Kinsarvik - Nesbyen - 16ème jour

Samedi 13 mai 2006 - 16ème jour de voyage

Kinsarvik - Nesbyen

260 km - 256 photos - 138 sélectionnées pour le site!

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Au fait, c'est le deuxième jour de ma troisième semaine de vacances. C'est incroyable la vitesse à laquelle ça passe, mais d'un autre côté, je n'ai vraiment pas l'impression de m'être arrêté une seconde.

Et je ne l'ai pas fait non plus...


Réveil à 6h20, c'est incroyable, je suis réglé comme une horloge, mais pourquoi si tôt, puisque de toute façon ce n'est pas l'heure à laquelle je veux me lever. Je n'entends pas la pluie. Serait-ce fini? Hier soir, avant de m'endormir, je pensais que s'il pleuvait aujourd'hui, je resterais à buller en attendant mieux! Toujours est-il que j'ai un peu froid, je rentre la tête sous le duvert et me rendort jusqu'à 7h55. Voila qui est précis. C'est d'ailleurs un peu embêtant de ne plus avoir de montre. J'utilise le Palm, qui a une très belle horloge, mais pas parlante.

Bon, je me lève, je ne me lève pas? Allez, il faut aller voir le temps. Nuages, beaucoup de nuages. Il a neigé là-haut, mais pas si haut que ça, et ça ne m'étonne pas avec cette température. Je vérifie sur le scooter, il fait 7 degrés ici, donc négatif en haut, c'est évident. Il ne pleut pas, il n'y a pas de vent, mais le plafond nuageux est très bas, et les nuages sont assez noirs!

Cependant, j'aperçois des petits, vraiment petits, bouts de ciel bleu.

Je descends vers le lac pour mieux voir. Oui, il a bien neigé, il n'y a aucun doute là-dessus!

Aïe aïe aïe... C'est quand même plus noir que bleu, globalement, non?

C'est là que j'ai pris le bateau avant-hier après-midi, pour aller tout au fond, là-bas. Vous avez oublié, hein?

Vu d'avion, voici comment se présente Kinsarvik. Je suis dans le premier terrain de camping, le plus près de l'eau.

Bon, je retourne sous la tente prendre mon petit déjeuner bien à l'abri , et je déciderai ensuite.

Et pendant que je bois mon café, la pluie s'est remise à tomber! Un peu. Mais c'est très agaçant. Je fais quoi? Le gars du camping, un petit vieux, n'en a vraiment rien à faire. "Comme hier, et partout", me dit-il. Je suis très indécis.

Je redescends au bord de l'eau, histoire de faire un tour et de reprendre la température.
Tiens, il y a un ferry à quai maintenant.
C'est de nouveau arrêté de pleuvoir, j'ai envie de partir, maintenant!

Allez c'est décidé, je remballe.

Les arbres sont de toute beauté, et ma maison paraît bien minuscule sous cet angle.
Comme quoi, il ne faut quand même pas grand-chose pour se sentir à l'abri et être protégé!


Pendant que je démonte, un noir accompagné de sa fillette vient discuter... en français. Il est du Burundi, réfugié politique en Belgique, puis Norvège, et il va en France en Juillet. On discute bien pendant plus d'une demi-heure. Très sympa et très intelligent. Dure aventure: il avait une entreprise de transports, et il fallait qu'il paye des sommes extravagantes à des groupes armés; un jour, ils ont descendu une femme et son enfant de son bus et les ont tués sous ses yeux. Il ne sait pas comment il n'est pas mort. Il a refait une entreprise ailleurs, et ça a recommencé, puis des soldats sont venus pour tuer sa famille, il a été averti au dernier moment et s'est enfui, et il a quitté son pays!

C'est vrai que des fois on se plaint...
Je démarre finalement à 11 heures...

Je longe un fjord, le Eidfjorden, jusqu'à son bout.
Regardez cette petite route privée et barrée à droite, impressionnante. Mais comment font-ils avec la neige?

Les nuages sont très menaçants, et la route est trempée, j'ai la très nette impression de rattraper la pluie

Un petit coup d'oeil vers l'arrière, pour vous montrer la neige fraiche tombée la nuit dernière.

Ah, un petit rayon de soleil, et déjà tout va mieux. C'est incroyable comme cet astre est important pour nous!
Vous le saviez déjà? Bon, ok, je voulais juste vous faire partager ma joie de le revoir!

Je suis toujours dans la région du Hordaland, et plus précisément dans l'Ullensvang. Mais je vais passer dans l'Eidfjord. Quel dommage que le plafond nuageux soit si bas. Et malgré cet élément négatif, je vous garantis que c'est toujours une expérience grandiose que de longer un fjord! Eau, montagnes, forêts, voilà un mélange qui sera toujours touristiquement explosif!

Encore un "croisement" de fjords! En face, c'est l'Osafjorden direction nord-est. C'est merveilleux!
Il fait en gros 12 km de long pour un peu plus de mille mètres de largeur.

Je tente un zoom, malgré les nuages, sur le fond de l'Osafjorden. On y distingue des glaciers!

Le Eidfjorden se termine en queue de poisson, là-bas au fond à gauche, par le Simadalsfjorden. Pour ma part, je reste sur la route 7, et je passe donc le village de Eidfjord, construit sur le bouchon qui, comme souvent en Norvège, sépare le lac Eidfjordvatnet du Eidfjorden.

Là-bas le Simadalsfjorden. Regardez la pente de la montagne à droite: quel superbe toboggan!
Par contre, ce n'est pas qu'une impression, voilà de nouveau la pluie. Je m'arrête, je mets mon pantalon de pluie, mes surbottes, ma cagoule. Pas question de me les geler, j'avais tout prévu dans les sacoches. Ouf, je me sens maintenant parfaitement bien. Il fait entre 7 et 8 degrés, et je n'ai pas froid du tout.

Voici le Eidfjordvatnet. C'est un tout petit lac de 3,55 km2, 9,53 km de périmètre et 19 m de profondeur.
La route passe sous deux tunnels successifs.

On distingue bien au loin la neige fraiche.

Mais je ne rêve pas: il y a encore du ciel bleu au-delà des nuages?

C'est Ovre Eidfjord qui ferme l'autre bout du lac.

Ces fonds de vallée sont majestueux. Partir plusieurs jours en autonomie au fond de ces montagnes est un projet que je réaliserai peut-être un jour. Mais ce n'est pas au programme pour aujourd'hui!

Une fois au bout du fjord, le paysage change totalement. Je pénètre maintenant dans le "Hardangervidda Nasjonalpark".

Cette fougueuse petire rivière, c'est la Bjoreio. Je suis à 140 m d'altitude seulement (vous savez bien que les fjords maritimes sont à l'altitude ZERO, et que le Eidfjorden que je longeais tout-à-l'heure est bien composé d'eau salée!), et le sommet de la montagne sur ma droite est à près de 1200 mètres. Soit plus de 1000 mètres de dénivelé, presque en à-pic!

J'arrive dans un immense défilé, vous savez, ce genre de défilé en montagne dans lesquels on se sent terriblement minuscule devant un monde effroyablement minéral. Sauf qu'en plus, il se met à pleuvoir très fortement. Je rigole moins!

Il y a un pont. C'est le Mabö Brü, altitude 340m. Cette route, ce passage, est extrêmement ancien. Les rennes furent les premiers à ouvrir cette route descendant du haut plateau du Hardangervidda, qui fut ensuite très utilisée par les hommes exploitant le fer sur le haut plateau du Hardangervidda.

Puis j'entre dans des tunnels, très longs, plusieurs kilomètres, avec pour le dernier une très forte montée, je dirais 7 à 8%, puisque je suis à fond entre 45 et 50, et je connais JJ. Au moins, il ne pleut pas.
Mais, et alors là, je ne rigole pas du tout, mais vraiment pas du tout, à la sortie du tunnel,

une énorme surprise m'attend.

Il neige, et même fort. Les flocons me bouchent la vue sur le casque, je dois retirer régulièrement la couche de neige qui s'y accumule. mais c'est horrible. Je suis en deux roues, moi, et la température a chuté à 5 degrés.

Et ça continue à monter, encore et encore.

Pas la température, l'altitude! Oh là là, Jef, dans quelle galère es-tu?

Mais en Norvège, tout simplement, mon gars, on te l'avait bien dit... nanana....


Je prends mon courage à deux mains et je m'arrête pour faire des photos: il faut que je vous fasse voir que j'ai roulé sous la neige. Bon, c'est un peu raté, ça été très vite fait, mais on les voit un peu.

Oui, mais voilà. Il continue à neiger, et je continue à grimper. J'arrive à un grand parking avec des renseignements. Je vais voir. Et là, je comprends et je me souviens de mes lectures. J'arrive dans le Hardangervidda, considéré comme le plus grand plateau montagneux d'Europe, entre 1100 et 1300 m d'altitude -tu m'étonnes si ça caille-, pratiquement aucune végétation, battu par les vents que rien n'arrête... Me voilà bien. De la neige, du rocher, de l'eau gelée, et de l'eau qui coule aussi.

La preuve. Au zoom, là-bas, sur le plateau. Curieux, je ne ressens pas l'envie d'aller tremper mes petits petons!

Glacial. Bon, je suis en haut maintenant, donc plus de problème, je continue.
D'ailleurs, il y a quelques éclaircies, et même des brins de soleil.
Allez c'est bon Jef, le plus dur est fait. C'est quand même vraiment génial d'être ici et justement sous une averse de neige!

Cette large vallée était à l'âge du fer (de 450 avant JC à 1050 après JC environ) couverte de denses forêts de bouleaux et de pins. Les marais y étaient riches en minerai. Pendant près de mille ans, ils ont été l'un des principaux lieux d'extraction du fer de Norvège de l'Ouest. La production de fer fut une importante cause de l'expansion des communautés agricoles des villages du Hardanger dans les premiers siècles de notre ère.

Je trouve que ça a bien changé!

Bon, revenons à nos moutons.

Mon problème immédiat, c'est que la température continue de baisser, et il neige quand même toujours par intermittence, et je suis inquiet. JJ m'indique 3 degrés sur son thermomètre au km 58. La preuve!

La hauteur des piquets donne une idée de la masse de neige qui tombe ici en hiver!

Il y a de plus en plus de neige sur le plateau, et très très peu de véhicules, vous pouvez me croire sur parole.
Et les rares que je croise ne me faisant aucun signe, je me dis que ce doit être bon.

C'est fantasmagorique, comme paysage, et en même temps assez irréel.

Le soleil apparaît très sporadiquement à travers les masses de brume.

Difficile de vous donner une idée juste de l'ambiance qui règne ici.

Une sorte de "bouillasse" recouvre la route, dangereuse et glissante!

Et le thermomètre de Jolly Jumper m'indique maintenant 2 degrés au km 61- et franchement, je commence à avoir les boules. Et le vent se met de la partie. La neige vole, aussi sur la route. Aïe aïe aïe.

Une idée de ce que je vois... Le grand blanc, à perte de vue, parmi les bourrasques de neige.
Et très honnêtement, les photos que je ramène sont celles prises dans les meilleurs moments.

Un petit coin de ciel bleu, c'est bon signe quand même. Pourtant, j'ai du mal à être complètement serein. Tout simplement parce que c'est la première fois que je suis confronté à ce genre de problème, et je ne m'y étais pas préparé du tout. En fait, je suis à la fois enchanté d'être ici avec ces conditions météo, mais en même temps je suis inquiet, car je vois la température baisser et la neige, bien que ce ne soit pas visible, continue de tomber. Or, vous savez comme moi que la neige reste au sol à partir de zéro degré, voire même au-dessus sous certaines conditions. Et il se trouve que les conditions sont ici réunies: le vent est glacial et assez violent, et il crée, dans les virages notamment, des mini-congères: la neige qu'il pousse s'accumule. Comme en plus je ne sais pas très bien sur combien de kilomètres ça va durer, c'est cet aspect inconnu qui me fait flipper!

Là, vous voyez peut-être mieux la fameuse bouillasse, traitresse pour Jolly Jumper!

Oh, c'est magnifique! Je suis quand même émerveillé de pouvoir accéder à ce monde avec mon petit x9!

Une petite descente. C'est un plateau, donc ça monte et ça descend, mais globalement, c'est assez plat.
Je roule très attentivement, cela va de soi!

Au km 65, JJ m'annonce 1 degré. Oh magnifique Norvège, qui me fait vivre l'aventure! Tu me surprendras toujours.
Et ça s'aggrave en effet.

Mais où vais-je? Combien de temps cela va-t-il durer?

Vous voyez la neige? Eh bien, c'est simple, je suis passé plusieurs fois sur la neige qui était sur la route, et j'ai glissé deux ou trois fois, et ma concentration était alors totale. Dans ces moments, je n'ai pas pris de photos.
Après coup, je le regrette, mais pendant, on ne peut pas. Déjà, je suis super fier d'avoir pris ce que j'ai pris, car j'avais les boules, mais je me suis quand même arrêté pour les prendre!

Vous voyez, sur le côté gauche, la neige commence à rester. Mais il y en a aussi plus loin, de mon côté.
La vigilance extrême est de rigueur.

Et ce qu devait arriver arriva, au km 74, mon JJ m'affiche un beau zero degré, le point de gel, mes amis, le chiffre que je ne voulais pas voir.

Heureusement, le soleil apparait aussi de temps en temps. Ce n'est donc pas une tempête de neige à proprement parler, sinon je serais coincé! En fait, c'est ce qui me tracasse le plus,.

La couche de neige sur les bas-côtés est encore importante!

 

Au km 85, JJ est toujours sur le zero degré! Par moments, le vent, qui s'est mis à souffler avec rage, me fouette de gauche à droite, et la neige traverse la route en nuages blancs, c'ést hallucinant, des congères se forment à vue d'oeil. Heureusement, comme la neige est soufflée de ma gauche vers la droite, j'ai la chance d'avoir ma partie de route presque pas recouverte, alors que sur le côté gauche, il y en a déjà une bonne épaisseur! Je roule deux-trois fois dans une épaisseur de, mettons 4-5 cm, mais assez "zen", car le passage neigeux est très court. Mais les grosses bou-boules quand même.

Et ça dure plus de 20 km à zéro degré. Finalement, le grand vent a chassé les nuages, et alors que la descente s'est amorcée, le ciel s'est bien dégagé, et le temps est bien différent de ce côté du plateau. La route est même pratiquement sèche.

En fait, ces contrastes, -et je vous l'avais déjà dit, mais je ne croyais pas si bien dire-, sont un des grands plaisirs procurés par la Norvège. Vous venez de le voir, nous sommes passés, en moins de deux heures, de la pluie, à la neige, puis au soleil, le tout agrémenté de plus de dix degrés d'écarts de température, et l'ensemble confiné dans un cercle de vingt km de diamètre!

Je viens de quitter cette belle région du Hordaland pour pénétrer dans le Buskerud.

Le grand lac gelé que j'aperçois en bas est le Ustevatn. Il est quand même à 985 mètres d'altitude!

Je le longe d'un bout à l'autre (environ 12 km quand même) tout en descendant.

Comme toujours à cette saison du dégel, on voit encore très nettement les traces des scooters des neiges, les routes de l'hiver en quelque sorte! Ce sont les maisons de Ustaoset que j'aperçois là-bas, en bout de lac.

En descendant, le thermomètre m'indique 7 degrés, puis 9 degrés. Malgré ça, je n'arrive pas à me réchauffer et bizarrement, j'avais moins froid sur le plateau à zero degré -quoique l'onglet commençait à venir sur mes doigts, tout simplement parce que j'avais mouillé le gant gauche pour essuyer le casque... Mais maintenant, j'ai des frissons. Il y a toujours de grosses rafales de vent, mais comme la route est désormais très belle, je lance JJ qui avait froid aussi, et qui ne demande qu'à se réchauffer.

Je fonce, c'est le cas de le dire, jusqu'à la ville de Geilo. Là, après avoir donné à boire à ma monture, qui commençait à avoir un peu soif, je change de direction et descends vers le sud-est, dans la région du Buskerud.

Ah, au fait, pendant que j'y pense, la route qui a traversé le plateau, c'est la 7 -c'est leur nationale 7, très différente de la nôtre, finalement- qui va jusqu'à Oslo, et traverse donc la Norvège. Pour ma part, ayant envie de faire une incursion plus importante dans le Buskerud, je la quitte pour prendre la 40 et visiter un peu ce coin, en faisant un contournement de la région par le sud.

J'arrive tout de même à me tromper et à rester par erreur sur la 7 pendant quelques km.
Je fais demi-tour ici, et j'en profite pour vous faire ce cliché.
Il faut savoir que Geilo est en hiver un grand centre de ski, snowboard, luge, et les pistes y sont très nombreuses.

Me voici sur la bonne route! En bas, c'est encore un lac gelé, le Skurdalen, à 850 mètres d'altitude. Il est déjà 14h30, j'ai encore froid, et je décide de me ravitailler à mon tour en carburant... Je m'asseois à l'abri du vent et je casse la croûte, et ça me fait beaucoup de bien de sentir le soleil taper et me transmettre sa chaleur.

La forêt est en majorité constituée de maigres bouleaux, qui ne devraient pas tarder à repousser.
J'imagine que l'aspect général, en été, doit être complètement différent. C'est sûrement un tout autre voyage!

Je repars en pleine forme.

Juste après Dagali, -centre de ski- un pont permet la traversée du Numedalslägern.
La force du courant est impressionnante, comme tout en Norvège.
Ici se pratiquent énormément les sports de canoë-kayaks.

Puis encore des lacs gelés, le Änevatnet et le Torsetvatnet.

La région que je traverse est composée de très grandes montées (4-5 km de grimpette à 7-8 %), suivies de belles lignes droites sur le plateau atteint, pour se terminer par...

de très longues descentes (les mêmes que les montées, mais dans l'autre sens), et ça sans arrêt. En fait, la route ne contourne pas cette petite chaine montagneuse, mais l'escalade carrément. Pour moi, c'est franchement cool, bien assis dans mon fauteuil roulant, mais j'en connais un qui rigole beaucoup moins... Brave JJ, il râle, mais il continue!

Le haut du plateau est à environ 1200 mètres, quand même!

C'est la dernière descente, j'arrive maintenant dans....

la vallée de l'Uvdal, dans laquelle coule avec impétuosité la... Uvdalsäne.

Je roulais sud-sud-est, et je vais maintenant filer plein est. Je vous l'ai dit plus haut, je fais une incursion sud dans le Buskerud, j'arrive maintenant au bas de cette incursion. Le paysage devient plus calme, plus serein, la nature plus douce, moins violente,

Et je rencontre ma première Stavkirke, ou église en bois debout, très réputées en Norvège.
Il faut dire qu'en monuments historiques, ils sont moint gâtés que nous. Elles sont nommées ainsi car leurs murs sont faits de rondins de bois brut plantés verticalement dans le sol. C'est à Uvdal.

Elle est superbe, mais ce qui est dommage, c'est que c'est fermé à clefs, et j'aurais beaucoup aimé voir l'intérieur.

Le toît en bois est magnifique, avec ces sculptures de dragons s'échappant de l'intérieur!

Il n'y a pas que les dragons qui fuient... Des jeunes filles en costume traditionnel viennet juste de quitter l'église par une porte dérobée, et vont faire quelques photos à l'extérieur. Je n'ai pas osé les photographier!

Le bâtiment est grandiose. Bien sûr, ce n'est pas une de nos cathédrales gothiques!
Tout autour se trouve le cimetière, un peu comme en Ecosse.

Bon, je ne sais pas lire le norvégien, mais je peux quand même comprendre que cette église a été construite en 1893, avec une architecture inspirée de la vieille église en bois de bout -stavkirke- datée du Moyen-Âge. Par conséquent, ce n'est pas elle, l'église tant réputée que j'ai vue dans les divers guides de voyage lus avant de partir!

 

A gauche, vous apercevez JJ, près de la petite barrière délimitant le petit cimetière. La route que vous voyez, c'est celle que je viens de parcourir. Je continue donc dans l'autre direction!

Vue sur le cimetière. Les croix sont de très vieilles tombes.

Un peu plus loin après la sortie d'Uvdal, voici la pancarte indiquant la présence de la stavkirke! Ouf, je vais pouvoir la voir!

La voici. De par sa position, elle domine la vallée qui du même nom.

Maison traditionnelle norvégienne, avec son toît recouvert de végétation.

Vue générale avec le petit porche sous lequel il faut passer pour pénétrer dans l'enceinte territoriale de l'église.

Il reste quelques croix dans le cimetière initial entourant la Stavkirke.

La voici en gros plan. Tous les détails sur cette église en bois debout d'Uvdal sont en norvégien, ici.

Vue vers la vallée d'Uvdal. la route passe en bas, de droite à gauche -ou vice-versa- sur la photo.

La croix norvégienne.

Quelques anciennes croix de fer dans le cimetière.

Il règne ici un grand calme. C'est très reposant, j'ai envie de m'allonger et de faire une sieste!

La petite route descendant vers la voie principale.

Les greniers autour de l'église.

Au fond, le soubassement de la Stavkirke.

L'église n'est pas bâtie en haut de la colline, mais plutôt à flanc de montagne.

Un petit menhir. Je ne comprends pas ce qui est écrit. Si quelqu'un sait, merci de me le faire savoir.

Le 24 mars 2007, la réponse à ma question est arrivée sur le livre d'or. La voici.
Hello et bravo pour le courage de se ballader au mois de mai sur les moyens plateaux norvégiens du centre. Effectivement ça caille ! Même en plein été sur le Harddangervidda fait pas chaud ! Alors qu'ailleurs on peut se baigner et se faire bronzer. La Norvège est un pays de contrastes !

Dans une de tes photos dans un cimetière d'une Stavkirke tu te demandes ce qui est écrit sur un petit menhir, voilà la traduction (de ma femme norvégienne SGDG)

'Chaque jour : N'oublions pas notre ancêtre' (ou aïeul peut être)

Patrick et Kirsti d'Oslo/Trondheim - Marseille

Détail sur une des croix, de forme très originale.

Comme vous pouvez le voir, le sol est très inégal, et n'a pas été arasé de façon à en faire une surface plane!

Le sommet de la Stavkirke.

Autre pointe sculptée.

Séance de photos pour un groupe de locaux en costume traditionnel.

Près de l'église se trouvent de magnifiques greniers à provisions médiévaux, appelés aussi Stabbur, ressemblant fort à ceux du Portugal -allez lire le voyage au Portugal, vous verrez.

Détail sur les tenons et les mortaises.

Pour les amoureux en architecture.

L'ensemble est très solide, ça parait évident.

La porte d'entrée du grenier.

Je trouve que pour un grenier, c'est, comme on disait autrefois, "de la très belle ouvrage"!

Même le toît est ouvragé, avec ces découpes de type dentellerie.

Jusqu'aux marches permettant d'accéder à la bâtisse.

La visite est maintenant terminée. Je vous remercie de votre attention.

Un dernier coup d'oeil quand même!

En arrivant sur la route principale, je constate la présence d'une autre église, que je n'avais pas remarquée en montant!

Bon, avec tout ça, il est déjà 17h45... Mais entre temps, la température est remontée à 12-13 degrés, ce qui est royal!

Au fond, vue sur le Norefjorden, orienté nord-sud. Je viens de quitter la route 40 qui file donc plein sud le long du Norefjorden, après avoir traversé Rodberg, pour prendre une toute petite route vue sur mon atlas norvégien qui est au 1/300.000ème, qui remonte vers le nord et me permettra, normalement, de retrouver la fameuse N7 laissée à Geilo, avec l'intention de la prendre, cette fois, dans le sens inverse. Vous me suivez? Non? Pas grave, regardez sur la carte.

En tout cas, ça grimpe terriblement, et j'ai bien hésité avant de marquer un arrêt, mais la vue arrière dans mon rétro a été la plus forte. Je n'ai pas pu résister à prendre cette image, et ça en valait bien la peine, non?

Mais ma petite route perd soudain son asphalte, et un écriteau m'indique une route endommagée et payante! Je décide de ne pas payer, car je suis en colère. En effet, rien n'indiquait une route sans bitume, et je viens de parcourir 7 ou 8 km difficiles, que je n'ai pas envie de refaire dans l'autre sens, ce qui en plus m'obligerait à faire un grand détour, non prévu dans mon itinéraire d'aujourd'hui. Le prix indiqué est de 30 NOK pour une voiture. Rien n'est précisé pour un scooter. Il faut mettre l'argent dans un tronc. Je décide donc de continuer, et sans payer, on verra bien!

Un peu plus loin, un torrent tumultueux dévale la pente avec furie. Le bruit est assourdissant, mais le spectacle est somptueux.
En voyant celà, je prends une fois de plus la pleine mesure de la toute puissante nature! Quel bouillonnement!

Là, mes amis, je me sens vraiment en pleine nature. Pas un chat, pas un chien, pas un être humain. Des oiseaux, oui.

C'est grandiose, mais je suis mal à l'aise. Parce que l'heure commence à être tardive, et je ne sais pas vraiment où je vais. Parfois, des croisements, avec des noms de lieux que je recherche sur ma carte. Et les noms de lieux, en Norvège, sont vraiment difficiles à appréhender, car beaucoup de villages, de lieux-dits, portent le même nom, et sont parfois distants de plusieurs kilomètres!

La route, ou plutôt le chemin, est parfois bonne, parfois mauvaise, avec nids de poule en quantité, ou bien un revêtement mou dans lequel j'ai du mal à éviter la chute. Je commence à me demander si je ne suis pas perdu. C'est pourquoi, malgré un environnement exceptionnel -la Norvège profonde, celle que je voulais, eh bien, j'y suis, en plein dedans- je ne savoure pas vraiment. Je roule avec une petite anxiété qui gâche un peu mon plaisir...

Mais où celà va-t-il bien finir? Il y a par endroits quelques branches d'arbres sur le chemin, ou de petits ruisseaux qui le traversent, rendant le passage difficile. De plus, je crains d'arriver à un cul-de-sac, ce qui serait rigolo... enfin, non!

De plus, la température recommence à baisser, ce qui ne me plait pas trop non plus!

Les bâtons sur les côtés indiquent que cette route est sous la neige en hiver. Enfin, c'est normal, ici!

Et de temps en temps, parmi ces forêts de bouleaux rabougris, je vois des "hytter", ces petites cabanes norvégiennes rouges, perdues en pleine nature. Ils viennent là passer leurs vacances, les Norvégiens, loin de leurs congénères. Ils aiment la nature.

Pour le moment, en ce qui me concerne, je trouve que la glace des lacs rafraîchit singulièrement l'air ambiant.

Mais je vais finir par avoir de la neige sur la route si ça continue!

En tout cas, je ne croise pas une seule voiture, encore moins une moto! Et au final, c'est au moins 25 km que je viens de parcourir sur ces larges sentiers avant d'arriver à une barrière, fermée. Alors que je commence à réfléchir sur la façon de passer, la barrière s'ouvre toute seule à mon passage! J'ai poussé un grand ouf de soulagement, vous pouvez me croire sur parole. Je suis quand même très satisfait, car je ne me suis pas trompé de chemin, malgré le fait que certains, vérifiés sur une carte numérique en ligne, étaient vraiment des impasses. Malheureusement, mon GPS s'est arrêté -je ne comprends pas pourquoi- et je n'ai donc aucune trace de cette partie de ma route. Et mon altitude a été entre 800 et 950 mètres.

Je suis tout de même très heureux de me retrouver sur l'asphalte.
Je pense que j'arrive ici sur le Haglebuvatnet, et sur la station d'hiver et de ski Haglebu.

C'est superbe, évidemment.

Je me retrouve à nouveau sur un haut-plateau, à près de mille mètres d'altitude.

La neige est encore présente, et la température ambiante a tellement chuté que je constate qu'il ne fait plus que cing degrés!
Il y a quand même nettement moins de neige que sur le Hardangervidda, mais c'est tout-de-même frais!

Bon, ça ne dure pas longtemps. La route 211 sur laquelle je suis arrivé commence à plonger...

vers le Brommafjorden, que l'on aperçoit là-bas. C'est un nouveau paysage ravissant qui s'étale sous mes yeux émerveillés.

Zoom sur la partie gauche. Des alpages, en quelque sorte, et quelques fermes.

Zoom vers le bas, vers le lac et la fameuse route 7 qui le longe, et que je rattrape comme prévu!

Une autre vue détaillée sur les fermes installées ici.

Je longe maintenant le Brommafjorden vers le nord, en direction de Gol.
Il est maintenant 18h10. Et la température est remontée à 13 degrés, ça fait du bien!

J'ai été touché par la beauté de ces bouquets d'arbres.

La route 7 est belle et large, quel contraste avec les autres! J'augmente le rythme maintenant, pressé que je suis de trouver un camping pour poser mes fesses. Il y en a plein, et ils semblent ouverts.

Pendant ce temps, le Brommafjorden se change en une rivière portant le doux nom de Hallingdalselva.

Les couleurs en fin de journée sont toujours riches!

Je viens de traverser le village de Nesbyen. Et le camping que je vois à la sortie me plait bien.
Je vais à la réception, et le gars, un ancien, dans les 65 ans environ, ne parle que norvégien; mais il me fait comprendre qu'il appelle son fils dans l'autre camping, et qui parle anglais. Et qui me dit, très gentil au téléphone, que c'est ok pour 85 NOK? Bon, ça va, c'est correct, j'accepte, car les deux autres à qui j'avais demandé étaient à 130. Il me fait remplir le papier, payer les 85 NOK, et me donne une clé en m'expliquant bien que l'emplacement est le "A". Bon, je dis OK, un peu surpris car d'habitude, ce sont des numéros; je me dirige où il m'a indiqué, et tout le monde regarde passer cet hurluberlu: ce sont des gens installés dans des caravanes. mais je ne vois pas de place libre sur l'herbe, après les caravanes ce sont des "hytters", les petits chalets rouges. Et je vois "A" sur le chalet, et je pense à la clef, et je me dis que je rêve?? Mais pourquoi pas? Je stoppe, je descends, je vais essayer la clef, et, oh miracle, la porte s'ouvre.

Je me trouve l'heureux proprio d'un chalet norvégien pour une nuit pour 85 NOK.

Et ça, c'est la vue que j'ai depuis le camping. Pas trop jaloux?

Voilà ma maison pour cette nuit. Un rêve!

J'écris sur une table, je mange sur une table, je vais dormir dans un lit, pour la première fois depuis plus de 2 semaines.

 

Quelle journée, mes amis, quelle journée.
Mais j'ai vraiment bien fait de partir malgré le mauvais temps.
Une journée qui restera à jamais gravée dans ma mémoire. Fabuleuse. Norvégienne, oui, voilà le bon adjectif, norvégienne!
J'ai quand même fait 260 bornes en partant à 11 heures et avec 25 bornes de chemins et une bourrasque de neige!

Et 138 photos offertes sur les 256 -pratiquement une au km- que j'ai prises...

Il est 23 heures, je suis crevé.
Je vais encore jeter un coup d'oeil sur l'itinéraire de demain, et peut-être lire un peu ce soir?
Bonne nuit les petits.
A demain pour de nouvelles aventures!


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