Innhavet - Kabelvag (Lofoten) - 28ème jour

Jeudi 25 mai 2006 - 28ème jour de voyage

Innhavet - Kabelvag (Lofoten)

78 km - 206 photos - 113 sélectionnées pour le site!

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Je bouquine jusque vers minuit et demi, sans lampe bien sûr, à la seule lumière du jour!

Je prends une photo de mon bouquin, sans flash, à minuit. Et le pire, c'est que le ciel est couvert!
Vous vous rendez compte? Aucune lampe de poche n'est nécessaire, sous la toile par temps couvert, en pleine nuit.

 

Je me réveille le matin, il fait totalement jour, je regarde l'heure: il est 3 heures du matin.
C'est incroyable, il n'y a toujours aucun besoin de lumière. Et IL PLEUT, en plus!


Je me réveille finalement vers 7 heures, et me lève de suite, car vu les grèves, peut-être ne faut-il pas arriver trop tard à Skutvik. Et je n'ai vraiment pas envie, malgré la météo, de louper les îles Lofoten.
Il est 8h30 lorsque Jolly Jumper démarre. C'est vous dire que je n'ai pas traîné. Quand on veut quelque chose...

Malheureusement, il pleut, et j'ai plié la tente sous la pluie. Donc... ma tente sera mouillée ce soir au remontage, à moins que je puisse l'étaler au grand soleil dans la journée. Bon, ce n'est pas une grosse pluie, non, pas du tout, c'est la petite pluie fine, celle qui mouille bien, vous connaissez? En plus, il n'y a pas un souffle de vent, c'est bien ce qui m'inquiète. Avec le vent, la pluie passe, mais sans vent, elle reste! D'un autre côté, j'ai l'impression que ça a l'air plus clair dans ma direction...

Finalement, je décide d'être optimiste!

Pour moi, c'est à gauche, direction Skutvik. Ce village s'appèle Ulvsvag. Devant moi s'étale la baie Stordjupet.

La pleine mer n'est plus très loin. C'est une fois de plus magnifique, alors qu'il ne fait même pas beau.
Vous imaginez ce paysage sous un beau soleil? Comme dans les Tropiques!


La route suit les méandres de la côte découpée. Je traverse de petits bourgs, Hjartuslt, Jorgenvik.
Je suis merveillé par la transparence de l'eau, par le sable presque blanc, par l'abondance du goémon.

Le long du Presteidfjorden. Par moments, la route s'éloigne un peu du rivage. Cette région est d'une rare beauté sauvage.

En fait, je suis actuellement sur la presqu'île de Hamaroy, où a grandi l'écrivain Knut Hamsun. La nature et la qualité de vie de ce bout de Norvège ont été la source de son inspiration. Je le comprends sans peine!

Alors que je prends cette photo, un camping-car s'arrête près de moi, la vitre s'ouvre et un gars me demande "pas de problème, tout va bien?" dans un français impeccable! Ben, normal, ce sont des Français. Très sympas; en fait, ils sont à deux camping-cars, de l'Indre-et-Loire. Ils sont revenus à minuit cette nuit des Lofoten, à cause des grèves, car le premier ferry qu'ils devaient prendre était complet.

Je viens de traverser le village de Presteid. Ici, la terre et la mer s'interpénètrent sans cesse, et il est difficile de comprendre la configuration du terrain. La mer est devant vous, puis à droite, puis à gauche, puis derrière, et ce continuellement. C'est très bizarre, et il est presque impossible de ne pas perdre le Nord.

Au fait, regardez-moi ce ciel. J'avais raison de vouloir être optimiste, n'est-ce-pas?
Sur cette photo, vous avez aussi un aperçu du mal qui ronge les routes en Norvège. Le goudron se fissure, et ces mini-crevasses sont parfois profondes, et il faut toujours être prudent en deux-roues.

Zoom sur les habitations. Encore un tableau vivant. Mais tout est comme ça, ici, vous savez bien!

Autre vue, mais toujours du même endroit. Ce n'est pas compliqué, où que vous tourniez la tête, c'est joli. Le Kaldvagfjorden s'enfonce profondément dans la montagne, et forme une baie étroite, la Lilandspollen, que je contourne par Hamsund, pour redescendre ensuite et traverser Liland près du Lilandsvatnet. Tout ça se tient très bien, non?

J'arrive à Haukasx.  Remarquez combien la route est défoncée. J'ai mal pour JJ, enfin, non, pour ses pneus!

Ici, on se croirait dans l'Ouest américain. Mais non, je suis bien dans la forêt vierge de Norvège, le pays des trolls.

Le Hamaroykaftet. Muraille terriblement impressionnante de 612 mètres. Est-ce que des alpinistes l'ont grimpée?
Oui, évidemment, les hommes aiment tellement les défis. Elle a été escaladée pour la première fois en 1885.
Par contre, une grande quantité de fourmis et autres insectes la montent quotidiennement, mais personne n'en parle!

La zone avant la forêt est très marécageuse.
Je vous le disais, toutes les conditions sont réunies pour penser à une nature tropicale!

Haukasx... Petit village.

Toujours du même endroit, voici un gros zoom vers la forêt. Tellement belle!

La baie Rossvika, dans le détroit Rossviksundet.
J'ai même droit aux bateaux de pirates mouillant dans les petites criques des Caraïbes...

Ah non, ce ne sont pas des pirates? Pas les Caraïbes? Des pêcheurs? Des Vikings, sans doute!

Une maison de Rossvika. Elles sont à peine visibles, cachées par la végétation. En été, on ne les voit sûrement plus!

Et c'est finalement à 9h45 que j'arrive à Skutvik,mon port d'embarquement pour les Lofoten.
Pas un chat, tout est fermé partout, aucun café, aucune boutique. Je me dis qu'ils doivent être solidaires des grévistes.

Et au bout de la route, le parking des files d'attente pour le ferry. Sur les 4 rangées prévues, un peu plus de 2 sont remplies. Je décide de ne pas rester 3 heures ici à attendre, je retourne sur mes pas... vers une petite route qui conduit sur la côte, près d'un camping, à environ 6 km du point d'embarquement. Pour une fois, je vais profiter du paysage, marcher sur le rivage, regarder, écouter ce silence, c'est merveilleux. Sauf les nuages, qui semblent revenir!

Le petit village qui se trouve ici s'appèle Ness. Dans cette baie aux multiples îles se cache le deuxième plus puissant courant maritime après celui de Saltstraumen. Nesstraumen forme l'entrée d'une unique et magnifique mer intérieure aux îles et aux plages innombrables. Ici se trouvent aussi des vestiges de populations Viking.

Je vous laisse admirer le paysage comme je le vois moi-même. Admirez, prenez votre temps, le ferry est dans trois heures...

Les eaux sont absolument transparentes.

Regardez-moi ça. Et si j'avais du soleil, ma photo serait sublime.

Pas besoin de mots pour vous décrire ces photos. Je laisse chacun admirer avec sa propre sensibilité.

Le décor est somptueux.

J'ai l'impression d'être au bout du monde.

Ah, ce goémon. Lorsque j'étais gamin, c'était comme ça chez nous, à Saint-Gilles-Croix-de-Vie. Il n'y a pratiquement plus rien maintenant! Quelle misère. Aussi, vous pouvez imaginer ma joie en voyant ces tonnes de goémon vivant.

Les nuages apportent une petite touche personnelle à cette image. Dois-je les en remercier?

J'ai la chance d'apercevoir quelques sommets enneigés entre deux trouées.
Vous imaginez aisément ce que je peux louper!

Je pense que vous le reconnaissez? Le Hamarøyskaftet.

Des dallages sont visibles sous l'eau.

Et encore une photo du goémon. Je sais, ça commence à vous énerver, maintenant. Bon, j'arrête.

Des moules s'accrochent et s'installent sur de vieux morceaux de bois abandonnés.

Le Hamarøyskaftet. Encore!

Les quelques maisons de Ness.

Ness, toujours.

Ness, des traces de civilisation Viking.


Je vous laisse admirer seuls les vues suivantes.

Un décor de carte postale.

Zoom sur la précédente.

On dirait presque un volcan avec son panache de fumée blanche...

Ness est derrière moi. Voici donc la route qui y mène!

Tiens, il y a un terrain de camping.

Welcome to Ness Camping.

Je pense que vous reconnaissez bien le Hamarøyskaftet maintenant.

Je ne suis pas seul. Un oiseau de promène sur les rochers.

On aperçoit quelques une des nombreuses îles. Si j'avais un kayak... c'est un petit paradis terrestre... et maritime!

Les nuages se déplacent vite, le paysage change rapidement.

Un loueur de bateaux.

Il vient d'embarquer deux touristes. Les seuls que je vois ici.

Jolly Jumper m'attend devant la réception, qui est fermée...

En retournant à Skutvik, à mi-chemin de Ness, la route traverse une zone très humide, semi-marécageuse, entre lac et mer.
J'ai le temps, et je décide d'aller voir de plus près.

Le rocher est par endroits totalement recouvert de mousses et de toutes sortes de végétaux endémiques.

C'est absolument démesuré. L'épaisseur végétale est de plusieurs centimètres! Vous pouvez tomber sur la roche, vous ne vous ferez aucun mal. J'ai marché dessus pour tâter le terrain. Inimaginable!

Je vous assure que ma semelle est très épaisse, et que je n'appuie pas à fond!

Je lève mon regard vers la mer.
Des dizaines d'îles minuscules, entièrement recouvertes de mousses. N'oubliez pas, il s'agit d'eau salée.

Partout où je pose mon regard, dans cette immense baie, je vois ces petits îlots.

Un os de... renne, je pense!

Plus loin, en s'éloignant du rivage, on retrouve les arbres, puis la forêt.

Ici, la mousse est encore bien plus épaisse, et de la végétation un peu plus élevée s'accroche à la mousse.

La zone marécageuse, entre mer et forêt, entre rivage et montagnes.

Mousse, plantes grasses...

La roche est à peine visible!

La roche n'est plus visible! Et je vous garantis qu'elle est bien là, en-dessous!

C'est tout simplement... hallucinant, comme disent les jeunes!

Et mon fidèle Jolly Jumper m'attend comme toujours. Je lui dois quand même un... sacré voyage!

Je reviens donc à Skutvik. Il est 11 heures.

Cette fois, le ferry est juste arrivé, et commence à débarquer ses véhicules. Trois files sont pleines, je suis au début de la quatrième. Je prends quelques photos. Pour changer.

En attendant le départ du ferry.

Le petit port de Skutvik.

Le canot de sauvetage obligatoire!

Tout d'un coup, je vois Yasser Arafat -mon Hollandais d'hier- qui arrive. Il y a d'autres Hollandais, ainsi que des Allemands. Nous discutons gentiment tous ensemble en attendant l'embarquement. La langue utilisée est l'allemand. Madame "Arafat" m'invite dans son camping-car-van à prendre un excellent café, bien chaud et que j'apprécie tout particulièrement, accompagné de quelques gâteaux. Pour une fois, l'attente du départ d'un ferry est fort agréable.

Il y a beaucoup de véhicules, et peu d'élus. En effet, beaucoup ne partiront pas et devront attendre le suivant à 18h15... Pour nous, départ à 12h45 pour deux heures de traversée. Ici, départ de Skutvik. Ce couple, ce sont des Allemands qui vont aux Lofoten avec une voiture tractant une très grosse caravane. Ils comptent y rester deux semaines. Le prix de leur traversée est très élevé, et leur budget, bien que clients des campings, est énorme comparé au mien!

Sortie du port de Skutvik.

Et c'est parti pour pratiquement 50 km de mer.

Dernières manoeuvres pour quitter Skutvik, dont on s'éloigne maintenant rapidement.

Encore un exemple, s'il en est, de l'habitat dispersé en Norvège.

Encore un petit hameau au bord de l'océan.

Vue générale du rivage.

Puis je vois poindre à l'horizon une très longue ligne de montagnes enneigées et toutes plus pointues les unes que les autres. Ce sont les fameuses îles Lofoten. Malheureusement, si la partie nord-est est sous le soleil -plus ou moins-, la partie sud-ouest est complètement sous la pluie, et notre bateau prend résolument cette direction. Un cauchemar! Et moi qui pensais avoir beau, je me suis bien, mais vraiment très bien planté.

Encore une vue arrière de la côte Norvégienne que je quitte.

Là-aussi, les nuages s'accrochent fermement à la montagne, et n'ont vraiment pas l'air de gars qui vont s'en aller!

Zoom sur les îles Lofoten, telles qu'on peut les voir lors d'une arrivée par bateau, ce qui est quand même le cas général!

Ah, si seulement j'allais de ce côté... Mais cette partie, je la ferai en scooter. Comme je vais débarquer à peu près au centre des Lofoten, je vais commencer par descendre vers le Sud, pour ensuite remonter au Nord.

A peine une demi-heure que le ferry est parti. Regard vers le "continent".

Encore une pour les îles Lofoten.

Magnifique, cette île avec son panache de... nuages!

Vue avec le bateau. On dirait que je suis en croisière, hein? Il me manque quand même le soleil!

A partir de là, je vois le ferry foncer vers la pluie, et ce qui devait arriver arrive. Il pleut à verse. Pas de grosses gouttes, pas de vent, mais une pluie très fine et intense. Même avec mon équipement de moto, je ne peux pas rester sur le pont. Obligé de rentrer dans le grand salon. Il y fait bon, voire même chaud. Le champ de vision y est exceptionnel, de grandes baies vitrées sont placées sur 180 degrés, c'est vraiment très bien fait. Mais... avec ce qui tombe dehors, aucune photo n'est possible d'ici non plus! Je me console en discutant avec mes nouveaux compagnons, les Allemands et le couple Hollandais "Yasser Arafat".... On papote, mais le coeur n'y est pas. Pour eux, c'est moins important, ils ont un toît sur la tête. mais quand je pense à ma toile déjà trempée de ce matin, je commence à penser que je vais la remonter trempée...

Pendant la traversée, on voit des dauphins, mais vraiment trop loin pour être photographiés: ils sortent et replongent à intervalles réguliers, ça fait rêver, mais c'est tout, car pas assez visible.

Peu avant l'arrivée finale, le bateau fait une courte escale sur l'île de Skrova, à 10 kilomètres environ de Svolvaer, pour charger et décharger quelques passagers et véhicules.

15 heures. C'est l'arrivée dans le port de Svolvaer.

En arrière plan, le mont Svolvaergeita.

Il y a beaucoup de traffic ici, et de touristes, car Svolvaer est un des deux ports de transit sur les Lofoten. Dans mon itinéraire initial, je devais arriver par l'autre port, situé à l'extrémité des Lofoten, mais ce sont les grèves qui m'ont obligé à modifier mon plan. C'est nettement moins bien, puisque je vais être obligé de faire la route dans les deux sens!

Bon, il pleut moins, mais il "bruine" toujours! Je commence par faire le plein d'essence pour être tranquille. A la station, le caissier me passe un journal pour que je puisse m'informer de la météo. Pas réjouissant du tout!

Bon allez, courage, Jef, t'es pas en vélo, ce n'est pas si catastrophique que ça. Et puis, ce n'est que de l'eau qui tombe, encore heureux, car ce pourrait être pire! Ah oui? Bon, ok, j'enfourche mon canasson, et direction Sud-Est, par la seule route, la E10. Malgré la pluie, c'est superbe, alors vous imaginez!

Eglise de Kabelvag, appelée église de Vagen qui date de 1898. Elle est surnommée "la cathédrale des Lofoten" en raison de ses imposantes dimensions. Elle peut accueillir jusqu'à 1200 fidèles.

Je réussis à faire quelques photos malgré la pluie. Ouf!

Le paysage autour de l'église est admirable. Les eaux sont limpides, malgré l'absence de lumière.

Cette petite route se détache de la E10 Malgré le mauvais temps, je décide d'aller voir...
On ne se refait pas, que voulez-vous! Je suis toujours curieux, je veux voir ce qu'il y a derrière le virage!

Vue globale de l'église.

Evidemment, j'arrive au bord de l'eau. Ici, aux Lofoten, toutes les routes mènent sur un rivage, forcément!

Décidément, je loupe tous les sommets! Je les devine dans la brume...

Le plafond nuageux est trop bas, ça commence à m'énerver de constater à quel point je perds mes photos.

Bon, ça suffit comme ça. Je prends ma décision en photographiant. C'est assez pour aujourd'hui.
Je vais me chercher un camping, et me mettre à l'abri. Demain est un autre jour.

J'en trouve un en 5 minutes, que je prends après avoir obtenu l'électricité gratis -90 NOK quand même. Les sanitaires sont loin d'être terribles, il n'y a pas de savon, il n'y a pas de papier pour sécher les mains, le type n'est pas aimable, bref, je vous déconseille ce camping au plus haut point. Il est situé à Kabelvåg, environ 6 km après Svolvaer.

Je monte la tente sous une petite pluie très fine, et elle est encore trempée de ce matin, comme je vous le disais. Je sèche un peu l'intérieur avec un chiffon, je rentre toutes mes affaires, la nourriture, et je m'installe. Mise en charge des piles, récupération des photos, écriture de mon récit quotidien; la pluie tombe sans arrêt, et j'ai froid. Heureusement que je me suis arrêté, je suis enchanté d'avoir pris cette décision si vite.

Il est 18h10 maintenant, et j'ai fini.
Je vais me faire un bon café, et casser la croûte, puis prendre mon bouquin, et me coucher de bonne heure.

 

 


Pourvu qu'il fasse beau demain, car, franchement, s'il n'y avait pas la pluie, ce serait le paradis du voyageur.


A peine 70 km de route, plus deux heures de ferry, et 206 photos quand même...


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