Nesbyen - Laerdalsoyri - 17ème jour

Dimanche 14 mai 2006 - 17ème jour de voyage

Nesbyen - Laerdalsoyri

232 km - 278 photos - 140 sélectionnées pour le site!

Sur la carte ci-dessus, il y a des flèches vous permettant d'accéder directement aux photos et au récit attaché à cette région. Allez sur la flèche qui vous intéresse, et si une main apparaît, cliquez.
Attendez un petit moment avant de cliquer, si vous arrivez juste sur cette page, que les photos se chargent.
En attendant un peu, vous pouvez commencer à lire le début, ce qui vous permettra de patienter.
Lorsque vous voudrez revenir à la carte, utilisez la flèche "précédent" de votre navigateur. Bonne lecture.

 

C'est aujourd'hui dimanche... Je n'aime pas le dimanche en voyage!

Réveil à 7h55, tiens ça change, de dormir dans un lit. Il y avait une petite chambre avec deux petits lits en bas, et un petit au-dessus. C'est là que j'ai choisi de dormir, et j'ai merveilleusement bien dormi! Pour preuve, ce réveil si tardif.

Un coup d'oeil à la fenêtre, ciel bleu, du moins ce que j'en vois. Il n'en faut pas plus pour que je saute du lit...

Bon, il y a un peu de bazar à ranger. En effet, sous la tente, je suis très ordré, ce qui change d emes habitudes. mais je n'ai pas le choix. Chaque chose a une place, et je range toujours de la même façon, ce qui est bien le meilleur moyen pour ne rien perdre -surtout pas de temps- et tout trouver facilement. Mais hier soir, je me suis étalé! Pensez donc, tant d'espace pour un seul homme, c'est "Bizance"! Mais la contrepartie, c'est ce matin! Je mets autant de temps à tout ranger que si j'avais été sous la tente, et pourtant, je n'ai pas à mettre la maison dans le sac!:

Vous voyez, c'est pas mal, hein? Même la TV...

Je pars finalement à 9h30... Comme quoi, quand on est lent...
La température est de 9 degrés, c'est vous dire que ça caille quand même! Mais je me suis bien couvert, sauf la tenue pluie. Par contre, j'ai mis les surbottes, ça protège considérablement mes pieds du froid.

La route suit la vallée d'hier soir, c'est très agréable, surtout avec ce beau temps.
Au bout de 18 km, j'arrive à Gol.

A droite le centre ville de Gol -c'est le nom de la ville-, ainsi que la Stavkyrkje -église en bois debout pour ceux qui n'ont pas lu la journée d'hier.... Le panneau au premier plan indique si les routes sont ouvertes "Äpen". Vous pouvez constater qu'elles le sont toutes, la 7, comme la 50 et la 52.

Voici la Stavkyrkje de Gol. En fait, la route principale passe devant.

Elle est très haute, et je regrette vraiment de ne pouvoir entrer!

Puis je change complètement de direction, et donc de région. Je prends la 51, vers la région du Oppland. Et ça grimpe sec, très sec. Je marque une pause pour faire cette photo du paysage que j'aperçois derrière moi dans mon rétroviseur. La vue porte vraiment loin, et c'est une très belle nature, où cultures et bois alternent.

C'est un zoom du même endroit, car j'avais aperçu cette belle église entourée, comme d'habitude, de son cimetière.
Regardez bien la photo précédente, l'église s'y trouve sur la droite.

Et voilà mon vieux Jolly Jumper, qui m'attend patiemment. Il commence à me connaître, depuis le temps!

En tout cas, JJ bosse à fond déjà, environ 8 % de grimpette, sur plusieurs km. Et j'arrive sur un... plateau. Et quand on monte, que fait le thermomètre? Le mouvement inverse bien sûr: il descend... Et là haut, je me retrouve entre 5 et 7 degrés, et la traversée du plateau doit bien faire dans les 30 km de long...

Et c'est un paysage de type taïga, avec quelques bouleaux, des torrents par ci par là. Un peu de neige, 2-3 lacs à moitié gelés. C'est d'ailleurs bizarre, comme deux lacs tout proches peuvent être l'un entièrement gelé et l'eau sans un seul morceau de glace. Je suppose que c'est lié aux vents qu'ils se prennent, et au soleil aussi, bien sûr.

Comme partout en Norvège, des centaines de ruisseaux et torrents coulent dans tous les sens.

Ils sont issus de la fonte des neiges des montagnes sur les hauts plateaux.

Vous voyez, là-bas, l'eau n'est jamais bien loin.

J'aperçois de temps à autre une ou deux maisons, ainsi que des sentiers partant de la route.
Ils sont souvent fermés par une barrière.

Je quitte ici le comté du Buskerud pour rentrer dans celui de l'Oppland. La capitale administrative de l'Oppland est Lillehammer, rendue célèbre par les Jeux Olympiques qui s'y sont déroulés en 1994.

La route se trouve entre 800 et 950 mètres d'altitude.

A Hovda, en plein milieu du plateau, j'aperçois une église de bois, avec son porche d'entrée.

Entourée du cimetière.

Son style est très particulier, un peu dépouillé.

Gros plan sur le curieux vitrail.

Et sur la porte, d'un style très sobre elle aussi.

Tout d'un coup, un magnifique renard sur la route, mais qui fait demi-tour à une telle vitesse qu'il m'est absolument impossible de réagir, en terme de photographe, bien sûr. D'ailleurs à propos des animaux, je ne vous en ai pas souvent parlé, et pour cause: on n'en voit pas! Mais je profite de ce passage "animal" pour vous dire ce que j'ai vu jusqu'à maintenant, et que j'ai oublié de vous dire. Tout d'abord, mon plus beau souvenir, ce fut dimanche dernier. Je ne sais plus si je vous ai raconté cette journée mémorable, pendant laquelle j'ai avalé tant de km de montagnes, très dur, avec une route défoncée. Eh bien dans la soirée, vers 16h30-17h, dans une forêt, en pleine descente, en sortie de virage, je trouve un élan en plein milieu du virage suivant. Je l'ai reconnu de suite, car sa silhouette est très particulière. C'était un jeune, et il me regardait. Evidemment, instantanément, je pile à mort, car je roulais assez vite. Et mon élan démarre à fond dans les bois, je le vois très bien, mais que faire, le temps que je m'arrête, il avait disparu dans la forêt. Bref, un beau souvenir quand même. Mon deuxième animal, c'était encore un renard, énorme, qui s'est également enfui dès qu'il m'a vu. Le troisième, c'était un écureuil, avant-hier, adorable, superbe, minuscule. Et lui, il n'était pas trop farouche. je roulais tout doucement, et il a traversé devant moi; puis s'est arrêté pour me regarder! Normal, il ne m'avait jamais vu, je le comprends. Je m'arrête et le regarde, me penche pour prendre mon appareil photo, je vais l'avoir et hop, le petit garnement saute en contrebas, je ne le voyais plus. Encore raté. Puis aussi, j'oubliais, à Lysebotn, le matin de très bonne heure, alors que je partais dans les lacets pour faire la marche que j'ai abandonnée. Deux magnifiques gazelles étaient sur la route. Elles sont parties en 3 mouvements d'une rare élégance! Voilà, jusqu'à maintenant mon expérience avec les animaux norvégiens. Plus quelques vaches -très peu-, et quelques moutons et chevaux. Un peu léger, pour un pays d'une telle sauvagerie. Ah si, les oiseaux, il y en a plein, ça chante et ça gazouille de partout, du moineau à la chouette en passant par les corbeaux et les pies.

Bon, je reprends mon récit. Je quitte enfin le plateau: ça descend, une 8% pour changer, très longue, avec de très beaux virages, que je ne prends pas vite, croyez-moi.

Vue magnifique sur... un lac bien sûr! C'est le Strondafjorden, 13 km2, 46 km de périmètre, à 355 mètres d'altitude. J'arrive à Leira, et je décide de faire le plein. Ici, en Norvège, compte tenu de ce que j'ai vécu sur les routes, je préfère au moins ne pas avoir à me soucier de ce qu'il me reste dans le réservoir. Arrivé à une station, même si je ne suis qu'à la moitié, je re-remplis, comme ça, pas de souci!

Juste pour vous montrer la pente dans la descente. Et pas de frein moteur sur le x9...

A droite, "Leira sentrum" -centre ville de Leira-. Je pars à gauche. C'est la E16, qui va jusqu'à Bergen.
En face, au-dessus des panneaux, une magnifique cascade!

Je contourne donc la base du Strondafjorden à Fagernes, puis je vais le longer sur une trentaine de kilomètres.

Sa largeur est souvent de moins de un kilomètre, ce qui fait que je vois très distinctement les maisons sur l'autre rive.

Voici donc Fagernes. C'est finalement ici que je fais le plein de carburant. Comme je vous l'ai dit, et bien que ce soit dimanche aujourd'hui, de nombreuses stations sont ouvertes, avec une boutique dans laquelle on peut trouver le nécessaire pour se nourrir et se dépanner en petit matériel de toute sorte.

J'aime beaucoup ce genre de paysage, très reposant.

La région est très peuplée, et les villages se suivent presque sans discontinuer.

Enfin, quand je dis très peuplée... au sens norvégien. Je veux dire par là que je ne roule pas pendant plusieurs kilomètres sans voir une maison... mais on respire quand même énormément, ce n'est pas la promiscuité non plus!

En levant la tête, j'aperçois les maisons disséminées de ce côté du lac. Comme je vous l'avais déjà dit, chaque maison jouit d'un panorama exceptionnel, et leur emplacement est judicieusement choisi de façon à offrir le meilleur point de vue sans gêner celui du voisin le plus proche. En ouvrant leurs volets le matin, les Norvégiens ont toujours un fabuleux spectacle:

Regardez bien cette maison à gauche. On rentre en voiture directement au premier étage! Ce sont d'anciennes fermes, et on rentrait le bétail, puis ensuite les tracteurs, à l'étage. Et il y avait donc un passage aménagé pour les véhicules.

Je m'arrête continuellement pour prendre des clichés, tellement c'est joli.

Par contre, il fait froid. Un vent violent s'est levé, qui me frigirifie. Il fait 11 degrés, ce qui est normalement très supportable, mais avec ces bourrasques, et malgré le soleil, je n'arrive pas à me réchauffer.

La plupart de ces maisons sont en fait des fermes.

Voici l'église de Ulnes, stavkyrkje réputée.

Elle se situe sur un petit promontoire, à un endroit où les deux rives opposées du lac se rapprochent à moins de 150 mètres l'une de l'autre, et un pont permet de passer de l'autre côté.

Au premier plan, une ferme près de l'église.

Vue depuis l'église.

L'église de Ulnes fut construite vers 1250. Bien que le choeur soit de style gothique et la nef de style roman, les deux parties furent sans doute bâties à la même époque. Au 17è et au début du 18ème siècle, l'église était dans un état lamentable. Elle a été inutilisée pendant 20 ans, et fut complètement restaurée dans sa forme initiale en 1737.

Cette stèle se trouve dans le petit cimetière jouxtant l'église.

Tombes récentes.

Vue d'ensemble sur le lac. La route que je viens de parcourir est sur la gauche.

Dernier clic avant de poursuivre mon chemin.

Ah, eh bien non, ce n'était pas le dernier shoot!

Je viens de passer en face de Fossheim, au bout du Strondafjorden, qui se termine par un filet d'eau qui rejoint le Slidrefjorden que voici, 11 km2, 46 km de périmètre, le tout à 366 mètres d'altitude. On distingue vaguement au loin le pont suspendu qui permet de passer sur son autre rive, à l'endroit d'un goulet identique à celui d'Ulnes.

Au loin, une nouvelle de chaîne montagneuse, encore sous la neige.

Coup d'oeil sur l'autre rive. Les tracteurs viennent de labourer la terre!

Ce lac est plus joli que le précédent, disons plutôt qu'il est plus sauvage, en ce sens qu'il y a moins d'habitations, peut-être parce que les pentes sont plus raides, et se prêtent moins à l'agriculture.

Par conséquent, les forêts sont plus présentes. On voit de mieux en mieux les montagnes blanches au loin!

Quelques hectares sont néanmoins cultivés sur l'autre rive.

Ah, et de mon côté également. Finalement, les kilomètres défilent et ne se ressemblent pas.
En fait, la Notvège, c'est tout sauf monotone! Sauf peut-être sur les hauts-plateaux.

Vu l'état du toît, je présume que cette grange ne date pas d'hier!

Mais le spectacle qu'elle a sous les yeux est à couper le souffle.
D'ailleurs, je l'ai bien coupé, le souffle, à cause de ce grand vent. Si j'avais une petite caméra, je pourrais vous apporter quelques sensations supplémentaires, mais que de boulot ensuite pour mettre tout ça en forme. Déjà, je m'en sors à peine avec les photos -j'en peut-être un peu trop, me direz-vous?- mais si j'avais en plus de la vidéo à traiter...

Quoi qu'il en soit, ça ne change rien à cet état des choses: c'est beau! Et je le prouve!

Encore une petite couche... Ben, vous êtes bien venus ici pour voir du pays, alors je vais vous en faire voir!

Au prix où ça coûte, je vous dois bien ça. De cette façon, ceux qui voulaient y aller voir vont peut-être se décider, et ceux qui ne peuvent pas s'y rendre vont pouvoir quand même se rincer l'oeil à moindre frais! Non mais!

Encore une église et son charmant petit cimetière en bordure du lac.

Celle-ci a une forme très spéciale, c'est la première fois que je rencontre cette architecture!
C'est l'église de Lomen, "Lomen Kyrkje" sur le panneau. Il y a une Stavkyrkje aussi, du 12ème siècle, mais je ne l'ai pas vue. Celle-ci doit être l'église acyuelle (?), en tout cas, elle a attiré mon regard depuis la route. En effet, elle se trouve en contrebas, et il y a un chemin spécial pour y arriver.

Un peu plus loin, j'arrive au bout du Slidrefjorden, qui communique avec le lac suivant par une rivière tumultueuse d'une quinzaine de km de longueur qui arrive ici par une cascade appelée Ryfoss. J'ai pris trois photos, toutes plus minables les unes que les autres, à tel point que je ne les publie pas. Mais rassurez-vous, la cascade n'est pas terrible non plus...

La route, en suivant la rivière, serpente à travers une magnifique forêt de sapins.

Et j'arrive sur le lac Vangsmjosa, qui est sur ma gauche, alors que vous voyez la rivière qui s'en échappe et va rejoindre le lac que je longeais tout-à-l'heure. Je suis frigorifié! Il est 13h. Je décide de faire une pause ici pour manger, et me couvrir complètement. J'enfile le pantalon de pluie qui va me protéger du vent, et l'empêcher de remonter dans mon dos. Puis je rajoute mon blouson-parka par-dessus la veste de moto. Et, pire, je rajoute la deuxième cagoule. On dirait bibendum, mais ça m'est complètement égal. Je ne ressens plus le vent. Il fait 9 degrés, et il était temps que je me couvre.

Je mange tout en marchant et en tapant mes chaussures sur le sol pour faire circuler le sang dans mes pieds gelés!

Bon, ça m'a fait du bien de prendre m'alimenter.
Une petite demi-heure, c'est bien suffisant, je ne suis pas là non plus pour m'amuser!

La route suit la rive sud du très beau Vangsmjosa, dominée par le Bergsfjell (1614 m) et le Grindane (1724m).

C'est un zoom de la photo précédente. Je sais, d'aucuns me diront que les photos sont redondantes, mais j'aime beaucoup faire des zooms sur des photos de paysage, ce qui me permet de voir certains détails, et aussi d'avoir une approche différente d'un même lieu sous des angles de vue totalement nouveaux. De plus, ceux qui n'aiment pas peuvent passer à la suivante!

Et la suivante est complètement différente! Cette fois, il s'agit d'une petite indication routière, pour ceux qui sont un peu perdus. Bien qu'ici, vu le nombre de routes, on n'a pas trop le choix... Vous apercevez au fond un tunnel. Je ne vous en parle pas beaucoup, mais des tunnels, en Norvège, c'est tellement courant que je ne vous les cite pas tous!

Et voici Vang. L'histoire de son église n'est pas banale! En effet, remplace une Stavkyrkje -église en bois debout, c'est la derbière fois que je le répète- du XII ème siècle. Et la stavkyrkje d'origine, eh bien, elle a été vendue -oui, oui, vous avez bien lu- à Frédéric-Guillaume IV de Prusse, qui la fit réédifier en 1841 à Bruckenberg i Riesengebirge en Pologne! Etonnant, non?

Cette fois, ce n'est pas un zoom, mais son inverse, ce qui permet de replacer l'entrée de Vang dans son contexte montagnard!

Le vent s'engouffre avec bonheur sur ce lac, et rien ne vient le freiner! En effet, comme il est entouré de montagnes, il représente donc le fond de vallée, et forme un couloir rêvé pour les courants d'air!

Le paysage est maintenant très différent de celui de ce matin. La nature est ici beaucoup plus sauvage, et j'ai un peu l'impression soudaine de me retrouver loin de toute civilisation. Ce coin me rappelle un peu certaines parties sauvages des Highlands en Ecosse, le long de ces lochs mystérieux.

En face se trouve l'imposante masse du Skutshorn, qui culmine à plus de 1600 mètres.

On trouve quelques fermes disséminées dans l'immense espace, avec vue imprenable sur le lac!

Gros plan sur le Skutshorn. Remarquez les vaguelettes sur l'eau du lac, seuls signes du vent sur la photo!

La route suit les contours du Vangsmjosa.

Je dépasse maintenant le Skutshorn qu'on voit ici à gauche.

Du même endroit, un zoom sur les fermes installées au pied du Skutshorn.

Je vois régulièrement ce genre de hangar, toujours avec cette couleur si chère aux Norvégiens, mais aussi aux Canadiens.

Au loin, un village, avec son église et les quelques fermes le composant.

C'est la fin du lac. La tache blanche que l'on voit en plein centre, dans la forêt...

est en fait une cascade qui dévale la pente avec force.

Je longe maintenant un tout petit lac. Les deux photos suivantes sont des zooms de cette photo. Une fois encore, je prends plaisir à faire plusieurs clichés, sans bouger d'un millimètre.

Le premier, partie gauche de la photo précédente.

Et celui-ci, détail sur les maisons de la partie droite!

Je viens de quitter la E16 et m'engage sur la route 53 vers le lac de Tyin. J'ai lu pas mal sur ce coin: une région désolée et glaciale, avec neiges éternelles et ski en été au bout du fameux lac. Evidemment, c'est là que je vais.

Grimpette immédiate, ciel presque bleu, et pourtant, devinez quoi?
Température descendue à 5 degrés en 3 virages, et des flocons de neige virevoltent au vent!

Trois minutes! Trois minutes de scooter, et en plus, doucement, et voilà où j'arrive!

Mais je ne suis pas inquiet, je suis bien couvert, et le ciel n'est pas menaçant.

Enfin, reste prudent, mon p'tit Jef, ici, t'es pas dans un pays tout-à-fait comme les autres...

Et les paysages que je découvre m'annoncent tout simplement que j'arrive tranquillement au Groënland, non?

Un petit coup d'oeil en arrière pour vous donner une petite idée de la route, et de la pente! JJ est en plein boulot!

C'est quand même le dégel, n'est-ce-pas?

Et en 7-8 minutes, pas plus, j'arrive ici, sur le plateau. Le choc. C'est énorme. La route que je voulais prendre, la 252, qui longe la rive orientale du lac Tyin, elle est in visible, sous la glace et la neige, pas encore déblayée. Tout est barré. Le véhicule à chenilles qui est ici, il peut y aller, mais pas moi...

Vous voyez les pancartes, là-bas. On distingue les traces de chenilles du véhicule qui vient d'arriver. Je discute un peu avec le pilote, très gentil, pour savoir comment est l'autre route. Il me dit de faire attention, mais que ça devrait le faire!

Devant moi, le lac Tyin. Encore sous la glace!

Jolly Jumper paraît bien minuscule dans cette immensité. Je viens de là-bas, et à gauche la 252 qui est barrée.

Chargé à bloc, le petit JJ, et gonflé à bloc aussi. Sur ma selle à coussin d'air, la carte que je suis en train de consulter.

Par contre, la 53, elle, est ouverte, je peux donc continuer sur mon itinéraire principal. Mais je suis impressionné, et un peu angoissé, car vu l'expérience d'hier, n'est-ce-pas? Je vois que j'ai en gros au moins 20 bornes à faire.

Le paysage est comme irréel, fantasmagorique.

Le temps change de seconde en seconde, soleil, neige, gros flocons, puis plus rien.

Et en plus, vous n'avez pas le son: le vent hurle dans mon casque, et fait se coucher JJ... Et la température, dans tout ça? Eh bien, elle descend aussitôt à 2 degrés, alors qu'il est 14h25... Les boules. Allez, Jef et JJ, c'est parti, on y va.

Au premier plan, le lac Tyin, entouré des points culminants du plateau.

Le lac de Tyin est à l'altitude de 1080 mètres, quand même.

Je ne pourrais certainement pas rouler ici en plein hiver! Sauf en scooter... des neiges, bien sûr!
Les piquets, une fois de plus, me renseignent sur la hauteur de neige pouvant être atteinte ici!

Je m'en tire quand même pas mal, cette fois encore. Quoique, devant, l'horizon semble complètement bouché.

Puis d'un seul coup, mais d'un seul, c'est plus de paysage, tempête de neige, je ne vois plus rien, mon parka rouge blanchit en quelques minutes. Pourtant, ce qui me rassure, c'est que le thermomètre ne bouge pas d'un poil: 2 degrés, et il s'y tient.

Mais j'ai les boules, et je décide de ne plus m'arrêter faire de photos, on est en Norvège ici, et il ne faut pas rigoler avec dame nature, pas trop la chatouiller. Je fonce, autant que faire se peut.

Et ça commence à descendre, et la neige s'arrête d'un coup, mais le ciel est encore noir.
Peu importe, la température remonte, 4 puis 5 degrés. Je souffle enfin, rassuré!

La route est assez défoncée, mais je roule quand même, et plutôt vite. JJ s'en prend plein dans les suspensions...

Je m'arrête par ci par là, le temps de vous faire une photo. Bande de veinards!

Et j'arrive finalement dans un tout nouveau paysage. Normal, non?
Je suis maintenant dans le comté du Sogn og Fjordal, vaste réseau de fjords de toute taille et de toute beauté.

Et voici Ovre Ardal, petite ville industrielle qui se trouve dans un paysage de toute beauté, à l'extrémité de l'Ardalsfjord et au pied des montagnes. Ici se trouve l'une des plus grandes usines productrices d'aluminium d'Europe de l'Ouest. Des fouilles archéologiques ont mis à jour un habitat de l'époque Viking du Xème siècle.

La descente vers le fjord est vertigineuse, et très dangereuse sans frein moteur, comme c'est le cas avec le x9.
La végétation recouvrant la pente est très belle vue de loin. On dirait presque une fourrure!

Comme toujours en Norvège, sur les routes étroites, il y a plein d'endroits légèrement plus larges permettant de se ranger pour laisser passer un véhicule plus large. C'est idéal aussi pour prendre des photos avec un x9...

Il y a beaucoup moins de neige de ce côté, complètement sous l'influence océanique, et donc beaucoup plus doux.

Ne bougez surtout pas, on arrive!

Et c'est ici le fond du fjord. Quel pays, mes amis, quel pays! De l'eau de mer! La température est montée à 13 degrés, je n'ai jamais eu aussi chaud de la journée! Mais en même temps, les nuages blancs de ce matin ont été remplacés par de méchants noirs. J'essuie une averse de grêle -faut bien varier-! C'est, une fois de plus, superbe.

On peut dire que la montagne tombe à pic, n'est-ce-pas? On dirait presque une montagne et une forêt tropicale, non?

Ardalstangen est construite sur un éperon rocheux barrant le lac Ardalsvatnet.

Et voici l'église et le cimetière d'Ardalstangen.

Elle est superbe. Mais encore fermée à clefs! Décidément, je n'ai pas de chance. Et c'est dimanche, en plus!

Je l'ai trouvée car je cherchais une cabine téléphonique pour donner des nouvelles à la famille, et il y en a une tout près. J'ai donc pû rassurer mes proches sur mon état de santé physique et... moral. En pleine forme, le bonhomme.

Il me semble vous avoir déjà parlé des Tropiques, non? Eh bien voilà.
Nous voici maintenant devant le cratère du Ngaramanagabon..... Non, je rigole!

Je suis toujours le long du Ardalsfjorden, et je viens de sortir d'Ardalstangen.
On distingue à droite la partie de la ville située sur l'autre rive.

Le temps est maintenant gris et triste. Pour un dimanche, je suis très surpris de ne voir pratiquement personne sur les routes.

La route s'éloigne un peu de la rive du fjord. Vous voyez là une barrière indiquant la présence d'un dispositif empêchant les animaux de passer. Ce sont des tubes refermant un trou réalisé dans le béton. Le bétail ne peut pas passer.

J'arrive à Naddvik, tout petit village sur l'Ardalsfjord. On ne s'en rend pas compte, mais l'autre rive est quand même à près de deux kilomètres, ce qui est la largeur moyenne du fjord dans cette partie.

Zoom sur Naddvik. On distingue la route 53 qui se poursuit là-bas à travers les arbres.

Je ne peux résister à l'envie de faire une photo vers l'arrière.

J'ai pris quelques photos le long de ce joli Ardalsfjord. Je vous les les découvrir sans parler, promis...

Il y a quelques tunnels. Ici le Timreskredtunnelen, d'une longueur de 1011 mètres. Tout-à-l'heure, à la sortie d'Ardalstangen, j'ai passé le Finnsastunnelen (2412 mètres), puis le Kolnostunnelen (658 mètres), puis enfin le Bermalstunnelen, de 1639 m.

Ouahhhh.... C'est magnifique!
C'est le paysage que je découvre en sortant du tunnel.
Pour que vous compreniez bien, l'Ardalsfjorden est un bras de fjord appartenant à l'immense Sognefjorden. En effet, ce fjord est le fjord le plus long d'Europe, avec 204 km jusqu'à son embouchure. Sa profondeur maximale est de 1308 mètres, ce que je trouve personnellement inimaginable!

En face, au fond à droite, se dirigeant vers les hautes montagnes, c'est le Sognefjorden. A ma droite le Lustrafjorden, qui fait environ 40 km de long, et l'Ardalsfjord est derrière moi maintenant! Et sur la gauche, c'est le bras du Laerdalsfjorden.

Enfin, sur la droite, on aperçoit le ferry stationné à l'embarcadère de Mannheller.

La route domine ici le Sognfjorden. Plusieurs maisons sont plus bas, aussi les boîtes aux lettres sont-elles regroupées, comme souvent en Norvège, près de la route, et très souvent, elles sont fixées dans une maquette de toit de maison.

Voilà où sont les maisons; les boîtes aux lettres de la photo précédente sont à ma gauche.

Voici le Lustrafjorden, dont je vous parlais plus haut. Magnifique!

Zoom maxi sur le fond du Lustrafjorden. Ornes se trouve au bout de l'avancée montagneuse verte, du côté droit, à environ 15 km. Le fjord contourne cette avancée et repart sur la droite après!

Coup d'oeil arrière vers l'Ardalsjorden que je viens de longer.

Et le Sognfjorden, donc le grand fjord principal, que je vais maintenant longer.

Zoom sur le ferry, toujours du même endroit. En face, le débarcadère de Mannheller.

Au fond, le sommet enneigé, c'est le Storehaugfjellet, 1179 mètres d'altitude.

La route 53 redescend maintenant au niveau du fjord. Sur la gauche, le Laerdalsfjorden, encore un bras du Sognfjorden.

Il y a beaucoup de vagues sur le fjord, vous donnant une idée du vent qui souffle ici! En face, c'est Mannheller, destination du ferry. A l'arrivée, vous pénétrez directement dans un tunnel qui traverse cet énorme rocher et débouche sur Kaupanger.

Vous reconnaissez le Storehaugfjellet au fond à gauche, avec son antenne.

ferry Fodnes-Mannheller

Et voilà, j'arrive au bout. Ma route s'arrête ici, bloquée par le bras du Laerdalsfjorden. Ici se trouve le départ du ferry Fodnes-Mannheller, dont voici les horaires. Ce départ du ferry est bien sûr un cul-de-sac ici, et je retourne sur mes pas. Et je pénètre à nouveau dans un... tunnel, le Fodnestunnelen. Ouvert en 1003, il mène à Laedalsoyri, au fond du Laerdalsfjord, et sa longueur est de 6604 mètres, quand même!

A la sortie du tunnel, je débouche sur le fond du Laerdalsfjord, sur lequel se trouve un camping.

Il est presque 17 heures. Je décide de m'arrêter ici pour aujourd'hui, estimant avoir assez bossé comme ça!

17h15. Je n'ai vraiment pas traîné. Un rayon de soleil vient réchauffer ma petite maison, et mon petit scooter.

A côté de moi, un trafic Renault aménagé en mini-camping-car, superbe. Ce sont des Allemands, et je discute un peu avec eux. Ils l'ont acheté à la foire de Cologne, et ont bénéficié d'une belle remise. Ils en sont enchantés. Ils s'arrêtent aussi dans les campings, comme moi, mais ils n'ont pas de tente à monter. Ils m'ont fait visiter, et c'est vrai que c'est super! Un peu le genre Combi-Volkswagen en super-moderne! Les petites maisons sont des "hytte" modernes, et certaines sont déjà louées.

Le camping est extrêmement propre, et pas cher - 86 NOK- et le gars de la réception, super sympa, accepte de s'occuper de charger mes piles à la réception, ce qui m'évite d'avoir à prendre du courant.
En ce qui concerne le PC, sa batterie devrait me suffire.

A ma gauche, c'est la vue sur...

le fond du Laerdalsfjord, qui ne fait que 8 km de long.

 

J'attaque aussitôt le compte-rendu, avant de manger.

Des très violentes bourrasques de vent secouent la tente dans tous les sens: manquait plus que ça...
Enfin, à l'abri de la tente, je me sens comme dans un palais.

Alors, le bilan de cette journée est encore et toujours excellent, comme d'habitude. Très sincèrement, vous pouvez aller en Norvège, il n'est pas possible d'en repartir déçu, c'est pour moi une évidence. Je dirais qu'une fois de plus, concernant ce pays, j'ai été abasourdi par les contrastes que l'on peut y vivre en des espaces de temps si rapprochés. La journée qui vient de s'écouler le prouve de façon magistrale!


Depuis le 06/06/2005 Visites:931203 Aujourd'hui :345 Maintenant:6 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)