Scandinavie 2012, étape 022

Jour 022 - Mardi 24 avril 2012 - 115 km - 269 photos
(Total : 3226 km - 4092 photos)
De Dombas à Alvdal (Norvège)

Pluie, neige fondue, froid... On reprend les mêmes ingrédients, on les mélange dans tous les sens, on est toujours en Norvège. Comme je suis sur une petite place pas très loin des arrêts de bus, le son caractéristique de leurs moteurs m'éveille doucement. Il est 9 heures bien tassées. Station-service-toilettes, et je dégage sous la neige fondue qui tombe par moments assez dru ! Pas question de chercher à voir des boeufs musqués par ce temps, surtout seul, peut-être pourrais-je retenter l'expérience dans trois mois, on verra bien.

D'abord la E6 direction Trondheim. Désertique. Sur ma droite, SE, le massif du Rondane; à gauche, au-delà d'une large vallée marécageuse et encore bien recouverte de neige et de glace, la partie NW du Dovrefjell, où sont censés se trouver les boeufs musqués. Ici, une grande ferme et un organisme de vacances, Fokstugu Fjellstue.

Voici donc le paysage, immense, désertique, humide.

Comment voulez-vous randonner ici ?

J'ai fait un petit tour, je suis revenu les pieds trempés.

Normal, sous la mousse se cache le rocher et, juste à côté, l'eau ou la neige. Ou la glace. Le sol est imperméable.

Il y a un café d'ouvert à 300 mètres de la route; j'y vais. C'est une piste, mais la neige a été évacuée. Au bout, une ancienne ferme reconvertie dans le tourisme. Il y a une dizaine de voitures, j'aperçois des têtes et des tasses à travers les vitres embuées. Connaissant les tarifs prohibitifs -payer un café 6 ou 7 euros est normal, ici !-, je vais juste essayer de grimper dans la montagne, au-delà du chemin dégagé serpentant entre caravanes et "hytter".

Gloups ! Demi-tour, après une cinquantaine de mètres.... Là, ça s'est enfoncé jusqu'au genou ! Comme je sais l'eau toujours très proche, je n'ai pas envie de traverser une couche de glace devenue trop fragile, car je pèse, quand même ! Et de plus, je ne suis pas équipé pour ça ! Le lieu-dit porte le doux nom de Furuhauglie, et se trouve à 1021 mètres d'altitude.

Retour sur la route E6, qui se oscille autour de 1000 mètres.

Il neige à nouveau, par moments à gros flocons. Sur ma gauche, la zone marécageuse s'est lentement changée en un grand lac, le Valasjoen.

Encore complètement gelé. Tu m'étonnes !

Un peu plus loin, un autre lac, le Avsjoen, mais du côté droit cette fois. Cette photo est prise entre les deux lacs.

Avsjoen, qui commence à dégeler, au centre.

Evidemment, comme partout, ces petites maisons-cabanes-chalets surplombent les plus belles zones, souvent près ou au-dessus de l'eau.

Les prés -je le suppose- descendant vers l'Avsjoen.

A Hjerkinn, je quitte la E6 pour la route 29 qui part vers l'est. Je suis dans le massif appellé Folldal, et la 29 suit le cours de la Folla -nom de la rivière- et par conséquent la Folldalen, ou vallée de la Folla. Les montagnes sur ma droite sont totalement blanches (Pikhetta, 1510m), mais j'ai la joie de voir un bout de ciel bleu.

Chouette, ça s'éclaicit.

Je suis en extase devant ce paysage, et je décide de me faire cuire ici une platée de spaghettis.
Et, en plus, je m'offre le luxe de manger dehors !

La qualité des photos et la précision des couleurs ne sont pas au rendez-vous; j'espère que ça vous donne une petite idée du lieu.
J'ai voulu m'approcher de la rivière, j'ai reculé presqu'aussitôt. Des tas de ruisselets dévalent la pente... Sous les mousses se cachent des mares.

Comme toujours, les fermes sont disséminées, comme saupoudrées sur les basses pentes, ici au-dessus de la Folla.

J'entends des cris gutturaux et en même temps perçants, que j'avais déjà entendus dimanche sans naturellement voir les animaux qui les produisaient; c'était au-dessus du Heggefjorden. Cette fois, je les vois vraiment, et c'est bien ce que je pensais. Quel est leur nom ? Je dirais des grues, j'espère qu'un(e) lecteur(trice) pourra me renseigner via le livre d'or. Admirez cette allure minable en vol ! Très disgracieuses. Cet oiseau, dans le ciel, est à l'opposé de la grâce d'un cigne, mais peu importe, après tout, ça fait aussi partie de leur charme. Par contre, voir ici ces grands oiseaux, dans ces étendues sauvages et presque désertiques, je vous assure que c'est un moment rare que je déguste savoureusement.

Les grues -appelons-les comme ça- sont beaucoup plus gracieuses à terre. Elles semblent affectionner les rives à moitié gelées, comme c'était le cas du Heggefjorden. Ces deux photos sont des "crops" de la photo originelle, car elles sont vraiment loin de moi, et je ne les voyais qu'à peine à l'oeil nu ! Leurs cris sont très impressionnants, surtout par la puissance émise en terme de décibels !

Après ce délicieux intermède -dans tous les sens du terme-, je reprends mon bâton de pèlerin.

Toujours le long de la Folla, qui me plait énormément.

Près d'ici, la Folla reçoit les eaux de la Kvita, et va donc prendre du volume.

Eglise de Dalen.

Toujours à Dalen; cette photo pour vous montrer cette façon norvégienne de faire des clôtures en bois.

La Folla, entre Dalen et Folldal.

Une très belle forêt de sapins recouvre une partie de ces montagnes, jusqu'à la rivière.

Folldal. C'est une petite ville qui a vu le jour à cause de ses mines.

Il y a un musée, que je ne suis pas allé visiter.

Une ferme au bord de la Folla, juste à la sortie de Folldal. Elle est à plus de cent mètres en contrebas de la route, et je m'étais arrêté pour la photo. Et je choppe un magnifique hotspot WiFi ici, alors que je n'en ai trouvé aucun gratuit en ville ! Comme quoi... J'ai d'ailleurs remarqué ce phénomène plusieurs fois depuis que je suis en Norvège.

Eglise de Krokhaug. J'ai bien failli rester dormir ici, mais je me trouvais isolé. En effet, les villages au long de cette vallée sont très clairsemés, et j'ai bien du mal à trouver un mot correspondant pour décrire ce genre d'habitat. C'est une succession de fermes, parfois un peu plus regroupées, parfois non. EEt il n'y a pas cette notion de rue comme chez nous, et encore moins la notion de place centrale. Les Norvégiens sont de terribles solitaires. Chaque chemin ou piste qui part de la route principale conduit à une ou plusieurs habitations. Point. Ce qui veut dire que chercher un bivouac est assez difficile en dehors des bourgades ayant réellement une vie communautaire, ce qui est loin d'être le cas de chaque hameau. Ici, l'église est toute seule, isolée, et c'est là que se trouve le seul parking de ce village.

La Folla en arrivant à Grimsbu.

Je vous mets la photo malgré ce fâcheux contre-jour, car j'ai trouvé ce lieu sublime.

C'est toujours à Grimsbu.

Je suis resté un moment là, à regarder.

Cette photo aurait tout aussi bien pu être prise en Alaska ou en Sibérie, tant les paysages nordiques se ressemblent. C'est toujours à Grimsbu.
J'avoue qu'ils me fascinent (les paysages !).

En fait, je sais bien ce qu'il me manque : c'est de faire une expédition dans ces forêts presque vierges, et immenses, que l'on aperçoit au loin dans les montagnes. Car je les vois, certes; mais entre voir et y être, il y a encore une très grosse marge, que je ne suis pas capable de franchir seul, mais que j'aimerais un jour pouvoir réaliser. Pas pendant des mois, je ne crois pas en avoir les capacités physiques, mais quelques jours, pour sentir davantage les lieux, pour y être vraiment ! Il faudrait pouvoir le faire en plein hiver, et aussi en plein été.

Les films de Nicolas Vannier m'ont toujours très impressionné; ce gars-là a vraiment vécu dans la grande forêt, il est allé au bout de ses rêves. D'aucuns le critiquent pour le "business", mais il faut bien vivre. En attendant, pour ma part, il m'a beaucoup fait rêver, et je l'en remercie ici personnellement.

Ensuite, la route s'éloigne un peu de la rivière et, surtout, s'élève dans la forêt, enlevant toute vue sur le ruban d'eau.

Je suis mal stationné, mais je tiens à vous montrer ce que je vois. Et c'est tellement grandiose.

A ce propos -de stationnement-, les norvégiens sont comme tous les conducteurs anglo-saxons, et je pense que l'apprentissage de la conduite doit être, du Royaume-Uni à la Finlande, fort similaire. Je m'explique. Vous savez que je ne roule pas vite, entre 10 et 20 km/h en-dessous des limitations, soit entre 60 et 70 km/h ici en Norvège. Donc, il m'arrive très souvent de voir des phares se rapprocher dans mes rétros, ce qui est normal. Mais là où ça devient intéressant, c'est lorsque la voiture s'approche. A environ cent mètres en arrière, elle commence à ralentir, puis elle se stabilise à ma vitesse à environ 30 à 50 mètres de Mygoo. Et peut rester ainsi un grand moment à me suivre, alors qu'elle pourrait doubler. Bref, ils ont besoin de ce temps d'adaptation pour analyser la situation, avant de se décider à doubler. Ce qui est incroyable, c'est qu'ils sont tous comme ça. Et si je suis stationné le mieux possible, mettons avec seulement les roues de gauche sur la chaussée, clignotant à droite bien entendu, voire même "warnings" en route, ils pourraient passer pratiquement sans ralentir, étant donné qu'ils respectent eux-mêmes leur code et qu'ils ne roulent pas à plus de 80 km/h, ce qui est somme toute une vitesse fort raisonnable. Eh bien non, ils ralentissent de très loin, et me passent tout doucement, en me regardant comme si c'était terriblement grave ! Le comble est atteint lorsque je désire m'arrêter pour prendre une photo, et que je vois un véhicule derrière moi. J'ai beau ralentir en mettant mon clignotant à droite, bref, il n'y a pas photo -c'est le cas de le dire-, il n'y a pas besoin d'être sorti de Saint Cyr pour le comprendre, je suis bien en train de m'arrêter : là, ils sont vraiment hallucinants ! Certains vont pratiquement s'arrêter derrière moi avant de se décider à passer. La sécurité, oui, je suis d'accord, mais là, c'est poussé au maximum, et on leur a appris à faire comme ça, c'est dans leur éducation. Le seul moyen que j'ai trouvé pour qu'ils ne me dépassent pas à 2 km/h est de mettre les "warnings"; avec ça, ils comprennent mieux, et passent plus facilement. Je peux vous assurer que les anglais conduisent de la même façon.

Vue arrière sur la Folla.

Peut-être en avez-vous assez de voir tant de photos de rivières et de fleuves, mais j'aime ça.

Croisement avec la route de Plassmoen, peu avant d'arriver à Alvdal. Il est 15h50, et un bus scolaire vient de déposer une petite dizaine de jeunes ados (environ 15 ans) qui partent à pied vers leur domicile. J'ai été frappé par leur côté "zombie". Tous avec un téléphone, en train de pianoter en marchant sans regarder aucunement autour d'eux, personne ne parle ni ne rit... J'ai eu l'impression d'avoir été catapulté dans un film de science-fiction, sur une autre planète, et de me retrouver au milieu d'un groupe de robots !

Passons, car c'est démoralisant.

Je passe.

J'ai quitté la E6 qui montait à Trondheim, j'arrive sur la 3 qui est un peu parallèlle à la E6, qu'elle rejoint au nord comme au sud. Une très belle ferme juste au niveau du croisement. Normalement, je remonte vers le nord, mais comme je veux faire mon étape maintenant, je vais au sud : en fait, je rejoins la petite d'Alvdal, située juste à côté.

Cette photo pour vous montrer l'installation des fermes; on voit bien qu'une clairière a été créée dans la forêt.

J'ai adoré cette arrivée à Alvdal, avec ces montagnes tout autour, et cette très large avenue bordée de lampadaires.

Vers le nord.

Eglise d'Alvdal.

Vers le sud.

En ville....

Sculpture réalisée, si j'ai bien compris, par un sculpteur devenu célèbre, et originaire du coin.

Il y a un motel sur la grande avenue bordée de lampadaires. Je me mets juste devant. Réception WiFi parfaite. Excellent bivouac.

 


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