De Gourette à Saint-Lary-Soulan - 4ème jour

Mercredi 17 Septembre 2003

Etape de 207 km - 293 photos prises et 161 sélectionnées

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Bon, ce ne sont plus des vacances, vraiment! A 7h50, j'ai déjà fini mon petit déjeûner dans l'hôtel. Je sors prendre les photos que vous avez vues à la fin de la journée d'hier à 8h, je charge la mule, et c'est parti. Mais quand on voit un temps pareil dans les Pyrénées, on est tellement heureux qu'on se lèverait à l'aube. Je prends la D918, direction Argelès-Gazost, situé à 42 km.

Ces photos et les suivantes sont prises à l'approche de Gourette, affreuse station de ski lorsqu'on la voit à cette saison. Franchement, en la traversant, je n'avais qu'une envie, m'enfuir. C'est ce que j'ai fait. Je connais plein de gens qui viennent skier ici, c'est un peu le domaine des Vendéens, mais en hiver, la neige cache la misère... Quoi qu'il en soit, je ne suis pas là pour les stations de ski, mais bien pour la montagne et la nature, et là, je ne suis pas déçu. C'est beau.

Ici, je jette un coup d'oeil en arrière. Attention, je vous entends déjà: non, je ne prends pas cette photo en roulant, j'aurais bien trop peur de me casser la figure. Jolly Jumper (c'est désormais le nom de mon petit scooter) est arrêté sur le bord de la route; je n'irais pas jusqu'à dire qu'il broute, non, il attend gentiment. Je disais donc que je voulais vous montrer (et voir aussi moi-même par la même occasion, n'ayant pas d'yeux dans mon dos) la route et le paysage qui s'offre à mon regard émerveillé ce matin. Le soleil prend de la hauteur, mais comme vous le savez, en montagne, il reste encore beaucoup de zones d'ombre, et je suis dedans! Et la différence de température entre l'ombre et le soleil est énorme; c'est pourquoi je vous avoue que j'aspire à me trouver dans la lumière, car il ne fait pas chaud ici. En tout cas, j'aime bien ces contrastes. Comme vous pouvez le constater, ça commence à grimper pas mal.

Les sommets commencent à se dévoiler, et l'on voit une très petite zone d'alpages, immédiatement suivie du monde minéral. Admirez aussi ce magnifique ciel bleu, mais vous savez, c'est l'été de la canicule, et elle se poursuit en septembre!

Et ça monte toujours. Vous avez un petit bout de la route en bas, pour vous donner une idée de la grimpette. Bon, pour moi, c'est cool, je suis bien assis, peinard, tenant à peine le guidon, me laissant bercer par le doux ron-ron du moteur...

Un petit faux-plat; le paysage est bouché par cette petite forêt dans laquelle je pénètre.

Au fond, sur ce petit promontoire, c'est la fameuse station de Gourette que je viens de passer. Déjà, je suis dans la zone des alpages, sans aucun effort bien sûr. Je ne peux m'empêcher de penser à tous les cyclistes qui se font ces cols par plaisir. Je les comprends, j'imagine leur joie lorsqu'ils arrivent au sommet, mais je ne voudrais pas le faire, car leur souffrance pour y parvenir est énorme, trop grande pour moi en tout cas. Je préfère la mienne...

Les crêtes blanches. C'est un chalet situé un peu en-dessous du col, d'où la vue vers la vallée que je suis en train de contourner est impressionnante; en effet, cette vallée est vraiment très encaissée.

On n'en voit pas le fond.

Il est 9 heures. Et Jolly Jumper est au soleil. Et moi aussi, par la même occasion. Et le trait blanc que vous voyez est un cable électrique qui traverse le ciel... Dommage.

Au premier et au second plan, la route.

Le sommet que j'apercevais tout à l'heure. Je suis impressionné par la masse de ce caillou, il est énorme!

L'herbe ici est complètement grillée.

Il reste encore un peu à manger, apparemment. On approche du col, c'est sûr.

Mais on y est. La preuve. Col d'Aubisque à 1.709 mètres d'altitude. Ce col est ouvert de Juin à Octobre, ce qui signie qu'il est fermé à la circulation de Novembre à Mai (pas mal, hein?). Par conséquent, il est sous la neige plus de la moitié de l'année, ce qui est déjà pas mal... A part ça, j'ai quand même mis plus d'une heure pour faire moins de 15 km... C'est toujours la même chose avec moi, quand la nature est belle, je n'avance plus. Et je sens que ça va être toute la journée comme ça!

Et voilà la route qui m'attend. Chouette, ça va être génial!

Et celle d'où je viens. Tiens, on aperçoit mon petit cheval, là, à droite.

Et là le petit hôtel où je m'étais arrêté tout-à-l'heure.

Et c'est reparti. Un coup d'oeil en arrière, vers le col d'Aubisque que je viens de quitter.

Franchement, j'adore ces routes juste posées là juste pour nous permettre de passer, mais qui se voient à peine, qui ne troublent pas la nature, qui savent se faire oublier. Elles nous permettent, à nous qui manquons de temps pour y aller à pied, de pénétrer ces espaces magnifiques. Sans elles, combien serions-nous à pouvoir dire que nous avons vu les Pyrénées de près? Bien peu de monde, à mon avis.

Déjà, je quitte l'alpage; les arbustes apparaissent. C'est une bonne descente, que je fais au ralenti, tout doucement, afin d'emmagasiner un maximum d'images; j'en prends aussi pas mal, vous vous en doutez bien!

Les hommes qui ont fait cette route ont du en baver. Merci à eux!

Dernier regard vers le col d'Aubisque.

Et me voici de nouveau à l'ombre. Quel contraste! Ici, je rase les murs...

Ah, je retrouve le soleil, ça fait du bien. Voilà, je suis maintenant à l'étage des forêts. Et voilà que ça remonte (c'est encore une photo prise vers l'arrière). Mais ça ne me gêne pas, vous savez bien que ce n'est pas moi qui bosse; enfin, je ne crois pas qu'il bosse beaucoup lui non plus (le scooter), car il me reste énormément de course sur la poignée...

Finalement, ce n'était pas vraiment une côte, plutôt un faux-plat, car ça redescend à nouveau... C'est superbe.

Brume de chaleur, un comble pour un 17 septembre. Vous voyez les bâtiments, là-bas, là où ça brille un peu. Eh bien, c'est le col de Soulor, vers lequel je me dirige tranquilement, et qui sert de "frontière" entre les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées. Comme vous pouvez le constater, la pente est très douce.

Superbe vue sur la route taillée à flanc de montagne, dans le roc. On aperçoit le fond de la vallée à gauche.

Je suis debout sur le bord de la route, devant le précipice; à gauche, Aubisque, à droite Soulor.

Ah tiens, une jolie bergère et son troupeau de moutons. C'est génial, en montagne, de croiser les animaux. On ne voit pas cela en ville, et c'est bien dommage; d'un autre côté, il faudrait des animaux mangeurs de poubelles et de détritus...

Hep, y'a pas qu'des moutons, nous aussi on est là, et on aime bien les photos. OK, les filles, voilà voilà...

La petite ferme où étaient les moutons et les vaches tout-à-l'heure. Et ça descend quand même pas mal, finalement.

Le troupeau a quitté la route et trouvé de la nourriture.

Vous le voyez mieux, le col de Soulor que je vous ai montré tout-à-l'heure. Et pile derrière lui, cette montagne dans le lointain, en fait à 36 km d'ici à vol d'oiseau, c'est le Pic du Midi de Bigorre et son observatoire à 2.876 m d'altitude.

Vers le Nord, cette montagne, c'est le pène de Lascoutos qui culmine à 1.443 m.

Et en bas, dans la vallée, l'Ouzom qui vient de quitter ses sources et serpente. C'est magnifique.

Et derrière moi, le mont Laid (je crois), 1.891 m et la crête de Luze, que je viens de contourner. La forêt, là-vas, est celle photographiée un peu plus haut; on distingue la trouée de la route dans les arbres.

Quelle chance d'être ici avec Jolly Jumper, pour prendre les photos, c'est tout simplement le pied!

Au fond le Soum de la Gélaque à 1.672 m. La route surplombe ici le cirque du Litor. C'est magnifique.

Zoom sur l'Ouzom et les cabanes du Litor en bas. J'aimerais suivre cette petite rivière à pied, mais bon, on ne peut pas tout faire non plus, il faut bien faire des choix. Une autre fois peut-être, si je réalise mon rêve de traverser la France à pied.

Le profil du pène de Lascoutos vu plus haut. Il est très érodé!

La route que je viens de "faire" se voit à peine dans la masse rocheuse..

Là, on la voit beaucoup mieux, cette saignée dans le roc. Je l'ai vue du col de Soulor en mai 2005, lors de ma virée au festival de la rando à Arrens-Marsous, alors qu'elle était fermée. Beaucoup de photos à vous mettre en place encore...

En peu avant le col de Soulor, la route remonte un peu; oh, pas grand chose, un peu plus de 100 mètres. Vous avez là une vue d'ensemble de la route que je viens de vous présenter. Vous revoyez donc le mont Laid, et au loin le Moustachu, qui pointe à 1.899 m. Le col d'Aubisque est derrière lui.

La dernière partie avant le col, celle qui regrimpe. Attention, c'est une vue en arrière, encore.

Et voilà les derniers mètres et le col de Soulor à 1.474 m.

Paysage après le col de Soulor. Il est 10 heures. Je pense que là, je viens de battre mon record de lenteur en x9; en effet, j'ai fait 20 km depuis le départ, en 2 heures. Donc ma moyenne horaire se situe très exactement à 10 km/h, soit tout simplement deux fois plus vite qu'un piéton. Pas mal pour un "motard"...

Superbe descente vers Arrens-Marsous. Par contre, il y a pas mal d'arbres, et c'est difficile de faire des photos. Quelque part, heureusement, sinon j'y serais peut-être encore?

Mais je m'arrête quand même un peu; non mais, vous ne croyiez tout-de-même pas que j'allais rester bredouille!
Je pense qu'il s'agit là du Grand Gabizos, qui culmine à 2.692 m. Quelle vue splendide de cette ferme!

Une ferme typique au bord de la route, mais la lumière est mauvaise. Je la garde quand même, j'ai trop de mal à les jeter!

Ah, là, on arrive doucement dans la vallée. C'est un plaisir de descendre ce col, belle route, beaux virages.

Arrivée à Arrens-Marsous. J'adore voir ces villages de loin, c'est le privilège de la montagne qui vous donne l'impression de voler, et qui nous offre d'ailleurs vraiment des paysages aériens.

Je suis maintenant dans le val d'Azun. Et voici Aucun et sa jolie église.

Je longe le gave de Gavarnie. Il est près de 11 heures, et là, pour la première fois aujourd'hui, j'ai roulé un peu plus vite. Il faut dire que j'étais dans la vallée, et ce n'était pas terrible. J'ai passé Argelès-Gazost, puis j'ai repris la direction des Pyrénées, plein sud donc, vers Gavarnie, par la D921. Maintenant, c'est plus joli.

La route est belle et large. Je roule vers Luz-Saint-Sauveur.

Quelques ponts ont été édifiés afin de préserver les voyageurs des chutes de pierre sans doute trop fréquentes. Celui-ci porte une plaque indiquant l'année 1954...

Je traverse le canton de Luz-Saint-Sauveur, appelé aussi "Pays-Toy".
Je pense qu'il s'agit ici de Saligos, perché au-dessus de la route, sur la rive droite du gave, donc sur ma gauche.

La route un peu plus loin, à la sortie du hameau.

Je mange dans un bistrot à Luz-Saint-Sauveur. J'avais grand faim, comme on dit, mon appétit a certainement été creusé par tous ces beaux paysages. De plus, reconnaissez que je n'ai pas chômé ce matin: 60 km en 3 heures, soit du 20 km/h, en gros la vitesse d'un cycliste (mais pas la fatigue). A la sortie, sur la route de Gavarnie, se trouve le pont Napoléon. C'est du haut de ce pont que je prends la photo, vous montrant l'étroitesse de la gorge creusée par le gave de Gavarnie. Superbe.

Tout au fond, je commence à voir la haute montagne.

Et même des glaciers.

Voilà Gèdre, que je viens de dépasser. Je poursuis ma route vers Gavarnie, dans mon dos (il s'agit encore d'une photo prise vers l'arrière). Et à droite, c'est la D922, qui mène au cirque de Troumouse.

Il ne reste pas beaucoup de neige en ce mois de septembre 2003, mais c'est toujours magnifique d'en voir et de se trouver en même temps écrasé par le soleil. J'adore ça. Avec le scooter et la vitesse (pas élevée, mais suffisante), c'est agréable de sentir de l'air plus frais vous caresser le visage. Que c'est beau les vacances!

Le cirque de Gavarnie apparaît soudainement. Quelle barrière! Majestueux.

Au zoom, c'est encore plus flagrant.

Et voilà Gavarnie. Je n'y reste pas longtemps, à cause d'un personnage très désagréable. Il s'agit du propriétaire, ou du fils du propriétaire du grand et magnifique hôtel, et qui possède également un immense parking, payant bien entendu. Comme je suis en scooter, je stationne sur la pelouse, sur un côté, de façon à ne pas déranger la circulation des automobiles et des cars de touristes, encore bien nombreux malgré la saison. De suite, un gardien du parking m'interpèle gentiment, me prévenant de ne pas rester, qu'il ne veut pas d'ennui avec son patron; je lui explique que je fais juste une photo à partir du petit pont, et que je m'en vais. Je suis à peine descendu que le fameux personnage arrive en criant comme un malade; je ne pensais pas qu'il s'adressait à moi, mais si. Il se met à me tutoyer, et à me dire de ranger ma "mobylette" - grave insulte pour Jolly Jumper, que j'ai du mal à calmer...- ailleurs, qu'ici c'est une propriété privée, et qu'il peut me sortir à coups de fusil si ça lui chante; bref, le malade, le taré, l'anormal total. Je lui dis alors calmement qu'il n'a pas à me tutoyer, qu'il me parle correctement, car, lui dis-je, "on n'a pas gardé les vaches ensemble". Là-dessus, le type se met à crier encore plus fort, et il me sort: "mais je n'ai jamais gardé de vaches, moi..."! Le fou-rire me prend, en plus c'est un ignorant, un cerveau vide, ce qui ne m'étonne pas, finalement. Le gars devient vraiment menaçant, et je suis contraint de partir sous les menaces et les insultes! C'est un vrai scandale, un tel personnage! Moi qui déjà déteste les villes, et qui vit depuis quelques jours tellement bien auprès de la nature et loin des hommes, ce genre de type n'est pas vraiment fait pour me changer... Trop énervé pour apprécier davantage le coin, je pars; je m'arrête tout de même pour le signaler au syndicat d'initiatives; la dame qui me reçoit me dit qu'elle n'est pas du tout surprise, que ce gars-là est un vrai problème, et qu'il a déjà lâché ses chiens contre un touriste qui a dû être conduit en hélicoptère à l'hôpital; cependant, il n'a pas été ennuyé, propriété privée oblige! On se croirait au Moyen-Age devant des gens comme ça. Et la loi les protège, en plus.

Un jeune d'une cité vous parle comme ça, il est enfermé pendant 3 mois...

Alors, amis lecteurs, si vous allez à Gavarnie, n'allez pas dans cet hôtel (le Vignemale), ne stationnez pas sur son parking, ne donnez pas d'argent à ce malade, car apparemment, il n'y a que ça qui l'intéresse, mais certainement pas les gens!

Ah si, dernier truc avant de repartir. Il reste bien un ours dans les Pyrénées, mais ce n'est pas celui qu'on croit... Par contre, pour ma part, et je pense que vous serez tous d'accord, cet ours là, s'il disparaissait, ça ne gênerait personne!

Vue à partir du "pont de la discorde", le fameux pont qui appartient aussi au sale type.
"C'est chez moi ici aussi, t'as pas l'droit d'y rester, casse-toi" disait l'idiot...

Y'a pas d'justice, il ne mérite pas ce paysage.
A gauche, quelques voitures sur le parking du taré, à droite, ce n'est pas chez lui.

Et me re-voilà sur la route, un peu énervé. Allons, calme-toi, mon pote, la nature est belle, et ce c... ne mérite pas toute cette attention. OK, on laisse tomber et on reprend ce magnifique périple. Gavarnie étant un cul-de-sac, je suis bien obligé de reprendre la même route, direction Gèdres où je suis passé tout-à-l'heure. Du coup, je prends la décison d'aller au cirque de Troumouse, que je n'aurais peut-être pas fait sans l'épisode du gars qui n'a pas gardé les vaches avec moi!

Tout de même, les Pyrénées, c'est extraordinaire; la France vient de traverser trois mois de sécheresse, mais ici, tout est vert, et l'eau ruisselle de partout. On a envie d'aller s'allonger sur cette pelouse naturelle, à l'ombre des arbres!

A l'approche de Gèdre.

Que revoici! Je viens de prendre la D922, heureux de quitter une route déjà parcourue. Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je déteste revenir sur mes pas. C'est pourtant le titre du site, allers-retours... Encore et encore!

Elle est merveilleuse, cette petite route. Et là, il n'y a personne, pas ou si peu de touristes, je revis de mètre en mètre.

Le rêve pour Jolly Jumper, et pour son pilote aussi. Mais voilà, la contrepartie, c'est que je m'arrête à nouveau continuellement. C'est plus fort que moi, tout est beau, je voudrais tout prendre pour pouvoir vous le restituer.

J'aimerais beaucoup voir ce coin au creux de l'hiver, ce doit être terrible. Déjà, là, je ressens profondément la nature qui m'entoure; un sentiment de bien-être s'empare de moi, c'est la vie qui est là, la vraie vie.

J'ai l'impression de m'enfoncer dans les entrailles de la nature. Que vais-je y trouver?

Des cables, traces d'occupation humaine. Dommage... mais ils sont bien là.

Ai-je besoin de faire un commentaire?

Le gave de Héas, que je remonte. La photo est très trompeuse; en fait ça grimpe pas mal.
Parti de Gèdre à 1.000 mètres, je me trouve ici à plus de 1.300 m.

Je viens de passer la chapelle de Héas, et le péage qui la suit.
En effet, le bout de route sommitale est payant, mais ça vaut le coup, croyez-moi.

Et ça continue de grimper.

J'aime bien voir le résultat du travail naturel de l'eau. Ici, le torrent creuse son passage dans la roche, et agrandit la moindre fissure d'année en année, à force de passer et repasser. Mais tout ceci se fait au rythme de la nature, lentement, très lentement. Quelquefois, une colère passagère va lui faire faire en quelques heures ce qu'elle fait normalement en plusieurs siècles, mais c'est ainsi... En tout, voici une vallée en miniature, un petit, tout petit canyon... Et j'aimerais prendre le temps de le remonter.

Le ruisseau du Maillet se jette ici en une belle cascade.
J'aurais aimé m'en approcher à pied, mais bon, le temps m'est compté... encore et toujours.

Et l'hôtellerie du Maillet. Je suis arrivé ici à 1.809 m d'altitude, et ce n'est pas fini!

Vaches et moutons paissent gentiment sur l'alpage.

Et revoici le ruisseau du Maillet. Je trouve ce tableau splendide.

Parking du cirque de Troumouse, 2.109 m. Impressionnant, c'est le mot qui convient pour le dernier kilomètre. Même avec le scooter, les épingles à cheveux étaient dures à négocier, vraiment. Tout simplement parce que je voulais profiter un maximum du paysage, je roulais tout doucement. Et avec le poids du x9 au ralenti, la pente et la courbe, je roulais bien plus souvent à gauche qu'à droite... Et ce qui est dommage, c'est que je ne pouvais pas m'arrêter, un comble pour un deux-roues! En fait, c'est à cause de la pente; dans ce cas, il est très très conseillé de le mettre sur la béquille centrale pour une bonne stabilité, et non sur la béquille latérale. Ce qui signifie un arrêt complet, un béquillage, un "débéquillage" laborieux à cause de la pente, avec le risque de faire tomber le scoot. Donc, trop occupé à tenir mon guidon à 3 km/h en pleine montée, en plein virage, et soucieux de ne pas prendre de risque dans un arrêt laborieux, je n'ai pas pris un seul cliché! Vous êtes déçu?

Je serais bien allé faire une balade, d'autant plus qu'elles sont considérées comme très faciles et familiales, mais mon planning est trop chargé. Je me contente donc d'admirer simplement. C'est très calme. Il y a quelques voitures, je suis surpris. Quelques personnes sont assises dans des chaises, en train de se faire bronzer. Elles ont raison d'offrir leurs corps fatigués aux derniers rayons de soleil

Il ne reste pratiquement plus rien! Je ne sais pas comment est la situation lors des années moins chaudes, mais le recul des glaciers étant aussi énorme dans les Pyrénées qu'ailleurs, il n'y aura bientôt plus de glace du tout ici en été!

Malgré tout, je ne reste pas longtemps, et me voici de nouveau sur la selle -du scooter...!

Bon, j'ai pensé à vous. Impossible de les laisser sur leur faim, il faut leur montrer des photos de cette route et de ses derniers lacets. C'est plus facile dans la descente, quoi que... En effet, il n'y a pas de frein à main. Ne riez pas, ça me manque terriblement dès que la route est en pente. Pour mon prochain voyage, je vais m'en fabriquer un: c'est très simple, il me suffit d'un très gros élastique que je mettrai autour de la poignée de frein, et il remplacera ma main. Pour l'instant, c'est périlleux. Pour prendre ma photo, je n'ai que mes pieds et les muscles de mes jambes pour retenir le x9 dans la pente. Un faux mouvement, une crampe, et c'est la chute assurée, la casse de l'appareil photo, les égratignures et/ou la fracture, les rétros cassés, voire davantage... Bon, allez, j'ai confiance en moi, allons-y. Clic... Et voilà l'travail. Merci qui?

Vue sur les derniers lacets... Vous avez vu la pente? Vous voyez bien que je ne vous racontais pas d'histoires, mais je sais bien qu'il faut toujours apporter des preuves. Donc voilà!

Et voici l'hôtellerie du Maillet, que je vous faisais voir tout à l'heure, mais vue d'avion cette fois! Oh, l'envie de se lancer du haut de la falaise, de déployer ses ailes et de se laisser planer. Les oiseaux ont quand même de la chance, ce doit être fantastique de voler comme ça. Les parapentes et autres deltaplanes offrent cette sensation, mais il faut trainer tout un tas de "matos". J'ai rêvé un jour - ou plutôt non, une nuit - que je volais. Et j'ai vraiment, je vous assure, vécu le vol. Je m'en souviens encore très distinctement; et je me suis réveillé, en sueur, que dis-je, en nage, au moment où je m'élançais une fois de plus, une fois de trop sans doute... J'étais dans mon lit! Quel dommage. Etais-je un oiseau dans une vie antérieure? Avons-nous été "oiseaux" avant d'être "singes"? Est-ce une réminiscence datant de millions et de millions d'années, qui traversent encore nos mémoires? Avez-vous, vous aussi, ressenti une fois cela dans votre vie? Ou bien suis-je le seul? Non, pas possible!

Il y a des moments, comme celui-ci, où les freins sont indispensables, faute de quoi la négociation du virage, là, en bas, sera très difficile... Imaginez un instant, en vélo, dans l'autre sens? Tout-à-l'heure, avec Jolly Jumper, c'était royal, sans aucun effort.

Bon, je disais qu'il y avait de l'eau partout... J'ai vu une photo du même endroit prise par ma fille au printemps: quelle différence! Ce sont alors des flots tumultueux qui dévalent la pente, sans aucun rapport avec cette vue paisible. a montagne, tellement différente d'une saison à l'autre. Une vie ne suffirait pas à tout voir!

Sur la partie gauche de cette photo, on devine la route qui plonge littéralement dans la vallée.

Et pour finir cette belle descente, un document: les derniers lacets, le péage au premier plan, et, derrière, la chapelle de Héas. Et quelques chiffres: la chapelle est à 1.521 m, et le parking du cirque était à 2.103 m, par conséquent un dénivellé de 582 mètres sur 7 km. Pas mal, non? Et ma moyenne horaire, dans tout ça?

Il est un peu plus de 14 heures, j'ai parcouru 112 km en plus de 5 heures, donc une moyenne de 22 km/h environ.
Pas mal, non?

Il est 15h15. Plus d'heure vient de s'écouler sans que je ne vous montre une seule photo! Mais que s'est-il donc passé?

Tout simple: j'ai un peu lâché la bride à Jolly Jumper... En fait, je viens tout simplement de refaire le chemin parcouru ce midi. Vous vous souvenez de ce que je vous disais: Gavarnie et Troumouse sont des cul-de-sac. On tombe sur les cirques, c'est la barrière ultime avant l'Espagne. Fin de la route. Demi-tour. Ce que j'ai fait.

J'ai donc "remonté" la D922 jusqu'à Gèdre, puis je suis revenu à Luz-Saint-Sauveur où j'ai déjeuné ce midi. Puis j'ai pris à droite la D918, direction est-nord-est, vers Sainte-Marie de Campan.

Je suis donc maintenant dans la vallée de Barèges, un peu après la ville, le long du ruisseau du Bastan. De jolies maisons dominent la route, on dirait d'anciennes fermes. C'est très joli.

Détail sur une des fermes. Elles sont situées sur ma gauche, à flanc de montagne.

Puis la route contourne le bois de Culousque et longe un peu le ruisseau Dets Coubous qui descend du lac du même nom, et vers lequel se dirige le fameux GR 10. Elle passe sur le pont de la Gaubie et retourne dans l'autre sens, de l'autre côté du ruisseau. Je suis ici à 1.538 m, et ça grimpe sec. J'attaque maintenant le Tourmalet.

Vous voyez la route à flanc de montagne, c'est là-bas que je voue emmène. Accrochez-vous bien.

La route est superbe, la circulation proche de nulle, le ciel sans nuage, que demande le peuple? Justement, rien!

Je vous laisse admirer, sans commentaire pour une fois.

Coup d'oeil en arrière. Admirez ce superbe surplomb. En bas à droite, dans les alpages dominant le ruisseau du Bastan, les fermes photographiées tout-à-l'heure,

Et c'est la première vision du col.

Mais, ne serait-ce pas ... ?

Le pic du Midi de Bigorre, bien sûr, celui que j'apercevais ce matin au-delà du col de Soulor! Splendide.
On dirait une forteresse maure, avec ses blanc bâtiments.

Vue d'ensemble avec la route, et le pauvre cycliste que je viens de doubler, et que je salue avec un mot gentil d'encouragement à son passage devant moi. Je m'excuse pour lui, car je vais le doubler plusieurs fois d'ici le col, et il me doublera à son tour. C'est normal, car je m'arrête sans cesse pour bombarber le paysage, et pas lui.

Un coup de "zoom" sur le pic du Midi de Bigorre, qui pointe tout de même à 2.877 m.

Le sommet du col apparait nettement maintenant.

Un coup de "zoom" sur le col du Tourmalet.

Le col, si célèbre dans le tour de France cycliste, est justement dédié aux adeptes de la "petite reine" comme on l'appelle.

Altitude 2.115 m, dénivelé de 1450 m depuis Luz-Saint-Sauveur en près de 19 km: moyenne de 7,7 %

Surprenante rencontre au sommet. Quel plaisir de voir ces magnifiques animaux ici. Je trouve qu'ils vont parfaitement bien dans le paysage, et qu'ils lui apportent une touche de gaîté.

J'ai même droit à une révérence, ou presque. Comme ils ont une légère réputation de cracher au visage de ceux qui les embêtent, je lui ai demandé l'autorisation de lui "tirer le portrait" avant, vous pensez bien. Merci beaucoup.

Petit coup d'oeil sur la montée que je viens d'effectuer. Et comme d'habitude, je suis frais comme un gardon.

Et j'entame maintenant la descente vers Sainte-Marie de Campan.
Près de 24 km à 7% de moyenne, soit 1500 mètres de dénivelé.

Bon, c'est quoi ces affreux immeubles dans ce paysage de bout du monde, hein? C'est quoi?

Bon, je vous le dis quand même, c'est la Mongie.

Et devinez quoi... je traverse sans m'arrêter, les yeux fermés.
On va dire que c'est une verrue sur le beau visage de la montagne, et qu'on ne peut pas l'enlever maintenant.


Mais que peut-être elle tombera en poussière toute seule, abandonnée des hommes, lorsque la neige aura disparu...

Sainte Marie de Campan. En faisant une recherche sur internet sur cette ville, je suis tombé sur cette extraordinaire anecdote, que je ne résiste pas à vous livrer. Amis cyclistes, si le tour de France redevenait comme ça, je serais assurément un spectateur très assidu. Mes respects à Eugène Christophe, ce fantastique sportif oublié!

Là, après un petit arrêt pour admirer l'église et la fontaine, je prends à droite, vers le col d'Aspin, toujours sur la D918.

Le voilà, ce col, et c'est vraiment facile de le repérer! Il pourrait servir de modèle en cours de géographie!

Le col d'Aspin, à "seulement" 1.489 m.

Alors, n'est-il pas mignon, mon petit scooter, en haut du col?
Chut, pas de bruit, il admire le paysage lui aussi. Ne pas déranger.

Ne vous y trompez pas! Bien que moins haut que les cols précédents, la descente vers Arreau est impressionnante, peut-être à cause du précipice important, à peine bordé de quelques arbres épars.

Vue sur Arreau et la vallée d'Aure pendant la descente.

La route est splendide et bucolique à souhait. Elle m'a laissé un formidable souvenir, et je savoure les couleurs du soleil de fin de journée. Il est 17 heures. J'ai parcouru 195 km en 8 heures, et ma moyenne est donc de près de 25 km/h.

 

C'est la dernière photo de cette journée mémorable. J'ai l'intention de rester dormir à Arreau (dur à prononcer, ça), mais à ma grande surprise, je ne trouve pas d'hôtel ouvert. J'enfourche donc à nouveau ma monture direction sud-sud-ouest, sur la D929, vers l'Espagne et à nouveau vers la haute montagne. Je jette mon dévolu sur Saint-Lary-Soulan, distant d'une douzaine de km, et où je suis venu en vacances il y a bien des années, lorsque les enfants étaient petits...

Effectivement, je trouve un petit hôtel sympa et ouvert à l'entrée de la petite ville. Je m'y installe très rapidement, et je file dans le joli petit centre m'offrir un bon petit repas et me boire une superbe choppe de bière, dont je rêve depuis longtemps déjà aujourd'hui. Eh oui, je suis sobre comme un chameau, et j'ai attendu ce soir pour offrir à ma gorge déssèchée par la route ce merveilleux nectar, seul plaisir que je me sois refusé dans cette merveilleuse journée.

Car pour le reste, ce fut tout simplement parfait.

Jolly Jumper a battu aujourd'hui tous ses records de grimpette.
Les dieux de la météo étaient encore avec moi.

Les Pyrénées: un massif prodigieux, à parcourir sans modération.


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