Scandinavie 2012, étape 017

Jour 017 - Jeudi 19 avril 2012 - 91 km - 189 photos
(Total : 2765 km - 2914 photos)
De Flä à Nesbyen (Norvège)

Gris, triste, froid... Pas très encourageant, tout ça. D'un autre côté, je sais que ça peut changer vite dans ce sacré pays. Je vais donc tenter ma chance, le plafond nuageux n'étant pas si bas que ça. Au moins, il n'y a pas de brouillard. Il est 10h15 lorsque je lance la procédure de mise en route : préchauffage, extinction des voyants, clé à droite, Brrrrrrrroummmmmmm Vroummmmm Pof pof pof pof pof.... C'est parti pour de nouvelles aventures.

La Hallingdalselve est toujours là. Remarquez, je n'en suis aucunement surpris.

Tiens, camping ouvert. Il ne fait pas très beau, je vais tenter ma chance : à savoir, demander le prix pour une longue douche très chaude ! La dame qui me reçoit est bien entendu étonnée de ma demande, mais accepte pour 30 NOK, ce qui fait.... Vous le savez aussi bien que moi maintenant. Bon, je vous le dis encore une fois, mais ce sera la dernière. Grosso modo, 1,40 € pour 10 NOK, donc 4,20 euros. J'accepte, je ne vais pas faire le difficile, je ne paye pas d'hébergements, ce n'est donc pas un problème. Je dois dire que ce camping -que des "hytter", les cabanes norvégiennes- est de haut niveau. Le -ou la, je ne sais pas quel genre employer- hytter douches/toilettes est d'une propreté parfaite. Et la douche, c'est le rêve : tu tournes le bouton, et il te sort instantanément une eau très chaude -trop chaude pour moi, sans doute à force de me laver à l'eau glaciale. Mes ami(e)s, quel bonheur ! En fait, c'est génial de vivre sans trop de confort, car quand on en reçoit, on l'apprécie mille fois plus ! Et c'est bien le cas. Je ne me suis pas privé, c'était absolument divin, un très très grand moment. Lorsque je suis reparti, j'avais vraiment chaud, et je suis resté pendant une heure sur la route avec un seul petit gilet sans avoir froid en faisant mes photos dehors !

La propriétaire qui m'a reçu est en fait une hollandaise qui vient juste de s'installer ici -octobre 2011 !- et se lance dans une nouvelle vie, après des années de tourisme en Norvège. Je dis bravo, il faut aller au bout de ses rêves, tenter ce qu'on a vraiment envie de faire. Car cette vie que nous avons reçue malgré nous, sans la demander, elle nous appartient, et on en n'aura sans doute pas d'autre -du moins, je ne le crois pas, alors que d'autres le pensent. Bref, merci madame la hollandaise pour votre accueil et professionnalisme ! Je vous recommande son camping, à Oygarden, peu après Flä sur la 7 en allant vers le nord. Il y a deux campings, demandez celui de la hollandaise.... (côté gauche de la route en allant vers le nord).

La Hallingdalselva en face du camping, un peu énervée à cet endroit.

Stavn, le hameau de quelques fermes situé juste un peu plus loin.

Un pont permet de franchir la rivière pour aller à Kolsrud. Il me permet de la photographier une nouvelle fois.
Vous savez, j'ai remarqué depuis mon arrivée un niveau d'eau plutôt bas, bien que je sois tout le temps en train de vous dire que l'eau est partout.

La surface des espaces vierges en Norvège doit être énorme.
En effet, presque partout, la végétation arrive jusque sur les berges, et il faut traverser bois et forêts pour atteindre l'eau.

Au pied du Ryfjell (fjell signifie montagne), donc au pied de la montagne Ry, qui ne rit pas du tout aujourd'hui. Elle a pris son méchant manteau, hostile, glissant. Ce mont fait 1023 mètres, et s'élance d'un seul bloc. Dommage, nous n'en verrons pas davantage !

Un aperçu de la route 7, sur laquelle le trafic me gêne, surtout les gros camions. Vous savez -ou vous ne savez pas-, mais ici, les phares sont obligatoires aussi de jour. C'est d'ailleurs ainsi dans tous les pays scandinaves. Or, comme je reste dans ma voiture le soir, je n'ouvre pas ma portière, et elle ne me dit pas : "dis donc, gars, t'as encore laissé tes phares allumés" ! Je m'en suis rappellé un soir, ouf, après une dizaine de minutes... Maintenant, je ne veux plus prendre de risque, et je n'allume donc pas mes phares. En plus, je sais que ma batterie n'est pas de ces plus terribles, et je la sollicite énormément (chargement de la deuxième batterie, et de tous mes appareils tout au long de la journée). Si mes phares étaient allumés en continu, je pense que ma deuxième batterie ne serait pas chargée le soir comme elle l'est, surtout lorsque je roule peu. Bref, je roule donc sans phares, et je reçois de temps à autre un appel de phare à titre de rappel. Mais au Danemark, ce n'était pas "de temps à autre". Pénible, les danois, pour ça ! Surtout que le seul fait de me faire un appel de phare signifie que.... ben qu'ils m'ont vu, quoi ! Vous imaginez le gag : "Hep, j't'ai vu, p'tit gars, montre toi". Ben non, pas besoin de me montrer, puisque tu me vois. Non mais. Bref, je sais, ce n'est pas bien de ne pas respecter les codes de conduite -c'est le cas de le dire-, mais c'est ainsi. Et je trouve les Norvégiens bien plus "cool" sur ce point..

Quoi que, je vais vous raconter une anecdote survenue cet après-midi (24 avril). Je roulais sans code quand je croise une voiture jaune, que je pensais appartenir au service des routes. Or, je roulais également sans ma ceinture de sécurité -je venais de sortir faire une photo, et je voyais l'église où j'allais de nouveau m'arrêter. Je regarde machinalement dans mon rétro et, que vois-je ? La voiture que je viens de croiser s'arrête sur le bord de la route et met en marche les girophares situés sur son toit ! J'ai de suite imaginé une voiture de police faisant demi-tour, et j'entendais déjà une sirène du genre de celles des films américains, range-toi sur le côté, les deux mains sur la carrosserie, les jambes écartées... J'ai aussitôt attaché ma ceinture et allumé mes codes. Hum hum...

C'est la première fois que j'en vois avec les années inscrites dessus, et j'avoue que je ne pensais pas qu'ils étaient si anciens !

Parfois calme, tantôt énervée, la Hallingdalselve. Mais toujours belle et sauvage, comme je les aime.

Et mystérieuse aussi.

Un autre inconvénient avec ces grandes voies routières, c'est que le stationnement en bord de route pour faire des photos est nettement moins toléré !

L'endroit est resserré, et l'autre rive est très escarpée.

Bromma.

Non, ce n'est pas la Louisianne, mais c'est quand même une grosse maison !

Bromma.

Sanden. Cette photo, c'est juste pour vous montrer qu'à chaque fois qu'il y a un regroupement de boîtes aux lettres, il y en a une réservée à la poste -ici en bas à droite. Ainsi, les gens postent leur courrier en venant le chercher, et le facteur donne son courrier et prend celui qui part. Génial, non ?

Il y a ici un pont qui mène à Liodden sur l'autre rive. J'ai pris cette photo depuis le pont -un peu gonflé, mais il n'y avait personne. Bien entendu, je ne l'ai fait que pour la photo, je reprends la 7 que l'on voit ici à gauche. Curieux, à cet endroit, la rivière se nomme Brommafjorden (sur ma carte) !

Bringerud.

Les montagnes au_dessus de Nesbyen.

Deux églises pour le prix d'une : c'est Nesbyen.

Cette petite ville me plait, et je vais faire mon bivouac ici.

Mais il n'est que 13 heures, je regarde la carte et je décide d'aller visiter la Rukkedalen, sur la 214. "Dalen" signifie vallée, donc la vallée de la Rukke. En général, une vallée, c'est toujours joli. On verra bien, et si ça ne me plait pas, je ferai demi-tour !

Eh bien ça me plait immédiatement. Il y a de plus en plus de neige, y compris sur les rives du torrent qui dévale la pente, la Rukkedola.
Je m'installe ici pour manger, et comme il ne fait pas chaud, je me fais cuire une platée de spaghettis. Hummmm, délicieux !

Ici, une vue arrière.

Et vers l'avant. Je suis absolument emballé.

Le paysage devient glaciaire, et je retrouve les torrents que je voulais revoir.

N'est-ce pas magnifique ?

Il commence à y en avoir sur la route, mais ça ne me dérange pas outre mesure pour l'instant.

En effet, alors que je discutais avec des norvégiens hier matin dans une station service, pendant qu'il neigeait, l'un d'entre eux me demande la marque de mes pneus. Comme je ne m'en souvenais pas - ce sont en fait des Nokian, de Finlande-, il a tenu à venir les voir. Le gars était un routier. Il m'a dit : "ce sont les meilleurs, tu peux rouler sur la neige sans aucun souci avec ça, tu peux me croire". Vous pensez si ça m'a fait plaisir ! D'ailleurs -et j'avais oublié de vous le raconter-, j'étais tellement content que je me suis acheté un sandwich dans la station. 50 NOK le sandwich oeufs-tomates de taille tout-à-fait normale ! 7 euros le sandwich, ça calme !

La marque de mes pneus, c'est ça.... hi hi hi.

Les paysages sont d'une beauté à couper le souffle. En tout cas, j'adore totalement.

Ah, la Norvège. Après la montée, tu arrives en général sur ce que j'appelle le plateau. En général entre 20 et 40 km de terrain plutôt plat, et la plupart du temps marécageux et couvert de petits lacs qui se suivent, séparés les uns des autres par des bois ou de grandes étendues plates de type marécage, et reliés entre par de petites rivières. C'est ça, nous y voici. Et là, à gauche, cette étendue bien blanche et pure, c'est tout simplement un des lacs, le Buvatn.

Altitude : 843 m.

Et en général, devant ou autour de chaque lac, il y a des maisons ! Ici, c'est donc Buvassbrenna.

Le bateau n'est jamais loin, je vous le disais. Neige, glace, et barques ! Quels contrastes !
Je ne suis jamais venu en été sur les plateaux, mais je le ferai cette année, au retour.

Ici, c'était bien givré, et ça a magnifiquement bien roulé. Génial. Je fais demi-tour à Tunhovd.

J'aimerais beaucoup faire une petite marche....

Le genre de rivière reliant les lacs entre eux.

Retour sur le Buvatn; on aperçoit une île. On peut peut-être y aller à pied, mais je ne m'y risquerais certes pas, car je pense que le dégel est bien commencé, et j'aurais trop peur de passer au travers de la glace !

Par contre, j'aperçois une rivière à environ 300 mètres au bout de ce chemin, et ça, ça me tente bien !

Oh, c'est bon, jusqu'aux chevilles, ça va bien le faire. je mettrai le chauffage à fond au retour pour sécher tout ça.
Ma femme ne supporterait pas, elle déteste le chauffage dans les voitures.

Quel délice. Moments de bonheur absolu pour moi. La neige crisse sous mes pas, c'est fabuleux.

Je suis heureux comme un gamin, vous ne pouvez pas savoir.

Une petite dernière avant de rentrer à Nesbyen, où je me trouve un bon petit bivouac juste à côté du Spar.

Je vous laisse là-dessus.

Et merci pour vos messages de soutien, ça fait vraiment plaisir. Au moins, je ne bosse pas pour des prunes, ça intéresse. C'est ce qui me plait.

 


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