Scandinavie 2012, étape 020

Jour 020 - Dimanche 22 avril 2012 - 168 km - 486 photos
(Total : 3022 km - 3648 photos)
De Fagernes à Vagamo (Norvège)

Ce matin, j'ai envie de rouler, quelle que soit la météo, car je ne veux pas rester ici à Fagernes. C'est donc de bonne heure que je me réveille, et il est juste un peu plus de 8 heures lorsque je lance la cavalerie. Evidemment, les rigolos de la nuit sont tous au lit maintenant, et une partie s'éveillera avec une bonne gueule de bois, du moins je le suppose. En tout cas, à cette heure matinale, et qui plus est un dimanche matin, il n'y a pas un seul boeuf musqué dans les rues !

Le ciel est plutôt dégagé, et si ça reste comme ça, je m'en contenterai largement. De plus, il fait bien plus doux qu'hier. C'est incroyable comme ça peut changer vite dans ce pays. Quoi que, chez nous aussi, parfois ! Je poursuis donc mon ascension vers le Grand Nord, en suivant cette fois le Saeburfjorden, car vous le savez, à part sur les plateaux, on suit généralement une voie d'eau.

En partie encore gelé, le Saeburfjorden.

Je viens de quitter le Saeburfjorden, et la route s'élève dans la montagne.

La neige ne tarde donc pas à faire son apparition.

Je me permets un petit détour pour jeter un coup d'oeil sur le Slidrefjorden. Comme j'ai bien fait, le tableau est exceptionnel.

Je vous en offre quelques vues plus détaillées.

Et je fais demi-tour, car je vous l'ai dit, il ne s'agissait que de curiosité.

C'est toujours aussi splendide avec la neige, et je suis comblé. Ni trop ni trop peu, juste ce que je voulais.

Toutes les voies d'eau communiquent entre elles par des rivières, des torrents, des lacs de toute taille. C'est donc pareil ici, forcément. Au nord du Saeburfjorden, un torrent qui s'échappe du Hovsfjorden, qui rejoint par un étroit passage le Volbufjorden. Voici l'étroit passage entre les deux !

Au fait, je roule sur la 269, pour ceux qui aiment la précision. C'est le bonheur, pas de circulation ici comme sur la 7.

Et c'est ici que je découvre le petit Volbufjorden.

Ici, c'est le domaine des agriculteurs. Les fermes se suivent et se ressemblent. En regardant ces photos, vous avez une petite idée de la campagne norvégienne, avec ses maisons et ses hameaux très dispersés.

Avec, pratiquement partout, de l'eau, des montagnes et des forêts.

La culture industrielle semble s'inviter ici aussi.

Rien, absolument rien n'arrête un tracteur.

Volbu et sa petite église au nord du Volbufjorden. En fait, le fjord porte souvent le nom d'un village.

Puis à Tinngvang, je récupère la 51, voie secondaire plus importante puisqu'elle ne comporte que deux chiffres. Et j'arrive sur le Heggefjorden, bordé par la petite ville de Heggenes. Il est en partie gelé, comme vous pouvez le constater, et c'est très beau..

Je fais un petit détour pour aller voir une curiosité du coin à Robole, à 5 km à peine.

Très vite, dès qu'on quitte les voies principales, on se retrouve sur des pistes dont certaines sont de très grande qualité.

C'était ça, cette très ancienne ferme de Robole.

Jolie maison sur la 51 à Heggenes.

La route s'élève, me permettant de découvrir le Heggefjorden dans son ensemble.

Un peu plus loin se trouve la jolie petite église de Hegge. C'est donc elle qui a donné son nom au fjord, et pas Heggenes.

La porte est ouverte. J'entre. Une femme tient la poignée de l'autre côté, et me dit que je peux entrer juste un petit moment, ou revenir dans une heure, après l'office qui va commencer d'un instant à l'autre. "D'où venez-vous ?", me demande-t-elle en anglais. "De France ? Mais vous parlez français, alors", me dit-t-elle dans notre langue préférée à nous. Quelle surprise. Elle parle en effet très bien le français, et je sens qu'elle aimerait parler davantage, mais je lui dis que je ne pourrai pas attendre une heure. Je lui demande si elle aimerait suivre mon voyage sur Internet, puisqu'elle parle le français. Réponse positive, je lui glisse donc l'adresse allersretours discrètement alors que la prêtresse entre dans l'église par l'arrière, avec ses habits sacerdotaux. A l'extérieur, un jeune homme fait sonner les cloches à toute volée. Il n'y a pas dix personnes.... La religion semble ne plus trop se pratiquer !

Une vieille ferme juste à toucher l'église.

Je retourne sur la 51. A Skammestein, je prends la petite 289 pour aller voir de plus près un lac gelé que je vois depuis la route.

C'est le Hedalsfjorden.

L'église de Skammestein. Les couleurs sont très mauvaises, j'avais laissé les réglages de la photo précédente !

En face de l'église, sur l'autre côté de la 51, sur laquelle je suis revenu.

Maisons à Skammestein encore. Je chope un bon spot dans ce petit village, ce qui me permet de passer un coup de fil à la maison.

Vue d'ensemble sur le Hedalsfjorden que je viens d'aller voir de plus près à l'autre bout en bas !

Je quitte à nouveau la 51 pour aller voir ce joli lac, le Oyangen, via la 288.

La 288 en arrivant à Beito.

Le Oyangen vu depuis Beito.

Et, derrière, les pistes de ski de Rudistolen et Krokostol. Observez le dessin qu'elles font dans la forêt.

En remontant vers la 51 et Beitostolen, un village dédié aux sports d'hiver, je trouve un coin pour manger.

Dehors, qui plus est ! Je profite du moindre rayon de soleil.

Quelle surprise : une araignée sur la neige ! Soit elle marchait tranquillement sur la neige, ce qui m'étonne beaucoup, soit elle a été fort dérangée par mon petit pipi qui a perforé la couche de neige jusqu'au sol sous-jacent... Auquel cas, la pauvre, elle a reçu une sale douche, et est en train de rechercher un moyen de retourner sur terre, sous la neige, où je suppose qu'elle se trouvait, bien certaine d'y être à l'abri de tout dérangement. C'était sans compter sur l'homme, ma petite, celui par qui tout est toujours chamboulé !

La station de Beitostolen.

Et les prix que je vous transmets, bien que je ne sois aucunement commissionné... 10 NOK = 1,40 €, pour ceux que ça intéresse. Comme je ne skie pas du tout, je n'ai aucune idée des prix pratiqués en France. A vous de voir et de comparer. Vous me direz si c'est cher ou pas sur le livre d'or.

L'hôtel principal de la petite station. Il y a pas mal de monde, finalement.

Je reprends la 51. Et comme ça grimpe encore, je sais que je roule vers le Grand Blanc. C'est le nom que je lui avais donné en 2006, lorsque j'avais découvert cette particularité norvégienne. Vous savez, on grimpe et, en quelques minutes, on se retrouve sur le sommet de cette longue montagne arrondie par les glaciations. C'est le plateau, qui fait généralement entre 20 et 40 km, ce qui dépend de la taille de la montagne, et si on se contente de le traverser ou... de le longer ! En hiver, ce n'est qu'une grand plaque blanche qui recouvre tous les repères : les lacs gèlent, la neige tombe sur la glace et sur la terre de bruyère et recouvre tout, y compris les bouleaux. C'est le Groënland, c'est ce qui m'avait tant impressionné, c'est ce que je cherche à retrouver. A la fin de l'hiver, lors du dégel, c'est beau car les détails réapparaissent, l'eau refait surface -si je puis me permettre-, c'est plus varié, et c'est comme ça que je l'aime. Et j'ai bien l'impression que je vais ici le retrouver !

Vous vous souvenez du dessin des pistes dont je vous parlais....

Hummm, génial de génial, si vous saviez comme je suis heureux au moment où je prends cette photo, car je sais que je vais y avoir droit !

Au loin, le village de Smorkoll. La vie doit y être très spéciale ! J'ai vu des scooters de neige, je pense que c'est le moyen le plus pratique ici.

Ah ah, on voit et reconnait encore les pistes au-dessus de l'Oyangen, que l'on aperçoit encore en plein centre de la photo.

Cette énorme masse rocheuse, c'est le Bitihorn, 1607 mètres.

Zoom sur le Oyanden, derrière moi.

Et toujours les pistes au-dessus de Beito.

Mmmmouais.... Les zones de pique-nique sont entièrement recouvertes de neige. Il n'y a pas d'aire de stationnement à cette époque de l'année, et je suis obligé de me mettre en warnings pour faire mes photos. Heureusement, la circulation est faible, mais il y en a un peu quand même ! C'est dimanche, et les norvégiens vont faire du ski sur les pistes ou du ski de randonnée là-haut dans le Grand Blanc.

Ce bizarre trait noir, là-haut, c'est tout bonnement la petite 51 qui trace son chemin dans le Grand Blanc.

Au pied du Bitihorn, en regardant vers l'est, c'est le Vinstre, un très grand lac en forme de boomerang. La réverbération est telle -et pourtant, il n'y a pas de soleil !- que je ne vois plus rien sur mon écran dans la voiture. Je suis contraint de prendre mes lunettes de soleil, que je n'aime pas car elles ne sont pas complètement adaptées à ma vue, mais je me méfie de la luminosité neigeuse. Sur les photos, on ne s'en rend pas du tout compte. Pourquoi ? Parce que je les ai toutes assombries pour essayer d'en tirer quelques détails. C'est très difficile de faire des photos dans ce genre d'environnement. Il me faudrait un pied, et prendre le temps de fignoler chaque prise de vue, mais je ne peux pas. Souvent mal stationné, je fais plutôt vite !

Vous l'avez deviné, c'est un coup d'oeil arrière sur le Bitihorn.

Bygdin. Il y a des rivières et des lacs absolument partout de chaque côté, comme toujours sur les plateaux.

On aperçoit quelques voitures là-bas à droite sur la 51.

Fagerstrand. "Strand", c'est "plage".... Et, de fait, vu la carte, il y a bien le Raudfjorden ici à gauche....

Coup d'oeil arrière su Bygdin, là-bas à gauche.

Une des rivières qui font le joint entre les lacs. Le dégel a bien commencé, puisqu'on les voit !

Vue vers l'avant, ou vers l'arrière ? Vous avez tous les indices nécéssaires !

Ici, une route qui longe le grand Vinstre dont je vous parlais tout-à-l'heure. Pas question de la prendre aujourd'hui !

La barrière est ouverte, ouf de soulagement !
En fait, j'apprendrai plus loin par des norvégiens que la route est fermée la nuit, à cause des chutes de neige encore courantes ici !

Au loin, le village de Lykkjestolane, sur le Vinstre, premier village sur la petite route que je viens de vous montrer. Si vous regardez bien, les deux points noirs au premier plan à gauche sont des skieurs de fond qui reviennent vers leurs voitures stationnées au début de la route. Ils ont de la chance.

Nouveau regard sur Lykkjestolane.... niché sur les rives du Vinstre.

Le Grand Blanc. On ne s'aventure pas seul là-dessus !

Ici, il y avait une aire de stationnement un peu dégagée. J'ai baragouiné un petit peu avec un couple de norvégiens, en anglais. Fort sympas.

Le Fisketjernnuten, 1527 m. La route elle-même oscille entre 1150 et 1350 mètres d'altitude.

Inutile de vous dire que je suis sur mon nuage !

Et Mygoo semble apprécier elle aussi. Je pense que c'est grâce à ses chaussures.

Le Valdresflye. Il y a une auberge-refuge, et plein de voitures stationnées sur le côté. Je m'y pose aussi. Ce doit être le point culminant de la route, le col. On est à 1393 mètres ! Autour, les montagnes pointent au-dessus de 2.000 mètres. Je pense que ça correspond aux 4.000 mètres dans les Alpes. J'enlève mes lunettes : éblouissant !

Vous savez ce que font les norvégiens ici. Ils chaussent leurs skis et partent dans l'immensité. A leur place, je ferais ça aussi. C'est mille fois plus excitant que les pistes de ski, et c'est gratuit, et c'est la liberté totale !

Le refuge, avec le drapeau hissé : le Valdresflya Vandrerhjem.

J'ai engagé la conversation avec ce monsieur en anglais.

Et son épouse qui arrivait juste derrière. A leur question "d'où venez-vous", et après avoir écouté ma réponse, ils se mettent tous les deux à me parler en français, et dans un très bon français. Ils sont heureux que je leur parle dans ma langue, je ne vais pas leur ôter ce plaisir partagé ! C'est quand même incroyable aujourd'hui, non ? Le pire, c'est que ce couple a travaillé pendant trois années à Madagascar, où je suis né ! Vous pensez si on a discuté un moment, c'était très chaleutreux. merci les amis pour cette conversation, je regrette, je ne vous ai pas même demandé vos prénoms ! Ils vont souvent en vacances en France, et ont suivi trois semaines d'enseignement du français en Auvergne.

Deux dans la même journée, mes pauvres !

Le norvégien me disait que c'était quand même très dangereux, car on se sait pas ce sur quoi l'on skie, et l'eau n'est jamais loin.

Je reprends la route. Et comme ça redescend, je vous confirme : il s'agissait bien du col et du point culminant de la 51 sur ce plateau.

Ici, on devine des paysages grandioses. IIl faudra que je vienne voir en été, ce doit être sublime, vu ma carte !

Je rentre sur le territoire de Väga, mais la ville est encore loin, et je sais que je ne pourrai pas bivouaquer avant, car il n'y a rien d'ouvert à cette saison. Ce ne sont que des campings ou de petits hôtels disséminés tous les 5 ou dix kilomètres. En fait, il y a de nombreuses routes secondaires, mais toutes encore sous le grand manteau blanc.

En vue du grand Sjodalsvatnet. La neige diminue, comme l'altitude.

Leirungsbuin, au pied du Gjendehoe.

Leirungsmyrin, delta d'un grand fjord caché derrière cette montagne. Quelle beauté !

La Sjoa, au bout du delta de la Gjende.

J'arrive sur le Sjodalsvatnet.

Malheureusement, la route est ici particulièrement pénible. Tous les 50 mètres environ, il faut se payer un choc, car les norvégiens ne savent pas faire correctement les raccords de bitûme ! Ah, on ne fait pas dans le fignolage, ici. Je pense qu'ils ont posé des grosses buses sous la route, mais ont recouvert "à la sauvage". J'ai mal pour Mygoo, ça gâche un peu ma joie.

La rivière après le lac, c'est la Sjoa.

Qui est, elle aussi, tout aussi belle que le reste. De toute façon, à part les raccord de goudron, tout est beau, ici !

Russlie.

Et je retrouve les sapins maintenant, une forêt splendide !

Admirez, avec la Sjoa... C'est pas superbe, ça ? Les fabuleux paysages du Grand Nord.

Et ses terribles montagnes. Le Sjolikampen, 1370 m.

Sous mes pieds, la Sjoa qui dévale la pente.

Le Omkampen, 1162 m, au-dessus de Randsverk.

Une piste magnifique qui dévale les pentes du Kalvfjellet.

Au pied duquel je découvre émerveillé les berges du Lemonsjoen.

Coup d'oeil arrière depuis Kalven.

Le Lemonsjoen, un joyau.

Certes dû en partie à ce très opportun rayon de soleil !

Toujours le Lemonsjoen, vu vers le sud cette fois.

Et pour finir, la descente abrupte du plateau sur le Vägavatnet...

Retour sur le plancher des vaches, si je puis dire !

Je longe le grand lac jusqu'à Väga, ou je plante le bivouac, bien fatigué, mais pleinementg heureux.

Je me trouve un beau spot WiFi juste à côté du centre culturel, où une manifestation a lieu ce soir. J'y vais discrètement, dis bonjour à tout le monde, et me dirige vers les toilettes. Merci au centre de la Culture de Väga. Merci à la Norvège pour ses fabuleux paysages. Merci aux norvégiens rencontrés pour leur grande gentillesse. Ciao ciao.

 


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