Scandinavie 2012, étape 008

Jour 008 - Mardi 10 avril 2012 - 120 km - 386 photos
(Total : 1930 km - 1220 photos)
De Oksbol à Thorsminde (Danemark)

C'est encore le crachin ce matin, mais avec nettement moins de vent. Comme d'habitude au Danemark, tu n'as pas besoin de rouler longtemps avant de trouver des toilettes; je sais que je me répète, mais pour un voyageur, c'est important ! De tous les pays visités en Eujrope, c'est assurément celui qui est le mieux fourni en la matière, si je puis dire.... Je ne vais pas en faire le thème principal de la journée; il est 9h10 lorsque je lance le démarreur, qui répond présent (c'est toujours ma petite hantise, le matin). Tous les soirs, avant de me coucher, je vérifie si les phares sont coupés, si la radio est éteinte, et je retire la clef. Par contre, cette nuit, je n'avais pas barré la portière conducteur ! Apparemment, personne n'est venu voir le français dormir.

Il y a un cimetière allemand à la sortie d'Oksbol, sur la route de Borsmose. Il s'agit de soldats, mais aussi de réfugiés allemands civils de la seconde guerre mondiale. Il est très bien entretenu. Il y règne ce matin un grand silence, et c'est un endroit un peu irréel. La tondeuse semble abandonnée au milieu des tombes, sans doute tombée en panne ? Ou bien c'était l'heure de la débauche ? Mais quand même, il est surprenant de voir que le matériel soit laissé ainsi dehors !

Le paysage devient fantasmagorique, après la traversée de la petite pinède. Plat à perte de vue, sauf de petits monticules visibles dans le lointain.
Et de l'eau stagnante formant des mares. A gauche, à droite, devant.

Ce qui me plait aujourd'hui, c'est le retour au calme et à la solitude. Les autochtones ont enfin repris le boulot, le week-end pascal est enfin terminé. J'aime la semaine quand tout le monde bosse, je n'aime pas le dimanche pendant mes voyages. Ben oui, c'est comme ça...

Ce sont les dunes. Partout, c'est du sable, recouvert de mousses, de bruyères et de ces herbes que l'on voit souvent dans le sable.
Ici, c'est au nord de Kaergard, peu avant d'arriver à Kirkeby, sur la 465.

Je passe ensuite Norre Nebel, puis je prends la 181 qui file vers le nord, ma direction principale. Je vois alors une pancarte indiquant la présence d'un village viking. Vu la météo, allons voir ça de plus près. C'est Bork Vikingehavn, un coin complètement perdu à l'extrême pointe sud du Ringkobing Fjord. Ah oui, que je vous dise. Un "fjord" danois n'a rigoureusement rien à voir avec un "fjord" norvégien. Il s'agit en fait d'une mer intérieure, séparée de l'océan par une dune de sable ou un mince cordon de terre, mais communiquant avec la mer. Certains sont immenses, et que l'on regarde vers l'ouest ou vers l'est, on se croit en pleine mer !

Le village viking est une reconstitution, et il est fermé. Des touristes allemands voulaient y aller, et semblent surpris. Pas moi, vu la saison !

Une rivière qui va se jeter dans le Ringkobing Fjord, à moins qu'elle n'en sorte ?

Au même endroit, mais de l'autre côté; on aperçoit les "maisons" du village viking.

Je retrouve la 181. Ici, à Nymindegab, se termine le Ringkobing Fjord en une suite de bras d'eau de mer de plus en plus étroits, orientés nord-sud.

Je vois sur ma carte qui défile lentement sur mon écran d'ordinateur -quel plaisir de rouler avec les cartes détaillées, le tout sur un écran de PC, dans la voiture !- que je suis désormais sur une étroite bande de terre entre la mer et le fjord. De temps à autre, il y a des "pâtés" de maisons disséminées dans les sables. Je ne sais pas s'il s'git là de maisons de vacances, ou de maisons d'habitation à l'année. Toujours est-il que la route est un long ruban d'asphalte posé au milieu des dunes, et l'idée me vient d'en escalader une pour voir. Eh bien voilà, j'y suis. Le vent souffle en fortes rafales ici, sans doute à cause de la proximité de la mer.

Vers le Ringkobing Fjord.

Haurvik Kirkegard.

Quelques très vieilles pierre tombales.

Je suis allé marcher un peu au-delà de l'église, située sur le point le plus élevé du secteur, car j'avais vu ce petit débarcadère de là-haut. Je suis ici sur les berges du Ringkobing Fjord, et il semble bien que le coin soit excellent pour les pêcheurs ! Certainement un endroit que mes frangins amateurs de pêche aimeraient, ainsi que Marcus, le beau-frère, que je salue au passage.

Le cadenas fermant la porte de la petite cabane de pêcheur installée à côté. Le propriétaire, sans doute fatigué de perdre ses clefs et de devoir racheter un cadenas à chaque fois, a décidé d'employer les grands moyens ! Ha ha ha.

Retour sur la 181, l'église étant située un peu à l'écart de la route. Je tourne à droite, évidemment ! En face, les dunes et, juste derrière, la mer.

Arrivée à Hvide Sande. C'est ici que les eaux de la Mer du Nord s'engouffrent dans le Ringkobing Fjord.

C'est un grand port de pêche.

En vertu de la décision prise, à savoir que ce voyage sera aussi un voyage dédié à la marche -moyen pour moi le plus économique et le plus agréable de faire un peu de sport, puisqu'il ajoute, au fait de se remuer un peu, les joies de la promenade, la possibilité de faire de nombreuses photos, et d'aller voir là où la voiture ne passe pas- je décide donc de me dégourdir les jambes ici. Il ne pleut plus, mais le vent est violent, et il importe de bien se couvrir.

Il y a là un magnifique brick.

Ce n'est pas que je trouve ça particulièrement beau; non non, c'est justement absolument le contraire !

La Mer du Nord. Telle que je me l'imaginais.

Violente, glaciale, désertique... Eh bien non, pas si désertique que ça, finalement.

Nous sommes quelques touristes à arpenter la façade maritime.

Moments de pur bonheur.

Aïe, ça, c'est nettement moins joli. Serait-ce une douche ?

Comme le ferait la neige, le sable recouvre tout, emporté par le vent. A la différence près qu'il ne fond pas, lui !
Elément pour les futures recherches archéologiques des années 6780.....

Tiens tiens, et si j'allais là-haut ? En suis-je capable ?

Yeees ! Réussi. J'ai quitté l'échelle pour terminer par le sable, plus facile pour moi.

La petite ville est blottie derrière la dune protectrice. J'y retourne.

Un peu meilleur, cet auto-portrait.

Pas du tout mon style, mais alors pas du tout; il en faut pour tout le monde.

Ah, ces allemands, les américains de l'Europe ! Antenne satellite pour pouvoir suivre les chaînes télé de la maison, les trois petits toutous...
Ils ne font de mal à personne, c'est le principal.

C'est ici que l'eau de mer s'engouffre dans le fjord. Ce qui fait la joie des pêcheurs.
Au fait, vous avez vu ? La brume s'est levée d'un seul coup, en l'espace de dix minutes, et le ciel bleu est là.

Je mange dans un coin tranquille à Hvide Sande, puis je reprends mon bâton de pèlerin. Ben oui, je ne suis pas en vacances.... Un peu plus au nord, à Sondervig, je retourne au bord de la mer.

Immense plage de sable, juste derrière la bande de dunes. Je suis surpris de voir, ici aussi, des blockhaus de la seconde guerre mondiale.

Il y en a partout et, comme chez nous sur les plages vendéennes, ils sont maintenant sur la plage. Il faut savoir qu'ils ont tous été construits au sommet des dunes, forcément ! Ce qui signifie que... le niveau de la mer remonte ?

Cette région du Danemark s'appelle le Jutland. Des dizaines et des dizaines de kilomètres de plages de sable ininterrompues.

Sondervig, vu depuis le sommet d'une dune.

La mode danoise, spécialement pour vous, amies lectrices...

Je reprends la 181, et m'arrête seulement 4 kilomètres plus au nord, sur un parking indiquant une autre plage. Histoire de voir.

Les maisons sont toujours blotties au creux des dunes.
Les dunes sont plantées de végétation pour les fixer autant que possible et empêcher le vent de les déplacer.

De nouveaux "bunker" ici aussi. Je constaterai qu'il y en a absolument partout !

Et la plage à perte de vue.

Derrière moi, l'immense plage; au loin, la mer intérieure, c'est-à-dire le Ringkobing Fjord, encore lui !

Et le petit parking comme il en existe des dizaines tout au long de cette magnifique côte du Jutland. Et sur chaque parking, des toilettes propres, nettoyées quotidiennement, et pourvues de savon et de papier toilette ! De plus, sur chaque parking, une carte détaillée du coin, et des notices explicatives. Ils font ça très bien, les Danois. De cette façon, vous pouvez choisir une plage déserte, loin des villages, ou bien l'inverse, au coeur des boutiques de shopping.. Vous savez où vont mes préférences...

Peut-on considérer que le seul passage des humains a fini par entamer la dune à ce point ?
Pour ma part, je le pense, l'herbe disparaissant là où l'on passe, et le vent faisant le reste en dispersant les grains de sable !

Retour sur la 181.

Je vais voir une autre plage. A droite de la route, ce n'est plus le grand Ringkobing Fjord, mais un tout petit, nommé Vest Stadil Fjord.
Les tempêtes hivernales ont repoussé le sable et la pancarte est un peu envahie !

Coup d'oeil arrière. Le petit parking, la 181, le Stadil Fjord.

Deux personnes sur la plage sans fin. Des allemands qui se sont stationnés en même temps que moi. Il faut vous dire que les plaques minéralogiques étrangères ici sont, pour 95% d'entre elles, allemandes !

Ici, des plaques de béton protègent le bas des dunes.

Et partout, les blockhaus, qui, bientôt, iront à l'eau ! Encore du boulot pour les futurs archéologues. Et ainsi va l'histoire des hommes, vers l'oubli total, emportée par la longue suite des millénaires, ces temps infinis dont nous ne disposons que d'infimes miettes.

J'aimerais marcher ainsi pendant des heures. Mais j'ai un bateau à prendre. Le temps de marcher, je l'aurai en Norvège !

Retour à la voiture. Juste à côté du parking, cette ancienne ferme transformée en musée.

Et au-delà de la route, comme je vous le disais, le Vest Stadil Fjord.

Pour bien vous montrer. Du sommet de la dune, en regardant vers le nord : à gauche (ouest), la mer, et à droite la 181, et la ferme dont je vous parlais. Et tout est plat à droite, à l'est. Vous voyez, le cordon dunaire est une protection indéniable, mais il est par endroits très faible; en tout cas, absolument pas insurmontable à Dame Nature, qui pourrait bien le détruire lors d'une grosse colère.

Vers le nord.

Vers le sud, en contre-jour.

La belle église de Husby, plus au nord sur le Klitvej (qui est la route 181).

Et celle de Sonder Nissum.

La 181 revient sur un étroit ruban de sable formé entre la mer et le Nissum Fjord.

Petit arrêt pour grimper au sommet. Quelqu'un était déjà passé, je n'ai fait que suivre les traces.

Vous apercevez le grand Nissum Fjord au loin, côté... terre.

Là, on le voit mieux.

Et si je me retourne.... c'est... la mer, comme vous vous en doutiez !

Toujours avec quelques blockhaus....

Côté terre : le Nissum Fjord, toujours. La mer est à ma gauche. Etonnant pays, non ?

Et au centre du mince cordon dunaire, la petite ville de Thorsminde, au milieu de laquelle s'engouffrent les eaux de la Mer du Nord pour envahir le fjord.
Le royaume des pêcheurs ici aussi. Je les ai regardés pendant un quart d'heure environ. En fait, à ma grande surprise, ils pêchent énormément. Pêche au lancer, à la cuiller, avec plusieurs hameçons et une plume à chaque hameçon. Et je vous garantis qu'ils sortent au minimum un poisson, et parfois deux ou trois en même temps, et ce au minimum deux lancers sur trois ! C'est incroyable; leurs seaux sont à moitié remplis. Par contre, ne me demandez pas le nom des espèces pêchées, je n'en sais rien ! Et il n'y a pas que des Danois en train de pêcher, les Allemands sont bien là eux aussi !

Le passage entre les deux : la mer dans mon dos, le Nissum Fjord en face. Le village s'étend sur les deux côtés de la passe.

Vue d'ensemble du passage. Je suis sur une dune au nord, les pêcheurs sont de chaque côté du pont, la pêche étant interdite depuis le pont lui-même. En fait, le pont est constitué d'écluses, qu'ils doivent ouvrir ou fermer selon les besoins en eau et les marées. C'est ici, sur ce petit parking, que je vais installer mon bivouac vespéral quotidien.

Au-delà du bateau, vous apercevez l'ensemble de la côte et ses immenses plages que je viens de vous montrer.

A Throsminde, ce n'est pas le linge qui sèche sur le fil, mais les poissons !
Ce sont des plies, j'en pêchais avec mon grand-père, dans la Vie, lorsque j'étais gamin, et j'aimais bien ce poisson.

La petite église de Thorsminde.

Et un petit musée de la marine, devant lequel je vais dormir cette nuit.

Voilà, encore une bien belle journée de voyage qui se termine.

A bientôt pour la suite !

 


Depuis le 06/06/2005 Visites:851346 Aujourd'hui :150 Maintenant:14 (Passage du cap des 50.000 visiteurs le 09/01/2009)