Borve/Oystese - Kinsarvik - 15ème jour

Vendredi 12 mai 2006 - 15 ème jour de voyage

Borve/Oystese - Kinsarvik

250 km - 139 photos - 85 sélectionnées pour le site!

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Quand même, entre nous, ouvrir les yeux, ouvrir la fenêtre, et voir ça! C'est trop génial, hein!

Réveil à 6h20, encore trop tôt. Je me repelotonne dans mon duvet; il ne fait pas chaud, mais déjà grand jour!
Finalement, ce sera un lever à 7h30, pour un départ à 9 h. Le soleil brille, mais de gros nuages noirs recouvrent les sommets des montagnes, et des cumulus parsèment le ciel encore en majorité bleu. Et il ne fait pas chaud. Le thermomètre du scoot affiche 14 degrés, mais passe à 12 dès que je roule, ce qui est la vraie température. Et je le ressens de suite à mes mains. En effet, comme un idiot, je ne vois pas mes gants, et j'ai du les mettre hier soir dans un sac!
Bon, ça va bien se réchauffer, je continue.

Au fait, vous savez quoi? Il y a deux semaines que je suis sur la route! Vendredi il y a 15 jours, je quittais la côte atlantique en France pour descendre vers la Corrèze... Et ces 2 semaines, elles ont été très richement remplies, hein?

Justement, à ce propos, ça m'intéresserait d'avoir l'opinion des lecteurs qui ont tout lu depuis le début. Avez-vous appris des choses sur la Norvège? Etes-vous étonnés des paysages, des routes, des contrastes...? Soyez sympas, faites-moi part de vos impressions après ces 14 jours de voyage virtuel, dans le livre d'or, pour les partager avec tout le monde. Pour ceux qui ont du mal avec le livre d'or, il suffit de recopier les caractères que vous voyez à droite dans la case anti-spam, et c'est tout.

Merci à vous.

Pas longtemps, j'arrive à Norheimsund au bout de quelques minutes seulement, et je vois un panneau "bibliothèque". Je m'arrête à tout hasard, deux dames me font comprendre que ce n'est pas ouvert au public, mais que je peux quand même prendre un PC et surfer! Le pied. Et elles me laissent utiliser la clé USB, ce qui fait que je peux envoyer tous mes fichiers à mon brave frérot Antoine, à qui je refile le sale boulot. C'est donc en partie aussi grâce à lui que vous avez pu lire mes récits et voir quelques photos pendant le déroulement du voyage, en temps réel en quelque sorte.
Finalement, je reste plus d'une heure, mine de rien, et ces dames me disent que je ne leur dois rien du tout.
On discute un moment, elles prennent l'adresse du site et me promettent d'y aller voir.

Ma montre ne fonctionne plus depuis quelques jours, et je suis arrêté juste devant une horlogerie. La dame qui m'accueille me demande d'aller faire un tour le temps qu'elle change les piles. Ce que je fais, et évidemment, j'en profite pour faire quelques...

...photos, bien sûr! Norheimsund se trouve au fond d'un petit fjord le long de l'immense Handangerfjorden. Ce que vous voyez là, c'est l'autre côté du mini-fjord! Et tout ceci est de l'eau salée, je le répète, que tout soit bien clair!

Vue cette fois vers la sortie de ce petit fjord, de cette baie dans le grand fjord, en fait. Là-bas, c'est l'autre côté du Hardangerfjorden. Regardez ici de belles photos de Norheimsund. Aujourd'hui, la luminosité est nettement supérieure à celle des jours précédents, et la qualité des photos s'en ressent immédiatement!

De la lauze en Norvège, je suis très surpris, mais bon, voilà la preuve!

Et elles sont énormes! La charpente doit être extrêmement solide pour supporter un tel poids.

Bon, je retourne dans mon horlogerie, mais malheureusement, la dame n'a pas réussi à faire repartir ma montre. Celà dit, elle ne me fait rien payer, c'est déjà pas si mal. Au revoir et merci d'avoir essayé, madame!

Finalement, il est 10h50 lorsque je repars...et il ne fait pas plus chaud. Je caille, c'est même tombé à 11. C'est bien ce qu'ils avaient annoncé, du froid, et moi qui n'ai pas mes gants, pour la première fois, à portée de mains! Si ça continue, je vais devoir m'arrêter et défaire mon chargement pour les mettre, ainsi que ma cagoule d'ailleurs!

Au fait, vous avez dû remarquer que je ne file pas directement vers le nord. J'essaye de voir un maximum de choses en y allant, c'est pourquoi tantôt je roule plein nord, et tantôt à l'est, et ensuite à l'ouest, et puis soudain plein sud... comme en ce moment. C'est le seul moyen pour visiter, de ci de là, cahin, caha...

Quelle fantastique différence avec les photos de ces derniers jours! Vous voyez ici la même chose qu'hier après-midi. C'est un coup d'oeil vers le nord du Hardangerfjord, et on voit l'île de Kvamsoy. Tout de suite à gauche, l'entrée du petit fjord de Norheimsund, et là-bas, l'entrée du petit fjord d'Oystese.
Le camping où j'ai dormi se trouve derrière la première pointe visible du côté gauche.

Du même endroit, zoom maxi sur la pointe en face de l'île de Kvamsoy.

Hardangerfjord vers le sud-est. Il s'appèlle ici l'Ytre Samlafjorden.

Que s'est-il passé, je n'en sais rien. Très certainement une panne de piles, et je n'ai pas pensé à vérifier... Toujours est-il que je n'ai plus de GPS de 11h à 13h40... Par conséquent, je n'ai pas le lieu exact de chaque prise de vue. Enfin, je sais quand même vraiment où elles ont été prises, mais pas au millimètre près....

Ici, c'est à Torvikbygd. Le fjord se reserre énormément à cet endroit, pour ne plus faire qu'entre 1,5 et 3 km de largeur. C'est pourquoi il y a ici un ferry qui relie cette petite ville à Jondal, de l'autre côté.

Au fait, j'ai oublié de vous dire. A Norheimsund, j'ai laissé la route 7 qui filait vers l'ouest, vers Bergen, pour continuer plein sud sur la petite route 49 que vous voyez ici. je viens de me retourner pour prendre le Handangerfjord vers le nord car la route, justement, va s'en écarter sur quelques kilomètres.
Cette encoche du fjord dans la terre, ici, porte le nom de Eidesvägen près d'Augastad.

Exactement du même endroit, zoom maxi vers la ferme et les moutons.

Un peu plus loin se trouve un lac, l'Eidesvatnet.
Et le fjord est derrière cette colline, les montagnes au loin étant de l'autre côté de l'Hardangerfjord!

Après le lac, la route traverse quelques vergers et prés pour retrouver finalement le Hardangersfjorden.

Le premier village traversé le long du fjord est Linganeset. Juste après, quelques îles sont sur le bord. Vous voyez ici l'une d'entre elles au premier plan, qui se nomme Smaholmen.

Les quelques maisons de Linga.

Le fjord forme ici une petite baie au fond de laquelle se niche la petite ville de Strandebarm. Une fois encore, je suis émerveillé par la nature. Je vous laisse admirer, sans commentaire, ce serait superflu... Regardez.

Je dirais une explosion de couleurs, un hymne à la vie renaissante après le long repos de l'hiver. Merveilleux!

Une belle rivière se jette ici dans le fjord, la Strandadalselvi. Au loin, c'est le glacier du Folgefonna, vu de l'autre côté!

L'église de Strandebarm. 550 places assises, 2 cloches, dont l'une datant de 1663 et fabriquée à Copenhague.

Eikenes, un peu plus loin.

Et du même endroit, un zoom sur l'île Borsheimsholmen. Superbe contraste avec les glaciers au loin, de l'autre côté du fjord, qui fait ici au moins 6 kilomètres -difficile à croire, et pourtant!

Eikenes toujours. Et les prés couverts de petites fleurs blanches, jaunes... C'est vraiment magnifique!

L'île Omaholmen en face de la petite ville Omastranda.

Zoom sur Omaholmen.

En face, de l'autre côté du Hardangerfjord appelé ici Hissfjorden.

Cette fois, je rencontre des routes très étroites, un peu du style écossais, même complètement, avec des points de croisements à gauche, puis à droite. Quand j'arrête le moteur pour prendre une photo, le silence n'est troublé que par le bêlement des moutons, s'il y en a. Dommage qu'il fasse si froid, ça oscille entre 11 et 13, jamais plus!
J'ai fait en gros 45 km... donc ce n'est pas la route qui m'a épuisé....

Mais cette fois c'en est trop, il faut que je mette mes gants, ma cagoule et un vieux manteau par-dessus ma veste de moto, je me les pèle trop, pas envie d'attraper du mal. je le ressens d'ailleurs, quand j'ai mal au cou comme ça. Bon, je décide de vider le sac contenant la tente sans le défaire, je vais les trouver là. Pas de bol... Mais alors où? Je défais tout, j'ouvre la selle pour prendre, pendant que j'y suis, mes surbottes de pluie que je sais être là, et que vois-je? Eh bien mes gants! Incroyable, quelle tête de linotte, je ne changerai donc jamais! J'en profite pour faire deux-trois photos, dont JJ, bien calme aujourd'hui.


Quand je repars, je ne sens plus du tout le froid, j'ai chaud, je suis bien, que du bonheur!
Le bon équipement, en deux roues, c'est le plus important!
Mais avec tout ça, il est déjà midi! Que le temps passe vite, quand on bosse à plein régime comme moi en ce moment.

C'est ici que j'ai tout défait pour chercher mes gants....

Mundheim. Cette petite ville se trouve au fond d'une baie très abritée, en face du Oynefjorden qui communique dans le Hissfjorden par le Bondesund. Le ciel est devenu bien gris, et le vent se lève. Triste temps, tout d'un coup!
A droite, la route 48 s'en va vers Bergen, et je roule désormais sur la 49.

Le 9 mars 2004 à 5h43, deux énormes rochers, chacun pesant entre 200 et 300 tonnes, dévallèrent la pente et s'écrasèrent près de la route, chacun de chaque côté d'une maison. Incroyable!

L'Oynefjorden en face de Mundheim.

Mundheim. Tout au fond de l'Oynefjorden.

Toujours à Mundheim.

Oynefjorden, après Mundheim, direction sud. Longueur 11,5 km, largeur moyenne 1,5 km. La partie gauche du fjord, que l'on voit ici, est en fait une île, Varaldsoyna.

Le haut plateau glaciaire du Folgefonna, vu cette fois du côté ouest.

La même, dézoomée, avec au premier plan le Kvinheradsfjorden.

La route parfois s'éloigne un peu du fjord, pour mieux y revenir, comme ici. La montagne, là-bas, couverte de neige, vous l'avez reconnue, c'est sûr. Elle est de l'autre côté du fjord, et supporte le Folgefonna!

J'arrive donc sur le Kvinnheradsfjorden, au sud de l'île de Varaldsoy.

En rentrant dans la petite ville de Gjermundshamn, je décide de faire quelques emplettes, et je suis accueilli par deux trolls.
Voici l'homme.

Et voici sa femme, légèrement enrhumée.

Vue vers le Sildafjorden.

La route 49 s'enfonce maintenant dans les terres. Elle descend sud-ouest, parallèllement au Kvinnheradsfjorden. Je ne vous en ai pas parlé, mais vous avez bien dû le constater. Le ciel est de plus en plus sombre et menaçant...

Mais l'eau n'est jamais bien loin en Norvège. Dès que vous rentrez dans les terres, vous retrouvez très vite les lacs. Puis à nouveau la côte ou les fjords! Je retrouve ici l'eau de mer en arrivant sur la baie Husavägen qui débouche sur le Kvinnheradsfjorden. Je traverse les petites villes -ou plutôt les hameaux- de Husa -lovée au fond de l'Husavägen- puis de Travik, puis de Oyro, puis de Olve.

Une superbe église avec son petit cimetière entouré de son petit muret, face aux eaux sombres du fjord!

Puis je serpente à nouveau au milieu de prairies couvertes de fleurs.

Et de prés tellement verts et à l'herbe si fine qu'on dirait presque des terrains de golf!

Puis la route repart plein nord, car elle est obligée de contourner de contourner le Lokksundet qu'aucun pont ne traverse! On aperçoit sur l'autre rive les maisons d'Hovland et de Nymark. Derrière, à l'horizon, ce sont les montagnes centrales de l'île de Tysnes, où je vais. Ce sont les monts Tysnessata (images de son ascension, 753 m) et Hovlandsnuten (728 m).

Qu'est-ce que c'est beau!
Pour aller en face, je dois donc faire un grand détour par le nord pour passer sur l'île de Tysnesoya par un pont enjambant le Lokksundet qui ouvre un passage vers le Bjørnafjorden. Avant le pont, il y a un tunnel de plus d'un kilomètre de long.

Une jolie peinture en passant. Ils ne sont pas adorables, les petits moutons, hein?
Je me trouve donc maintenant sur Tysnesoya.

Peu avant Gripne, en face du Gripnesvagen -la baie de Gripne. Et en plus avec un rayon de soleil. Il fait toujours 12 degrés, et pourtant, deux gars sont en train de travailler sur un poteau téléphonique... torse nu! Ils sont incroyables, quand même! Pour ma part, je garde tous mes vêtements, mais je profite de ce petit arrêt pour consulter ma carte. Cette région est constituée de plein de presqu'îles et d'îles de toutes tailles, et il est très facile de se perdre dans ce labyrinthe, ou du moins de ne pas trop savoir vers quoi on roule. De l'autre côté de cette île, je n'échapperai pas au ferry. Et j'ai deux itinéraires pour y aller, l'un contournant l'île par l'ouest et l'autre par l'est. Je choisis l'est, la route 78, qui me permet de rentrer un peu à l'intérieur.

Et je ne suis pas déçu! La forêt que je traverse est extraordinaire, avec une énorme mousse qui recouvre le sol.

C'est vraiment très sauvage, et en quelques centaines de mètres, j'ai l'impression d'être au bout du monde.
Encore une fois, je suis sous le charme d'un nouveau contraste saisissant.

Soudain, j'aperçois un petit village près d'un lac, composé de fermes uniquement! Il s'agit de Vevatn, niché au sud du... Vevatnet, évidemment! Vevatn se situe presque aux pieds des deux sommets de cette île dont j'ai parlé plus haut.

La route est malheureusement complètement défoncée, ce qui gâche un peu mon plaisir, et surtout celui de JJ qui s'écorche les orteils dans ces fissures! Je reviens sur le Lokksundet, longé précédemment, et que l'on distingue au-dessus des arbres.
La descente est très forte, et les freins sont indispensables, malgré ma vitesse lente!

Et encore une surprise bien norvégienne. A la sortie de la belle forêt, en regardant à droite, vers le sud, j'obtiens une superbe vue sur la fin du Lokksundet, et l'Onarheimsfjorden avec son chapelet d'îlots -Flornes, Seloya, Anuglo- le séparant du Husnesfjorden et de Sunde où je dois me rendre tout-à-l'heure. Hovland est nichée au premier plan.

Arrivée à Hovland. Le Lokksundet, dans sa partie sud ici, s'élargit très fortement en arrivant dans le Onarheimsfjorden, et son embouchure est parsemée d'îles. On dirait un peu le golfe du Morbihan en Bretagne, près de Lorient, mais avec un relief nettement plus tourmenté.
Une route à gauche conduit vers la partie étroite du Lokksundet, vers Nymark donc, vu tout-à-l'heure de l'autre rive.
Je prends à droite, vers le sud-ouest. Au loin, ce sont les montagnes de l'autre côté du Hardangerfjord.

Le long de l'Onarheimsfjorden.

Les montagnes du Kvinnherad, de l'autre côté du handangerfjorden.

Vers le sud-est et le Kvinnherad, avec en premier plan les îles que je voyais en descendant vers le Lokksundet.

Onarheim, son église et son petit cimetière. Des enfants sont près d'une tombe avec des fleurs, ce qui m'attriste un peu.

La route 78 continue tout droit, alors que la 79, à droite, remonte vers la 49 de l'autre côté de l'île de Tysnes. Dommage que je n'en ai pas le temps, car j'aurais bien aimé la parcourir!
Je poursuis sud vers Hodnanes, où j'arrive vers 14h15. Oui, je suis précis, hein? Je vous explique. Je me suis aperçu que mon GPS était éteint alors que je faisais ma pause vers Gripne, vous savez, là où les gars étaient torse nu dans le froid. Donc, le GPS étant allumé, je sais à quelle heure je me trouvais ici ou là... Simple comme bonjour!

Malheureusement pas de chance, le ferry vient juste de partir, et le prochain arrive à 15h15. Comme toujours sur les lieux d'attente des ferries, il y a toilettes, tables et bancs. Et je n'ai toujours pas mangé. Vous avez compris: je m'attable. La pluie commence doucement à tomber, ça ne me fait pas rire du tout. Un gars vient discuter: c'est un vétérinaire, et il part en WE avec sa famille -3 petites filles sont avec lui-, très sympa, parle super bien l'anglais. Il est en bras de chemise. Ah, oui, c'est impressionnant. Vous ne pouvez pas savoir le nombre de gars que j'ai vu en bras de chemise alors qu'il fait 11-12 degrés! Sidérant! Et ça fait un peu coimme les Parisiens quand ils descendent sur la côte atlantique. Il y a du vent frais, nous on caille et on a nos gilets, eux ils se mettent torse nu. je vous assure! Il y en a qui habitent près de chez moi, ils viennent à Pâques, et le gars se met lui aussi parfois torse nu dans son jardin, alors que je suis avec gilet et manteau...
En tout cas cette attente du ferry est pénible. Je regarde ma carte, et je suis parti pour un imbroglio inimaginable d'îles et de ferries, et je décide de couper court et de rejoindre mon itinéraire pour demain.

Mon ferry est là, la gueule ouverte, en train de vomir sa cargaison de véhicules... Au loin, vous apercevez un paquebot de la Colorline. Vous vous souvenez, c'est avec eux que je suis arrivé à Kristiansand, sur cette belle terre de Norvège. Eh bien vous avez là sous les yeux un de leurs navires faisant une croisière dans le Handangerfjorden.

Il fait très sombre, surtout en contre-jour. On distingue au loin le paquebot de la Colorline qui s'éloigne.

Je traverse donc le Langnuen vers Jektavik. Ici, Hodnanes au sud de Tysnes.

JJ dans la file de voitures sur le ferry. Pour une fois, il n'a pas été parké sur le côté comme c'est souvent le cas.

La traversée ne prend pas dix minutes, ce qui est d'autant plus vexant d'avoir du attendre si longtemps!
Je débarque donc sur l'île de Stord, que je vais longer vers le sud. Je me retrouve sur une route à grande circulation la E39, qui est la route qui relie Kristiansand à Bergen en passant par Stavanger. Là, je roule vers Kristiansand... Je traverse une très belle forêt sans m'arrêter -il ne fait pas beau...- et je rejoins Leirvik, pour prendre à nouveau un ferry et remonter vers le nord. En effet, je ne suis venu ici que "pour voir", comme au poker, lorsqu'on mise juste "pour voir"... Maintenant que j'ai vu, et comme le temps est mauvais, j'ai envie de repartir vers le nord maintenant.

A Leirvik, je vais au port, et je ne trouve pas mon embarcadère. Grosse surprise! Mon ferry ne part plus d'ici, c'est du moins ce que me disent les Norvégiens questionnés. C'est à l'autre bout de la ville maintenant... "On y va", me disent-ils, "suivez-nous". OK. je vous suis. Du boulot pour JJ, il faut s'accrocher, car je suis tombé sur des Norvégiens pressés...

Enfin, on arrive à Skjersholmane, à 15h54, pour voir....

Pour voir mon ferry qui vient juste de partir. Les boules!

Et je vais devoir attendre le suivant jusqu'à 16h30 sous un ciel gris, très gris... triste, très triste...

Et le pire, c'est que je ne saurai jamais si j'ai bien fait de suivre mes Norvégiens ici, car lorsque je vérifie mes cartes, il y a vraiment aussi une ligne là où je voulais initialement prendre le ferry...!!!

Le voilà enfin!

Vingt minutes plus tard, sur le ferry, je vois les nuages en train de se vider sur les montagnes.

Au zoom, c'est très clair... hum, non, c'est très sombre. Il pleut à verse!

Et JJ qui est coincé sur le bord près d'un énorme camion et de sa remorque! Pauvre JJ, parqué contre le bastingage.

Dix minutes plus tard, il pleut à verse sur nous, et je suis bien contraint de me réfugier à l'intérieur.
La traversée dure 55 minutes, y compris la halte que l'on fait à Ranavik à 17h10.

Heureusement, le contrôleur des tickets, sur le ferry, est extrêmement sympathique. Nous discutons un grand moment, il prend l'adresse de mon site, me dit qu'il regrette d'être de service, sans quoi il m'aurait invité chez lui, sur l'île d'à côté -photo ci-dessus. Et pourtant, pour lui, la vie est dure. En effet, sa femme est atteinte d'une très grave maladie, incurable, et partir en vacances leur est très difficile. Mais il aime discuter avec les étrangers, lier connaissance, voire comment vivent les autres. Cinq minutes avant le débarquement à Sunde, sur Kvinnherad, alors qu'il pleut de plus en plus fort, il m'apporte une grande tasse de café bien chaud, quelle gentillesse! Franchement, dans des moments comme celui-ci -découragement, je dois bien l'avouer, à cause de ce temps pourri- eh bien, un petit geste comme ça, ça fait un bien fou. Je suis gelé, il pleut, il est tard, la nuit va tomber, -il n'est pourtant que 17h10- je suis très loin de mes objectifs, je ne sais pas où je vais dormir, mais je me mets à siffler en débarquant du bateau! C'est dingue.... la pêche que j'ai maintenant!

Et je roule, sur la route 48 à nouveau, et je vais monter plus haut que prévu. Les eaux des fjords, de ce côté, sont presque vert émeraude, comme dans les mers du Sud, et gardent une teinte verte même sous la pluie. C'est superbe, mais pas moyen de faire de photos, j'ai tout mis à l'abri. Si quand même, je vous en fait un peu, lors de petites accalmies. Ici, en arrivant à Dimmelsvik, en face de l'île de Snilstveitoy. En face, Kvinnherad, ou Rosendal, qui donne son nom au fjord que vous voyez, le Kvinnheradfjorden! Les nuages recouvrent complètement le Melderskin. - photos, excursion.

Route 551 maintenant. Il est 18h37. Je viens de passer Aenes, et je longe la Maurangsfjorden, qui débouche sur le Sildafjorden en face de Varaldsoyna -vue ce matin- et auxquels je tourne maintenant le dos.

Du même endroit, zoom vers le fond du Maurangsfjorden.

Un peu plus loin, à la sortie d'un tunnel, j'ai la surprise de découvrir une superbe cascade, la Furebergsfossen, la cascade de la rivière Furebergselva, directement alimentée par l'énorme glacier du Folgefonna, qui se trouve en haut à droite!

Je vous laisse l'admirer!

Et les eaux du Maurangsfjorden qui sont superbes sous la pluie!

Zoom vers le fond du fjord. Pour ma part, je vais bifurquer avant. Je traverse d'abord Sunndal, puis j'arrive au fond de l'Austrepollen. Là, dans ce petit paradis, je loupe des paysages extraordinaires! Au-dessus de ma tête se trouvent des glaciers fantastiques, dont je ne vois rien, absoluement rien. Quelle conclusion en tirer?

Ben... revenir, bien sûr, revenir!

Puis la route s'élève fortement, et j'arrive au fameux Folgefonnatunnelen. Vous savez, je suis juste en-dessous de cet immense glacier, et aucune route ne le traverse. Bien mieux, à cette saison, la neige est encore très présente. Mais il y a un tunnel, et un péage aussi! Et là, j'ai apprécié le tunnel. D'abord: parfait, éclairage parfait, immense ligne droite de 11 km dans laquelle il ne pleut pas et, de plus, il fait chaud! Quoi, chaud? Oui, 12 degrés, parce que je ne vous l'ai pas dit, mais la température extérieure est tombée à ... 7 -oui, SEPT- degrés!

Mais c'est la Norvège, ça, t'as voulu aller en Norvège, eh bien voilà, mon gars, tu y es!

Et en sortie de tunnel, je me retrouve...
de l'autre côté! Evidemment!

Sur le Sorfjorden, presque au fond. Hé, ça ne vous dit rien, le Sorfjorden? Si je vous dis le long du fjord où il y avait des arbres fruitiers en fleurs? Alors, ça y est? C'était quand? Ben, hier après-midi, oui oui!

A ma gauche, la 550 monte vers le nord, vers Utne, où mon ferry a fait une pause hier en soirée. Et à ma droite, la 550 arrive sur Odda. Là, ci-dessus. C'est là que j'ai mangé hier midi.

Je prends donc à droite pour aller à Odda, qui ferme le fjord, et le remonter à gauche en face, là-bas.

La pluie revient. Je fais le plein à la station d'essence de l'autre côté. Il y a des motards anglais, trempés comme moi!

Finalement, je me refais la route des arbres fruitiers déjà faite hier après-midi, mais à fond les gamelles, sous la pluie et entre 7 et 9 degrés, et je me retrouve à 20 heures dans le camping de Kinsarvik, la petite ville dans laquelle j'ai visité l'église hier...
Et vous savez quoi, je suis heureux de rentrer sous la tente. Et je me fais une casserole de soupe Maggi aux 7 légumes, quel délice, quel bonheur. La pluie tombe, ça me fait suer pour demain, mais on verra bien.

Je suis crevé, j'arrête, je vais lire un peu, pour changer.

Et vous avez remarqué? Pas une photo le long de la route 13 qui remonte le Sorfjorden...


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