Aaheim - Gammelsetra - 24ème jour

Dimanche 21 mai 2006 - 24ème jour de voyage

Aaheim - Gammelsetra

242 km - 365 photos - 171 sélectionnées pour le site!

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Je me suis réveillé cette nuit, ce qui est très rare. Comme il faisait clair, j'ai regardé l'heure: 2h20. Je vois très distinctement tout ce qui est dans la tente, et je peux prendre ce que je veux sans me tromper du tout! Par conséquent, comme je m'en doutais, il y a une clarté toute la nuit. Savez-vous que je peux lire dans la tente, sous deux épaisseurs de toile, jusqu'à 22h30 sans problème, et encore c'est un livre à l'écriture très fine et très serrée. C'est vraiment remarquable!


Je me lève finalement à 8 heures. Le ciel est encore très couvert, il a plu bien sûr cette nuit, mais je vois de petits morceaux de bleu, ce qui m'encourage! Quand je reviens de la toilette matinale, il pleut! C'est un peu comme une douche froide: je suis désespéré. Eh puis, je me dis qu'au prix de ce camping, finalement, je peux y rester une journée de plus, et cette fois, à lire et me reposer! Je ne me suis pas accordé une seule journée de repos depuis mon départ, alors que vous avez tous deux jours par semaine... Et, très philosophe -je me surprends moi-même- je me mets à étudier la carte, celle sur laquelle on voit toute la Norvège, pour essayer de marquer le chemin parcouru. Et j'ai eu du mal: on oublie très vite, heureusement que j'ai les photos, les traces du GPS -en grande partie- et les fichiers jour par jour des itinéraires réalisés!

Puis, vers 10 heures, le ciel s'éclaircit franchement, et je décide de partir.
Le temps de plier les gaules, comme disent les pêcheurs... il est 10h45 et il fait 10 degrés lorsque je démarre JJ.

Je le laisse toujours partir doucement, sans le forcer. Un de mes frères est mécanicien de formation, et il m'a toujours dit: si tu veux que tes véhicules durent longtemps, ne les force JAMAIS à froid. Ce que je fais. Et JJ en a l'air très content, à tel point qu'au bout de 5-6 km, il est chaud, mais il continue à ronronner à 60-70 km/h. Là, je le pousse davantage, et il se laisse faire. Sympa, le Jolly Jumper, vraiment sympa.

Je vous mets cette photo pour vous montrer les fissures sur la route. C'est un phénomène que je vois très souvent en Norvège, et à vrai dire de plus en plus souvent. Parfois, les fissures sont vraiment larges!

La route est ici assez monotone, et le paysage assez classique. Il faut dire qu'en Norvège, j'ai vu de tels paysages sublimes que, lorsque j'en ai un de très joli, je le trouve presque banal. Si je venais juste de quitter ma Vendée et j'arrivais ici, je suis sûr que je dirais: "qu'est-ce que c'est beau"... En fait, je traverse une immense forêt de sapins, ce qui est tout de même très agréable, sur un terrain évidemment valloné, donc une route pleine de courbes. Puis la vallée s'élargit, et la route domine maintenant un paysage que je photographie, car je crois que c'est bien la première fois que je trouve une vallée large et calme dans ce pays, avec une large rivière -la Lagen- qui s'écoule doucement au fond.

Lesja Kirke. Eglise de Lesja.

Construite en 1749, mise en service en 1750. Un vieil inventaire attribue le baptistère en bois à l'année 1250, qui provient de l'église précédente! Elle a été restaurée en 1901 et en 1925. Près de l'église se trouve le Lesjo Bygdetum comprenant 11 vieux bâtiments, que je ne verrai pas, pusique je ne suis pas descendu dans la vallée. En effet, l'église et le Bygdetum se trouvent en contrebas de la route, comme vous pouvez voir sur la photo.

C'est le royaume des agriculteurs, ils sont partout.
Je remarque que chaque ferme, sans exception, se trouve au meilleur emplacement possible, avec le meilleur panorama.

La route est à environ 600 mètres d'altitude.
La région est entièrement occupée par les fermes qui se succèdent à perte de vue dans la vallée.

Mais il n'y a pas, comme chez nous, de petits villages espacés de quelques kilomètres les uns à la suite des autres. Non, l'habitat est totalement dispersé. Cependant, chaque petit groupe de bâtiments est désigné par un nom, ce que je constate en regardant sur des cartes précises. De plus, il y a une route plus ou moins parallèle à celle-ci, qui longe la ricière sur l'autre rive.

C'est aujourd'hui dimanche, mais il n'y a pas de dimanche pour les agriculteurs, comme vous le savez.

Voilà donc le paysage que je rencontre en descendant la Lagen vers Dombas.

Après Dombas, où je fais le plein, je prends la E6 direction Trondheim, le nord, quoi!

Et ça grimpe d'entrée de jeu, pour me retrouver sur un haut plateau, avec la pluie et une température de 9 degrés. Je me retrouve très vite à une altitude de plus de 900 mètres, les monts alentour, au loin, étant aux environs de 1300 mètres. Il n'y a plus de neige, mais je sais, à l'aspect de l'herbe, que le plateau a été libéré de son manteau blanc depuis peu de temps! Curieusement, je n'ai pas froid, et la pluie n'était qu'une forte averse. Je vais sécher aussi vite.

Je viens de passer le hameau de Nordsaetre, à 935 mètres. Il reste encore quelques traces de neige!

L'altitude se maintient entre 900 et 950 mètres.

Vue arrière vers le lac Avsjoen, encore gelé (925 m). Les villages sont Storsandviksaetre, Holsaetre et Sygardssaetre.

Ce n'est qu'un grand désert de terres brûlées par la neige, à l'herbe rare, les arbrisseaux nains, le lichen recouvrant la roche à perte de vue, des petits torrents un peu partout, de l'eau stagnante partout -stagnante ne veut pas dire pourrie, elle est absolument transparente, mais elle est partout, la lande est totalement détrempée et l'herbe brûlée et couchée. D'ailleurs, c'est comme ça partout en Norvège, le sous-bois n'est pas sec. Sans botte, je dirais même presque sans pirogue, point de salut. La neige a fondu, s'est transformée en petits lacs et petits ruisseaux, il y en a partout. Je parle, bien sûr, de la situation à cette époque de l'année, je ne sais pas comment c'est en été! Il y a encore un peu de glace sur quelques lacs, mais très peu.

 

Quelques traces vertes par ci par là. Je pense que tout est vert en été, et ce doit être complètement différent.
La Norvège est un pays qui dot être visité à chaque saison, et ce doit être à chaque fois un voyage différent!

C'est en même temps une zone marécageuse, une petite rivière, la Folla, rejoignant les lacs entre eux.

Au loin, les chaines montagneuses encore sous la neige.

Peu après Hjerkinn, je tombe sur cette plaque -enfin, le mot plaque est faible...- commémorative d'un événement dont voici le texte. "Reist 7 juni 2005. Ved 100-Arsmarkeringen for Unionsopplosningen med Sverige".

Remarquez l'écusson représentant les boeufs musqués. Je suis venu ici, dans ce coin, exprès pour les voir. J'avais vu une photo sur Internet avant de partir qui m'avait vraiment ému, et j'avais décidé de venir voir ça de mes propres yeux. Je veux vivre ça.
Pourquoi ces animaux représentent-ils autant pour moi? Je n'en sais rien!

Je suis donc sur la bonne route... Génial!

La vie va reprendre, c'est sûr, c'est le miracle qui se réalise chaque année, discrètement... Pourvu que ça dure!

Mais comme ça, en ce moment précis, c'est un peu triste. Je suis juste entre deux phases naturelles, et au moment le moins joli. Quoi qu'il en soit, ces grandes steppes ont un énorme côté sauvage, et c'est le dépaysement quand même.

La route contourne ce mont, le Hjerskavlen (1293 m).

On peut dire que Jolly Jumper s'en moque complètement, de mes pensées...
D'un autre côté, tant mieux, car s'il se mettait à penser, il refuserait peut-être d'avancer...

Un peu plus loin, sur le plateau, avant le début de la descente, je vais quitter le comté de l'Oppland pour rentrer dans le comté du Sør-Trøndelag, où je n'étais encore jamais venu.

Puis, insensiblement, le paysage change radicalement, et se transforme en une vallée minérale.
L'eau est vraiment partout, mais beaucoup plus visible que sur le plateau.

Cette vallée, c'est la Drivdalen. La route suit une rivière très vivace, la Driva, qui passe dans un défilé entre le Hogsnyta (1335 m) et le Knutshoa (1690 m)

Juste après le lieu-dit Kongsvoll, JJ est bien petit dans cette immensité.

Monsieur se trouvait trop petit sur la photo précédente...

Le défilé de la Driva dans la Drivdalen.

La même au zoom.

Le courant est assez fort.

Lors de la fonte, cette rivière doit avoir une puissance phénoménale, si j'en juge par les traces sur les berges, et les tas de cailloux dans son lit. Remarquez les bouleaux. Le nouveau feuillage n'a pas commencé à pousser.

Autre vue de la Driva.

Vue d'ensemble de la Driva. En haut à gauche, c'est la voie ferrée, qui suit également la rivière, mais de l'autre côté.

Les tas de cailloux dans le lit de la Driva.

C'est ici que je devrais voir les boeufs musqués. Je les cherche partout, je ne les verrai pas. Ils ont été réintroduits dans le Dovrefjell-Sunndalsfjella National Park, qui est ici! Et je suis passé ici pour voir ces animaux du grand froid qui me fascinent. Raté de chez raté! Je pensais tellement en trouver le long de la route, mais il ne faut pas rêver. Pour voir ces animaux, j'aurais du prendre contact avec des gardes forestiers, ou au moins me renseigner dans un bureau de tourisme.
La conclusion est évidente: je dois retourner en Norvège!

Les maisons que l'on aperçoit au loj sont celles du village de Drivstua.

Enfin, village... plutôt un hameau. Zoom sur Drivstua.

Une ferme, quelques maisons. Sur la carte, je croyais que c'était une petite ville...

La gare de Drivstua. On dirait la photo d'une maquette tellement c'est joli.

Mais non, c'est vraiment la gare, pour un village de quatre maisons. Quelle gare magnifique!

La ferme que je voyais de si loin est une maison immense. Ils refont la couverture végétale?

Un peu après Saetra -centre de ski- près d'Engan, altitude 620 m. La Driva est toujours là, à gauche.

Le Trondfjellet (1503 m).

Enfin à nouveau une vieille ferme avec l'accès à l'étage pour les véhicules.

Zoom sur l'accès à l'étage.

Encore un autre exemple, modernisé pour une voiture. On aperçoit des trophées de bois de rennes accrochés au bois.

Une ancienne remise, en piteux état.

C'est ici, à cet endroit précis, que se trouve le sentier permettant d'aller visiter les marmites de Magalaupet.
Le lieu-dit porte le nom d'Engan.

Je vous l'avais bien dit... N'ayant pas vu les boeufs musqués, je décide d'aller voir ça.

La Driva passe en contrebas. Il va falloir suivre un sentier marqué comme dangereux. Je prends mon sac photos, et c'est parti. Je descends très prudemment, car le sol est trempé et assez "gadouilleux", et ce n'est pas le moment de se casser la figure -en fait, ce n'est JAMAIS le moment! En tout cas, en descendant, je pense à une autre balade, dans le Jura Français, qui s'appelait les pertes de la Valserine. Encore un voyage à vous raconter, avec de nombreuses et belles photos!

Je vous le disais, la nature renaît comme chaque printemps. En Norvège aussi.

Magalaupet, avec ses marmites de géant et ses crevasses. Il s'agit d'un endroit le cours de la Driva se retrouve subitement coincé dans d'étroits couloirs rocheux, des crevasses, pour arriver dans d'énormes cuvettes, avant de se faufiler à nouveau entre les rochers. Les remous engendrés sont très impressionnants. Ça bouillonne dans tous les sens. L'endroit est dangereux, car il n'y aucune protection. Il est facile de glisser sur la roche humide.

Les énormes pierres sont arrondies. Mais qui a bien pu faire ce beau travail, et l'abandonner ainsi?

Mini baignoire... naturelle!

La coupable, c'est elle, la Driva.

Des millénaires de travail, sans jamais s'arrêter...

A force, ça finit par faire de la belle ouvrage, comme on dit!

On distingue de nombreuses marmites ici.

En fait, ce n'est pas l'eau qui a taillé la pierre, mais les innombrables pierres charriées par la rivière qui tapent sans arrêt sur les parois et finissent par les creuser!

Vers la sortie.

Eh voilà, terminé! L'eau poursuit son voyage après avoir traversé l'étroit passage.

La profondeur est importante. Je dirais en gros 3 à 4 mètres! Je n'ai pas testé...

Vue originale vers l'amont, cette fois.

Le petit pont de pierres en amont des marmites.

Il y a des cupules un peu partout sur les rochers les plus élevés. On distingue ma sacoche de pont à droite.

Pour vous montrer l'étroitesse du passage.

Vue d'ensemble vers l'amont. Je suis ici exactement à 600 mètres d'altitude.

Le passage commence à se rétrécir, le niveau de l'eau augmente et la force se décuple.

J'aurais bien aimé voir ça un jour de fort débit, comme il doit y en avoir lors de la fonte. On voit bien ici que le flot qui s'engouffre dans le goulet est très puissant!

Arrêt sur image...

Autre pause. Exposition au 1/1.000 ème de seconde, ouverture F 3,5.

Inutile de vous dire que je n'ai pas tenté la baignade...

Mais on pourrait s'en servir de machine à laver sans problème!

On distingue à peine l'eau sur le bas de la photo, au fond du couloir.

Autre point de vue vers la sortie.

Le passage en tunnel naturel est ici, sous les rochers.

Et la délivrance est ici.

Bon, c'est bien joli tout ça, mais je commence à avoir faim.
En remontant vers le x9 à travers le bois.

Ici, près du torrent, la neige est partie depuis plus longtemps, car l'herbe verte est déjà bien présente!

Le printemps est bien là...

Je vous l'avais bien dit. J'ai pris la photo car, ici, pour une fois, nous avons droit à une quatrième langue... la nôtre.
Et c'est très rare en Norvège, alors que l'anglais et l'allemand sont presque systématiques!

Il est finalement 13h30 lorsque j'arrive à Oppdal. C'est une cité importante, très tournée vers les sports d'hiver -station de ski réputée- mais aux avenues toujours très aérées. Il n'y a pas grand monde dans les rues, d'abord parce que c'est aujourd'hui dimanche, ensuite compte tenu de l'heure...
L'ambiance est donc un peu triste, puisque les rues sont presque désertes!
En cherchant une cabine téléphonique pour donner de mes nouvelles à la famille, je tombe sur cette curieuse sculpture.

Entièrement en bois, je la trouve très originale!

Je trouve ma station-service, je redonne à boire à mon canasson jusqu'à plus soif! En Norvège, désormais, je ne me pose plus de questions. Lorsque je vois une station, je remplis, c'est le meilleur moyen pour rouler serein, et ne pas avoir continuellement ce souci du carburant en tête! J'en profite pour me refaire une petite santé, car de bonnes saucisses bien chaudes sont sur le grill... Vous savez, je vous l'ai dit, ces stations sont en même temps des mini-supérettes, on on y trouve toujours l'indispensable... et un peu aussi le superflu. En tout cas, dimanche ou pas, c'est génial, et j'apprécie énormément, car on y trouve toujours un peu de vie, et de chaleur -humaine et calorifique!

Mes pauses ne sont jamais longues, même celles du repas de midi. En fait, mes journées sont des journées continues! Ici, je ne me suis pas arrêté plus de 20-25 minutes, et c'est à chaque fois la même chose. Puis c'est reparti, cette fois sur la route 70, direction le Nord-Ouest et la Mer de Norvège. En quittant Oppdal, la route passe juste devant le site de Vang, le plus important site funéraire viking de la région, plus de 700 tumuli. Je suis en avance, il fait beau, je décide de m'arrêter.

Il y a un petit parking, complètement désert. Pas de problème pour trouver un emplacement pour JJ...

Voilà. Champ de tombes de Vang.

Pour ceus qui comprennet l'anglais, ou l'allemand, je vous ai tout mis. Et c'est très lisible!

 

Le site tel qu'il m'apparait depuis le parking.

Très vallonné, en partie recouvert d'une petite forêt. Curieusement, au premier plan, les arbres ont été coupés!

C'est calme, et en même temps à moitié inquiétant. Impression bizarre.

On voit un peu partout les souches des arbres tranchés, ce qui donne une ambiance légèrement lugubre.

Une petite cabane dans l'enceinte du site. C'est exactement la maison que j'aimerais avoir -en un peu plus grand...

De place en place, des pancartes renseignent le visiteur. Bienvenue à Vang, le parc-cimetière Viking.

Ce qu'il faut savoir sur le cimetière.
Vang était un centre important, car situé au carrefour des chemins entre la côte du More à l'Ouest, la région du Trondelag au Nord, et la Norvège de l'Est au Sud. Les tombes appartiennent à l'Âge du Fer (y compris la période Viking). En Norvège, cela signifie l'ère pré-chrétienne (1000 avant JC). Le cimetière a été utilisé par de très nombreuses fermes, sur une période d'au moins 500 ans. En plus des tumulus s'y trouvent des tombes sous le niveau de la terre, datant sans doute d'avant 200 avant JC. Les morts étaient brûlés sur des bûchers avant d'être enterrés. Des restes des bûchers ont été trouvés dans les tombes: cendres, morceaux d'os brûlés, et objets métalliques. Des armes telles que épées, javelots, haches, ont été trouvées dans les tombes des hommes. De la bijouterie, comme des broches de bronze et des perles de toutes sortes de couleurs sont les objets typiques des tombes des femmes. Différents outils ont été trouvés dans les tombes tant mâles que femelles. Il y a environ 750 tumulus, dont 90 % sont ronds, et 10 % ovales (longs tumulus). Il est intéressant de noter que les tumuli longs étaient réservés aux femmes. Par contre, dans les tumulus ronds, on trouve indiféremment des tombes pour hommes et pour femmes. Presque la moitié des tumuli a été fouillée dans les temps anciens. La fouille pour la recherche d'antiquités était un hobby populaire, principalement au 19ème siècle. Quelques objets issus de ces fouilles ont été préservés. Des fouilles sur huit tumuli ont été faites en 1966-1967, et de nombreux et intéressants objets ont été trouvés.
Illustration: scène de crémation, peinture d'Astrid Volden.

En cheminant parmi les tumulus, je prends quelques photos.

Le terrain est très bosselé, comme vous pouvez le constater. Derrière les arbres, la glissière de sécurité de la route 70.

Je ne peux questionner personnes, puisque les rares êtres vivants rencontrés sur le site même sont des moutons...

Comment les gens étaient-ils inhumés?
L'Âge de Fer a eu de nombreuses méthodes d'inhumation. Les morts pouvaient être inhumés ou brûlés. S'ils étaient inhumés, les corps pouvaient être étendus pour reposer sur la terre ou sur des cairns, ou être enterrés sous le niveau de la terre. Parfois, les morts pouvaient être placés dans des "caisses (?)" -chambres en forme de boîtes créées avec des pierres. Plus souvent, les "caisses" étaient faites de planches de bois presque comme nos cercueils modernes. Ces méthodes variaient selon les époques et les régions. Les pratiques pouvaient varier au sein d'une même communauté locale. Ce ne fut cependant pas le cas à Oppdal. Se référant aux nombreuses découvertes et observations faites, les crémations ont toujours eu lieu ailleurs, et les restes des crémations (cendres, os carbonisés, morceaux métalliques) étaient dispersés ici sur la terre, et recouverts d'une couche de terre ou de pierres. Ce fut généralement la coutume pendant la période Viking et l'Âge de Fer tardif (600-100 avant JC). Au début de l'äge de Fer (antérieurement à 600 avant JC), les enterrements furent parfois différents. Les restes de la crémation étaient placés dans une fosse sans aucune couverture. Cette méthode fut employée au cimetière Rise à environ 7 km au Sud de Vang. De telles sépultures existent probablement à Vang aussi, mais jusqu'à présent seules des tombes recouvertes ont été extraites ici. Les sites de crémation n'ont pas encore été découverts. Le fait que des coutumes d'inhumation homogènes aient été pratiquées dans des cimetières communs et centralisés, comme à Vang, suggère l'existence d'une communauté solidement liée.

Je vous livre donc les photos prises en marchant parmi les pierres.

On dirait qu'un géant est venu fendre cette pierre en trois morceaux, la partie centrale ayant la forme d'une roue...

 

Vang centre et carrefour.
Nous pouvons affirmer que Vang autant le site d'un cimetière qu'un centre religieux de la période Viking. Après le passage au christianisme, il était naturel que l'église principale soit placée à Vang. Dans les siècles récents, les fermes situées au voisinage de Vang servaient de lieux de rassemblement local. Pourquoi Vang fut-il un lieu si spécial? L'explication est géographique. Oppdal est fait de trois vallées - la Drivdalen au sud (que nous avosn parcourue ensemble), la vallée vers Sunndalen vers l'Ouest, et une troisième courrant Nord-Est vers Rennebu. Vang se trouve au centre. Vang était aussi un lieu naturel de rencontre pour les habitants des fermes du centre d'Oppdal, ceux qui utilisaient le cimetière en commun. En même temps, les nombreux monuments funéraires étaient idéalement placés pour montrer au voyageur qu'il arrivait au sein du communauté agricole bien établie.

Poursuite de ma balade solitaire parmi les pierres tombales...

Retour vers le parking.

Questions exitantes au sujet de Vang et de sa communauté de l'äge de Fer.
Il est difficile de dire quand auront lieu les prochaines fouilles sur le site. Il y a pourtant plusieurs question intéressantes à examiner. Il a été pour l'instant démontré que les tombes de Vang datent d'au moins 500 avant JC. Certains indices prouvent qu'une activité existe ici depuis au moins 300 avant JC. Dans le cimetière de Rise au Sud d'Oppdal, les plus vieilles tombent sont de cette époque. Des tombes contemporaines ont-elles été placées à Vang sous terre, et non découvertes à cause de ça? Les noms de certaines fermes d'Oppdal peuvent être datées de l'an zéro, et même antérieures - noms de paysages, en "-bo" ou en "-vin". L'habitat agricole d'Oppdal date au moins de cette époque. Mais on ne peut certifier que le cimetière de Vang a été utilisé dès le début. Si l'on prend cependant ce fait comme acquis, et il est possible de distinguer des groupes de tombes représentant les différentes fermes, on peut poser plusieurs questions. Combien de fermes y avait-il à une époque donnée, par exemple en 300 avant JC? Comment le nombre de fermes a-t-il progressé au fil des temps? En comparant différents groupes sur des périodes de temps, le matériel trouvé indiquera s'il existe une corrélation entre la santé et les pratques funéraires. Quel était le degré d'égalité sociale entre les différentes fermes? Certains détails indiquent un haut degré d'égalité. Par exemple, est-ce qu'une prédominances d'armes indique un statut supérieur que pour les groupes avec outils? etc, etc...

Il est déjà 15h20, je repars. Le site est, sur cette photo, juste sous mes pieds... vers le Sud. La route le domine.

Zoom de la photo précédente. La rivière Driva coule en bas de la vallée. En face, le mont Svarthaugen (954 m).

Et, à droite de la précédente, tout au fond, la chaine encore enneigée du Hornet (1383 m).

La route longe toujours la Driva, et serpente comme elle.

Un impressionnant précipice, que je vois par intermittence tout en roulant.
Il est difficile de voir le fond, la forêt poussant jusqu'à l'eau.

JJ attend que je prenne mes photos.

Gros plan sur une ferme Norvégienne.

Encore une ferme là-bas, cette fois au bord de la route, ce qui est assez rare.

La route continue à descendre jusqu'à Gjora, petite ville installée dans une grande boucle de la Driva, du type méandre de la Seine. Je ne suis plus qu'à 200 mètres d'altitude maintenant.

La vallée est large, les champs sont fraichement labourés. C'est la Sunndalen. Ici, je suis au niveau de Bjorbekkje.

Au loin, de gros nuages commencent à s'amonceller sur les cimes.

Les fermes se suivent tout le long de la route.

De chaque côté, les torrents dévalent les pentes des montagnes en de longues, très longues cascades. Les cascades se succèdent presque sans arrêt, mais c'est partout comme ça en Norvège. Ces parois rocheuses, sont trempées par les torrents qui déboulent du haut. Regardez cette photo, on en compte au moins 8 à l'oeil nu, mais si vous restez à examiner la paroi avec des jumelles, je suis certain que vous en trouverez le double

La descente se poursuit. La route est belle, et comme je ne roule pas vite, tout se passe bien gentilment!

Et je retrouve finalement le niveau et le cours de la Driva.
Cette rivière est une des plus réputées en Norvège pour la pêche au saumon.

Le cadre est encore une fois des plus agréables.

Je continue à m'enfoncer dans cette jolie vallée, entourée de hautes montagnes relativement proches.

Les prés sont clôturés, ce que je n'ai pas souvent eu l'occasion de voir en Norvège.

Une image symbole de Norvège...

Pour ceux qui ne sont pas encore fatigués de les regarder...

Au loin, j'ai la très nette impression que les nuages dominent...

Ils sont comme collés à la paroi. C'est dommage, parce que finalement, j'ai eu une météo agréable jusqu'à maintenant.

Grodalen. Il y a plusieurs terrains de camping le long de cette vallée.
Non, la photo n'est pas truquée, mais la vision de cette énorme masse nuageuse collée à la paroi est assez surréaliste.

On dirait un plafond, un toît...

Vue arrière, juste après Furu.

En fait, le nuage est sur la ville de Sunndalsora, où j'arrive un peu après 15h30. Aussitôt, en l'espace de 2 minutes, de quelques centaines de mètres, je suis sous le nuage; un vent très violent s'est levé, la température est descendue à 12 degrés, et j'arrive au fond du fjord qui vient directement de la mer de Norvège, de Christiansund -ne pas confondre avec Kristiansand, au sud, où j'ai débarqué en arrivant en Norvège.


Voilà, le mauvais temps, en quelques secondes! Quelle déception! C'était si bien, on était tellement peinard sans lui!

Sunndalsora, c'est d'abord et surtout un énorme complexe Hydro-Aluminium, qui prend à lui seul les deux-tiers du fond du Sunndalsfjorden. C'est ici que j'arrive après avoir traversé la ville. Et je me suis trompé.
En fait, c'est sur l'autre rive que je dois aller.

Le complexe industriel est juste derrière moi. Regardez les vagues sur le fjord à cause du vent.
L'ambiance est soudain devenue sinistre. Je fais demi-tour et vais traverser Sunndalsora pour rejoindre l'autre rive. Comme je suis devant un fjord, c'est de l'eau salée, et je suis revenu au niveau de la mer, altitude zéro.

C'est maintenant la route 62. Elle longe le Sunndalsfjorden. D'entrée de jeu, ça commence par un nouveau tunnel, le Øksendalstunnelen (5966 m, dont la construction a commencé en août 1997, et ouvert le 28/10/2000).

Le tunnel débouche à Oksendalsora. La première chose que je vois est cette énorme et longue cascade, la Erstadelva.

Et voici l'église de Oksendalsora.

Le plafond nuageux est très bas maintenant.

La route 62 longe donc le fjord au plus près. Il y a beaucoup de fermes ici aussi. Je suis toujours sur la commune d'Oksendalsora. En effet, cette petite ville est construite au fond d'une baie parfaitement rectangulaire, qui se trouve sur le Sunndalsfjorden, de moins de 2 km de long, la Oksendalsbukta.
Je suis ici au bout de la baie, et je vais me retrouver le long du grand fjord. En même temps, vous pouvez voir à quel point et à quelle vitesse le mauvais arrive. Les nuages sont de plus en plus bas, je sens que je vais y avoir droit ce soir...

Superbes prés couverts de fleurs jaunes ou blanches. La campagne, la mer, l'agriculture, la pêche...
Ils ont tout, les Norvégiens!

En face, l'autre bout de la Oksendalsbukta, près de l'embouchure sur le Sunndalsfjorden, où il fait un kilomètre de large.

Vue en arrière sur l'autre rive de la Oksendalsbukta. Au premier plan, on distingue des algues! Eau de mer...

Encore un zoom sur l'autre rive de la Oksendalsbukta. Des cabanes de pêcheurs, une splendide forêt de sapins.
Pour la première fois depuis mon entrée en Norvège, je peux voir des vagues sur l'eau d'un fjord...

A Mjolkill, je fais un petit arrêt pour regarder vers le fond du long Sunndalsfjorden. Tout au fond se trouve Sunndalsora et l'énorme usine située au fond du fjord. L'île visible sur l'autre rive est Flaoya. C'est d'ailleurs à ce niveau que s'arrête la route de l'autre côté du fjord. Souvenez-vous, à Sunndalsora, je m'étais trompé de côté.
Eh bien, si j'avais continué, je serais arrivé là, dans un cul de sac.

Et voici pourquoi la route s'arrête. Il n'y a pas âme qui vive sur l'autre bord, la montagne tombe à pic dans le fjord.
La photo est prise depuis la pointe Ballsneset. A cet endroit, le fjord ne fait que 1,5 km de largeur.

Svenslia. Ici, le fjord s'élargit à 2,5 km, et ressemble à un immense fleuve. A nouveau, je ressens ici la présence de la mer.

Le goémon flotte sur les berges, jusqu'aux cabanes des pêcheurs.

De grandes forêts de sapins descendent jusqu'au rivage du fjord. L'habitat est toujours très dispersé!

Vue sur toute la largeur du fjord. C'est grandiose. Il ne manque que le soleil.

Un peu plus loin, à Eidsora, la route 62 quitte le Sunndalsfjorden et pique à 90 degrés, vers l'Est. En fait, je traverse une presqu'île pour rejoindre un autre fjord, le Langfjorden, qui n'est autre que le prolongement du grand Romsdalfjorden longé hier après-midi! Ici, en Norvège, les côtes sont déchiquetées, et c'est un véritable labyrinthe!

Quelques maisons le long de la route, peu avant Eidsvag. Si je prenais la route 666 à droite, je pourrais retourner longer le Sunndalsfjorden vers le Nord. Mais je continue sur la 62.

Jolie maison Norvégienne en bord de route en arrivant à Nesset et Eidsvag.
Les lumières sont déjà allumées à cause de ce temps couvert, mais il ne va pas faire plus sombre avant plusieurs heures!

Eidsvag se trouve au fond du Langfjorden que voici, encore appelé ici Eidsvagen.

L'église de Eidsvag. La route 660 va vers Andalsnes, traversé hier soir. Je continue tout droit!

Juste après Hovika. Un petit coup d'oeil en arrière sur le fjord que je longe maintenant.
Le Langfjorden, rectiligne, de 30 km de longueur pour 2 km de largeur, ce qui a du lui donner son nom!

Du même endroit. En face, le Eresfjorden, un bras du Langfjorden, et la petite île Prestholmen.

Zoom sur la petite île et sur Bukta et Nesset Prestegard.

Les maisons étant tellement éloignées les unes des autres, ils ont tellement d'espace, ces Norvégiens, qu'il faut parfois rouler plusiseurs centaines de mètres sur des routes très pentues pour arriver à leurs maisons. Par conséquent, les boîtes aux lettres sont regroupées par petits hameaux de une, deux, ou dix maisons, et se retrouvent sur les bords de routes, sous des petits châpiteaux les protégeant quelque peu du mauvais temps. J'ai loupé énormément de photos de ces groupements de boîtes aux lettres, car, si certains sont vraiment très moches, beaucoup sont ouvragés, taillés, sculptés avec beaucoup de goût.
En voici une fort jolie.

Malheureusement, quelques minutes après cette photo, la pluie arrive, forte et dense, très serrée. En 5 minutes, je suis trempé, et tout ça à 5 minutes du camping dans lequel j'avais décidé de faire halte pour la nuit, car je la sentais bien venir...

A Tjelle, la route quitte le Langfjorden et grimpe dans la montagne.

En deux virages, je suis à 150 mètres d'altitude et j'arrive à Gammelsetra, lieu du camping.
En tout cas, ça le fait bien rire, lui! Et dire que c'est ce monsieur qui m'accueille à l'entrée du camping.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j'ai vaguement l'impression qu'il se moque de moi...

Et en plus, il est cher: 125 NOK. Je fais la grimace, je dis "avec électricité", et il me dit "OK", car c'était sans....

Les caravanes sont au bord du Gammelsetervatnet, petit lac à l'altitude 145.

Je suis trempé, la tente est trempée, tout est trempé; je m'installe sous un énorme cyprès, ce n'est peut-être pas très prudent en cas d'orage... Mais au moins, pendant que je monte la tente, je peux déposer quelques affaires à l'abri de la pluie.

Je suis à l'abri à 17h45. JJ et la tente paraissent bien minuscules...

Je demande au gars du camping quel temps est prévu: il me répond "trois jours de pluie ininterrompue".
Hors, 10 minutes plus tard, le camping est sous un soleil radieux, il n'y a pratiquement plus un seul nuage.

Je peux remplir mes bouteilles d'eau potable ici.

J'aurais dû me méfier de ce camping, vu les trolls présents à l'entrée...

Pas très jolie jolie, la maman troll...

Je décide de me faire une soupe: un velouté aux champignons. Catastrophe: un raté TOTAL, la casserole "crâmée", noire à tel point que je la crois perdue!. Je réussis à la récupérer en partie, mais le fond reste noir, et le restera.


Décidément, ce soir, j'ai vraiment tout faux.

 

 

Je vais prendre mon bouquin et penser à autre chose.


J'ai fait en gros 240 km, et pris précisément 365 photos.

Pourvu qu'il fasse beau demain. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas croire à 3 jours de flotte sans soleil!

Soyons optimiste, que diable! Je n'aurais rien du demander à cet oiseau de malheur!


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