Le Pays Basque - 2ème jour

Lundi 15 Septembre 2003

Etape de 278 km - 330 photos prises et 166 sélectionnées

Sur la carte ci-dessous, il y a des liens vous permettant d'accéder directement aux photos et au récit attaché à cette région. Dirigez votre souris vers les coins qui vous intéressent, et si la flèche se change en une main, c'est qu'il y a un lien direct. Attendez un petit moment avant de cliquer si vous arrivez juste sur cette page, le temps que les photos se chargent. En attendant un peu, vous pouvez commencer à lire le début, ce qui vous permettra de patienter. Lorsque vous voudrez revenir à la carte, utilisez la flèche "précédent" de votre navigateur. Bonne lecture.

Il est 8h30. Je viens de quitter Bayonne et de passer le joli village d'Arcangues (rendu célèbre par Luis Mariano). Mais je suis pressé de rejoindre la nature, et voici donc ma première photo de la journée. C'est superbe, l'humidité nocturne commence à s'élever sous l'action des tout premiers rayons de soleil, à peine visibles si ce n'est cette légère coloration orange à l'horizon.

Et la Rhune apparaît dans mon champ de vision. Aujourd'hui, je vais pouvoir l'approcher.

Je roule sur la belle petite D3, qui descend pour l'instant plein Sud, vers Saint-Pée-sur-Nivelle.

Je pénètre dans la belle forêt d'Ustaritz.

Encore une belle maison basque, et toujours la Rhune à l'horizon.

Pas question de continuer sans le prendre en photo, ou bien il va me faire la tête.

N'est-ce-pas magnifique ? Et cet éclairage du matin: la nature s'éveille, je suis sous le charme.

Zoom maxi sur la Rhune.

Vous allez voir aujourd'hui de nombreuses maisons basques, car je les trouve trop belles, et je ne suis pas le seul. En effet, alors que je passe l'appareil photo devant mes yeux, il se trouve qu'il déclenche tout seul sur les sujets qui l'intéressent, et les maisons en font partie...

Le soleil monte vite, et le ciel bleuit de minute en minute.

Vous la connaissez maintenant: c'est.... la.... Rhune. Bravo !

Quand on aime... Je viens de passer St Pée-sur-Nivelle et je roule vers Ascain.

La D3 toujours, tout près d'Ascain.

En cours de rénovation ? Elle a quand même du cachet, vous ne trouvez pas?

Je roule désormais sur la D4, parallèllement à la chaine des Pyrénées. Cette route est minuscule, et j'essaie en fait d'atteindre la frontière espagnole sans prendre l'autoroue ou la N10, mais n'ayant pas de carte assez précise, je vais un peu "tourner en rond" dans cette magnifique campagne basque, et je vais finir par devoir la prendre, cette fameuse N10. En fait, les petites routes ne passent pas la frontière, elles restent du côté français, je n'ai donc pas le choix !

Alors rouler ici en scooter, par un temps pareil, c'est tout simplement sublime. Cette province basque s'appelle le Labourd.

L'Espagne est derrière ces petites montagnes.

Je rejoins donc la N10 pour atteindre la frontière à Béhobie. Côté espagnol, ce n'est pas très joli, car on "tombe" sur un complexe industriel. Il y a une station d'essence, j'en profite pour faire le plein, d'autant plus que c'est nettement moins cher que chez nous. Je suis pressé de partir d'ici. Allez, direction Sud-Est, la N121A, le long de la Bidassoa. En effet, cette rivière sert de frontière entre les deux pays sur une grosse dizaine de km.

J'aperçois le clocher de Biriatou - "terre d'une frontière imposée entre gens d'une même langue et culture basque"-
sur les hauteurs, côté français.

La Bidassoa s'écoule tranquillement au pied du massif Pyrénéen.

Mon passage en territoire espagnol n'est pas long. Quelques km plus loin, je reprends la direction de la France par la NA-4410 qui traverse Bera-Vera de Bidassoa et conduit à Ainhoa en France. Je traverse donc Vera, mais je veux passer par tous les cols, c'est le but de ce voyage. Or, si je filais directement sur Ainhoa, je louperais le col d'Ibardin. Je prends donc la NA-1310 vers le col, et je vais faire une boucle sur le sol français qui va me ramener à nouveau sur Vera !

Le début de la NA-1310 ou C131, superbe et délicieuse minuscule route. Un bonheur.

La montée vers le col d'Ibardin.

Sympathique rencontre à la sortie d'un virage. Il est impératif de rouler tranquillement.

J'ai toujours été émerveillé par l'aisance de ces animaux dans des pentes parfois proches de la verticale !

Elle a cru échapper à l'oeil de lynx de mon appareil photo, faut pas le connaître...

Par contre, d'ici, on voit l'océan atlantique, situé à moins de 10 km à vol d'oiseau.

Leur vie est plus agréable ici que dans les étables ! Par contre, leur fin est toujours triste.

En haut du col, "las ventas", haut lieu mercantile d'achat de cigarettes et alcool à prix inférieur à celui pratiqué en France. En été, il y a foule, et de nombreux cars déchargent leurs pleines cargaisons de touristes... Horrible. Je me souviens y être venu lors d'un voyage organisé, il y a bien des années... Alors, sur ce sujet, je vous ai "dégotté" l'article écrit par un motard, Eric Michel, qui m'a beaucoup fait rire. Sincèrement, c'est superbement écrit. Voici l'extrait que je cite "tel quel", car il n'y a rien, vraiment rien a rajouter:

" Mais le plus grand mystère de la région, la cristallisation stupéfiante des petites bizarreries du genre humain - que dis-je : l'incommensurable aberration comportementale de ce grand singe savant qui envoie des fusées dans l'espace - est sans nul doute celui des "Ventas". Prenez par exemple la direction du joli - mais loin d'être exceptionnel - Col d'Ibardin, en plein mois d'août. Vous serez d'abord surpris par l'ampleur des bouchons dans le petit bled d'Herboure (200 âmes à tout casser ?). Puis l'étonnement ira croissant lorsque, lancé à l'assaut de la D404, vous devrez vous faufiler entre deux files de voitures (une qui monte, une qui descend), pare-chocs contre pare-chocs, figées dans la plus parfaite immobilité sous un soleil de plomb... Arrivé en haut, vous comprendrez alors avec effroi la seule et unique raison de ce chemin de croix pour caisseux pénitents : le pastis est moins cher... C'est donc dans sa BX bourrée de 51, cigarettes, turron et autres boules-de-neige-avec-la-Vierge-dedans que l'automobiliste féru d'économies (quoi, les 20,6% de la TVA, et encore ?), après avoir passé une bonne demi-journée à gravir les 4 km du col, 2 heures pour trouver une place sur le parking saturé d'autocars et autant pour faire demi-tour, consacrera ce qui reste de sa journée à... redescendre. Et attention, pas n'importe où, la descente : par le même chemin que la montée, pile poil, non mais des fois ! "

...

Pour moi, c'est plus calme. Nous sommes un lundi matin, et de plus complètement hors-saison. Il n'y a que quelques voitures. Malgré celà, je ne rentre même pas dans les boutiques, et j'enfourche avec plaisir mon petit x9, aussi pressé que lui de retourner me plonger dans la nature.

Je pénètre donc à nouveau en France par la D 404. Pour info, le col est à 317 mètres d'altitude.

Cette route est une merveille. Ici, je prends la photo vers l'arrière -vers le col d'où je viens.

Cette photo est prise du même endroit que la précédente, donc sur ma gauche (vers l'Ouest) en roulant. On voit à nouveau l'océan, et la petite ville d'Urrugne.

Et ce que je vois en roulant. Vous apercevez la mer sur la gauche.

En bas de la descente, à Herboure, je tourne à 90° et je me retrouve sur la D4 sur laquelle je roulais ce matin -il y a 2 heures de cela- et qui me conduit directement à...

Ascain. Les maisons y sont superbes -en voici un détail- et je fais une petite halte. Je ne m'attarde pas trop, et je refais un virage à 90°, toujours sur la D4, en direction de Sare.

En fait, vous l'avez compris, je suis tout simplement en train de faire le tour de la Rhune ! La route passe par le col de Saint-Ignace à 169 mètres d'altitude.

Et voici l'arrivée à Sare.
Autres photos ici. Je refais mon troisième virage à 90° et prends cette fois la D406, qui retourne en Espagne.
Soudain, mon regard est attiré vers le ciel. Je réussis à immortaliser cette superbe buse.
Une allée royale de majestueux platanes. Seul le fait de rouler en deux-roues me permet de faire cette photo. Je m'en souviens encore aujourd'hui comme si c'était hier -il y a plus de deux ans !
Lieu-dit Lehenbizkai. Pancartes couvertes de graffitis, surchargées de noms basques.
Je ne voudrais pour rien au monde être à leur place. Je fais gaffe quand même, car le x9 a une légère tendance à rigoler en les croisant, et je suis obligé de rouler en lui mettant la main sur la bouche, pour l'empêcher de faire une réflexion... En fait, je les admire, car ils se maintiennent en bonne santé par leur sport, ce qui n'est pas mon cas. Tant pis !
Mais que vois-je soudainement. Ma vieille amie la Rhune (900 mètres) et son centre émetteur. Je viens de passer en Espagne sans même m'en rendre compte; l'émetteur est en France, mais le sommet marque la frontière.
C'est la descente vers Bera-Vera de Bidassoa où j'étais tout-à-l'heure.
L'arrivée à Vera de Bidassoa est beaucoup plus belle par ce côté. Observez encore ces immenses et magnifiques maisons basques. je n'ai vraiment pas l'impression d'avoir passé une frontière, et on voit bien que, des deux côtés de cette frontière, ce sont les mêmes maisons, et je comprends que les basques puissent se sentir déchirés !
Comme je vous le fisais déjà remarquer hier, ces immeubles sont beaux et ont fière allure.
Insolite: un cormoran dans la Bidassoa.
Voici donc à nouveau la Bidassoa. Je retrouve la N-121A que je vais longer une nouvelle fois, mais toujours plus loin vers l'Est.

Voilà. Je quitte définitivement la jolie Bidassoa et la N-121A. Je reprends à nouveau la direction de la France par la NA-4400 qui passe par ...
la petite ville de Etxalar.
La montée vers le col de Lizarrieta traverse cette extraordinaire forêt, qui m'a profondément marqué. Pourquoi ? Je ne saurais pas le dire, mais en tout cas, en écrivant ces lignes, je ressens encore chaque minute de cette montée, dans le calme total, au frais sous les arbres. J'avais une réelle impression de totale sérénité. J'étais bien, merveilleusement bien.
Bien que très belle, la route nécessite tout de même de rester très attentif.

Dans un épingle à cheveux, protégée du précipice par une glissière de sécurité métallique, je repère cette plaque gravée.
"Ici est mort d'accident Modesto Irisarri Sansiñena le 22 novembre 1936".

Je décide de faire une recherche sur ce nom sur Internet, et je trouve... C'est tout de même incroyable !

Un écrivain argentin, Lorenzo Legaz Ozcáriz, né le 28/05/1908 à Echalar -ou Etxalar (je viens de traverser ce village)- immigrant basque, a écrit ses mémoires publiées (en partie ?) sur ce site. Il y raconte son enfance dans ce merveilleux pays. Et dans ces pages, il dit -je cite à peu près- que certains personnages de sa jeunesse sont restés gravés dans sa mémoire. Et parmi ceux-ci, " Éste era el caso de un vecino llamado Modesto Irisarri. Llegó a ser campeón de acordeón de la comarca y luego ganó varios concursos en Suiza y Alemania. Lamentablemente falleció en un accidence de automóvil durante la Guerra Civil. " , ce qui signifie à peu près : "C'était le cas d'un voisin appelé Irisarri Modeste. Il est devenu champion d'accordéon du secteur et a gagné plusieurs concours en Suisse et en Allemagne. Il est regrettablement décédé dans un accident d'automobile pendant la Guerre Civile".

Qu'en pensez-vous? N'est-ce-pas extraordinaire ? Un merveilleux accordéoniste est mort ici en 1936 ...

J'arrive au-dessus de la forêt, et je sens que je m'approche du col.
On dirait vraiment qu'il s'est habillé de son manteau de laine. Je trouve que les animaux ont de la chance d'avoir ces habits naturels, qui les protègent en toute saison, et il est dommage que nous ayons perdu les nôtres, non ?
C'est la première fois que je vois ces meules de foin, et donc cette façon d'entasser l'herbe coupée pour la faire sécher.
Vue vers l'arrière pour vous montrer la route que je viens -pardons, que le x9 vient- de faire.
Une maison abandonnée sur le bord de la route. Je suis toujours malheureux quand je vois ça, alors que tellement de gens sont à la recherche d'un toît.
Le paysage commence à se dévoiler.
Col de Lizarrieta, 441 mètres. Regard vers la France.
Et comme ce col est un des sites d'observation des oiseaux, il y a une buvette avec de la restauration. Il est plus de 13 heures, et j'ai l'estomac dans les talons. Alors devinez ce que j'ai fait. Je me suis payé un délicieux jambon fumé espagnol, j'en ai encore l'eau à la bouche. Ce petit restau est véritablement providentiel, et il tombe juste à propos ! On peut dire que je suis verni, vraiment, et c'est pourquoi je vous le dis !
Après manger, je repars, évidemment... Je pénètre sur le territoire de Xareta, communauté de communes comprenant entre autres Sare (où j'étais tout-à-l'heure) et Ainhoa où mes pas -oh, pardon, les roues du x9- me conduisent maintenant.
La D306 est étroite, en forte pente, avec de beaux précipices, sans protection. Mais en scooter, en promenade, c'est "pure merveille". Elle commence par traverser une superbe forêt de chênes. C'est magnifique.

Il faut quand même se méfier des "ornières" à droite, car la marge de manoeuvre n'est quand même pas très large, comme vous pouvez le constater. Pour vous faire partager ma joie, je me suis arrêté plusieurs fois -pour les photos...

Merci qui ?

De revoir ces photos me donnent une furieuse envie d'y retourner !
Là, j'ai droit au petit muret de "protection". Je pense que pour une voiture, c'est bien, mais pour un deux-roues, c'est litigieux. Vous me direz, ça ne peut pas être pire ?
Et voilà, on arrive en bas, ou presque.
J'arrive à nouveau à Sare, mais je ne rentre pas du tout dans le village. Je retrouve encore la D4, mais dans l'autre direction. En effet, cette fois, je tourne à droite, vers l'Est bien sûr, vers Ainhoa.
J'aime bien jeter un petit coup d'oeil vers l'arrière de temps en temps, les perspectives sont totalement différentes.
Non seulement les maisons sont belles, mais en plus, les balcons sont couverts de fleurs, et me rappellent l'Alsace.
Il y en a trop ? Oui, peut-être, mais je ne peux pas m'en empêcher, et encore, j'en ai enlevé un paquet... De plus, c'est un peu le but de ce reportage, de vous montrer des photos de la région que je traverse, alors... je continue !

Avez-vous remarqué le petit muret ? Il est constitué de grandes pierres plates, de type ardoise.

Rectification apportée par une lectrice, Maud, le 11 août 2009, que je cite entièrement ci-dessous:
Bonjour, je viens de tomber par pur hasard sur votre site qui représente magnifiquement bien cette belle region qui est la mienne, juste pour préciser : une photo sur laquelle vous mentionnez qu'un "petit muret est constitué de grandes pierres plates type ardoise". Mon attachement à ma région me force à rectifier et a informer que ces pierres sont des pierres de la Rhune, récupérées à même la Rhune, typique d'ici, rectification faite, je tiens à vous remercier pour ces jolies photos de chez moi...

Voilà, c'est corrigé, merci à Maud (voir livre d'or du 11/8/09)

Oui, ça penche un peu. Beaucoup ? Oui, c'est vrai, ça penche beaucoup. Je vais vous expliquer. Mon casque me gêne énormément pour photographier, car l'appareil est assez volumineux, et je ne le retire pas à chaque fois -le casque. Par conséquent, le haut de l'appareil touche le bas du casque. Je soulève donc instinctivement l'appareil, et par ce mouvement, très très souvent, je penche... D'où....

Mais celle-ci, finalement, je la trouve réussie, car ça lui donne un pett côté artistique. Ben oui, quoi !

C'est super sympa avec le scooter, car je peux stationner à gauche sans gêner la circulation, qui ne me gêne pas non plus, d'ailleurs...
Une petite chapelle, toute esseulée... un peu avant l'embranchement avec la D3 en provenance de Saint-Pée-sur-Nivelle.
Voilà le carrefour. Bon, alors là, pour ceux qui sont paumés, ou qui n'écoutent pas :
vous prenez à droite, toujours sur la D4, vers Ainhoa. C'est clair comme ça ? Non mais !
Changement de décor, mais très agréable.
Ce n'était qu'un tout petit bois, mais il valait bien une toute petite photo. L'horizon s'élargit maintenant.

C'est l'arrivée à Ainhoa, mais la photo n'est vraiment pas terrible. Je la mets simplement pour placer le lien vers le magnifique site internet décrivant ce beau village.
Et c'est à nouveau l'Espagne. Je ne me suis même pas aperçu du passage de la frontière... C'est quand même absolument génial, lorsque les pays sont en paix et partagent peu ou prou les mêmes idéaux...
Une montagne couverte de fougères, c'est très beau de loin, mais aussi de près.
"Si tu ne me prends pas en photo maintenant, je refuse d'aller plus loin". C'est ainsi que vient de me parler mon meilleur "supporter"... C'est pourquoi vous avez droit à sa photo (ben oui, en plus, je dois la mettre sur le site... comme j'ai donné ma parole, je suis bien obligé). Si ça vous énerve, vous pouvez passer très vite, mais surtout, chuuuut, ne lui dîtes rien.
La route s'élève douvement mais sûrement, et les paysages deviennent de suite plus grandioses.

Et soudain, que vois-je à l'horizon ? Cette ligne bleue, là-bas, non, ce n'est pas le ciel, mais l'océan atlantique. Je l'avais complètement oublié, lui. Distance exacte à vol d'oiseau: 28 km quand même. Pas mal, non ?
Sur la NA-2653, voici Azpilkueta, petit village Espagnol de Navarre.
Arrivée à Bozate. Ce que je ne savais pas, c'est que cette région de Navarre est le centre d'une très vielle communauté, "les Cagots" ou "los Agotes en espagnol", odieusement discriminée pendant des siècles - "En Bozate, barrio de Arizkun, se centra el grupo étnico agote, objeto, antiguamente, de una odiosa discriminación" . J'ai découvert cette particularité en cherchant des sites internet sur ce village. Si vous êtes intéressés par ce sujet, allez voir directement en français sur ce site, ou en espagnol sur celui-ci, et aussi ici, à partir desquels vous pourrez très certainement "rayonner".
J'arrive ensuite à Erratzu. A voir aussi, ce site réalisé, me semble-t-il, par les écoliers. Je passe devant cette très vieille maison, qui attire mon attention par la présence de la plaque photographiée ci-dessous.

"El ill. S. D. Juan Lorenzo de Yrigoyen y du tari natural de este lugar de Errazu, hijo de la casa solar de Bustinaga.... doctor en theol... 1763". Je fais une recherche internet sur ce nom, et je trouve ce site généalogique, où il apparaît que ce personnage est " Juan Lorenzo Yrigoien tuvo su bautismo infantil el 17 Agosto 1712 en Erratzu. Él murió el 21 Marzo 1778", c'est-à-dire baptisé le 17 août 1712 à Erratzu et décédé le 21 mars 1778.

Je suis toujours admiratif devant ce formidable outil qu'est internet...

Coup d'oeil en arrière vers Errazu.
Encore une maison abandonnée -du moins j'en ai la très forte impression, pas vous ? Vu l'architecture, ou du moins ce qu'il en reste, je pense que ce fut en son temps une superbe maison.
La route est très champêtre, et on y fait des rencontres ma foi fort sympathiques. Par contre, je vous recommande la plus grande prudence: roulez lentement, ça vous permettra en plus de mieux apprécier le paysage.
Et je me rapproche une fois de plus de la France...
Les derniers virages avant d'arriver au col, et à la frontière par la même occasion.
De plus en plus haut. En ce moment, mon ami le x9 est en train de pulvériser ses propres records d'altitude d'heure en heure, et ce n'est pas fini, vu ce que je lui ai réservé... Je suis tombé sur un site rigolo en recherchant des renseignements sur ce col.
Vue du col d'Izpegi.
Je suis donc maintenant sur la D949, en France. Je retrouve les pentes couvertes de fougères.

Encore une merveilleuse route pour motards...
Il y a toujours du monde sur la route en montagne !
Encore un sous-bois. C'est vrai que le paysage est alors complètement obstrué, mais il y règne toujours une atmosphère.
Et c'est l'arrivée à Saint-Étienne-de-Baïgorry et son église fortifiée.
Lien vers l'orgue de cette église.

Le monument aux morts: une plaque sur un des contreforts de l'église.

A Saint-Étienne-de-Baïgorry, je fais un nouveau virage à 90° qui me mène une fois encore en Espagne, mais toujours sur la D948.

Cette route s'étire dans la vallée des Aldudes.

Dans le "Pays-Quint", ou la vallée des Aldudes. A la sortie des Aldudes, je quitte la D948 et prends à droite la D58 qui grimpe vers l'Espagne.
L'église Notre-Dame d'Esnazu et le fronton de la pelote. L'église a été bâtie en 1868, uniquement grâce à la ferveur, à la générosité et au bénévolat des habitants.

Et en route vers le col d'Esnazu, qui se trouve cette fois à 755 mètres. Encore un nouveau record d'altitude. Je dois tout de même vous dire que mon brave x9 ne s'en aperçoit absolument pas, car, pour lui, ce ne sont même pas des grimpettes...

Le col passé complètement inaperçu, je me retrouve à nouveau en Espagne.

La descente côté espagnol est de toute beauté.

Le lac d'Eugi. En fait, c'est une retenue d'eau.

Urtasun

Eugi.

Je descends la N138 en direction de Pampelune, mais à Zubiri -ci-dessus l'église de Zubiri, je quitte cette route pour reprendre la direction de la France sur la N135.

La route est plus large, les forêts plus denses.

Biskarreta-Gerendiain

Roncesvalles, c'est Roncevaux. Vous savez, la chanson de Roland, l'allié de Charlemagne, qui a défendu l'arrière-garde de sa grande armée, le 15 août 778. Vous savez, pour être très honnête, j'étais vraiment persuadé que Roncevaux se trouvait en France, et je suis très surpris de le trouver ici, sur ma route. Je n'avais absolument pas fait attention à ce fait que j'allais passer dans ce lieu historique, également haut-lieu du chemin de Compostelle.

Plaque commémorative du 12è centenaire de l'anniversaire de la bataille de Roncevaux.

Groupes de pèlerins

Col d'Ibañeta, ou de Roncevaux, à 1057 m., et la chapelle Saint-Sauveur. Mon x9 vient encore de battre son record d'altitude et de passer ses premiers mille mètres ! C'est aussi le point de passage du "camino frances", chemin de Compostelle français.

Vue du col d'Ibañeta, vers l'Est.

Stelle placée au col d'Ibañeta.

Et c'est parti pour la descente vers la France.

Il est déjà 18 heures, et il commence à faire sombre en sous-bois, et presque frais.

Mais au soleil, tout est encore excellent, en chaleur comme en lumière. La route, très belle, longe la frontière et la rivière "Nive d'Arnéguy" qui représente sert de frontière.

Arnéguy, qui marque la frontière entre les deux états. Je roule désormais sur la D933.

Et c'est l'arrivée à Saint-Jean-Pied-de-Port, ville très animée pour un lundi à cette saison.

Vue sur l'arrière-pays, depuis les hauteurs de la citadelle.

Il est 18h35 passé, et vous voyez comme les ombres commencent à s'allonger. Il est temps d'aller chercher gîte et couvert.
Entrée par la fameuse porte Saint-Jacques, inscrite au patrimoine mondial.

Coup d'oeil au zoom sur Saint-Jean-le-Vieux, juste avant de pénétrer dans la cité médiévale.

Le temps de trouver un gîte, ce qui n'était pas facile, car il y a encore de très nombreux pèlerins, et la rue était déjà trop sombre pour photographier. J'ai donc trouvé une chambre dans un gîte pour pèlerins. Cette chambre est normalement à partager avec d'autres, mais la dame m'a dit n'attendre personne. Dans la nuit, j'entendrai un gros remue-ménage. La logeuse m'apprendra au petit déjeûner qu'il s'agissait d'un groupe de cyclistes hollandais pèlerins de Compostelle. Ils se sont entassés dans l'autre chambre, personne ne m'a dérangé. je pense par contre les avoir tous dérangés, compte tenu de mes ronflements... désolé, les amis.

Je suis ensuite allé m'offrir un bon restau, ce que je fais rarement. Mais il règne ici une certaine atmosphère de fête ma foi fort agréable; on croise moulte pèlerins marcheurs et cyclistes, très souvent étrangers, on parle toutes les langues, et franchement, cette atmosphère me plait beaucoup. Tout ceci sans compter l'extraoridnaire beauté de la cité médiévale, avec ses très nombreuses maisons de pierre; celle dans laquelle je dors possède un écusson sur lequel l'année 16xx est gravée.

Le bilan de la journée est simple: GRANDIOSE.

La montagne, la forêt, c'est tout de suite majestueux.


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