Scandinavie 2012, étape 023

Jour 023 - Mercredi 25 avril 2012 - 65 km - 197 photos
(Total : 3291 km - 4289 photos)
De Alvdal à Ovre Rendal (Norvège)

S'il y avait du soleil hier soir, je suis un peu déçu par le ciel matinal, car j'espérais une belle journée ensoleillée. Il ne pleut pas, c'est le principal. Des clients matinaux m'ont éveillé de bonne heure, mais je suis resté à somnoler, bien au chaud. Mais je ne fais pas une grasse matinée pour autant, puisque je démarre à 8h30 !

Après une étude poussée de la carte, je suis bien obligé de continuer à descendre vers le sud et Oslo avant de remonter au nord. En effet, j'avais découvert une curiosité naturelle à visiter lorsque j'étudiais mon parcours avant le départ, et je ne voudrais pas la manquer, maintenant que j'en suis si proche. C'est ma "montée" à Dombäs pour les boeufs musqués qui est responsable de cette rallonge imprévue initialement.

A Alvdal, la Folla se jette dans la Gläma. C'est elle que je vais suivre aujourd'hui, du moins au début. La route 3 défile au coeur de l'immense forêt de sapins. La rivière n'est plus visible qu'à de rares instants, et aucun chemin ne permet d'aller sur ses rives : en effet, la 3 longe une voie ferrée et c'est elle qui suit la rivière au plus proche. Les kilomètres défilent donc correctement, puisque, pour la première fois depuis longtemps, je roule à la vitesse normale autorisée !

Ce n'est qu'une bonne vingtaine de km plus loin que je vois enfin le panneau annonciateur de la curiosité géologique. La route est à péage mais, qui plus est, est actuellement fermée à la circulation pour dégel. Qu'à cela ne tienne, le site est seulement à 500 mètres, ça va me faire du bien de marcher un peu. Entretemps, le ciel s'est éclairci, quelle chance ! Le troll gardant l'entrée de la route est sensationnel !

Même marcher sur la route est curieux, tant on sent l'eau qui s'y trouve encore prisonnière. J'appuie d'un pied, et l'autre se soulève....

Et voilà. Il s'agit du canyon du Jutulhogget, ou Jutulhugget, selon les écritures vues. Réserve naturelle, on ne marche pas en bas. Il fait un peu plus de deux km de long. Si vous voulez en savoir un peu plus géologiquement, il va vous falloir chercher sur la toile, je n'ai pas de WiFi en ce moment !

Je suis un peu déçu, je m'attendais à une vision bien plus importante, mais c'est tout de même à voir. Les abords sont extrêmement abrupts, normal pour un canyon. Il existe des tas de sentiers de randonnée dans la forêt, et notamment deux conduisant chacun à un point-de-vue différent sur le canyon. Je choisis celui qui me parait le plus attractif -il y a des photos dans une petite cabane d'information- et pars sous les sapins. Le sol est comme bombardé d'énormes pierres à l'approche du vide.

Le sentier est difficile à suivre. Il contourne naturellement le canyon de façon importante, car ce dernier ne peut être suivi en rive. Heureusement, des traces de neige me guident : en effet, le sentier étant un peu enfoncé dans le sol, il y fait plus frais et la neige met plus longtemps à fondre dans ces zones plus à l'ombre. Comme quoi, parfois...

La mousse, très épaisse, recouvre le sol.

Je trouve quand même le moyen de faire le pitre, un énorme rocher me permettant de poser l'appareil-photo en automate.
Je vous invite donc à me suivre.

Le silence est total, ou presque. J'entends malgré tout les camions passer sur la 3 en contrebas, mais de façon très étouffée. Je suis absolument tout seul, et je m'enfonce profondément dans la belle forêt. Quelques crottes de type inconnu me ramènent à de bizarres pensées : mais au fait, il y a encore des ours, en Norvège, non ? Et la mousse étouffe mes pas. Or, je sais pour l'avoir lu bien des fois, les ours et autres animaux sauvages n'aiment pas les hommes -comme on les comprend ! Attention, mesdames, ils ne vous aiment pas non plus ! Bien que votre chair soit plus tendre. Si j'étais ours, femme je choisirais. Donc, la parade est assez simple : il faut faire du bruit, éviter par-dessus tout de les surprendre. Car c'est là que réside le danger, quand on leur fait peur ! L'idéal -c'est ce que les suédois recommandent, car ce sont eux qui ont le plus d'ours sauvages- est de se promener avec une clochette. Oui, oui, je vous assure. Or, ici, dans cette forêt recouverte de mousse, je voudrais faire du bruit que je n'y arrive même pas !

Ma joie est donc un peu ternie par cette peur de voir un ours surgir devant moi...

Ici, aussi, en approchant du ravin, les énormes pierres réapparaissent.

C'est quand même un beau et large trou, et je ne tenterai donc pas de franchir l'obstacle en sautant, car je manque de recul pour prendre un bon élan.

Loin de l'autre côté, on aperçoit la Gläma.

Je ne voudrais pas être sapin ici. L'hiver doit y être terrible, surtout quand est obligé de rester là à attendre que ça passe, sans pouvoir remuer !

Zoom sur la Gläma et les montagnes de l'Alvdal.

JJe parlais de prendre mon élan, mais je crois bien qu'il y en a beaucoup par ici, car je vois de nombreuses crottes.

Tabouret de bar naturel.

Clien d'oeil à un ancien copain de boulot dont c'est exactement le nom. Je ne sais pas ce que ça signifie en norvégien.

Le sapin issu de la roche....

Je reprends la route après cet intermède vivifiant et réchauffant, si si.
Toujours sur la 3, et sur la seule aire de pique-nique rencontrée, un petit étang encore gelé.

Hanestad. Petit village d'une vingtaine de maisons disséminées le long de la rivière et de la voie ferrée.
Celle-ci est à vendre, si ça vous intéresse.

J'ai adoré cette petite route longeant la voie ferrée et la rivière.

La Gläma est ici fort paisible !

Entre la voie ferrée et la route 3 se trouve la petite église de Hanestad, perdue près de la forêt.

Vue depuis la voie de chemin de fer. En arrière-plan, la montagne que je vais maintenant franchir.

Retour vers le carrefour de routes.

Je quitte donc la 3 pour aller vers l'est une fois de plus, et remonter ensuite vers le nord. C'est la route 664, une belle piste.

En prenant de l'altitude, j'aperçois la Gläma au coeur de la forêt. A gauche, si vous faites attention, vous verrez une cabane ou deux. Plus loin à droite, il y avait une ferme. Ce sont un peu des colons qui vivent là, je trouve, et c'est en ça que je pense souvent -et paradoxalement- à la conquête de l'Ouest en parcourant ces terres si vides de population.

Sur le plateau sommital, le goudron refait curieusement son apparition. La neige aussi, mais c'est par contre très normal, altitude oblige (700 mètres).
J'avoue préférer la piste, c'est beaucoup moins abrasif pour les pneus.

Qui dit plateau, dit marécages, sur ces terres inperméables.

Un cours d'eau qui descend vers le lac.

Le lac Harrsjoen. Un peu plus de 4 km de long sur moins de 1 km de large.

Et toujours les chalets... certains sont habités, il y a une voiture devant !

Ce n'est encore pas aujourd'hui que je vais randonner sur le plateau !

Puis c'est à nouveau de la piste pour la descente.

Un très beau panorama sur la Rendalen, la vallée de la Rena, qui coule paresseusement en bas. Cette vallée, encore dirigée nord-sud, me laisse aisément imaginer le glacier qui se trouvait ici, puis sans doute le fjord rempli d'eau, pour finir par cette petite rivière et ses méandres. Vue vers le sud.

Et vue vers le nord; à mes pieds, la petite ville appellée Ovre Rendal.

L'église d'Ovre Rendal.

La porte est ouverte. J'entends un aspirateur en haut.

J'entre discrètement.

Peintures naïves.

Ici aussi, sur la balustrade de l'étage où se trouve l'orgue. Comme il y a une jeune fille en train de travailler, je n'ose pas photographier l'orgue. Elle me jette un joyeux "Hi" -prononcez "haï"- qui est le "salut" traditionnel partout en Norvège.

La traditionnelle statuaire norvégienne représente ici à Ovre Rendal une fermière.

Au loin, les fermes dans la montagne.

Je vais faire quelques courses. La bière la moins chère est une "sans alcool" : 1,40 € la 33 cl.... quand même !
Ici, les emballages en verre -et parfois aussi en plastique- sont consignés.

Il ne fait pas mauvais, et je pourrais continuer. Mais en fait, ce village me plait, ce parking est parfait pour la nuit, il y a la bibliothèque qui est ouverte jusqu'à 19 heures avec Internet, chauffage et toilettes.... Bref, je mange vite fait dans Mygoo et vais m'installer à une des tables de lecture pour l'après-midi ! Il y a sur le parking un fourgon allemand, de Berlin ! J'aimerais bien discuter avec eux, mais je ne les vois pas.

La bibliothèque est dans le même bâtiment que la mairie et autres services communaux.

Quelques animaux du coin vous reçoivent aimablement.

Et voilà pour aujourd'hui !

 


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