparé du Hogsfjorden que par ce minuscule bout de terre.

A l'horizon, on distingue Forsand, que je vous montrais tout-à-l'heure, à l'embarquement du ferry...
En montagne, on fait de la cartographie, et de la vue aérienne. J'adore ça.

Et voilà, terminé. Le Hogsfjorden se termine ici; la partie du fjord qui se poursuit à droite, vers l'est donc, change de nom et s'appèlle le Frafjorden.

Dirdal, qui marque le fond du Hogsfjorden, le Frafjorden démarrant vraiment ici..

La route descend au niveau de l'eau. Je suis donc à Dirdal.

Maintenant, la 45 quitte le bord du fjord et s'enfonce dans la vallée de Dirdal. Ici, l'église. Cette chaussée bordée de murets de pierre est une véritable perle pour un voyageur en deux roues!

Curieux, l'église est bien seule, loin des habitations, comme si elle avait volontairement été construite à l'écart.

Et cette maison, dans ce cadre enchanteur...

Je vais tellement vite, que le cycliste que vous voyez là-bas m'a déjà doublé deux fois! Je le redouble, mais je m'arrête plus loin faire une ou deux autres photos, et alors là, il me redouble...

D'une direction sud-ouest au départ, la route prend soudain la direction sud-est, soit un virage à pratiquement 90 degrés.
Je pénètre maintenant dans la Ovstabodalen.

Je longe maintenant cet splendide rivière qui apporte un peu de fraicheur.

Ici, un panneau annonce un rétrécissement de la voie, et, bien sûr, un ralentissement de la vitesse. Heureusement! En Norvège, quand vous avez des panneaux qui vous demandent d'aller moins vite, il vaut mieux obtempérer, croyez-moi! En fait, je passe un petit canyon, et un arrêt d'une petite heure aurait été une riche idée. Mais là encore, faute de temps... Si vous y allez, je vous le conseille. De toute façon, je vais vous dire un truc: chaque journée que je vous décris peut faire l'objet d'un mois de vacances à elle seule, oui, je dis bien, 4 semaines pour une journée, et encore, on peut faire plus... Et je suis très sérieux!

Après le petit canyon, la rivière s'élargit en fond de vallée, ici. J'aperçois ma route qui attaque la montagne, là-bas. Chouette!

Cinq minutes plus tard, autant dire presque immédiatement, je ressens un nouveau changement dans le paysage. C'est la montagne, de plus en plus présente. La rivière est plus sauvage, la végétation diminue, la pierre prend de plus en plus d'ampleur. Cette vallée mériterait d'être parcourue à pied. Je vous laisse admirer le paysage.

De plus en plus minéral, vous disais-je.... Le passage a été construit dans les éboulis.

Là, l'eau prend une belle teinte bleue; si je regarde de profil, le bleu se change en vert clair, presque transparent.

Quand un caillou tombe, quand le gel fait éclater un morceau, mieux vaut ne pas être en-dessous.

Ovstabo

Et dire que je n'ai même pas pris le temps d'aller tremper mes pieds...

La température a baissé un peu, mais reste excellente. Il fait 19 degrés!
La route redescend ici, et je retrouve aussitôt plus de végétation, et même des prés.

Tout de même, il y a un peu plus de neige sur les hauteurs, par ici.

Au zoom maxi, regardez tous ces ruisseaux qui sortent de la neige.
La paroi entière dégouline, comme une éponge que l'on essore.

Quelques plaques de neige subsistent encore près de la route.

Puis les clôtures disparaissent à nouveau, et la nature redevient plus sauvage et plus minérale!

Un coup d'oeil suffit pour voir que l'herbe n'a été libérée de son carcan de neige que depuis peu de temps...

Je suis toujours dans la Ovstabodalen. La terminaison dal, -dalen signifie val, vallée.

Un petit mot au sujet des aménagements routiers. En Norvège, il y a une quantité considérable de petits élargissement comme celui-ci, permettant d'arrêter et d'admirer le paysage. C'est un point qui m'a énormément gêné en Ecosse, où les parkings ou les mini-aires de stationnement sont presque inexistants, ce qui m'avait énormément frustré! Ici, c'est le bonheur.

Ce torrent déboule à plein régime près de cette masse de neige et de glace encore bien présente. Eblouissant!

Les bouleaux n'ont pas encore commencé à prendre de la verdure.

Regardez cette eau qui dégrincole de partout. Je suis scotché! Je ne cesse pas de m'arrêter, ma moyenne est en train de descendre dans des proportions énormes, mais je n'y peux rien, c'est plus fort que moi, c'est tout simplement trop beau, je veux en prendre un maximum, en garder le plus possible pour agrémenter mes longues soirées d'hiver.

Une piscine naturelle auto-alimentée. Et pas besoin de rajouter de chlore ou autre produit....
Quoi, l'eau n'est pas chaude?
Il manque un peu de verdure, mais sinon, tout y est, le paradis, le jardin d'Eden, c'est ici?

J'ai fait une grosse bêtise. Mon GPS est toujours en fonctionnement pendant la journée, dans le vide-poche du scooter. Et je n'ai pas pensé à vérifier l'état des piles. Or, elles se sont arrêtées en milieu de journée. Par conséquent, sur cette merveilleuse route 45, je n'ai pas mes traces GPS, et je ne peux pas dire que cette photo-ci a été prise à cet endroit-là, et cette autre correspond au lac truc ou au lac machin! Toutes les photos que vous voyez ont été prises sur cette route 45.

Et l'altitude augmente, et la neige se fait de plus en plus présente, et la glace réapparaît sur les lacs...

Est-ce que vous voyez l'eau dégouliner de la paroi de droite? Non?

Et là, vous voyez mieux? Toujours pas?

Et maintenant? Je pense qu'en été, ce doit être arrêté, ou très minime! Mais en ce moment, c'est partout, et je ne sais pas où donner de la tête... ou plutôt des yeux. Emerveillé, je suis émerveillé!

Et voici un petit hameau de chalets sur ce col. C'est Ovstabostollen.

Imaginez comment ça pouvait être il y a 2 ou 3 semaines ici?

Allez, je vous fais un petit thème sur l'eau, sous toutes ses formes. Regardez, prenez-en plein les mirettes.

Quel flot! J'aimerais bien la voir du haut, celle-là.

Et une vue d'ensemble de cette chute d'eau.

Ovstabo

Les petits ruisseaux se jettent dans les plus grands. Je suis ébloui par tant de beauté.

Et toute cette neige va se transformer en eau, et l'hiver prochain, une nouvelle neige apparaîtra... Eternel recommencement.

Changement de région. Je quitte le Rogaland et la communauté de communes du Gjesdal et j'entre dans la région du Vest-Agder, communauté de communes du Sirdal. C'est le sommet. Je rentre désormais dans la Hunnedalen, la vallée de la Hunne.

Et ça, c'est le Hunnevatn, petit lac sur le bord de la 45, complètement gelé. Regardez la cascade au bout du lac, à gauche.

On en voit deux maintenant, en s'approchant.

Le dégel est bien amorcé.

Elle est encore puissante, mais si vous regardez bien, vous pouvez voir encore plein de filets d'eau sur la paroi, à gauche. Je pense que ça coulait à plein débit ces dernières semaines...

Pour se prendre une bonne douche, il n'y a pas mieux. Comment n'y ai-je pas pensé sur le coup, en passant?

L'eau coule sous la neige! Ici, elle a réussi à faire fondre la coupe supérieure qui restait encore.

L'eau est absolument transparente, translucide. Quels mots utilisés pour décrire ce que je vois. Heureusement que je vous ramène les photos, vous pouvez juger de la beauté des lieux par vous-mêmes.

Ce ruisseau coule-t-il encore en plein été? Il est actuellement alimenté par les dizaines de cascades qui coulent du haut des falaises, elles-mêmes alimentées par l'eau dégagée par la fonte des neiges encore très présentes sur les sommets.

Encore un panorama paradisiaque.

Là encore, l'eau a tracé ses sillons dans la neige.

En gros plan. Vous savez, j'ai vu de superbes photos dans les beaux livres sur le Groënland, qui m'ont souvent laissé rêveur et admiratif. rêveur, car je me demandais si je verrais ça un jour dans ma vie. Admiratif, car je trouvais ça tellement beau. Eh bien voilà, j'y suis. Je ne pensais pas voir ça en Norvège au mois de mai. Vous savez, je voudrais m'asseoir là sur l'herbe, et rester regarder le courant passer, laisser mes pensées vagabonder au rythme de l'eau... Mais faute de temps, parce que je veux en voir encore plein, parce que je veux tout voir, je bombarde, pour apporter des témoignages, pour vous le faire voir, pour donner la possibilité de rêver à tous ceux qui ne peuvent y aller... Alors, profitez-en, je vous les livre ici.

On dirait que l'eau jaillit de la glace.

Je vous le disais, ça coule de partout.

Encore plus beau, si on peut dire ça... L'eau translucide coule sous et sur la glace. Elle est tellement belle que j'ai envie de m'y allonger, mais bon, je sais me retenir, je sais me raisonner...

Votre avis?

Ici, c'est le Valevatn, plus de 10 km de long, et très étroit.

On le voit qui continue là-bas, entre les montagnes. La route ne fait qu'en traverser le bout, à l'endroit où il reçoit les eaux du Gravatnet, qui se trouve, pour sa part, à droite de la chaussée.

La route remonte fortement pour passer cette muraille.

Et je découvre le Gravatnet du haut. ses eaux se jettent donc dans le long Valevatn.
Curieusement, je trouve le niveau de l'eau très bas, par rapport aux traces visibles sur les rives.

On dirait un barrage au loin... C'est sûrement l'explication du bas niveau.

Je descends fortement maintenant, en longeant le Svartevatn.

La route 45 s'arrête en bas. Je vais prendre maintenant une petite route à gauche, la 975, qui remonte vers le nord. Elle se trouve en gros à 35-40 km à l'ouest de la fameuse route 9 de mon arrivée en Norvège! Je tourne en rond...

Ici, c'est Sinnes, où débouche la rivière Hona.

Kvaeven, station de skis en hiver.

Croisement insolite. Une norvégienne sportive s'entraîne en roller sur cette route sinueuse et montagneuse à souhait!
Bonjour les cuisses musclées...

 

Je longe maintenant le Ortevatn.

Toujours le Ortevatn, un peu plus loin. C'est marrant, parce qu'ici, il n'a plus de glace du tout...

Je viens encore de changer de route et de direction. Je suis sur la 986, direction ouest. C'est la fameuse route qui est ouverte depuis ce midi, vous vous souvenez, j'avais demandé à la station en cassant la croûte.

Adorable petite route. Hum, je sens que je vais me régaler, avec JJ. De plus, je viens de m'apercevoir que mon GPS est éteint, et je lui mets des piles toutes neuves. Génial.

Et d'entrée de jeu, elle donne le ton; ça grimpe tout de suite, pas le temps de respirer, pour JJ.
Petit coup d'oeil en arrière pour voir la pente et la montagne derrière, le Bergeknuten et le Storeknuten, à environ 1000m

A travers les arbres, je distingue l'Ortevatn que je viens de longer.

On voit bien maintenant la partie gelée et la partie libre de glaces de l'Ortevatn que je longeais en bas tout-à-l'heure.

Dis-donc, mais il y avait encore un beau tas de neige ici, vu ce que je vois sur le bord de la route.
Les marques du chasse-neige sont très visibles.

Gros plan sur le Flotholen. On voit très bien la glace présente sous la petite couche d'eau supérieure, et les paquets de neige encore pas fondue sur la surface du lac.

La route est suffisemment étroite pour nécessiter de petits élargissements permettant les croisements, comme les routes en Ecosse. Pour moi, avec JJ, et à cette saison, c'est évidemment sans problème.

J'adore ça, l'eau qui fraye son passage sous la neige gelée.

En bas, le bord droit du Borsteinvatnet. Il y a de plus en plus de neige.

La Sira, en provenance du Dyngjanvatnet, descend alimenter en eau le Borsteinvatnet.

Encore une rivière le long de la route... ou encore une route le long d'une rivière!

Ouahhh... Je suis de plus en plus impressionné. Mais où celà va-t-il me conduire?

JJ ne semble pas intimidé du tout. Je crois tout simplement qu'il fait son gros crâneur!

Allez, regardez ces paysages avec moi, ne soyez pas comme le scooter, blazés!

Vue vers l'arrière. Vous voyez la pente, hein? Je préfère que ce soit JJ qui grimpe.

Et ça continue à monter! Les paysages sont presque irréels. Une lumière irradie sur la neige, c'est extraordinaire!

Des traces de pas dans la neige. De quand datent-elles?

L'Andersvatn, encore recouvert de neige! Jusqu'à présent, les lacs gelés que j'ai vus n'avaient plus de neige sur la glace, car la neige qui les recouvre est la première partie qui fond. Lorsqu'il n'y a plus de neige, c'est leur glace qui commence à fondre.

Ici, la neige n'est pas encore fondue!

Je repasse la frontière ici. Je quitte à nouveau le Vest-Agder pour pénétrer à nouveau dans le Rogaland.

Ouahhh! mais c'est hallucinant!

Alors là, mes amis, je croyais avoir tout vu, que nenni! Il était plus de 18 heures déjà quand je me suis engagé sur cette route, et il y a 30 km à parcourir jusqu'à Lysebotn. S'il avait été 16 heures, j'aurais peut-être mis deux heures. Ce n'est pas magnifique, c'est sublime. Mais comme je vois l'heure tourner, je suis un peu inquiet vis-à-vis du camping. Il y en a un, mais est-il ouvert à cette saison, franchement ça m'étonnerait. Et bivouaquer? Comment? De la neige partout! Malgré la beauté des paysages, je ne suis pas entièrement serein, et je cherche où je pourrais bien poser une tente.


Des torrents, des cascades, de la neige, de la glace, et la solitude TOTALE. Pas un chat. Le silence total, sauf le bruit de l'eau. A un moment, j'arrête le moteur et marche un peu pour prendre quelques photos, et je sursaute de peur par le cri de ce que je crois être un gros mammifère: mon imagination, de suite, comme toujours! Et je le vois: c'est un... oiseau, qui a du avoir plus peur que moi! Nous sommes les deux seuls êtres vivants. Il m'observe de loin. Je suis émerveillé.

 

Et voici le haut du plateau, à environ 1.100 mètres d'altitude.
De petits tas de pierre ont été élevés un peu partout, marquant ainsi l'arrivée sur le point culminant.

Le Litla Tjodanvatnet.

Les mini-cairns.

Je commence à descendre. La route, en changeant de province, a aussi changé de numéro. C'est la route 500 maintenant.

Description détaillée de cette fin de route, en espagnol. Carte très détaillée (1/50.000è) du Lysefjorden et du Frafjorden.

Les vues sont assez vertigineuses...

Sans les chasse-neige, la route serait sûrement ouverte bien plus tard, quand je vois cette masse de neige!

Oygardsstolen Cafe

Puis c'est la longue, longue descente vers le fjord, avec une pente moyenne de 10 %, ce n'est pas énorme, mais allez savoir pourquoi, la fatigue peut-être, en tout cas, je l'ai trouvée épuisante. Le nombre d'épingles à cheveux est très grand, ça n'arrête jamais, en fait, ça dure environ 10 km comme ça; et je ne m'arrête plus pour prendre des photos, juste celle-ci. Je commence à avoir froid. Ah oui, j'ai oublié de vous dire, finalement, la température est descendue à 14 degrés! Et cette terrible descente se termine par un tunnel glacial de 1,2 km, pour déboucher dans le fjord.

L'une des dernières épingles. Je trouve encore le courage de faire cette photo vous montrant le Lysefjorden.

Et je trouve de suite le camping, et il est ouvert. Je suis accueilli avec un grand sourire, on discute un moment en anglais, et la patronne me demande si je ne suis pas français, vu mon accent. Et elle se met à me parler en français, c'est une française! INCROYABLE.
Mon moral remonte à bloc, la température est remontée à 21 aussi, alors c'est le bonheur. je monte ma tente, je range mes affaires, et je vais rejoindre les patrons, prendre une bonne bière, et discuter un bon moment. Ils me disent que des gens viennent ici du monde entier pour faire du saut dans le vide, en ouvrant le parachute après quelques secondes de vol libre. Se jeter du haut de cette falaise! Chacun son truc.

Seul au monde... enfin presque! Mais c'est un peu l'impression que j'ai ici!

Le soleil éclaire encore le haut de la falaise, mais plus le camping.

Et dire que demain, je vais prendre le ferry pour faire tout ce fjord en bateau. La chance!

Coucher de soleil sur le Lysefjorden.

Avant de rentrer sous la tente, je décide de faire quelques photos de la superbe cascade de Lysebotn.

Je vous offre, pour terminer cette journée en apothéose comme il se doit, ce feu d'artifice de cascades!

Il est 21h07 lorsque je prends cette dernière photo.

 

Dure journée de travail quand même, et même pas payée!
Mais bon, c'est moi qui l'ai voulu, et très franchement, comment pourrais-je le regretter!
Et je viens juste de me rendre compte, en tapant ce récit, que c'est aujourd'hui la fête de l'armistice de la guerre 39-45, et que vous n'avez pas travaillé! Bande de petits veinards! Ici, en Norvège, c'était un jour normal.


Ah oui, j'allais oublier: 487 images, c'est le total de la journée. Beaucoup trop, n'est-ce-pas? Mais je suis aussi venu pour ça, et je ne vais pas y revenir de sitôt, alors, pour occuper mes longues soirées d'hiver, devant mon PC...

Et pour la première fois, je vous en offre plus de la moitié... Merci qui ???


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