Scandinavie 2012, étape 018

Jour 018 - Vendredi 20 avril 2012 - 77 km - 225 photos
(Total : 2842 km - 3139 photos)
De Nesbyen à Leira (Norvège)

A nouveau réveillé par l'activité économique qui reprend ses droits comme chaque matin. Ce qui ne me gêne aucunement, bien au contraire, car je n'aime pas trop me réveiller tard. Ce matin, je vais d'abord faire un tour à l'Office de Tourisme que j'avais repéré hier soir, mais qui était fermé. J'y suis reçu par une jolie et charmante demoiselle, qui me dit qu'elle aimerait bien partir avec moi vers le grand nord qu'elle ne connait pas, et qu'elle est jalouse. Gloups ! Si elle savait comment je vis avec Mygoo, je suis sûr qu'elle ne voudrait plus venir. Quoi qu'il en soit, ça fait plaisir à entendre, et en plus, je vous l'ai dit, elle est très jolie.

Finalement, je vais modifier mon itinéraire pour essayer d'aller voir ces fameux boeufs musqués importés du Groënland et implantés dans les montagnes du Dovrefjell, au nord d'ici. Elle me dit d'aller à Dombass, ce que j'avais déjà lu par ailleurs. Ce qui m'ennuie, c'est que personne ne donne vraiment l'information de l'endroit où on peut les voir, et sous prétexte de sécurité, tout le monde vous dirige vers les agences spécialisées qui vous offrent le "safari-tour"... Ce que je déteste, en fait.

On verra bien, let's go on the road again, comme ils disent là-bas ! Il est déjà plus de dix heures, mais peu importe, en fait.

Ma route longe toujours la belle Halingdalselva.

Même Mygoo n'y a pas droit, à celui-ci. J'essaye de toujours aller faire quelques photos depuis les rares ponts, car la rivière est si souvent inaccessible -du moins difficilement-, que c'est un moyen que j'ai trouvé pour vous faire partager la beauté des lieux.

Une fois de plus, je trouve que niveau et débit sont faibles. Mais la rivière en elle-même reste très belle, et l'environnement sauvage et immense y est aussi pour beaucoup. Au loin, je retrouve cette forme de montagne arrondie, et très allongée, caractéristique des montagnes rabotées par les glaciers en d'autres temps. La roche a été laminée, mise à niveau, les aspérités en ont été enlevées par le poids énorme des glaces qui la recouvraient.

Je poursuis tranquillement sans prendre trop de photos sur la 7 à cause de la circulation et du manque d'aires de stationnement.

Et c'est un peu avant 11 heures que j'atteins la grande ville de la région, j'ai nommé, Gol.

Gol et son église moderne. Je suis déjà venu ici par deux fois avec Jolly Jumper (les 14 et 15 mai 2006). Gol est située à un carrefour de routes et se trouve de fait difficilement évitable lorsque l'on visite la Norvège, quel que soit le côté par lequel on arrive-, et je dois dire que je n'aime pas trop cette ville, pour ne pas dire pas du tout. Elle est entourée de centaines de caravanes groupées dans divers camps, c'est d'un moche, tu ne peux pas savoir. Quand à la ville en elle-même, elle est bâtie sur le flanc de la montagne, mais ses maisons sont très banales. Vous l'avez compris, je ne vais pas m'y attarder !

Le jardinier du cimetière est ici, et à ma demande, accepte que je prenne des photos de l'intérieur. Il me dit qu'un enterrement est en cours de préparation, et qu'il a ouvert l'église. Il m'accompagne cependant, et reste là pendant que je mitraille -enfin, le terme est un peu exagéré, car je suis plutôt déçu, je m'attendais à autre chose. Décidément, Gol...

Une femme est en train de positionner le cercueil.

Il y a quelques peintures de type "icônes" sur les murs de bois. Mais c'est tout, rien de particulier, à moins que je n'aie pas repéré. En effet, quand quelqu'un vous attend, vous êtes moins attentionnés à ce que vous faites.

Mais de l'extérieur, elle est jolie.

Vue depuis l'église.

Vue à Gol, version norvégienne.

En fait, je suis tellement pressé de quitter cette ville importante dans laquelle j'ai aussi eu bien du mal à trouver un spot WiFi, que j'en ai complètement oublié de rechercher sa très belle "stavkyrke" ! Heureusement que je l'avais vue lors de mon passage en scooter. A croire qu'on voit mieux les choses lorsque l'on est juché sur deux roues.

Et je prends exactement la même route que celle prise le 14 mai 2006, mais dans des conditions climatiques bien différentes. C'est d'ailleurs rigolo de comparer les deux versions ! En fait, je quitte Gol par la route 52, qui s'élève sur de plateaux en quelques "s" et 8 km de grimpette. Et là, on arrive sur le plateau, comme toujours en Norvège, c'est à dire sur cette partie de la montagne qui a été écrasée par les centaines de mètres de glaces qui la recouvraient. La ville de Gol, enfin son centre proprement dit, se trouve en bas à gauche, au creux des montagnes.

Un cheval norvégien bien poilu, sans doute pour supporter les rigueurs hivernales.

Donc, arrivée sur le plateau, vous disais-je. Je prends maintenant la 51, ouverte elle aussi, vers Fagernes. J'ai fait les deux avec le scooter.

Et sur le plateau, à cette époque de l'année, il reste de la neige.
Le grand dégel est en cours, mais n'a pas encore terminé son boulot, pour ma plus grande joie.

Ce que j'aime par-dessus tout, c'est l'eau au milieu des glaces et de la neige. En fait, j'aime voir l'eau sous toutes ses formes physiques, cet élement étant vraiment fabuleux. En Islande, on en a une dimension supplémentaire, car la chaleur la fait voir en plus sous forme de vapeur.

Charles, je trouve que tu as un caractère très norvégien, et que ce pays correspond à tout ce que tu aimes : la solitude, la paix, la neige et la glace, les montagnes, et tout ça au moins 6 mois sur 12, voire davantage, avec une population très très clairsemée. Je pense souvent à toi en voyant ces petites maisons en pleine nature, loin de toute foule !

Il fait meilleur, le soleil fait même de timides apparitions. Et j'aperçois le large chemin que je vois aussi sur ma carte détaillée. Je décide d'y aller, bien qu'il soit entièrement recouvert de neige. Mais je ne peux pas me fier à d'autres chemins passant dans des zones marécageuse, et sur lesquels les limites ne sont pas visibles. Là, du moins, je ne peux m'égarer et, surtout, aller marcher sur un lac. Je sais, il parait que certains l'ont fait, mais j'ai essayé aussi, et... je coule !

Ecoutez, c'est simple : j'a-do-re. D'abord ce bruit des chaussures qui s'enfoncent dans cette curieuse substance. Puis ce silence total, enfin presque, puisque j'entends les quelques voitures -heureusement peu nombreuses sur la 51 en cette saison- qui passent là-bas sur la route.

J'enfonce pas mal, par endroits au-delà des chevilles : mes chaussures disparaissent donc totalement de temps à autre.

Finalement, c'est plutôt crevant...

Couip d'oeil arrière. Remarquez la trainée derrière les empreintes. C'est le bout de ma chaussure que, par flemme, je n'ai pas le courage de sortir complètement du trou dans lequel elle était. Alors, elle traine un peu sur la neige vierge avant de s'enfoncer pour le prochain pas !

Vraiment fatiguant. je souffle comme un phoque, mais ça va me faire du bien, il faut que je me décrasse, me disent les enfants. Eh bien voilà, je le fais !

Mais la beauté des lieux vaut bien ces efforts.

Je suis ici bien engagé dans la forêt et déjà loin de la route. C'est magique.

Et j'atteins une nouvelle zone marécageuse, et de petits lacs se trouvent autour, comme je l'ai vu sur la carte avant de partir.

Je reste bien sagement sur le chemin, peu désireux de m'enfoncer dans un trou d'eau. Surtout qu'avec mon poids, je pense que la glace de la mi-avril ne suffirait plus à me soutenir, hi hi hi.

Je commence à penser aux ours. Pas bon, ça, d'avoir de telles pensées quand on est tout seul au mileiu des bois....

Finalement, je vais faire demi-tour. Officiellement à cause de mon essouflement. Officieusement un peu à cause des ours....

Quel trouillard !

Au retour, je fais bien attention à marcher dans les mêmes traces. Non pas pour ne pas "ternir" la beauté de cette neige immaculée. Mais bien plus pour me faciliter la tâche : en effet, c'est nettement moins fatiguant !

Retour à la titine qui m'attendait sagement. Je suis toujours un peu angoissé lorsque je la laisse seule. Souvenir d'un certain cambriolage....
Je pense que je risque bien moins ce genre de désagrément par ici. Mais sait-on jamais !

Tiens, un lac....

Ce sont les traces de canards. Je le sais, parce que je les ai vus !

Propagande....

Soudain, sur le plateau, au milieu de nulle part, une auberge. Je vous l'ai dit, c'est un peu comme au Far-West pendant la conquête. Ces établissements sont des repères et des phares pour les voyageurs dans ces contrées sauvages et désertiques, c'est l'étape, c'est la sécurité.

Au loin, les petites maisons de Brenn, perdues dans l'immensité.
Admirez à l'horizon nord-est les chaines montagneuses complètement blanches des Meitebekkfjellet, Hollastolsfjellet, Haugsjofjellet et Makalausfjellet.

Langehaugen.

Du même endroit, vers l'est.

Langehaugen, c'est aussi la frontière entre le comté du Buskerud que je quitte ici pour entrer dans celui de l'Oppland.
Ici, les anciennes bornes.

Et les pancartes modernes. Il est 14h30, et j'ai faim.
Je m'installe ici sur un parking en plein vent, devenu glacial !

Alors, ce qui me fait une envie folle, c'est... une bonne soupe bien d'chez nous !
Quel délice !

Y'a tout, dans Mygoo, suffit de d'mander !

J'ai repris la route. Le ciel s'est assombri, j'ai bien fait de faire ma marche ce midi !

Je vois un grand camping qui m'intrigue, et j'ai envie de faire quelques photos. J'entre voir le propriétaire, qui est là dans sa boutique, pour lui demander la permission. Son accueil est très chaleureux. Il a par contre une mine désolée. C'est à cause de tout ça, me dit-il en me montrant la neige. Je ne comprends pas trop -vu que c'est quand même son pays, et qu'il doit être au courant qu'il neige ici-, mais il me dit que ce n'est pas ça. C'est qu'ils ont cru l'hiver terminé, qui n'a vraiment pas été méchant cette année. Et il me dit : "il y a 15 jours de ça, ici, il n'y avait plus du tout de neige, c'était fini" ! Et tout est retombé le week-end dernier ! L'hiver n'avait pas dit son dernier mot, me dit-il ! De mon côté, je pense que les dieux du voyage qui me suivent se sont consultés et ont décidé d'offrir un petit peu de neige au voyageur Jef, qui est quand même venu tôt pour en voir un peu.. Merci, ô dieux du voyage, pour votre sollicitude. Je dis au patron du camping que ça ne va pas durer, c'est fini. Il en est tellement content qu'il m'offre une magnifique carte postale de grand format, que je vous reproduis ci-dessous.

Le troll du camping qui me dit au-revoir.

Voilà à quoi ça ressemble en été !

Et à la mi-avril : son camping est là, sur l'autre rive, on aperçoit les caravanes ! Quelle différence, et pourtant même lieu.
Ah, Dame Nature, merci pour tous ces changements.

Hovda. Un hôtel, et les trolls qui souhaitent la bienvenue, ou disent au-revoir !

La jolie église d'Hovda, encore dans la neige.

Un torrent qui s'éveille, la vie revient après le long sommeil.

Terres hostiles, et en même temps si belles.

Abjor. Je veins de redescendre du plateau, je ne suis pas encore en bas.

Depuis cette jolie ferme, j'aperçois le beau Dokkafjorden, en bas.

Il y a la petite ville de Vestringsbygdi, je vais bivouaquer là-bas, ça me plait bien.

La route pour y descendre est dans un état lamentable, et je suis obligé de passer certaines sections au pas !

Un arbre norvégien, avec ses poils, pour tenir les rigueurs de l'hiver.... comme les chevaux !

Bien. Ceci dit, le village en question est minable, trois maisons qui se battent en duel, je reprends la route....

Et c'est un peu plus loin, à Leira, que je vais bivouaquer.

Il pleut, je suis fatigué, envie de me poser. Bye bye.

 


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