Scandinavie 2012, étape 009

Jour 009 - Mercredi 11 avril 2012 - 152 km - 292 photos
(Total : 2082 km - 1512 photos)
De Thorsminde à Osterild (Danemark)

Il a fait froid cette nuit; le ciel est clair ce matin, ceci explique cela ! Le vent est toujours présent, et il y a déjà des pêcheurs en train de se les geler -il n'est même pas 8h30, mais quand on aime, c'est bien connu, et c'est ma foi si vrai, on ne compte pas ! Il va bien falloir que je me mette à rechercher mes deux duvets supplémentaires. Eh oui, je suis hyper outillé pour ne pas avoir froid dans Mygoo, un duvet de type Groënland -celui qui a fait tous mes voyages en moto, il est vraiment très bien-, deux duvets d'un tissu fin mais chaud, et le chauffage ! Comme je désire n'utiliser le chauffage que pour les stations prolongées en journée sous le froid ou la pluie par exemple -je ne désire pas chauffer la nuit-, je dois me couvrir. Je sais qu'en ne rajoutant qu'un seul des deux duvets dans le gros, ce sera terriblement efficace. Mais je ne sais pas où ils sont !

La plage, 4 kilomètres au nord de Thorsminde. Rien de changé, ça continue comme hier. Je roule toujours sur la 181, et suis sur cet étroit cordon dunaire entre la mer et le Nissum Fjord. Il faut savoir que ces cordons de sable se sont formés naturellement, et tous ces fjords faisaient autrefois partie intégrante de la mer ! J'ai également lu que la dernière glaciation est descendue à peu près jusqu'ici. Brrrr.....

Evidemment, de l'autre côté du cordon dunaire se trouve donc le Nissum Fjord, bout de mer capturé par la nature elle-même !

La dune a été consolidée et uniformisée : ça, c'est le travail des hommes.

Je suis désormais au nord du NNissum Fjord, et la 181 s'éloigne du littoral. Au loin, la petite église de Fjaltring.

Juste après se trouve un carrefour de routes. Ce lieu porte le nom de Rammedige. Une ville fantôme. Ces monticules sont en fait les 15 tombes funéraires restant sur la soixantaine existant à l'origine. La plupart de ces tombes ont été construites entre 1700 et 1000 avant JC. Les peuples qui les ont construits vivaient probablement dans les collines plus au nord du site funéraire; en effet, il n'était alors pas coutumier de vivre parmi les monticules des morts. Ils avaient déjà tracé ici des routes, connues sous le nom de Oldtidsvejen (les Anciennes Routes). Cette zone était considérée comme sacrée. Les cinq premiers siècles après JC, cette région fut en guerre perpétuelle contre des attaques de groupes d'environ mille hommes. Après les victoires, le butin était offert en sacrifice dans des zones de marais. La vie à ces époques reculées n'était donc pas facile, loin s'en faut !

Aujourd'hui, les moutons paissent autour des tumulus funéraires !

A ma grande surprise, le site est encore sous bonne garde, et les gars ne semblent pas trop rigoler !
J'ai tenté une timide approche, sans aucun succès. Ils ont gardé une langue de bois.

Juste à côté, l'église de Dybe, un hameau minuscule.

Je quitte ensuite la 181 à Vandborg pour une petite digression en dehors des grands axes.
J'adore ces étiers, qui relient tous les lacs des environs les uns aux autres.

La petite route, au même endroit. J'ai la chance de trouver un "spot" WiFi dans le village suivant, ce qui me permet de lire mon courrier, d'envoyer des nouvelles à mes proches, et accessoirement de vous livrer votre feuilleton quotidien - bande de veinards ! En fait, c'est assez facile, toujours grâce à mon antenne miracle qui capte dans un rayon d'une centaine de mètres les ondes WiFi qui circulent. La plupart sont protégées par des clés, mais de temps à autre, j'en trouve une sans protection. Et bien plus souvent qu'en France, tout compte fait.

Je rejoins la 181 à Harboere, situé au bord du fjord suivant, le Limfjorden. J'ai envie d'aller voir de plus près. Ici commence un nouveau cordon dunaire, lui aussi coupé en son centre comme les précédents, permettant à l'eau de mer de pénétrer dans le fjord.

J'ai la surprise de voir cette énorme tête de poisson sur la rive. Quelle espèce ? Je laisse les spécialistes en deviser. Par contre, c'était un beau poisson, car cette tête est plus grosse que mes chaussures de marche ! J'aurais pu les photographier à côté pour vous permettre de comparer, mais je n'avais vraiment pas envie d'enlever mes chaussures ici ! Que ceux qui le veulent y viennent eux-mêmes, non mais ! Il faut quand même que je vous laisse quelque chose à faire, sinon vous allez devenir aussi fainéants que moi !

Thyboren. Ici, les eaux de la mer s'engouffrent dans le Limfjorden, comme c'était le cas pour les fjords précédents, au centre du mince cordon dunaire. Sauf qu'ici, une énorme tempête s'est déchaînée au siècle dernier, coupant le mince cordon dunaire à tel point que les rives oposées sont éloignées d'environ un kilomètre ! Ce qui veut dire ? Qu'il n'y a pas de pont, comme il y en avait dans les autres fjords. Je suis contraint de prendre le bac.

Et les gestionnaires de ce bac sont de bons petits voleurs. J'vous narre....

D'abord, il est cher : 71 couronnes danoises, pour passer la petite Mygoo et son conducteur, ce qui fait environ 10 euros, pour un kilomètre sur un vieux rafiot puant le mazout. Dix euros le kilomètre, c'est tout bonnement énorme. Mais ils le savent bien, que nous allons accepter. Car contourner le Limfjorden représente grosso-modo un détour d'environ 85 km, quand même !

Par contre, là où ce sont de vrais chameaux, c'est pour les touristes n'ayant pas de DKK (les couronnes danoises, la monnaie locale). On peut payer en euros, bien sûr. J'avais demandé au gars avant de monter, et il m'a répondu littéralement "je ne sais pas trop, dix euros à peu près"... Or, une fois dedans, avec des voitures derrière moi, je suis coincé, n'est-ce-pas ? Le contrôleur qui vient à ma fenêtre, avec sa petite machine, me demande 15 euros. Je rouspète, et lui dit que son collègue m'a dit "dix". Et là, il me fait voir le résultat s'affichant sur sa calculette : 71 couronnes = 10,13 euros ! Jackpot, les gars. Personne ne prend jamais les pièces des monnaies étrangères, n'est-ce-pas, et je le sais bien. J'ai de suite compris leur combinette. Je dois donner 15 euros, il me rend la monnaie en DKK, bien sûr, mais à son taux de change, forcément défavorable pour le touriste. Voyez-vous, je déteste ce genre de pratiques dans les lieux touristiques, et si j'avais vraiment voulu être méchant, je lui aurais dit que je n'étais pas d'accord; là, je lui aurais renvoyé l'ascenseur, car il n'avait plus que deux solutions : soit faire ressortir tous ceux qui étaient derrière moi, soit accepter le passage pour 10 euros. Mais pour être franc, je voulais quelques couronnes, je n'en ai pas une seule, et si je veux m'acheter quelques bricoles avant la Norvège...

Et puis, il n'y a pas mort d'homme, c'est l'jeu, mon pôv' monsieur, fallait pas v'nir... Bref, une anecdote classique de voyageur.
A vot' bon coeur, m'sieurs dames....

Et je m'éloigne de Thyboren...

De l'autre côté, le cordon dunaire est une réserve. Je reste une dizaine de minutes à observer ces oies avec les jumelles depuis la voiture. Je ne suis pas un "fana" des oiseaux, mais j'avoue que c'était un grand moment de paix et de joie, de les voir évoluer et manger sans les déranger du tout, dans leur environnement on ne peut plus naturel !

A droite, le Limfjorden; à gauche, les étangs au bord desquels se trouvaient les oies, et plein d'autres espèces; encore plus à gauche...

Au bout d'une petite route qui traverse la zone des étangs, il y a ce sentier de traverses de chemin-de-fer, au bout duquel se trouve... la mer, forcément. J'y suis allé, histoire de me dégourdir les jambes, et j'ai fait une petite boucle. La plage n'est pas belle, il y a une jetée, bref, petite déception. J'ai pris des photos - eh oui, même quand ce n'est pas terrible-, mais je ne vous fais voir que le meilleur!

Vous en voulez une quand même ? OK, alors voila....

Je retourne sur la 181. J'aperçois au loin, dans les étangs, des cygnes sauvages.
Je suis resté également à les observer à la jumelle depuis la route, bien au chaud dans Mygoo. Grandiose !

Parvenu à Agger, je quitte à nouveau la 181 pour une nouvelle petite incursion au coeur des petites routes. Quelle récompense, aussitôt. La route passe ici entre plusieurs petits lacs, les Flade So, Roddenbjerg So et Orum So (So avec le "o barré", ça ne peut signifier que "lac"). J'assiste à l(envol d'un couple de cygnes, comme c'est beau, je n'ai pas eu le temps de dégaîner (l'appareil photo, hein, pas le fusil !). La puissance de leur vol est énorme, car j'en ai suivi un autre couple qui volaient dans la même direction que roulait Mygoo, eh bien ils tenaient sans problème le 50 km/h !

Il y avait plusieurs couples de cygnes dans ces lacs; la blancheur éclatante de leur robe se voit d'extrêmement loin.

Lodbjerg Kirke.

Très jolies petites pierres tombales.

Incroyable, la porte est ouverte !

Au-dessus de l'orgue, un rétroviseur placé ici pour l'organiste, qui joue le dos tourné aux autres.
Ce qui me permet de faire un petit essai de gogol... Ben quoi, faut bien s'amuser un peu, quand on est tout seul, non ?

Je m'installe ici dehors pour manger. Il fait extrêmement bon au soleil; je suis seul, et les seuls sons sont -oui, je sais, c'est un peu limite...- ceux que font les oiseaux.. Un grand moment de bonheur pur et tout simple. Juste à côté se trouvent des toilettes extrêmement propres, avec de l'eau chaude au robinet; comme ce sont des toilettes aussi pour handicapés, la pièce est très grande, et une idée me vient. Yeees, je me fais une très grande toilette, la première avec de l'eau très chaude depuis mon départ. Génial ! Quand je ressors avec ma serviette, mon linge et mes affaires de toilette, je vois une voiture stationnée avec des gens en train de manger... J'espère qu'ils n'ont pas eu besoin des toilettes pendant que j'y étais; en tout cas, j'étais bien trop occupé pour les entendre.

Orum.

Et me voici de retour sur la... 181, évidemment. Je retrouve une zone de dunes, sables et bruyères vers Stenbjerg, peu avant d'arriver à...

Norre Vorupo. C'est superbe, ce petit village me plait bien, j'ai envie de faire une balade.

Le petit port, tellement minuscule que les bateaux doivent s'échouer sur la plage, un tracteur les tirant sur le sable.

Mon approche, peu discrète sur les galets, fait fuir un troupeau de mouettes.

Au nord, quelques surfeurs s'exercent à leur hobby.

Je décide de longer la grève comme j'aime à le faire.

Le retour se fera sur la crête des dunes. Il y a toujours des sentiers au sommet des dunes danoises.

Il y avait encore un petit bunker ici, à moins qu'il ne s'agisse que de la partie émergée de l'iceberg... On aperçoit les bateaux au loin.

Et le village derrière les dunes, comme d'hab'.

Une petite dernière avant de partir.

Le bord de route à la sortie du village.

Sur la 181, à la sortie de Klitmoller. La route longe le littoral de très près, et j'aperçois même la mer de temps à autre.

Je fais quelques arrêts pour grimper au sommet d'une dune.

Le vent s'est remis à souffler plus fort.

Mes pas dans le sable; je suis le premier à passer ici.

Eh non, quelqu'un d'autre est déjà passé ici. De qui s'agit-il donc ?

Arrivée à Hanstholm, grand port de départ vers des terres magiques : les îles Feroe et l'Islande. La ligne de ferry partant de Scrabster au nord de l'Ecosse a été abandonnée, et j'ai eu de la chance de l'avoir prise en 2008. Pour les français, partir depuis le nord de l'Ecosse était un grand plus -pour ceux qui avaient le temps- car on pouvait faire en même temps l'Ecosse !

Mygoo sur les quais de Hanstholm.

Au sommet de la grande dune dominant le port....

J'avais envie de bivouaquer ici, mais la ville ne me plait pas. Par contre, je viens y dépenser une partie de mes DKK... que je transforme sans regret en un pack de six bières, pour le soir. J'aime bien siroter une petite bière en écrivant mon journal, chacun ses petits plaisirs. Oui, je sais que ce n'est pas terrible pour la ligne, mais voyez-vous, je fais du sport, moi, dans la journée ! Ha ha ha...

Pour la première fois depuis que je suis au Danemark, je vois une plage de galets, ici à Vigso, au nord-est d'Hanstholm. Là, les bunkers sont dans l'eau !

Une belle maison de vacances, je pense, car tout est fermé.

L'église de Vigso, depuis laquelle on découvre tout le littoral. Pour la première fois aussi, je vois ici de vraies collines et un vrai relief !

Mais rien qui ne plaise au gars pour dormir !

Je roule maintenant sur la 29, et soudain, en pleine campagne, entre Raehr et Hjardemal, j'aperçois un peu tard des animaux qui attirent au dernier moment mon attention. Je freine brusquement, et marche arrière...

Sensationnel. Ce sont mes vaches préférées, mes belles écossaises, que j'adore réellement.
A peine me voient-elles traverser la route et me diriger vers le bord du pré que les trois jeunes viennent vers moi en courant.

Comme elles sont "mimi" ! J'ai vraiment envie de les caresser, mais je n'ose pas.

Si j'avais un champ et les moyens de les entretenir, j'en achèterais absolument ! Et j'essaierais de les domestiquer au point de m'en faire des copines de balade. Ne riez pas, je vous assure que j'aimerais le faire réellement si je le pouvais ! Je suis tombé amoureux de ces vaches la première fois que j'en ai vues en Ecosse, dans leur pays. Le coup de foudre, quoi , le truc qui ne s'explique pas...

Hjardemal, justement, le village suivant. Ici ne vivent que des agriculteurs.

Restez "croupir"....

Tiens tiens, une rencontre dans le cimetière... Un mâle tombé amoureux !
Il est tellement en extase qu'il ne s'occupe même pas de moi ! Faut dire qu'elle est mignonne.

Rien ne l'arrête pour les yeux de la belle....

Et elle le sait bien, regardez-là comme elle l'attise ! Ah, les filles, vous êtes adorables, et vous le savez bien.
Mais vous le valez bien aussi, il faut bien l'admettre.

En tout cas, mon gros matou, il ne voit qu'elle, et je ne vois pas comment elle pourra échapper à la petite partie de jambes en l'air.

Il s'approche, il s'approche; elle fait semblant de ne pas le voir....
Je m'en vais, je ne voudrais pas interrompre de si bons moments à venir.

Comme un vol de canards....

Au Danemark, on les voit partout. Ce sera ma dernière photo ce soir.

Je me trouve finalement un superbe bivouac sur la place d'un village nommé Osterild. Absolument parfait !

 


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