Scandinavie 2012, étape 001

Jour 001 - Mardi 3 avril 2012 - 172 km - 62 photos (172 km - 62 photos)
De la côte vendéenne à Grez-Neuville (Maine-et-Loire)

Il est presque midi lorsque je tourne la clef du démarreur pour lancer Mygoo vers de nouvelles aventures. Mon cheval est prêt, son ventre est plein. Je pense ne rien avoir oublié. Au contraire, même, j'en ai trop mis ! Ces deux derniers jours, surtout hier, j'ai bien trop rempli les soutes à bagages de ma petite roulotte. Comme toujours, mes résolutions les plus fermes sont balayées... Tu n'emporteras que le strict nécessaire, moins on en a , mieux on se porte, etc, etc. Tout ce que ma modeste expérience de quelques mois de route m'a appris -il y a des magasins le long de la route, ce que tu n'as pas, tu t'en passes...- a disparu comme par enchantement au cours des dernières heures ! Mes soutes sont pleines à craquer de croquettes -traduisez : sachets de céréales- me permettant de tenir un siège de deux ou trois semaines, sans parler des boîtes de sardines et de maquereaux que j'affectionne tant, de fruits secs sur la recommandation de mes amis soucieux de ma santé.... Il en va de même pour les vêtements, T-shirsts, pulls, pantalons, chaussettes, slips.... N'importe quoi ! Heureusement, le rangement a été grandement amélioré, le confort aussi. Je vous montrerai tout ça au cours du voyage.

Pour l'instant, place à la route.... Non, pas encore. Mes sentiments sont toujours lourds au moment du départ. Il y a la joie de partir, c'est indéniable. Mais il y a la tristesse de laisser mes proches. Mon coeur est toujours tiraillé, dire "au-revoir" n'est pas si simple, surtout pour ceux qui restent. J'en suis conscient, je n'aime pas partir, je préfère nettement -sentimentalement parlant- le retour. Mais c'est ma croix, j'ai aussi besoin de cette solitude, je m'arrache, je sais que ça ne durera pas, juste un mauvais moment à passer !

Je vais manger en compagnie de mes parents, une fois n'est pas coutume, ils auront la joie de me voir partir, et vice-versa. Pour eux, ce n'est pas difficile, il y a longtemps que l'oiseau a quitté le nid parental....

Et il est finalement 14 heures bien tassées lorsque je prends enfin mon envol pour cette nouvelle aventure !

Sous un soleil estival. Depuis dix jours, c'est en effet l'été en Vendée. Jusqu'à 25 degrés, une tempête de ciel bleu, un soleil déjà de plomb ! La sécheresse, déjà, s'annonce. Il n'a pas plu cet hiver. Je suis heureux de tracer la route nord-est, pour retrouver un peu de fraicheur. En effet, je n"aime pas les grosses chaleurs, et c'est déjà trop chaud pour moi. Néanmoins, aujourd'hui, il fait bon, et rouler dans la campagne vendéenne, en sachant qu'on part pour longtemps, c'est... simple; je savoure chaque kilomètre. J'ai tracé une ligne droite de la Vendée à Hambourg en Allemagne, et je m'efforce de suivre cette ligne au plus près, histoire de prendre des voies inconnues, toujours en recherche de nouveauté.

Me voici à Clisson, Loire-Atlantique. Je viens juste de quitter la Vendée. Je suis passé assez souvent dans cette petite ville, sans pourtant jamais y faire halte. Clisson fait partie de la Bretagne historique, et était la clé de voûte de la défense des Marches de Bretagne face au Poitou et à l'Anjou avec son château. La ville est aussi connue comme Clisson l'Italienne en raison de son architecture inspirée du modèle Toscan.

Cette fois, je décide de m'y dégourdir un peu les pattes. C'est accidenté, ça ne me fera pas de mal ! La commune est arrosée par la Sèvre nantaise et par la Moine. Situé au point de jonction de ces deux rivières, Clisson a été victime a plusieurs reprise de fortes crues tout d'abord en 1960 et surtout en 1983 qui a vu tout le bas de la ville submergé. Aujourd'hui, la nature est calme et reposante : c'est superbe.

Les kilomètres s'égrennent tout doucement. Ma moyenne est minable, mais je m'en moque totalement. Je suis presque seul sur la route, c'est le bonheur !

Vallet et son imposante église. C'est ici le pays du vignoble nantais. Partout des vignes. Les hommes travaillent, je les vois, nombreux, disséminés au milieu des rangées de ceps, en train de travailler. C'est agréable, j'ai un peu l'impression de voir des estampes moyennageuses. Je me sens si loin des villes et du brouhaha de la société moderne, le plaisir est bien ici, la joie de vivre aussi. Ces vignerons ont de la chance de vivre là, sans doute ne savent-ils pas tous leur bonheur, et pourtant ! Quoi de plus apaisant que d'être ici en train de tailler les arbustes, avec pour seuls bruits le chant des oiseaux et, au loin sans doute, de temps à autre, le passage de quelques rares automobiles sur ces petites routes qui serpentent au gré du faible relief. Et tiens, voici Mygoo qui passe ici, fenêtre ouverte, le bras gauche de son pilote appuyé sur le montant, la main gauche pendant à l'extérieur pour recevoir les rayons de notre étoile.

Ainsi, oui, la vie est belle !

Un peu plus loin, juste avant de franchir la frontière avec le Maine-et-Loire, la circulation est arrêtée. Que se passe-t-il ? Je descends. Sur ma droite, toutes les vaches regardent là-bas, vers ce qui a provoqué l'arrêt des rares véhicules. Quelles curieuses, ces vaches !

Aïe aïe aïe... Tout était si beau, mais là, brusquement, pour quelques uns, le réveil a été terriblement brutal... Je passe. C'est tellement triste. Une ou plusieurs personnes ont eu très très mal, c'est évident. Passons.

Moulin au sommet de la butte sur laquelle est bâtie La Chapelle-Saint-Florent.

Au loin; la butte de Saint-Florent-le-Vieil, plusieurs fois évoqué dans allersretours.com. Faites une recherche en haut à droite, vous verrez. C'est là-bas, au bord de la Loire, que les armées vendéennes sont parties vers la terrifiante "virée de Galerne". Pauvres hommes et femmes; pauvre misère humaine !

Mais place à la quiétude des lieux en ce si beau jour. C'est beau, et, une fois de plus, je goûte chaque instant.

La D210... Hasard des voyages, je suis passé exactement ici au mois d'octobre, alors que je rentrais au bercail ! Je suis ici juste à la sortie de Saint-Florent-le-Vieil, et j'avais photographié dans l'autre direction ! J'adore cette levée au-dessus du grand fleuve.

Ingrandes, à nouveau. Cette fois, je vais prendre le pont et traverser ici. Au passage, vous pouvez noter la présence des grands bans de sable, comme en octobre. Ce n'est pas normal, en ce début avril : la Loire devrait les recouvrir, le niveau est déjà bas, l'été sera difficile, à moins qu'il ne soit pluvieux !

Bécon-les-Granits, Saint-Clément-de-la-Place, La Membrolle-sur-Longuenée... que de noms qui sentent bon le terroir angevin. Je comptais faire étape à Solesmes, près de l'abbaye du même nom, dans la Sarthe. Mais...

l'heure et, surtout, le charme de ce petit village angevin au bord de la Mayenne m'a fait changer d'avis !

Grez-Neuville, c'est son nom, est une perle qui mérite la halte !

Je me trouve une petite place fort tranquille, entourée de beaux arbres.

Il fait frais, ce soir, et quelques gouttes se mettent à tomber. Il n'en fallait pas plus pour m'inciter à rentrer dans ma coquille.

Comme je suis bien, vous ne pouvez pas imaginer !

Et ça y est, c'est parti, Scandinavie 2012 a pris son envol, et c'est déjà magique !


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