Litlevatn (Hov/Langoyra) - Bismo - 20ème jour

Mercredi 17 mai 2006 - 20ème jour de voyage

Litlevatn (Hov/Langoyra) - Bismo

303 km - 391 photos - 174 sélectionnées pour le site!

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Réveillé plusieurs fois cette nuit par la pluie, puis par le froid, à 5h30, puis à 7h15, pour finalement ne me lever qu'à 8h30... Il y a du soleil, maintenant, et ça fait plaisir, car ça me réchauffe un peu. Je prends le sccot pour aller aux sanitaires, qui sont vraiment loin -enfin, environ 300 mètres...
JJ est de plus en plus récalcitrant à démarrer le matin, je n'aime pas ça! Par contre, une fois qu'il a démarré, il n'y a plus aucun problème. Serait-il comme nous? C'est dur, de se lever... sur le son d'une chanson bien connue...
Puis je prends mon petit déjeuner dehors, sur la table de pique-nique. Les nuages augmentent assez vite, finalement ce n'est pas si terrible..
Oskar descend de son camping-car, c'est l'allemand super sympa avec qui j'ai eu un bon contact hier soir. Il m'explique qu'il a eu le patron du camping au téléphone hier soir, mais il n'est pas venu, trop de choses à faire, et il ne viendra pas aujourd'hui non plus, car je crois vous l'avoir déjà dit, c'est aujourd'hui la fête nationale en Norvège, donc jour férié, et cérémonies partout. Alors je donne 50 NOK à Oskar, pour qu'il les donne au patron du camping. On discute bien une demi-heure, voire plus je crois; je vais dans le camping-car pour lui donner l'adresse de mon site web. Il est architecte, bientôt à la retraite, passionné par la Norvège et les animaux. Il prépare un DVD. Bref, super sympa.

 

Un peu de soleil pendant le petit déjeûner, voilà qui fait du bien.

A l'état de l'herbe, je comprends que la neige était encore ici il y a très peu de temps!

Jolis reflets de la montagne enneigée dans les eaux cristallines du petit lac Litlevatnet.

Finalement, je pars à 9h30. Il fait 11 degrés. Je débute cette journée par une descente. En effet, hier soir, je me suis arrêté dans ce camping bien avant d'être revenu au bas niveau. Je suis donc toujours en plongée -mais la pente est faible!

C'est bien plus verdoyant de ce côté. Il y a des bêtes dans les champs, le paysage est de type alpestre.

Devant cette ferme, le drapeau Norvégien est hissé au sommet de la hampe.
Regardez attentivement la photo précédente. C'est la même, mais j'ai complètement changé l'angle de vue. Une fois encore, vous constatez que du même endroit, on peut exprimer différentes choses selon les angles et les grossissements!

Ce début de parcours est extrêmement agréable. J'aime bien voir du bétail dans les prés, ça donne de l'animation au paysage.

Comme d'habitude, je vous en fait deux pour le prix d'une.

Je me trouve dans le district de Gaular, toujours dans le comté de Sogn og Fjordane. J'appèle "district" ce que les Norvégiens appèlent "Kommune". Celui-ci fait 579 km2, la plus haute montagne pointe à 1354 m, et sa population est de 2776 habitants, soit pas grand monde au km2 -4,8 exactement... La route 13 suit la vallée du Gaular, qui est la rivière qui donne son nom au district. Ce lac, c'est le Fylingsvatnet, à l'altitude de 177 mètres.

Le village de Fyling se trouve sur l'autre rive. Je vous fais quelques photos des maisons qui le composent.

Ce sont en ferme des fermes, c'est un hameau de cultivateurs.

Juste après arrive le Viksdalsvatnet. C'est un lac tout en longueur, et je ne fais que longer sa rive terminale.

Au bout du lac se trouve le village de Vik, dont voici la petite église entourée, comme très souvent, de son cimetière. Il y a en Norvège une grande quantité de hameau portant le nom de Vik, et il est difficile de s'y retrouver.

Il y a du monde dans le cimetière, les enfants portent des ballons et des fleurs. Je croise des gens en costume, les hommes avec de gros rubans sur la pochette de la veste, et beaucoup de femmes en habits traditionnels de type folklorique. Beaucoup de rassemblements autour des églises, et dans les cimetières avec aussi les enfants en costumes et habits spéciaux, les drapeaux sont sortis partout, 70% des maisons en ont, c'est impressionnant!

C'est superbe. Et très reposant, après les parties de nature sauvage!
Oskar me double avec son camping-car...

Et vue d'ensemble de ce petit coin de paradis. Le nom du village est... Vika.

Et vous voyez ici le paysage que j'avais dans le dos en faisant la photo précédente! Au premier plan sont visibles les piles d'un ancien pont. ce sont les eaux du Lauvavatnet, qui se trouve à moins d'un kilomètre à l'est, qui se déversent dans le Viksdalsvatnet.

Les lacs se succèdent. Je longe une nouvelle rivière, la Raelsmsdalselva, qui communique entre le lac suivant -le Haukedalsvatnet- et le Lauvavatnet. Je monte en altitude, et je constate l'élévation en voyant cette cascade, la Vallestadfossen, juste avant le village de... Vallestad.

La route domine maintenant la vallée, ce qui me permet d'apercevoir le Haukedalsvatnet ainsi que Vallestad.

La route surplombe le Haukedalsvatnet que je vais bientôt laisser sur ma droite. Je vais quitter le district du Gaular pour pénétrer dans celui du Forde, dans les montagnes.

Un coup d'oeil sur l'autre rive vous permet de voir quelques fermes installées jusque sur les berges du lac.

Le lac Haukedalsvatnet fait une dizaine de km de long, pour une superficie d'environ 10 km2, et une largeur maximale de 1,7 km. Il a un peu la forme d'un boomerang, dont la route 13 longe un des côtés.

J'aperçois maintenant l'autre branche du boomerang, et le spectacle est grandiose!

Une aire de pique-nique permet de faire une pause. Pour moi, ce sera une pause... photo!

Le petit parking se trouve sur un très joli point de vue, mais de nombreux arbres cachent le panorama. Grâce au zoom, j'arrive tout de même à faire quelques clichés sur la rive que je ne vais pas longer.

Ma route quitte maintenant la rive du lac, et part à l'assaut de la montagne par quelques épingles bien marquées!
Ce côté du "boomerang" est beaucoup plus long. On dirait un loch Ecossais. Son altitude est de 297 mètres.

Les hameaux de Rorvikfloten et de Solheim sont ceux que je viens de traverser.
En effet, cette partie du lac Haukedalsvatnet est celle que je viens de longer.

En s'élevant, la route m'ouvre des vues plus aériennes sur la partie du lac que je ne longerai pas. Ici la partie Est-Ouest.

Et voici une vue d'ensemble sur la partie Nord-Sud du Haukedalsvatnet. Pour bien comprendre la forme de ce lac, il vous suffit de coller mentalement cette photo et la précédente. Celle-ci est à ma droite, et l'autre en face de moi.

C'est de cet endroit que je prends les photos antérieures. Evidemment, sans le scooter, je n'aurais jamais pu les avoir! Oskar, avec son camping-car, est stationné un peu plus haut, et nous discutons un bon quart d'heure.

Après une très belle montée, le paysage change radicalement, mais en Norvège, ce n'est pas étonnant!

Zoom sur le mont Drosinga (1096 m), et le lac Holsavatnet, à seulement 130 mètres d'altitude.

Voici le petit camping-car d'Oskar.

Vue globale du site. On distingue le camping-car sur la route, car c'est pris du même endroit!

Autre vue du mont Drosinga, de forme tellement caractéristique.

C'est maintenant mon arrivée sur le Holsavatnet.

En bas de la pente, c'est le village de Holsen. Plus loin là-bas, sur l'autre rive, on aperçoit Fletene.

Holsen au premier plan.

Zoom maximum sur le bout du lac, et l'église de Holsen.

Zoom sur une ferme au toît végétal selon la tradition. Un drapeau Norvégien flotte sur le balcon, vous savez pourquoi!

Me voici face au lac! C'est superbe. On distingue l'église à droite.

Autre plan sur l'église. On distingue des moutons dans les prés.

Voilà la pancarte de Holsen. Je vois encore des gens en costume au bord de la route. Et le drapeau flotte partout.

Je n'aime pas rouler les dimanches et les jours fériés comme c'est le cas -spécial, mais chômé quand même- aujourd'hui, pendant mes voyages. Pourquoi? Tout simplement parce que ça me rend un peu triste, parce que je suis seul sur la route, alors que tous les gens que je rencontre sont en famille. C'est le jour le plus dur; je pense davantage aux miens; les autres jours, les gens sont au boulot, je ne les vois pas du tout pareil, et au contraire, j'adore les voir travailler. Vivement demain qu'ils reprennent le boulot, tous. Non mais!

Le Holsavatnet est maintenant derrière moi.
Je suis au niveau du village de Viskedalen, et le tout petit lac que vous distinguez en bas à gause porte le nom de Asen.

Je quitte ensuite la route 13 et je prends la route 5 -E39- et je quitte le district Forde pour celui de Jolster.

La E39 est beaucoup plus large, et ma vitesse augmente sensiblement. Entre temps, je retrouve à nouveau Oskar; en fait il m'attendait, pour me faire part d'un truc intéressant. IL me propose d'aller voir un glacier pas très loin, pratiquement sans bouger du scoot, et me fait voir sur sa carte. Il m'en coûtera quand même un détour de 40 km, mais je décide de lui faire confiance: j'irai voir. Sur ce, il me souhaite bon voyage. Merci Oskar.

A Vassenden, j'arrive sur les rives du grand lac Jolstravatnet.
Il est en forme de double boomerang, d'une longueur d'environ 25 km.

Sur les rives du lac.

Le hameau de Svidal. On aperçoit la rive opposée. Le lac fait un pu plus de un kilomètre de largeur.

Un coup d'oeil arrière sur le Jolstravatnet.

Admirez une fois de plus la différence entre les deux photos, pourtant prises du même endroit, sans avoir bougé d'un seul mètre! Les observateurs remarqueront que le ciel se fait de plus en plus menaçant...

Voici l'église de Alhus, elle aussi entourée de son petit cimetière. Le peintre Nicolaï Astrup (1880-1928) a grandi au presbytère. L'église a été construite et meublée au XVIIIème siècle. L'artisanat y est célèbre.

Et toujours cet habitat extrêmement dispersé. Les gens ne se collent pas les uns sur les autres, c'est le moins que l'on puisse dire. En effet, dans nos petits villages, dans nos campagnes, les maisons du bourg se touchent. je ne vois pas cela ici.

J'adore les arbres, et je n'ai donc pas pu résister à immortaliser celui-ci, en pleine pente, dans le village.
On aperçoit un drapeau Norvégien sur la véranda de la maison en arrière-plan.

La montagne arrondie, à gauche, la Bjorselfjellet, culmine à 1003 m, ce qui n'est pas très élevé. Le lac est à 210 mètres.

Le lieu-dit Bjorset, au pied du mont du même nom.

Zoom sur la cabane, en train de se désintégrer lentement. La nature ne va pas tarder à reprendre ses droits.

J'en profite pour faire un cliché vers le fond du lac,

Au niveau de Ardal, je commence à voir l'entrée du Kjosnesfjorden, au fond à droite.

Et comme très souvent, du même endroit, en variant le zoom, je crée une nouvelle composition.
On dirait un tableau naturel... C'en est bien un!

Au niveau de Helgheim, un nouveau regard vers le fjord qui s'ouvre au loin, sur l'autre rive.

Un zoom pour vous montrer encore les fermes le long du lac.

Au niveau de Fyglastranda, j'arrive au bout du Jolstravatnet, dont je vais contourner la pointe.
Je vais donc traverser Skei et passer au pied du mont Husefjellet (931 m) que l'on voit en face au-dessus du village de Vika, puis, encore à droite, le village de Kjosnes.

 

Imaginez cette photo à droite de la précédente, et vous saurez ce que j'ai sous les yeux! Un peu d'explications. A gauche, Kjosnes, le village dont je vous parlais. L'ouverture que l'on distingue à droite de Vika, c'est l'entrée du Kjosnesfjorden, que je vais longer bientôt. Il y a là un pont, dont on distingue avec peine quelques piles, qui permet de passer en face, sur la partie droite de l'image, et qui est en même temps l'autre rive du Jolstravatnet. Les maisons à droite, c'est Hamnen.

Zoom sur Kjosnes. Au fond, la haute montagne, qui forme la rive droite du Kjosnesfjorden.

Et zoom sur l'autre rive du Jolstravatnet.

Toute la famille est réunie pour le pique-nique!

Renversement du décor. Je suis maintenant arrivé à Vika après avoir traversé Skei, en travaux!
Là, c'est donc le Jolstravatnet dont je viens de longer dans son intégralité la rive opposée, au fond et à droite.

Je me rapproche de Kjosnes. Explications. A droite, l'entrée du Kjosnesfjorden. En face, la pointe Hamnaodden, près de Sandvika et de Hamnen. Au fond à droite, la rive du Jolstravatnet longée tout-à-l'heure.

Je m'engage maintenant le long du Kjosnesfjorden. Et ça commence par un petit tunnel, le Kleivatunnelen, d'environ un kilomètre de long, qui passe sous le Kleivafjellet (1057 m).

En face, Groane, et la Groaselva -rivière- qui dévale la pente. La largeur du fjord est d'environ 700 mètres.

C'est vraiment magnifique, une fois de plus. Et je me retrouve plongé en quelques minutes dans un nouvel univers.
Ici, c'est à nouveau la nature sauvage, puissante, qu'il faut respecter avec humilité!

Je viens de passer le Bjornabakktunnelen, de 500 mètres environ Un autre tunnel apparait, le Eorenestunnelen, plus petit.
Je suis en admiration devant les énormes masses rocheuses de l'autre rive du fjord!

Zoom. Vous avez une fois de plus une vallée en "U" sous les yeux. En face, le village de Sygnesand.

C'est le fond du Kjosnesfjorden qui fait environ 9 km de long.
A droite, je suis ébloui par cet énorme roc qui a été râpé par le glacier. C'est le Sygnesandsnipa, 1548 mètres.

Le voilà, le fameux glacier dont Oskar m'a parlé! Le Marabreen -Breen signifie glacier. Ce glacier fait partie de l'immense Jostedalsbreen -le plus grand du continent européen, avec 487 km2-, qui a donné son nom à un parc national.

Zoom sur le fameux Marabreen, qui s'écroule en haut à gauche.

Je remonte sur le x9 pour aller plus loin, mais plus loin, il y a un tunnel, le Fjærlandstunnelen (6397 m - ouvert le 31/05/1986). Je décide de le traverser pour voir, malgré sa longueur! Il est glacial. La température descend à 7 degrés dans ce frigo, et je suis complètement gelé en sortant! Heureusement, le site du glacier se situe juste à la sortie du tunnel.

Je vois beaucoup mieux que de l'autre côté, car je me trouve pratiquement en face.
Essais photographiques sur le Marabreen.

Le fleuve de glace descend de la montagne...

au pas...

et se brise...

dans l'énorme pente!

Mais on voit bien qu'il se brise déjà la-haut.

Toutes ces vues ont été prises depuis la route. Je vais aller maintenant jusqu'au parking réservé au glacier.

Un torrent coule, résultant de la fonte des neiges, et s'échappant du petit lac formé au pied du glacier.

Voilà le petit lac au pied du Marabreen. On aperçoit des gens s'y dirigeant, à gauche.

Je vois ce glacier du dessous. Une partie du glacier parvient à suivre la forte pente sans se briser -c'est le côté gauche- alors que l'autre partie s'est cassée, car ce n'est plus une pente, mais un mur... -côté droit.

Des reflets de couleur bleue sont noyés dans la masse.

On voit bien cette couleur bleue au niveau de la grande cassure, là où d'énormes blocs doivent se briser dans le vide.

On peut voir une énorme fissure en haut au centre. Les forces agissant sur la glace sont considérables.

C'est évidemment la force d'attraction qui régit l'ensemble.

Il y a deux cars de japonais qui viennent d'arriver. Ouf, pour une fois, je ne suis plus le seul! A quoi faire? Eh bien, à photographier! Ils ne font que ça, ça mitraille de partout, on dirait moi...

Leurs deux cars sont immatriculés en Allemagne! Devinez dans quelle direction se trouve le glacier?

Il est temps pour moi de repartir, car cette incursion ici n'était même pas prévue dans mon titinéraire. Je retrouve donc le grand tunnel glacial, je dois dire que c'est une corvée pour deux raisons. D'abord, parce que ça ne vaudra jamais le paysage que je ne vois pas, ensuite parce qu'il y fait plus froid qu'à l'extérieur. Mais je n'ai pas le choix!

Je vois un parking en sortie de tunnel, que je n'avais pas remarqué tout-à-l'heure. Et là, le spectacle est fantastique: on voit le Kjosnesfjorden dans presque sa totalité. C'est renversant... Il y a table et bancs, je décide de manger ici. D'ailleurs, il est temps, car il est tout de même 13h30...

Derrière moi, tout en haut, je retrouve le Marabreen. Dans les deux photos qui suivent, je vous fais un zoom sur la partie droite du glacier, et un zoom sur cette partie à peine visible ici, en haut à gauche.

La roche est nue, car la pente est trop raide: le glacier se brise au niveau du surblomb, et s'écrase en bas dans le lac.

Grossissement maxi sur les arêtes de la glace vues sous un angle très particulier! J'aimerais aller voir ça de beaucoup plus près, mais ce ne sera pas possible aujourd'hui. Il faudra revenir...

Mais je reviens sur ce tableau extraordinaire! Je ne peux pas détacher mes yeux du spectacle naturel.

A gauche l'énorme masse rocheuse du Sygnesandsnipa.

On voit bien les tunnels sur celle-ci.

Je ne peux résister à prendre la totalité du bloc Sygnesandsnipa sur une seule photo. Je ne sais pas si des alpinistes se sont attaqués à ce genre de paroi, mais je me dis que ce doit être un très beau sujet d'escalade. Pas pour moi...

Il me semble qu'on imagine très bien le travail effectué par l'énorme glacier qui était là...

Vue globale de la très belle vallée glaciare. Le nom du lieu-dit est Lunde, et la rivière est la Lundaelva.

Le ciel s'est éclairci, mais le temps est très changeant avec le vent.

J'oriente maintenant l'objectif un peu plus sur la droite.

Il est amusant de constater à quel point la végétation a réussi à conquérir la pente rocheuse, là où les éboulis, au fil des millénaires, ont permis à des graines de se développer et à des racines de s'infilrer pour s'y nourrir.

Et pour finir, la vue intégrale du "U". J'imagine, en plein hiver, lorsque les vents s'engouffrent dans la vallée... Brrrrr.

Je retourne donc à Skei par la même route -pas le choix!
Vous voyez donc l'entrée du Kleivatunnelen, et, sur l'autre rive, les maisons dispersées de Sunde.

A plusieurs endroits, je croise ou double des troupeaux de chèvres se baladant sur la chaussée, et il est évident qu'il s'agit d'être prudent, car elles marchent très vite. La preuve, je n'en ai pas vu une seule à l'aller.

Vue d'ensemble de la route, et du troupeau de chèvres.

Arrivé à Skei, je retrouve aussi la route 5 -E39- abandonnée ce matin pour faire l'excusion au glacier Marabreen. A la sortie de la petite ville, je trouve une station ouverte, où je fais le plein en carburant. Et ils ont Internet. J'en profite pour envoyer le compte-rendu de la journée d'hier à mon frangin, et pour prendre des nouvelles de la famille, et aussi pour en envoyer, et regarder s'il y a des commentaires sur mes récits des 3 jours précédents. RIEN, PAS UN MOT. Quelle déception! Je me demande pourquoi Ducros il se décarcasse... Je me console en me disant que le travail quotidien, je le fais aussi pour moi, histoire de me remonter le moral. C'est ce que je vous disais plus haut. C'est un jour férié, aujourd'hui, du moins pour les Norvégiens, et donc aussi pour moi par contre-coup, et ce sont les seuls jours où je n'ai pas une super-forme... moralement!

Heureusement, ça ne change rien à la beauté du spectacle naturel offert par la route, que je reprends bien vite! Il est tombé un très gros orage pendant que j'étais à l'abri dans la station!

Altitude 200 mètres. Je me trouve au niveau de Skrede, près du petit lac Skredvatnet. Il est déjà 14h45. Le paysage est charmant, et curieusement plutôt montagneux, eu égard à la faible altitude!

Le Haheimsvatnet. Une forêt de sapins, c'est toujours très beau, et il n'y en a pas tant que ça en Norvège.

A Klakegg, la route bifurque légèrement pour filer plein Nord.
Je me trouve maintenant à une latitude située à mi-chemin entre Ecosse et Islande...

Je m'engage dans une étroite et magnifique vallée, la Vatedalen. Je contourne quelques troupeaux de chèvres.

Les eaux sont cristallines, et je suis surpris de constater que les berges sont constituées de sable. Je descends avec le x9 sur le bord, le chemin étant assez finalement assez ferme. J'ai toujours un peu peur de m'enliser avec mon chargement!

Cette vallée est très sauvage. Des cascades dévalent les pentes avec fureur. Hormis les chèvres et les piquets -rare en Norvège-, je me sens seul au monde, et cette vallée reste profondément ancrée dans mes souvenirs.

Zoom de la photo précédente.

Je retrouve très vite la civilisation en traversant le hameau de Gäsemyr. Et voici le lac de Bergheimsvatnet, et le village de Hjelle sur la colline en face. Le lac est à 139 mètres d'altitude.

En passant le hameau de Bergheim, je jette un coup d'oeil machinal dans lé rétroviseur.
Je manque m'étrangler de surprise en découvrant en arrière-plan du Bergheimsvatnet cette saisissante montagne!

Je suis bien obligé de faire une pause pour la prendre en photo. Vous voyez deux vallées.
A droite, c'est la Vatedalen, cette belle vallée sauvage que je viens de traverser sur toute sa longueur.
Vous pouvez de plus constater, comme moi, que les deux vallées, bien que parallèles, ne sont pas à la même altitude!

Cette montagne est l'éperon rocheux terminal du mur central formant les deux vallées parallèles en "U".

Vous voyez mieux comme ça. Voici donc la vallée de gauche. On reconnait parfaitement le "U".

A nouveau la même vallée, sous un grossissement différent. C'est la Myklebustdalen.

Vue d'ensemble sur le site, un peu plus loin. En effet, je viens de traverser le gros village de Byrkjelo, carrefour important. C'est ici qu'est fabriqué le vrai fromage de chèvre Norvégien. Je quitte la E39 pour filer vers le Nord-Est sur la route 60, qui s'élève instantanément et fortement en altitude, ce qui me permet de mieux appréhender le paysage que je voyais en arrière.

Zoom sur Byrkjelo et, plus loin, la fameuse Myklebustdalen.

Je m'élève toujours en altitude, et le panorama prend toujours plus d'ampleur, s'approchant d'une vue aérienne. Je vois maintenant le Bergheimsvatnet dans son intégralité et la route 5 qui le longe, provenant de la Vatedalen, dans le creux droit.

Le précipice est impressionnant, et c'est curieux qu'il n'y ait pas la moindre protection!

JJ voulait une photo... Vous reconnaissez le Bergheimsvatnet dans le fond.

Puis la route traverse un haut plateau, le Utvikfjellet (très réputé pour le ski en hiver) -enfin, pas si haut que ça, puisqu'il se trouve aux alentours de 650 mètres- presque sans neige -normal, vu la faible altitude- , et c'est une nouvelle descente vers un nouveau fjord, le Nordfjord, et la ville de Utvik.

La descente vers Utvik est constituée de très belles épingles à cheveux. Voici une vue sur le Nordfjord en direction de l'Est.

Toujours le Nordfjord vers l'Est. En bas, l'habitat dispersé de la petite ville de Utvik.

Les pentes et les villages autour de Utvik, dominant le Nordfjord.

Le Nordfjord a plus de 100 km de long, c'est le cinquième parmi les grands fjords norvégiens. Son tracé est parallèle à celui du Sognefjord, tout en se situant pratiquement sur le 62ème degré de latitude Nord.

La route après Utvik, le long du Nordfjord.

Utvik que j'arrive enfin à voir, avec quelques virages, bien caché et par la pente, et par les arbres.

Zoom sur la petite église d'Utvik.

Et je suis arrivé à Utvik, au bord du Nordfjord, au niveau zéro.Ben oui, vous savez, un fjord, c'est la mer!
Je suis tout heureux de découvrir des fleurs dans les prés, au bord de l'eau salée!

Un peu plus loin vers l'Est, le village de Innvik. Je vais là-bas.

Voici Innvik. Les drapeaux sont de sortie, en ce jour de fête nationale. Pour en savoir plus sur cette journée, c'est ici.

Le Nordfjord fait un fort coude vers l'Est sitôt après Innvik, en face de Faleide, et prend alors le nom de Faleidfjorden. Dans certains guides, ils lui donnent aussi le nom de Innvikfjord... En fait, on donne le nom qu'on veut... ;-))

Zoom sur le ferry qui passe sur le Faleidfjorden.

La route est assez étroite, et traverse de nombreuses petites forêts. C'est magnifique.

Les berges du fjord sont beaucoup moins abruptes que celles des vallées glaciaires vues précédemment. Néanmoins, le paysage est de toute beauté, grâce à la magnificence des montagnes enneigées qui l'entourent...

Dommage que le ciel soit menaçant. Par moments, quelques gouttes viennent troubler ma quiétude. Le fjord s'incurve vers la droite, alors que je vais exactement en face, vers Stryn.

Détail pour vous montrer les circonvolutions de la route.
C'est un vrai plaisir de rouler ici avec le x9, mais ce doit être quelque peu pénible en camping-car...

Voici Lunde, de l'autre côté du Nordfjord, qui marque l'entrée d'une avancée du fjord vers Stryn, invisible d'ici.

Le fond du Nordfjord se termine en forme de botte, un peu comme l'Italie. Il me faut contourner la totalité de cette botte pour rejoindre la ville de Stryn, située à moins de 4 km d'ici à vol d'oiseau, mais à 25 km par la route! Cependant, tout est relatif. Car faire 25 km ici en suivant les circonvolutions de la côte du Nordfjord ou du Faleidfjord relève bien davantage du plaisir que de la corvée, vous pouvez me croire sur parole...

Oppheim, de l'autre côté du Nordfjord. Je vais y passer tout à l'heure!

Les montagnes au fond ne sont pas très élevées (de 1100 à 1400 mètres) mais ont des formes superbes. J'aime beaucoup ce contraste avec la verdure des prés et les petites taches blanches des fleurs.

Je m'approche du fond de la pointe de la botte... du Nordfjord.

Les villages se suivent au fond du fjord, très habité.
Je traverse Skarstein, Oyra, Olden, Riala, Muristranda, puis Loen, ici, qui forme le talon de la botte.

Afin de rentrer dans le "golfe" de Stryn, je traverse Oppheim, que j'ai photographié depuis l'autre rive.
Je jette un dernier coup d'oeil vers le fond du Nordfjord.

Les montagnes enneigées et pointues, les collines verdoyantes, le fjord au premier plan, que la Norvège est belle!

Et j'arrive à Stryn, ville assez importante, dans laquelle j'assiste -3 minutes- au discours politique d'une dame, fort apprécié apparemment, avec force groupes folkloriques et style très cérémonial! Et apparemment très politisé aussi...
Bref, ce petit intermède fort sympathique me distrait légèrement de mon attention continuelle sur la nature!

Je quitte maintenant la route 60 pour prendre la route 15.

Dès la sortie de Stryn, le paysage devient plus spacieux, de type alpin encore. Cette fois, ce sont des millions de petites fleurs jaunes qui tapissent les prés en bordure de route, au mileiu desquels se trouvent les maisons.

C'est tout simplement, et une fois de plus, splendide.

En Norvège, les montagnes -et les glaciers- ne sont jamais bien loin!

La belle église de Kyrkjeeide. La route longe la Stryneelva, rivière toute en méandres.

Et voici le lac Oppstrynsvatnet, dans un décor féérique.

Je vous le disais, féérique! Personne ne veut me croire! Ce lac est à une altitude de 29 mètres seulement au-dessus du niveau de la mer, ce qui fait tout drôle. Il fait 38 km de circonférence, et près de 23 km2 de surface.

Tunoldshaugen, petit monticule de 120 mètre de haut.

Vue arrière sur le lac. Une belle cascade descend le roc sur l'autre rive.

C'est le village de Flo que l'on découvre sur l'autre rive.

J'aperçois maintenant les maisons de Fosnes ou Oppstryn, les deux noms désignant le même village.

Arrivée à Fosnes. Il est maintenant 17h30.

Gros plan sur l'église de Fosnes, alias Oppstryn.

La route 15 contourne le Strynevatnet, puis poursuit sa course vers l'Est-Nord-Est en s'élevant lentement. Mais le rythme s'accélère quelques kilomètres plus loin, lorsque j'arrive aux premières épingles à cheveux. Soudain, une bifurcation. En face, la 15 poursuit son chemin par un tunnel. Et sur ma droite, la route 258 grimpe sur le plateau. Je vérifie la carte, et je décide, malgré l'heure tardive, de prendre par le plateau, car le temps est revenu au beau, et que la distance est de 26 km jusqu'à Grotti. La 15, de son côté, passe par plusieurs tunnels, mais va aussi à Grotti. C'est décidé, je prends la 258.

Si les virages sont terminés sur la 15, ce n'est pas le cas de la 258, loin de là. Et ça commence par 6 terribles épingles à cheveux, avec une très forte pente. Au croisement, je suis à 460 mètres d'altitude, et je suis à 600 mètres au sixième virage! Et le tout sans parapet, je suis très très impressionné, malgré une altitude relativement faible. Mais c'est la Norvège...

Videseter. C'est un hôtel réputé, et la route a été dégagée pour arriver là. Uniquement là.
Il y avait des tas de neige dans les virages, et j'aurais du m'en douter!

Et voilà le travail! Quel dommage, j'aurais tant aimé rouler sur le plateau et suivre la Videdalen, et la rivière Videdela. J'ai vérifié sur la carte pour constater que la 258 grimpe jusqu'à 1120 mètres d'altitude, et je comprends qu'une partie de la route est encore sous la neige. Comme il y a une route de substitution, les Norvégiens ne s'enquiquinent pas à déneiger celle-ci!

Je suis en contre-jour. Mais je vois toute la Hjelledalen, qui mène en 8 kilomètres à vol d'oiseau à l'Oppstrynsvatnet.

C'est la route 15 que je viens de grimper. Les montagnes au loin, le Storskredfjellet ( 1742 m) et le Skala (1943 m).

Et la Videfoss, près de l'hôtel. Je ne serai pas venu pour rien, au moins!

Et je reprends la route principale, la route 15. Et ça commence par une série de tunnels, de plus en plus longs (2 km, puis 3, puis 5... tous à suivre), et de type glaciaire! Alors que j'étais arrivé à 16 degrés en bas -délicieuse impression de chaleur, après tous ces jours en-dessous de 12- le thermomètre descend à 5 degrés dans le dernier tunnel, dans lequel j'ai d'ailleurs été bloqué par un feu rouge -passage étroit d'un seul véhicule- heureusement pas long!

Bref, j'arrive en haut gelé. Quel dommage que la 258 soit encore fermée, quel dommage!

La température va remonter à 7-8 degrés très vite, malgré l'altitude et un fort vent de 3/4 avant-gauche qui me fouette littéralement le visage par dessous le casque. Je n'ai pas mis la cagoule! C'est le grand blanc à nouveau, mais pas si blanc que les précédents. Je suis maintenant dans la vallée de la Breiddalen, à un peu plus de 900 mètres d'altitude.

Je vous ai déjà parlé des effets produits par l'alternance de zones sombres et claires rapprochées sur ce genre de paysage. C'est très étonnant, et je vous laisse le constater.

Je suis arrivé au Breiddalsvatnet que la route contourne par le nord, un peu avant Grotli.
C'est à Grotli que la route 258 arrive également.

C'est la dernière photo que je fais sur le plateau.

Je quitte le comté du Sogn og Fordane pour pénétrer à nouveau dans le comté d'Oppland, dans lequel je suis déjà passé.

La vitesse est autorisée à 90, je mets le maxi, la route est très très belle, et je fonce. Je ne vais pas m'arrêter une seule fois ensuite, j'ai les doigts gelés, un début d'onglet, le vent glacial me transperce, le paysage est bien moins beau, rien ne trouve grace à mes yeux. Pire, il se met à pleuvoir des grêlons, heureusement pas longtemps. La descente est énorme, immensément longue, je dirais au minimum 20 km de chute, mais à grande vitesse; je frôle souvent le 100. Et heureusement.

Enfin, je retrouve un peu de chaleur. La route 15 suit désormais le cours de la rivière Otta.
Peu après Nyhus, au lieu-dit Nordberg, je vois cette curieuse église sur le bord de la route, la Nordberg Kyrkje.

Edifiée en 1864. Sa forme très particulière -octogonale- a attiré mon attention. Même ici, les drapeaux flottent.

Il est 19 heures passées lorsque je trouve un terrain de camping. Enfin, plutôt un hôtel, qui possède un terrain sur lequel sont installés quelques "hytte". Je demande si je peux installer ma tente. La dame qui m'accueille accepte. Je suis au Skjak Turistheim de Bismo, en plein centre ville -enfin, une ville Norvégienne, c'est un village chez nous!

Et avec une douche à 5 NOK NON LIMITEE, car d'habitude, pour 5 NOK, vous n'avez droit qu'à 4 minutes d'eau chaude. Non, pas ici, c'est à volonté... Je ne sais pas combien de temps j'ai laissé l'eau très chaude réchauffer mon pauvre corps gelé, mais je pense au minimum 15 minutes! Quelle douche! Fantastique. Elle a balayé toute ma fatigue.

J'ai quand même parcouru aujourd'hui 303 km, et fait 391 photos.


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