Bismo - Nordfjordeid - 21ème jour

Jeudi 18 mai 2006 - 21ème jour de voyage

Bismo - Nordfjordeid

281 km - 201 photos - 86 sélectionnées pour le site!

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Réveil avec la pluie. Il est 7h30. Je me lève quand même.

Un petit rayon de soleil pendant le petit déjeûner me redonne espoir. Je plie et démarre, il est 9h45.
Il fait 9 degrés, je n'ai pas froid du tout, et pourtant, c'est quand même une température basse.

 

 

Le temps est complètement gris, le plafond nuageux très bas, tout ceci ne me dit rien qui vaille! Après tout, on verra bien. Je retrouve la rivière Otta qui longe maintenant la route 15, et que je vais traverser.

Un peu plus loin se trouve la Skjak Kyrkje. Une belle petite église avec son alignement de tombes tout autour que je réussis à bien prendre pour une fois. C'est toujours très difficile, car ils entourent TOUJOURS leurs élises de bouleaux, qui empêchent de prendre les photos -ce n'est pas dans ce but, évidemment.

Un homme est en train de bricoler dans le cimetière. Au loin, dans le creux, coule la rivière Otta.

Déjà en photo, le Jolly Jumper! L'église est ici à ma droite, et il y a ce grand parking devant.

La rivière s'élargit jusqu'à faire 900 mètres de largeur, et devient un lac, le Ottavatn. La vallée se rétrécit.
Les montagnes à droite sont à près de 1300 mètres, et celles de gauche à environ 1000 mètres.

Je vais arriver à Lom, et j'aperçois le pont permettant de passer sur l'autre rive.

La Stavkirke de Lom, dédiée à la Vierge, à Saint-Jean-Baptiste et à Saint Olaf, est l'une des plus belles et des plus anciennes de Norvège. Elle date des premières années du XIIème siècle.

Le porche d'entrée.

J'aime beaucoup l es têtes de dragon présentes sur les toîts.

Détail sur les toîts, couverts de lamelles de bois, les dragons, les tourelles, la croix.

Maic c'est tout ce que je vois, et je me sens frustré. Tout est fermé à clefs... Pourtant, c'est pile le genre de météo qui permettrait de faire de la visite de musée et autres vestiges archéologiques et/ou historiques.

Voilà ce que c'est que de toujours vouloir voyager en basse saison! On ne peut pas tout avoir!

Près de l'église, cette statue. Les Norvégiens sont très expressifs, et il y a très souvent des statues -de bronze, je pense- montrant leurs contemporains. Je trouve ce style très intéressant.

La banlieue de Lom. Pas mal comme banlieue, n'est-ce-pas? A part ça, le plafond nuageux est très bas, ce qui m'empêche de bénéficier des beaux panoramas que j'ai eus ces derniers jours... Je change complètement de direction maintenant. je retourne vers le Sud, plus exactement vers le Sud-Ouest, par la route 55, une des plus réputées de Norvège.

La rivière, c'est la Bovre, et la vallée se nomme la Boverdalen.
Il y a de nombreuses fermes, mais je suis encore tout près de Lom.

Gros plan sur la Bovre et les fermes dispersées sur les collines.

La route serpente car elle suit les méandres de la petite rivière.
Je prends cette photo de la chaussée du même endroit que les deux photos qui précèdent.

Le torrent est par moments assez tumultueux. Je monte, et je suis déjà à 500 mètres ici.

Le paysage devient également plus sauvage. Les berges en pente douce sont lentement remplacées par de gros blocs rocheux. Par moment, c'est un véritable défilé dans lequel je ne vois même plus l'eau.

Soudain, j'aperçois un cavalier dans les nuages! Je nepeux pas frotter mes yeux, mais je n'ai pas rêvé!

Vous voyez bien! Mais c'est incroyable.

Son nom: la "Sagasoyla" - la colonne de la Saga, "the Saga Column". Cette colonne de 34 mètres fut dressée à Boverdalen en 1992. L'histoire de cette colonne est rocambolesque. Elle débuta en 1926, lorsque le sculpteur Wilhelm Rasmussen gagna la compétition pour créer un monument célébrant la Constitution Norvégienne. Elle devait initialement être placée au Parlement Norvégien à Oslo. Elle montre l'histoire de la Norvège depuis le premier roi, Harald, en 872, jusqu'à la première Assemblée Nationale, Riksformsamligen, à Eidsvoll, en 1814. Sa construction s'arrêta pendant la seconde guerre mondiale. Ensuite, il y eut des dissensions au sein du Parlement à son sujet, et les années passèrent sans que rien ne soit fait. La colonne se détériorait, et il fallait la terminer. C'est ainsi qu'après des années d'efforts, Åmund Elveseter réussit à l'acheter après avoir consulté les héritiers du sculpteur. Et c'est donc par un financement privé que le travail put être mené à son terme! La colonne se trouve donc près de l'hôtel Elseveter, dans la propriété. Il y a un parking gratuit -du moins, lors de mon passage- situé juste en-dessous de l'énorme sculpture, fort en pente, sur lequel j'ai manqué me casser la figure... au pas!

Je vous ai pris quelques photos, de façon à ce que vous puissiez avoir une idée du monument.

 

Vous en trouverez d'autres ici.

Cette colonne me rappèlle des souvenirs. J'ai déjà vu une colonne de ce genre, mais taillée et sculptée dans le marbre, et datant de près de vingt siècles! C'était à Rome. Et il s'agissait de la Colonne Trajane, construite au début du 2ème siècle par l'empereur Trajan pour célébrer sa victoire contre les Daces.

C'est du très beau travail. Je vous prends les photos en levant mon appareil vers le haut, de façon à ce que vous ayez la totalité des personnages et motifs sculptés sur le monument.

J'ai lu sur un site qu'elle a été construite en cyanite. Est-ce cette pierre?

Les voiliers sont sans doute le symbole de l'essor du commerce. Je n'ai pas trouvé -mais pas vraiment cherché non plus- de texte descriptif et explicatif des bas-reliefs réalisés.

C'est la partie sommitale.

Et de l'autre côté. Mais je ne vais pas tout vous mettre non plus, sinon, quel serait l'intérêt d'aller la voir?

Et enfin, une vue globale de la colonne. Attention, elle ne penche pas. Ce n'est pas la tour de Pise.
C'est encore et encore le photographe, qui ne sait pas tenir droit son appareil photo!
M'enfin, on va lui pardonner quand même, n'est-ce-pas? Non? Oui?

Comme vous voulez!

Ah, encore une petite... On aperçoit l'hôtel Elveseter en contre-bas.

Encore? Mais, je croyais que c'était fini...

Allez, une vue d'ensemble du site et du parking en pente dont je vous parlais. On voit bien l'hôtel Elveseter. La route 55 passe tout en bas, et croyais-moi, il y a une très belle côte pour grimper jusqu'ici, que je ne voudrais pas faire en vélo!

C'est la dernière, promis juré. Maintenant, ceux qui ne sont pas intéressés peuvent aller à la suivante...

Après, eh bien ça grimpe. Je vois une barrière levée sur la droite, et l'indication "ouvert", alors je sais où je vais...
Je suis ici au niveau de Heimsetren.

J'aurais aimé voir ce paysage avec un grand soleil, mais on ne choisit pas! La neige a quitté cette vallée, mais il ne doit pas y avoir très longtemps, à l'aspect de l'herbe sur les bas-côtés. En été, ce doit être très vert, mais certainement avec des montagnes moins blanches! La Norvège, le pays qu'il faudrait visiter 4 fois, à chaque saison!

Et ce serait à chaque fois un enchantement, j'en suis bien certain.

La pente semble faible comme ça, mais ça grimpe, croyez-moi. Et si d'aventure vous ne me croyez pas, vous n'avez qu'à demander à JJ, car lui, il la sent bien mieux que moi, la déclivité!

Le thermomètre est descendu à 6 degrés, je suis en haut; un petit lac un peu gelé, pas de quoi fouetter un chat.
Le lac est à 994 mètres d'altitude quand même. Le plafond nuageux est toujours très bas, mais il y a peu de neige, et la température reste stable; finalement, ça va.

Le lac près de moi est gelé -photo précédente- alors que le suivant ne l'est pas du tout. D'un autre côté, celui qui est près de moi est en plein vent, au sommet de la côte, alors que le suivant est mieux protégé, et moins haut - 930 mètres seulement.

C'est le Bovertunvatnet, à 937 m, au pied du Bovertunfjellet, à 1531 mètres.

Le même, un peu plus loin. Le coin est sauvage. D'énormes blocs de roche ont dévallé les pentes, comme celui-ci.

Bovertun, au zoom, en bout de lac. La couleur des bâtiments -marron foncé- n'est pas très gaie, surtout en cette saison, puisque c'est quasiment la même couleur que la roche et l'herbe après son hibernation sous la neige.
La petite avancée de terre dans le lac , au premier plan, porte le nom de Snipen

Puis la route redescend.. dans la Breisaeterdalen.
Je me dis que ce n'était pas grand chose, presque déçu, mais comme je n'ai pas trop d'essence, ça va comme ça finalement.
Je vois soudain une nouvelle barrière levée, de mon côté. Je me dis, tiens, c'est là qu'ils ouvrent pour l'autre sens. Tout de même, je suis un peu surpris qu'elle soit à droite, elle devrait être de l'autre bord...

La route recommence à grimper, plutôt pas mal, et le thermomètre, qui était remonté à 8, redescend à nouveau. Autour de moi, la neige est de plus en plus abondante, je me dis que, tout compte fait, je suis peut-être en train de faire une deuxième traversée du grand blanc, et que la barrière était bien pour un deuxième service, un genre de dessert, en quelque sorte...???


Cette grimpée n'est pas comme d'habitude, elle n'est pas nette, elle se fait par petits paliers de quelques virages, une ou deux montées droites, puis un peu de replat, comme si j'étais sur le plateau; puis, ça repart... et ainsi de suite. Thermomètre: 4, 3, 2,

...et la neige arrive. Non, pas autour de moi, il y en a plein, maintenant, autour de moi.

Non, mais en provenance du ciel, ça se met à tomber fortement, et le vent se lève.
Puis ça continue à tomber, et je continue à monter... La visibilité est faible.

Je prends le temps -malgré la météo- de faire ces quelques photos, parce que j'ai beaucoup regretté de ne pas en avoir pris les deux fois où il m'est arrivé de rouler dans la neige depuis mon arrivée en Norvège. On voit nettement sur cette photo que la neige commence à tenir, sur les parties moins humides de la chaussée.

On distingue les flocons de neige qui ne fondent pas vraiment. Deux degrés sur le thermomètre, sans doute entre zéro et un degré comme vraie température, voire moins compte tenu du vent qui vient de se lever avec l'altitude...

Ce sont mes dernières images. Il est 11h30. La demi-heure qui va suivre sera une demi-heure dantesque pour JJ et pour moi. Je n'oserai faire aucun arrêt, je ne prendrai aucune photo, non, je suis bien trop absorbé par une seule chose: la route, la conduite du véhicule, et mon esprit n'est occupé que par deux seules choses: combien de km encore, et est-ce que je vais continuer à monter longtemps comme ça? Vais-je avoir assez d'essence?

Oui, je suis inquiet. Pourtant, il n'y a pas de quoi. Je suis dans un pays civilisé, proche des maisons...Alors pourquoi cette anxiété? Très certainement le fait, justement, de ne pas avoir beaucoup voyagé. C'est aussi pour vivre ces sensations que j'ai décidé d'entreprendre ce voyage, et je ne suis pas déçu, finalement. C'est même génial!.

Le thermomètre va finalement descendre à ZERO degré, comme sur le grand plateau, l'autre jour. sauf qu'ici, ce n'est pas vraiment un plateau, et sauf qu'ici, il neige 3 ou 4 fois plus que là-bas. Et le blizzard qui souffle pousse la neige aussi sur la route qui est entièrement prise plusieurs fois -je dois rouler au pas- en côte, en mini-descentes, avec force virages! Visibilté par moments proche de zéro, je me souviens notamment être arrivé à un sommet complètement dans le brouillard, heureusement sur quelques dizaines de mètres seulement! Des congères sont en train de se former côté gauche, oui, cette fois, je suis vraiment revenu dans le grand blanc. Aucune voiture dans mon sens, j'en ai croisé 2 ou 3 sur une durée de 45 minutes!!

C'est incroyable, comment je me suis fait piéger par cette route, vue sur la carte, je n'ai absolument pas remarqué qu'elle traversait les hauts-plateaux! Et pourtant, en y regardant de plus près, je constate que la route monte à l'altitude de 1350 mètres, ce qui explique bien la température et la présence de neige!


Je regrette beaucoup de ne pas m'être arrêté prendre d'autres photos, mais les souvenirs, ils sont dans ma tête, croyez-moi. Je revois bien tous ces virages, cette impression d'être perdu, de ne pas être sûr de passer. Et c'est justement ça, l'aventure. Ne pas être certain que ça va passer! Après coup, je regrette encore plus de ne pas avoir pris le temps, car je sais maintenant que je l'avais, quoique, d'un autre côté, compte tenu de la météo qui a suivi, je ne sais vraiment pas si une traversée à 15h ou 16 h eut été possible; franchement, je ne crois pas, car la neige aurait été trop épaisse pour JJ, dans les passages où c'était déjà tout de même limite.

Puis tout d'un coup, un panneau signalant une descente de 15 km avec 10 % de pente. Comme JJ ne fait que caler dans les épingles à cheveux, je décide de couper le moteur. A un moment, après un arrêt photo. La température, et le moral, ont fortement remonté, et alors que je continue sans moteur, je n'ai plus de frein droit du tout! Je rappuie 3-4 fois de suite très vite, et ça revient, mais pas si bien. Du coup, je ne sais pas s'il y a une incidence, mais je décide de remettre le moteur. Je n'ai pas eu le temps d'avoir peur, mais après coup, oui! Je ne sais pas si vous avez vécu ça, mais dans une très forte descente, en deux-roue, appuyer sur le frein droit et constater que l'effet est le même que lorsque vous soufflez dans un ballon, ça fait vraiment froid dans le dos. Je continue donc la descente avec beaucoup moins de sérénité. Ouf, que d'émotions!

C'est sur le plateau, et sous la tourmente de neige, que je suis repassé dans le comté du Sogn og Fjordane en quittant celui du Oppland. Puis, soudainement, j'ai l'impression de changer de planète. De l'herbe, des arbres. Etonnante Norvège, une fois de plus, alors que je croyais savoir... Mais j'avais encore besoin d'expérience, la preuve!

La vallée que je suis depuis un moment est la Bergsdalen. Les hameaux ont pour nom Opptun, Overland, Saude, Berge.

Je le prends en photo, mon x9, un peu pour le remercier de m'avoir fait passer ce haut plateau sans encombre.
Je ne sais pas si ces quelques maisons que je vois sont occupées toute l'année, mais si ellles le sont, alors l'hiver doit y être bien long!

Me voici bientôt arrivé en bas de la vallée. Ce village, c'est Fortun. On voit l'église à gauche.
La rivière, c'est la Fortunselvi -normal! Et la vallée, c'est la... Fortundalen. Bravo.

Voilà le zoom sur la petite église, toute seule devant la rivière.

Vue plongeante sur la Fortunselvi.. Le district de Fortun est le Luster.

Bon, ok, c'est la dernière. C'est aussi mon zoom maximum.

Il y a des enfants en train de jouer au foot près de l'église, c'est ça qui est incroyable ici. Tu es en plein Groenland -non non, je n'exagère pas, c'est tout blanc et il n'y a rien que de la glace et de la neige- puis tu trouves quelques minutes plus tard la civilisation! Ce contraste est inimaginable ailleurs, à mon avis!

Quelques maisons de Skolden, qui ferme le Lustrafjorden, sur lequel se termine ma grande descente!
Le Lustrafjorden, c'est un très grand bras du Sognefjorden, vous savez, le plus grand fjord Norvégien. Il fait environ 40 kilomètres de long entre Skjolden et son arrivée dans le Sognefjorden.

Alors, évidemment, je me répète mais je le redis, je suis au niveau de la mer! C'est un fjord!
Par contre, l'eau qui va tomber, elle, ne sera pas salée... Je vois les nuages qui s'accrochent de plus en plus bas!

La route est belle et sinueuse à souhait.
La paroi est verticale, la route a été taillée à la serpe afin de longer les eaux du fjord au plus près.

Au niveau de Havhella apparaissent au loin les sommets enneigés.
Les eaux bleu profond du fjord ont aujourd'hui une triste couleur bien terne!

Zoom sur la lointaine barrière qui tient enfermées les eaux marines.

A Luster, voici l'église de Dale.

En face de l'église, au bord du fjord, une supérette... SPAR. C'est pour moi rigolo, car il s'agit d'une chaine de magasins très courante en France dans les années 1960-1970. Je me souviens être souvent allé faire les courses au "spar" lorsque j'étais gamin, à tel point que ce nom était presque devenu un nom commun synonyme de "supérette"!

Les maisons se suivent à distance en ville, sur de belles pelouses, sans mur de séparation. C'est très joli.
JJ m'attend sagement -il a intérêt...- près de l'église.

Vue depuis Luster et Dale vers le Sud, vers Skildheim et Flahamar.

Le villege de For.

Quelques km plus loin, à Hoyheimsvik, je distingue sur l'autre rive du fjord une cascade.
C'est la cascade de Feigom, ou Feigomfossen ou Feigefossen.

Zoom sur la cascade et le hameau de Feigum ou Feigom -j'ai vu les deux orthographes!

Juste après, j'arrive à Nes, dont voici la belle petite église, vue en arrière. J'arrive donc de là-bas. la pointe qui s'avance, en fond d'image, du côté gauche, c'est Flahamar. Les nuages courent dans la montagne... Et, au premier plan, les arbres fruitiers sont en fleurs, alors qu'il y a moins d'une heure, j'étais dans la tempête de neige! Etonnante Norvège!

Elle a été construite en 1836.
Le village en arrière-plan au niveau du clocher se nomme Hoyheimsvik.

Si vous voulez voir quelques photos de l'intérieur de l'église, c'est ici.

Le fjord fait ici une avancée dans les terres, ce qui forme un minu-fjord, auquel les Norvégiens ont donné le nom de Gaupnefjorden. Il est minuscule, car il ne dépasse pas les 4 km de longuer, pour 1,5 km de largeur à son embouchure. Au fond, c'est le village de Gaupne, que je traverse pour contourner le petit fjord. Mais la route 55 quitte cette fois la berge du Lustrafjorden, qu'aucune chaussée ne longe plus vers le Sud jusqu'à son arrivée dans le Sognefjorden. Il faut passer en arrière, par les montagnes. Je passe donc par Marifjora -joli nom-, puis Joranger, Malheim, Veo...

Une petite pluie fine se met à tomber, il est 13h30.

J'aperçois un abri-bus, c'est pour moi! Je décide de le skwatter, ce sera mon restaurant pour ce midi. J'ai vraiment très faim, et besoin de me réchauffer un peu. Par conséquent, en ingurgitant de la nourriture, je devrais gagner quelques calories, non? Je suis au lieu-dit Solvi, un peu avant Sterri, et je pense que ça fait partie de Hildestad, à deux km du village de Solvorn, plus réputé puisque situé sur le Lustrafjorden.

Une partie de la vue, fort brouillée, depuis mon abri.
C'est le lac de Hafslo, donc le Hafslovatnet. Une petite colline le sépare du Lustrafjorden.

25 minutes, c'est la durée de ma pause. Vous croyez que je me suis réchauffé? Que nenni! Je repars transi!

Il pleut de plus en plus, par intermittance, mais les intermèdes sans pluie commencent à se faire rare! Le paysage s'en ressent, il devient tout tristounet, et la Norvège, sous la pluie, est beaucoup moins belle que la Norvège.... Bon, si quelqu'un n'a pas compris cette phrase, inutile de m'appeler, je ne comprends pas non plus!

Quoi qu'il en soit, vous avez sous les yeux le Barsnesfjorden! Eh oui, encore un fjord, un petit fjord! Et encore un bras du Sognefjorden. Je le longe depuis Olnes. J'ai ensuite traversé Kvam, et j'arrive à Nes, banlieue de Sogndal et de Sogndalsfjora -en fait, Sogndalsfjora est le centre administratif de Sogndal. Nes se trouve de mon côté, et Loftesnes le hameau se trouvant de l'autre côté du pont. En effet, à ce niveau, le fjord se rétrécit au point de ne plus faire que 200 mètres de large. Les Norvégiens ont donc construit un pont permettant de rejoindre l'autre rive. En fait, il s'agit un goulet d'étranglement, le fjord reprenant sa largeur normale au bout de 300 mètres seulement. C'est très étonnant. On voit le fameux pont sur ma photo.

 

Bon, c'est peut-être bien joli, tout ça, mais la pluie est toujours là. Elle est même encore un peu plus présente!

A Sogndal, je quitte la route 55 qui poursuit son chemin au Sud vers le Sognefjorden, et je prends la route 5, vers le Nord. Quoi, il retourne vers le Nord? Ben oui, je remonte vers le Nord. J'ai fait cette route 55 parce qu'elle était notée comme une route exceptionnelle sur tous les guides de la Norvège. Alors je l'ai faite. Et je ne regrette pas mon passage sur le haut plateau dans l'Oppland. Mais je n'ai pas eu trop de chance avec la météo. Tant pis, ce sera pour la prochaine fois! Donc, la route 5 ne vous dit rien? Hier, oui, hier, j'ai fait un bout de la route 5...

Je suis trempé jusqu'aux os, et tout ça avec une température dans les 8 degrés.
Cette fois, je ne fais plus de photo. En plus la route 5 -Riksvei 5- que je reprends en partie -vous savez, le trajet effectué pour voir le glacier, le Marabreen. Il pleut maintenant à verse, je ne vois plus rien du paysage. Pour me donner du courage, je chante, oui, je chante "il pleut, il pleut, bergère..." à tue-tête. Si des Norvégiens m'ont entendu, ils ont du me prendre pour un fou. Que je ne suis pas. Enfin, je ne crois pas. Je traverse plusieurs tunnels (Frudalstunnelen -6758 m-, Begstunnelen -2595 m-, et Holmahaugtunnelen -88 m).

Puis soudain, je suis arrêté à une station de péage à Fjaerland -Bomstasjon- au coût exhorbitant: 70 NOK pour le scooter.

Je suis au Nord du Fjaerdalsfjorden -encore un bras du Sognefjorden, déjà évoqué voici quelques jours- et je vais remonter la Boyadalen. Ici, juste après le péage, avec un paysage que je devine grandiose... La montagne, c'est le Skeisnipa (1110 m), qui ferme l'entrée de la vallée qu'on devine à gauche.

Je continue à rouler sous la pluie battante...

"Il pleut, il pleut, bergère...."...

Et malgré la pluie, je m'arrête pour photographier! Incorrigible. Ce que j'aperçois soudain, c'est le Marabreen.

Une légère -il faut le dire vite- éclaircie me permet de le voir ici presque en entier. Quand on a vu comme je l'ai vu -et vous aussi d'ailleurs- hier, on se rend bien compte à quel point le soleil change le plaisir que l'on a à admirer un paysage!

Et curieusement, au moins à l'oeil nu, la glace m'apparait vraiment bleue. C'est joli quand même!

Zoom maximum sur le Marabreen pour la deuxième fois en 24 heures!
Vous voyez tous les torrents si s'échappent de la glace!

Vue d'ensemble du site. Dommage que le temps ne soit pas de la partie, car la vue d'ici est beaucoup plus grandiose que celle que j'avais hier du parking prévu pour la visite, un peu plus loin à droite dans les sapins.

Ensuite, bien c'est simple. Je retrouve le long tunnel glacial d'hier, puis je longe le Kjosnesfjorden à nouveau -mais je ne retrouve rien de la beauté de la vallée glaciale-, puis la Vatedalen, puis l'arrivée à Byrkjelo. Tout ça, c'était la route d'hier. A partir de maintenant, c'est à nouveau l'inconnu. Mais l'inconnu sous la pluie!

Cette fois, je continue sur la E39, vers le Nord-Est.

Et voici le Je longe le Breimsvatnet. Il ne pleut plus. Une belle église attire mon regard. C'est celle de Re.
Malheureusement, mon objectif est complètement humide et incapable de faire la mise au point.

Après avoir longé le lac, la route traverse une belle petite forêt et se termine à Sandane, petite ville fermant le Gloppefjorden. Je cherche un camping, crois en avoir trouvé un au bord du fjord, mais il ne me plait pas du tout, près d'un hangar de mécanique... Je reprends la E39 qui longe le Gloppefjorden. Vous savez, le Gloppefjorden, c'est en fait un bras du grand Nordjord, que j'ai longé hier entre Utvik et Stryn... Tout en haut du Gloppefjorden se trouve le ferry d'Anda. Ben oui, il y avait vraiment longtemps, mais je vais devoir refaire quelques traversées de bras de fjords! Vous savez, la côte Norvégienne est tellement découpée que, si on mettait toutes les côtes les unes au bout des autres, cela ferait en tout 20.000 km, soit la moitié du tour de la Terre. Alors, je n'ai pas le temps!... Et tac!

Mais mon ferry, il est là-bas, en face! Et je vais devoir l'attendre 35 minutes sous la pluie, misère de moi! Car rouler sous la pluie est une chose, mais attendre un ferry debout près d'un scooter x9, alors que les passagers des autres véhicules l'attendant sont tranquillement en train de bouquiner dans leur voiture, bien à l'abri... Mais... c'est mon choix!

Et voilà le pauvre JJ. Enfin, lui, il prend sa douche, il y avait longtemps, et il en avait bien besoin! Vous pouvez constater comme moi que la télémétrie de l'appareil photo, sous la pluie, n'est pas très fiable...

Le voilà, mon petit ferry, qui se fait tant attendre!

J'ai une autre accalmie sur le ferry, pendant la traversée.
Je nettoie l'objectif de l'appareil photo, car c'est lui qui empêchait la cellule de travailler correctement!
A cet endroit, le Nordfjord est un peu comme les doigts de la main, il éclate en plusieurs bras.

Lote, ma destination de l'autre côté. C'est superbe. A peine la pluie est-elle partie que déjà je revis!

Enfin, que déjà mon appareil photo revit. C'est vert comme en Angleterre, c'est superbe.
La rivière, les prés, les arbres, les jolies maisons. Toute ma fatigue s'envole!
La lumière est superbe!

Oh Norvège changeante, Norvège aux mille visages!

De l'autre côté du Nordfjord, Kviteneset, à l'embouchure de deux des bras du Nordfjord.
D'un côté le Gloppefjorden, et de l'autre le Hyefjorden.

A la descente du ferry, la route commence par un tunnel, le Lotetunnelen.

Et quelques km plus loin, j'arrive à Nordfjordeid, qui est la ville qui installée au fond de l'Eidfjorden.
ET l'Eidfjorden est un bras du Nordfjord! Le monde est petit, chez les fjords de Norvège.

Et voici l'église rouge et blanche de Nordfjordeid, datant de 1849. Je la trouve très belle de cette couleur.

Et je trouve le terrain de camping municipal, après bien des recherches et des allers-retours (eh oui...)

Je suis donc dans un camping où il n'y a personne. Je ne peux pas payer, je n'ai pas de toilettes, il y a des jeunes qui viennent tourner ici, bref, pas terrible, je ne dormirai pas tranquille. Mais c'est bien vert, et il y a plein de belle fleurs.

Alors je me décide, je déballe, je m'installe, je vais faire des courses dans...
un Lidl.... -oui, ils sont là aussi, et je n'ai pas trouvé de petite supérette comme d'habitude!

Derrière la butte et les arbres, c'est la station-service, où j'ai fait le plein.
L'herbe est très haute, et très verte -normal, avec cette humidité- mais c'est moëlleux et agréable!
Finalement, ce sera un magnifique matelas!

 

Mais cette journée restera gravée dans ma mémoire pour l'épisode majeur: la traversée du plateau neigeux de la route 55, mémorable, par zéro degré pendant 30 minutes, sous la neige, le blizzard, le brouillard et les congères en formation.

Un grand, très très grand souvenir, pour moi!

Et malgré ce mauvais temps, j'ai parcouru 281 km et surtout réussi à faire 201 photos. Ce qui est très dommage, c'est la qualité des photos... Mais on ne peut pas tout avoir. Aujourd'hui, j'ai quand même eu des exercices de chant... gratuitement!


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