Helsinki - Tallinn - Pärnu - 40ème jour

Mardi 6 juin 2006 - 40ème jour - environ 170 km - 376 photos, 24 sélectionnées - Temps beau puis triste.

De Helsinki (Finlande) à Pärnu (Estonie) via Tallin - Kernu - Haiba - Märjamaa - Halinga - Are - Sauga

06/06/06.
C'est la date d'aujourd'hui, qui marquera mon entrée dans une série de pays que je n'ai jamais vus, les Pays Baltes.
C'est aussi l'anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944...

Et que croyez-vous qu'il fit, le gars? Eh bien, il y alla...

Je me suis réveillé à 2h, puis à 4h, puis à.... 5h25, alors que le réveil devait sonner à... 5h30. Je vous dis, cette horloge biologique, c'est incroyable. Bref, et le soleil tape sur la tente, oui oui. Au fait, je dis 5h30, en Finlande, soit 4h30 pour vous! Tout le monde dormait, évidemment!

Quoi non, qui c'est qui a dit non?


Pas de bol pour la photo! Quand j'y pense, la tente est déjà pliée, les boules, vraiment. Mais pas le courage de la remonter pour la photo! Il est 5h34 heure française, et je démarre direction le port à 5h45..., enfin, 6h45 pour les Finlandais.

Alors là, je suis heureux de mon choix, et merci à la petite demoiselle qui m'a refilé le tuyau hier soir au port d'Helsinki. Le bateau qui n'avait plus de place, eh bien il en avait encore pour Jolly Jumper, donc j'ai été accepté, et passé en premier en plus (souvent, pour les deux-roues).

Ah, le Meloodia. Vu sur internet, c'était le plus rapide et le moins cher... En fait, c'est le plus lent, et le moins cher. Il devait partir à 9h, il est parti à 9h40 -oui, oui, vraiment énorme-, mais il est arrivé à l'heure prévue, 12h15 à Tallinn. Et le plus beau: il est tout rouillé, ce n'est pas un fleuron, loin de là. Franchement, si on devait couler, je ne suis pas sûr, vu leur état, que les chaloupes de sauvetage pourront être descendues à la mer... Mieux vaut ne pas y penser. Et le prix, en plus: 40 euros, au lieu de 69 euros avec le rapide hier! 29 euros d'écart, c'est énorme.

Jolly Jumper, de son côté, se moque de tous ces débats. Il est prêt à quitter la Scandinavie, c'est sûr!

Pas mal, le mousqueton, mais... un peu lourd pour la ceinture, non? Allez, on me fait signe de grimper...

Vu du haut, en attendant le départ, la file des caravanes et autres touristes qui arrivent pour embarquer, les containers, énormes, très nombreux...
C'est moche, un port de commerce, je n'aime décidément pas du tout!

Au loin, la sortie du port. Je devine la pleine mer.

A cinq sur la même voiture! J'y suis passé aussi, ils étaient sympas.

Si tu ne parles que français, il te reste les dessins... assez explicites... surtout le dernier!

Et c'est ma foi parti. Petite suite d'images d'Helsinki s'éloignant; en fait, il y a tout un tas de petites îles qu'il faut contourner, le chemin est très balisé. D'ailleurs, en regardant la carte affichée dans le bateau, j'ai vu que cette partie de la Baltique ne fait que 85 m de profondeur maximum...

Au loin, les quais que je longeais hier soir, à la recherche des compagnies maritimes.

La côte finlandaise commence à s'éloigner. J'aperçois au loin les immenses forêts longeant la Mer Baltique.

Un hélicoptère vient nous survoler. Petite photo pour Didier, le spécialiste!

Encore un porte-container pour Helsinki, en provenance de Tallinn, ou de Suède, ou de...? Je regarde son nom sur ma photo. C'est le Nathalie Ehler. Un petit tour sur Internet, moteur de recherche, et... réponse. Cargo de nationalité anglaise, construit en 2002, 133 m x 22 m, 11.390 tonnes.

Renseignements pris le mardi 1er septembre 2009... Internet, c'est très impressionnant!

On distingue encore le cargo "Nathalie Ehler", au-delà du sillage laissé par "mon" bateau...

Et à propos de mon bateau, justement, le Meloodia. Petite recherche sur Internet, et vous trouvez tous les renseignements! Et qu'est-ce que j'apprends? Qu'il ne fait plus la liaison Tallin-Helsinki. Toute l'année 2007, le Meloodia a fait le charter dans la région des îles Baléares en Espagne. Vendu en 2008, il est maintenant à Singapour sous le nom ARV 1... Lancé en 1979, il a donc servi sur cette ligne Tallinn-Helsinki de 2002 à 2006. En tant que Meloodia, il faisait 139 mètres de long et avait une capacité de 1.700 passagers, 826 lits et 480 véhicules. Une fois de plus, avec Internet...

Au zoom, j'aperçois la cathédrale orthodoxe au pied de laquelle je roulais hier soir.

Hum hum... Pas mal rouillées, les affaires!

C'est beau, non?

Comme ça, si vous prenez ce trajet à votre tour, vous ne serez pas perdus!

Il y a du change sur le bateau: 15 EEK (couronne estonnienne) pour 1 euro. Je ne prends rien.

Je reste sur le pont au moins pendant deux heures, au soleil, à me faire chaquffer. Quel bonheur, et quelle chance: ciel bleu sur la Baltique. Je branche le GPS, et je constate que nous filons exactement à 35 km/h, alors que les ferries modernes tournent à environ 50 km/h. Mais ce n'est pas bien grave pour cettre traversée, car elle n'est pas très longue. La distance à vol d'oiseau entre Helsinki et Tallin est de 82 km. A la nage, ok, ce serait un peu long!

Puis, à l'approche des côtes estoniennes, le ciel s'est complètement couvert; et ça n'a plus changé de la journée: 12 degrés et couvert! On distingue très bien Tallinn et tous ses jolis clochers, qui font sa renommée.

Tallinn est la capitale de l'Estonie. C'est la première fois que, lors d'un voyage -qui ne soit pas aérien-, je quitte une capitale pour entrer dans une autre!

Tallin et ses immeubles, au sol, et flottants...

Tallinn et ses nombreuses églises.

Tallinn et son port. Tiens, mais que vois-je? Le ferry qui se trouvait hier soir à Helsinki, c'est certain! Je le reconnais à sa peinture caractéristique.

J'adore vraiment les arrivées par mer, avec la vision de plus en plus précise des immeubles. Un vrai régal!

Le "Costa Magica", superbe maison flottante. C'est un magnifique bateau de croisières, construit en 2004. 272 m x 35 m, 1.358 cabines, 1.027 membres d'équipage, 17 ponts dont 13 pour les passagers, 20 noeuds en vitesse de croisière...

Et le ferry vu hier à Helsinki.

En approche du point de débarquement.

A gauche, La cathédrale orthodoxe Alexandre-Nevsky s'inspire du style moscovite.

Encore un joli bateau de croisières, Arielle. Construit en 1970, ce paquebot a plusieurs fois changé de nom - NORDIC PRINCE - CAROUSEL - AQUAMARINE - mais aujourd'hui (15 mai 2006) il touche Le Havre pour la première fois sous son nouveau nom : ARIELLE. A cette occasion, Olivier de la Laurencie - Directeur de l'Exploitation - a d'ailleurs remis une médaille et une plaque au commandant pour marquer cet événement. Ce paquebot peut accueillir 1 168 passagers à bord en plus de ses 700 membres d'équipage. En provenance de Lisbonne, il effectue une croisière européenne et a débarqué près de 800 croisiéristes allemands sur les quais havrais ce matin. Il repartira ce soir vers 21 h en direction de Douvres. La consignation de ce navire a été assurée par Humann et Taconet. (Renseignements extraits ici).

Au débarquement; je me trompe de file, on me renvoie illico presto dans la bonne: contrôle!

Et je tombe sur un douanier tout content de sortir quelques mots de français; je fais mon plus beau sourire, très gentil, et c'est expédié en 2 minutes, avec un "bon voyage"... Tant mieux, car je n'avais pas envie d'attendre! J'ai faim, j'ai froid, et je veux quitter cette ville au plus vite (c'est une ville très réputée, mais les villes ne sont pas le but de ce voyage), et je n'ai pas d'argent non plus -enfin, bien de ma faute, aussi... Je trouve une station, non, pas d'euros, mais je peux payer avec la carte bleue. Le litre de SP95 coûte moins de 1 euro (14 EEK). Je m'en doutais, c'est pourquoi je n'avais pas refait le plein à Helsinki. Bingo, Jef, bien calculé.

Et c'est parti sur la 2x2 voies qui relie Tallinn à Pärnu.

Quelques maisons le long de la 2x2 voies. Ici à Kanama, juste après Saue.

A Kernu, je quitte cette belle voie pour essayer de prendre les petites routes, et rejoindre la côte par les villages. Justement, il y en a un à 2 km, je vais faire un essai. But! Les routes secondaires sont minables: goudron détérioré, quand ce n'est pas du ciment, quand ce n'est pas un chemin caillouteux sans goudron. Impossible dans l'état de JJ. D'ailleurs, même en bon état, il ne le resterait pas longtemps. La 2x2 est assez bonne, mais on voit des panneaux "financé par des fonds européens"...

Donc, j'arrive au petit village Haiba, puis je fais demi-tour. Mais, à part l'état catastrophique du réseau secondaire, j'adore vraiment les arbres. Ils sont superbes. Les fermes sont très vieilles, souvent en bois, et très très abîmées. Dans le petit village, il y avait 4-5 immeubles de style stalinien, dans un état de vétusté très avancé, et il y avait des gens dedans; je ne me suis pas permis de photographier, je déteste faire ça, prendre les gens pour des animaux de cirque. Donc, par respect et correction, vous n'avez pas de photos, désolé. A côté de ça, ce qui m'a frappé dans ce petit village, c'est qu'il y a une piste pour piétons et vélo qui est superbe, et qui fait un contraste très étonnant avec le reste! A noter aussi que j'ai croisé deux hommes complètement saouls qui erraient sur le talus, le long de la 4 voies!

Les arbres, comme je vous le disais, sont majestueux.

Je retrouve la grande route, qui traverse une très grande forêt; à un moment, il y a des travaux, avec panneaux descendant la vitesse à 50, et des feux au bout. Deux camions m'ont alors doublé, alors que je roulais à 50, ils roulaient au minimum à 80, très franchement. Les feux, c'était parce que la voie passait de deux à une voie... la partie gauche était un trou énorme à au moins 80 cm plus bas que la droite! Les camions ont freiné, le feu est passé au rouge, ils ont accéléré et ont grillé le feu, mais bien! Des malades. Ah, ça me change des Scandinaves. Enfin, surtout des Norvégiens: ils sont parfaits, je dirais même qu'ils sont trop parfaits; les Finlandais, un peu moins bien que les Norvégiens, un peu plus entreprenants, on va dire! Mais les Estoniens, c'est comme les Français il y a 30 ans, je le sais, j'étais comme eux! Je ne me rendais pas compte, il s'agit bien d'éducation! Un camion me double, une voiture double le camion, que croyez-vous qu'il arrivât? Le camion me serra... Je suis devenu rouge de colère! A partir de ce moment-là, JJ a pris absolument toute la route, comme une voiture. Pas question de les aider, plus vous vous rangez, et plus ils vous poussent au fossé. Au moins, quand je route au milieu, voire même plutôt à gauche, ils me doublent sur la moitié gauche! Non mais...

Bon, mais que vais-je faire? Sans argent du pays, et je ne sais même pas s'il y a des campings. J'approche maintenant de Pärnu, et je vois sur ma droite, camping à 4 km. Il est 14h30. Je suis fatigué -ben oui, quoi, retournez en haut de la page et regardez à quelle heure je me suis levé...!-, j'ai envie de me poser, je vais voir. Route abîmée, je roule très doucement. Il est bien à 4 km. Oui, c'est ouvert. 10 euros le bungalow, avec Internet en acces Wi-Fi, oui oui, et vous pouvez payer en euros bien sûr. C'est vraiment inespéré.

Je prends sans discuter.

Je descends mes affaires, et je teste aussitôt la connection. Pas de problème, génial, j'envoie des nouvelles à toute la famille. Pas de tente à monter ce soir, c'est plutôt cool. C'est un peu humide à l'intérieur, mais je ne vais pas faire la fine bouche.

La voiture des propriétaires. Très modernes, ils ont un site Internet. C'est un peu un camp de jeunes, de type scout, mais ça ne me gêne pas.

Tout compte fait pas si fatigué que ça. Il est 16 heures, et je n'ai pas envie de rester à glandouiller ici. J'enfourche donc mon canasson et je vais voir un peu cette grande ville de Pärnu, située à quelques kilomètres, sur la Mer Baltique, au fond d'une superbe baie dans le golfe de Riga.

Arrivée à Pärnu. Je me dirige vers le centre-ville. Eglise Saint Nikolaï. Rue Nikolaï.

Je laisse Jolly Jumper devant cette belle maison.

Le quartier semble avoir été rénové très récemment.

Porte d'entrée de l'hôtel de ville, datant de 1797, et construit par un marchand, P. R. Harder, comme maison d'habitation. Le tsar russe Alexandre 1er s'est installé ici lors de sa visite à Pärnu en 1806.

Vue d'ensemble de l'hôtel de ville (au-delà de JJ, là où se trouvent les drapeaux).

Plaque apposée sur un mur de l'église de Sainte Catherine, martyre.

 

Elle a été construite en 1768 en remplacement de l'église en bois précédente, selon l'ordre de l'impératrice Catherine II qui traversa Pärnu en 1764.

J'aime beaucoup ce style orthodoxe, et j'ai un peu l'impression de me trouver en Russie!

Le mariage des couleurs blanc, jaune or et vert est très réussi.

Sur la place, tout près, se trouvent de très beaux arbres.

Tous les styles se mélangent dans ce quartier.

Uus, c'est le nom de la rue.

Quelques prix immobiliers, pour les curieux -comme moi, j'en conviens! Sachant qu'un euro vaut 15 EEK. Je vous laisse traduire. Mais ce que je peux vous affirmer, c'est que c'est nettement moins cher que chez nous! Je remonte sur mon cheval.

Mais à part le centre-ville, les autres quartiers semblent en mauvais état. Ci-dessus quelques rangées d'immeubles sur la Haapsalu Maantee.

Et on côtoie deux mondes: les mercèdès noires, puissantes et neuves, et les pauvres malheureux pratiquement en haillons et à pied, ou dans des bus dans un état... Bon, les Estoniens, ils sont dans l'Europe, mais je ne sais pas si c'est ce qu'ils avaient de mieux à faire... Quoi que, entre ça OU la mafia, enfin, ils ont sans doute ça ET la mafia... Ceci dit, en France, il y a aussi des quartiers où se côtoeint les grosses berlines noires aux vitres teintées et les piétons faisant la manche... C'est juste que ça m'horripile à chaque fois!

La circulation est assez aisée. Dans ce quartier, ce qui me frappe, c'est la quantité de maisons en bois.

Je vous laisse regarder. C'est la rue J.V. Jannseni, juste après avoir traversé le pont enjambant le fleuve Pärnu, du même nom que la ville, et sur lequel mes narines ont été très soumises à un bombardement olfactif d'égoûts, à tel point que j'avais l'impression d'avoir le nez dedans...

Juste après la J.V. Jannseni, je prends la Haapsalu Maantee, dans laquelle je roulais tout-à-l'heure. Ici, dans ce virage à angle droit, un petit canal se jette dans le fleuve.

Maisons dans la Haapsalu Maantee.

Pärnu fut fondée en 1251 sous le nom de Pernau par les chevaliers allemands de l'Ordre de Livonie.

A droite, entre cette avenue et le canal, se trouve un très grand cimetière.

Je décide d'aller voir.

Il y règne un très grand calme, comme très souvent dans ces lieux, leurs habitants ayant la réputation de rester couchés.

Vieille croix allemande, à l'envers, écrite avec les lettres gothiques.

Il y a bien longtemps que plus personne ne s'asseoit sur ce banc!

Les tombes vont jusqu'au canal.

Ce cimetière est superbe, en ce sens que la nature y est omniprésente.

Je reprends mon scooter pour retrourner au terrain de camping. Et je fais une grosse boulette! En effet, Pärnu est extrêmement réputée, au niveau touristique, pour son immense et superbe plage! Lorsque j'étais à l'hôtel de ville, j'en étais à moins de 500 mètres! Mais je ne le savais pas. En tout cas, c'est vraiment dommage, d'autant plus que je n'ai toujours pas réussi à voir une grande belle plage sur cette mer!

La route passe près d'un petit circuit que je n'avais pas remarqué en passant tout-à-l'heure. Mais cette fois, le bruit des moteurs attire mon attention!

J'ai la surprise de voir tourner des motos de course. Sympa!

Le camping se trouve juste après, sur la droite.

Très belle maison rénovée, au même endroit. Photographiée d'ici.

Dépendances de la ferme, du même endroit.

Et la maison principale de la ferme.

Arrivée au camping. Vue sur d'autres rangées de bungalows. Je retourne dans mon logis.


Bilan:
Environ 175 km effectués, et 376 photos. Le problème avec la carte mémoire s'est amplifié, je suis très inquiet.
J'ai formatté la carte, on verra demain...
Bonne nuit.


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