Faetta - Fustvatnet - 26ème jour

Mardi 23 mai 2006 - 26ème jour de voyage

Faetta - Fustvatnet (au Nord de Mosjoen)

356 km - 218 photos - 70 sélectionnées pour le site!

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Très bien dormi. Réveillé à 7h20, je décide dse dormir encore 5 minutes, et je me réveille à 8h15... C'est le coup classique, ça. Je ne suis pas spécialement fatigué, mais si je ne me lève pas de suite, la musique des petits oiseaux et le bien-être ressenti, bien enfoncé dans le duvet, et c'est le retour au pays des rêves! D'un autre côté, si je me lève, je me trouve aussi au pays des rêves, alors je n'ai en fait que l'embarras du choix! Il fait doux, du moins, j'ai chaud.

Dehors, plafond très bas et entièrement couvert de gros nuages gris foncé, voire noirs. Pas de vent. Bon, il s'agit de dégager avant la pluie. Quelques gouttes tombent, mais minuscules. Je pars à 9h55, et il fait 12 degrés, ce qui est plutôt frais. Et ça restera toute la journée la même température, parfois 11 sous les averses...


Dans mon journal, j'ai écrit ceci: le paysage est banal et ne mérite pas de photo.

Or, maintenant que je suis rentré, et que je regarde les photos, je ne pense pas du tout la même chose!

Ici, le fond du fjord, vu depuis ma tente.

Et de l'autre côté, vers l'entrée du petit terrain de camping.

Cap au Nord maintenant. Je commence par couper à travers une péninsule, ce qui m'empêche de suivre les bords du Trondheimsfjorden. Il y a une route qui longe en partie la côte, avec force virages et rallonges, mais je n'en vois pas l'intérêt, vu que je vais retrouver le rivage un peu plus tard. En fait, un peu plus de 20 km plus tard, je retrouve le fjord en traversant les petites villes de Skogn, Momarka, et Levanger, en face de l'île Itteroy. Je m'arrête pour prendre quelques clichés, mais il tombe une sorte de crachin... Je laisse l'appareil photo à l'abri dans son sac. C'est dommage, car cette région doit être superbe sous le soleil... J'ai trouvé quelques photos sur Internet, ici et .

Peu après Verdal, vue vers Hylla, devant l'immense golfe de Trondheim, aux multiples ramifications.
En même temps, vous avez une petite idée de la couverture nuageuse... Un peu tristounet, dommage!

Vers l'Ouest, la presqu'île de Trones.

Je file vers le Nord-Est. Maintenant, la Norvège rétrécit à vue d'oeil en largeur, regardez sur la carte pour en apprécier la taille exacte! Je roule au centre du pays -dans le sens ouest-est, et je me trouve donc aussi près de la Suède que de la mer, soit en gros 50 km de chaque côté! Quel pays, tout en longueur maintenant. Ce qui explique que je vais monter vers le nord environ 4 fois plus vite qu'avant, et que le choix de l'itinéraire devient très simple: soit je longe la mer, avec tout ce que ça implique -nombreux ferries, temps d'attente, coût- soit je prends l'autre route, qui longe les grandes vallées. C'est le choix que je fais, et en ce sens, je modifie quelque peu mon itinéraire initial, compte-tenu du fait que j'ai déjà pris 48 heures de retard sur mon planning! Enfin, quand j'entends parler de "programme" alors que je suis en vacances... Décidément, ce besoin de planifier!

Le paysage est quelque peu monotone, mais c'est le fait de cette couleur grise presque uniforme qui donne cette impression.

Zoom sur la précédente. Et toutjours, bien sûr, cet habitat dispersé, très aéré!

Je traverse ensuite Rora, Sparbu, Maere, Sorlia, pour finalement arriver à Steinkjer, où je décide de casser la croute! Cette petite ville se trouve au fond du Beitstadfjorden, lequel est un bras du Trondheimsfjorden.

La couverture nuageuse est toujours excellente, au top niveau, dirais-je. En fait, il ne pleut pas, ou à peine quelques gouttes, mais je crois que j'ai de la chance, car vu le ciel, il pourrait en tomber bien davantage!

La région se met étrangement à ressembler aux Vosges: faible altitude, beaucoup de forêts de cônifères, nombreuses fermes, lacs. C'est du moins l'impression que je ressens en roulant. C'est joli. Mais les nuages gâchent beaucoup mon plaisir.

Je m'éloigne maintenant de la mer, et après la traversée de Asphaugen, Ulven, Folling, la route vient longer un immense lac, le Snasavatnet, de plus de 40 km de long. Sa largeur, par contre, dépasse rarement les 4 km, et se situe le plus souvent à environ 2 km.

De temps à autre, des fermes aux couleurs traditionnelles, à savoir rouge et blanche.

Vous remarquerez que c'est toujours aussi vert, mais je pense que vous n'êtes plus étonnés, depuis le temps que vous roulez avec moi, non? Et ça va, vous n'êtes pas trop mouillés? Pas trop froid non plus? Ah, vous aviez mis une petite laine, ok!

Ici la petite localité de Kvam, dont on voit l'école au premier plan!

L'église, toujours masquée derrière un rideau d'arbres, et son petit cimetière traditionnel juste à côté!

Parfois, mon ruban de bitume s'écarte des rives du lac.

Et parfois, il le longe de très près. Soudain, je vois quelques portions de couleur bleue dans le ciel.

Et un rayon de soleil apporte dans l'instant tout un lot de couleurs multiples... c'est tellement plus joli!

Du même endroit, en augmentant encore un peu le zoom. Ben oui, j'adore faire ça, et comme c'est pour moi...

Vue de la E6, cette grande artère qui fonce vers le Nord.

Quelques kilomètres avant Grong... Alors, le soleil, il est rendu où maintenant?

Je roule sous la menace permanente des averses!

Puis je reprends Nord-Est, toujours sur la E6. La route suit les méandres d'une magnifique rivière, la Namsen, qui s'avère être régulièrement classée dans le groupe des trois meilleures rivières à saumons de Norvège.
Le document le plus ancien sur la pêche au saumon date de 1597.

Comme vous pouvez le constater, il y a un peu de relief, ce qui rend les paysages très jolis.

Voilà le genre de vision que j'affectionne tout parculièrement.

La Namsen s'étire paresseusement entre les collines couvertes de forêts de conifères.

Le soleil manque pour parfaire le tableau, mais ces nuages très sombres ont un indéniable attrait, si tant est qu'ils ne décersent pas leur contenu sur Jolly Jumper et sur moi-même!

Si la rivière est calme à cet endroit, ce n'est pas toujours le cas.

En effet, quelques kilomètres plus loin, je vois une cascade en roulant. Intrigué, je fais demi-tour, il y a une sorte d'usine, ou de barrage électrique. Je vois mal, et l'endroit est bien gardé, ce sale troll m'a foutu les boules... J'allais repartir quand une jeune fille est sortie de là, et m'a dit que je pouvais entrer voir, que c'était libre et gratuit. Il ne m'en fallait pas plus...

Le site est grandiose, mais bon, en Norvège, tout est comme ça....

Je trouvais cette rivière très calme.... Je constate qu'il ne faut jamais se fier aux apparences, car ici, le débit est énorme. Il y a une échelle à saumons sur le côté, pour leur permettre de remonter le courant, mais comme ce n'est pas la saison, je n'en vois évidemment pas un seul. Malgré le temps sombre, l'écume est d'une telle luminosité que je n'arrive pas à faire une seule photo correcte! Enfin, celle-ci vous donne quand même une bonne idée du site.

Bienvenue à l'aquarium à saumons de Namsen.

Il est vraiment énorme, je dirais entre 5 et 7 mètres de hauteur!
Alors que j'allais partir -j'étais en train de fermer mon casque, c'est vous dire, qu'une voiture arrive doucement près de moi. Je regarde machinalement, et que vois-je? Des français, des "44", la Loire-Atlantique, c'est à côté de chez moi. Un couple descend, et le monsieur s'adresse un peu timidement à moi: 85, vous êtes vraiment vendéen? Ben oui! Il me dit: je n'y croyais vraiment pas, car avec une plaque jaune, ce pouvait être un hollandais, mais un vendéen! Et c'est parti pour une bonne conversation d'un quart d'heure environ. Ils sont de Machecoul, vous pensez si je connais! Bon, d'ailleurs, tous les français connaissent Machecoul, au moins la forêt, n'est-ce-pas? (la 7ème compagnie....). Rencontre très sympa, ça fait 23 ans qu'ils viennent en Norvège, ils adorent ce pays -heureusement... Ils ont toujours fait du camping. Maintenant, ils se payent des "hytte", mais ils ont toujours la tente avec eux dans la voiture. Bonne route, les amis.

Un peu plus loin, je passe devant l'église de Harran.

La Namsen est désormais plus tumultuseuse, et ressemble davantage à un grand torrent de montagne.

La pluie me rattrape, ou bien je rattrape la pluie, je ne sais pas lequel court après l'autre. Elle ne me laisse guère de répit. En fait, comme la E6 longe la Namsen et que les nuages restent accrochés à la rivière, je reste sous les nuages!

Je me prends quelques douches plutôt froides, puis je sèche à demi pendant une vingtaine de kilomètres, puis je me reprends une nouvelle saucée, et le tout entre onze et douze degrés, donc pas très chaud... Je traverse une immense forêt, très belle et très agréable à l'oeil, à laquelle il ne manque que le soleil. Les bas-côtés, humides, trempés même, sont splendides, et je constate que la nature explose de bonheur. Cette forêt fait plus de 100 km de long.

C'est si beau, ça semble si épais comme tapis d'herbe, de mousses et de fleurs, qu'on dirait la nature originelle, que l'homme n'a jamais foulée. Et partout, des petits ruisseaux, des milliers de petites fleurs blanches ou jaunes.

J'ai envie d'y marcher, de m'y allonger -enfin, j'ai envie, c'est tout, car ce doit être très très mouillé... Et toujours la grande rivière parfois fort tumultueuse, mais je n'ai pas pu la photographier, je roule sous des trombes d'eau!

Soudain, un grand panneau en travers de la route: vous entrez en Norvège du Nord

Je quitte donc la province du Nord-Trondelag pour entrer dans la province du Nordland -la terre du Nord.

Et ça me refroidit...
La pancarte me précise que j'ai déjà parcouru 304 km depuis Trondheim, et que je ne suis plus qu'à 100 km de Mosjoen.

Un peu plus loin, les nuages me permettent d'apercevoir les montagnes qui m'entourent!
Ce n'est pas tant la pluie qui me gène, mais surtout les paysages manqués!

La E6 suit la Namsen au plus près, mais doit parfois s'en éloigner pour franchir un col et passer d'une vallée à la suivante. La rivière est à ma gauche et s'engouffre dans un petit canyon qui me donne envie d'aller voir de plus près. Et justement, une aire de pique-nique a été emménagée à gauche. Je vais donc permettre à Jolly Jumper de se reposer un peu.

Les mouvements de l'eau laissent bien entrevoir la cassure du terrain sous-jacent....

Les vagues se forment, les tourbillons apparaissent. Bref, ici, il vaut mieux être sur la terre ferme que dans l'eau!

On distingue la E6 au fond.


L'endroit est absolument magique, et j'ai bien fait de m'y arrêter, malgré la pluie qui tombe!

En effet, je constate que les berges sont formées d'immenses dalles de pierre, certaines sont brisées comme ici.

Cette formation géologique est surprenante et très intéressante.

C'est tout simplement superbe, d'autant plus que le soleil fait une timide appartition.

Vous voyez que le courant est assez fort.

J'aime beaucoup arrêter le mouvement de l'eau avec l'appareil photo. On dirait que tout est figé!

Il faut bien regarder où l'on met les pieds. pas question de photographier en marchant, comme je le fais parfois!

Et toujours, la grande forêt partout autour de moi.

Une petite dernière pour la route. Je me lâche un peu, car j'ai été assez frustré aujourd'hui en terme de photos!

La nature s'éveille, et est déjà en pleine forme!

Et une petite de JJ avant de repartir. Je suis bien resté une dizaine de minutes à regarder les rapides. Merveilleux!

Un peu plus loin, la Namsen traverse sagement quelques petits lacs.

Si je vous disais que j'ai pris cette photo au Canada? Non? Ben non, mais ce pourrait être le cas!

J'aime bien ces petites îles, parout au milieu des lacs.

Au loin, les montagnes érodées, labourées par les immenses glaciers qui les recouvraient.

Ouah, mais que vois-je? Un peu de bleu dans le ciel, mais c'est Bizance!

Et aussitôt, avec la lumière du soleil, les couleurs apparaissent, les contrastes se font jour. C'est superbe!

La forêt s'éclaire.

J'adore voir ces couleurs de fin d'après-midi.

Et c'est vraiment une chance d'avoir ce petit bout de lumière, que j'apprécie cent fois plus qu'un autre jour, compte tenu des tonnes de pluie reçues dans la journée.



Je passe la ville de Mosjoen, qui était mon but de la journée. Je m'arrête dans le camping situé à l'entrée. D'entrée de jeu, je la trouve très bizarre, la réception: tu te retrouves dans une grande pièce remplie de chaises et de tables, dans la pénombre, pas un chat... je sors, et trouve un cycliste dans une "hytte", les huttes norvégiennes des terrains de camping. Il me dit, si si,c'est ouvert, mais il faut passer dans deux autres pièces, et tu tombes dans le bowling. J'y retourne, et effectivement, je trouve deux jeunes. Oui, c'est le camping, oui, il y a de la place -pour ça oui, il n'y a pas un chat, c'est d'un triste...- et ça coûte 100 NOK. J'ai tellement l'impression que ça fait "à la tête du client que je fais la moue, et je demande si c'est avec l'électricité. Le gros allait me dire non, mais le jeune, tout en mâchant son chewing-gum, lui dit "oui", car il est plus rapide et a du sentir que je dirais non. Le gros me montre sur le plan le coin des tentes: tout au bout, au plus loin des sanitaires. Je dis "je vais voir", mais en fait, je me barre. Trop nul. Et c'est d'un triste, à mourrir! Bien que fatigué, bien que n'ayant pas envie de me reprendre une douche "gratuite" du ciel, je repars. Je me dis que je vais bien trouver un camping mieux et moins cher plus loin...

En tout cas, si je ne trouve pas de camping, je retrouve des paysages de rêve!


Et une minute après avoir fait ce joli cliché, je vois un panneau "camping". Incroyable! En voyant ce paysage, je me disais: "ce serait génial de passer une nuit ici près de ce petit lac", et hop, le camping est là!

C'est le Fustvatnet.

C'est minuscule. Il y a des motards installés, ce sont des anglais, 4 motos.

Le patron me dit "100 NOK", je dis "avec électricité?", il dit oui. Je reste indécis, et lui demande s'il ne peut pas faire une effort, il me dit 70. C'est ok, emballé, vendu.

15 minutes plus tard, ma tente est montée. le petit truc, là, près de l'eau, oui, c'est elle.
En plus, vous savez quoi? La douche, elle est comprise dans le prix, et sans limite de durée! Je m'en suis donné à coeur joie, ça m'a récompensé des douches froides de la journée!

Bref, malgré ce sale temps, j'ai bien avancé, c'était quand même joli, et c'est beau les vacances!
Environ 360 km et 218 photos.

Les motos des Anglais, ce sont des Béhème.... Les grosses Trails GS, mon rêve!

Quelques photos avant de fermer la porte de la tente....

Voilà donc le paysage devant lequel je m'endors ce soir!


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