Scandinavie 2012, étape 025

Jour 025 - Vendredi 27 avril 2012 - 103 km - 252 photos
(Total : 3425 km - 4552 photos)
De Ovre Rendal à Kvikne (Norvège)

Ah, il ne pleut plus, c'est déjà ça. Encore couvert, mais je suis plein d'espoir, puisque la bibliothécaire m'a apporté hier de bonnes nouvelles concernant la météo, qui devrait aller en s'améliorant.

Le camion des berlinois est revenu, ils sont donc dans l'église. Je vais les saluer avant de repartir. Accueil extrêmement chaleureux, nous discutons bien pendant une heure environ. J'ai droit à deux grandes tasses d'un excellent café. Ce sont donc des spécialistes des orgues, et ils font tout de A à Z : la menuiserie, la mécanique, l'électronique ! Et en plus, ils m'ont expliqué leur calendrier : c'est très impressionnant ! Ils refont entièrement celui-ci en deux semaines, c'est dire s'ils ne chôment pas ! Ensuite, ils ont pas mal de villes en Norvège. Ils travaillent dans toute l'Europe, lui a aussi bossé aux Etats-Unis, en Amérique du Sud... Bref, un métier absolument passionnant, et en plus, voyages payés ! Concernant la Norvège, il m'a dit ne pas aimer du tout, et qu'il ne viendrait sûrement pas ici en vacances. Pour lui, les norvégiens ne savent pas s'amuser, ce sont un peu des sauvages, il n'y a rien, à peine des cafés, pas de restaurant comme il l'entend -il aime la bonne cuisine-, ils se donnent des salaires deux fois trop élevés, tout y est bien trop onéreux, ils payent extrêmement cher ce qu'ils ont de plus courant -eau, essence, poisson.... Bref, à part les très très grandes villes, comme Trondheim... Je dois dire qu'il a raison sur tous les points qu'il évoque, j'ai fait la même constatation. Par contre, je lui ai dit qu'il y a la nature, et ça, c'est vraiment au top. Mais je crois que ce n'est pas vraiment ce qu'il recherche.

Bref, peu importe, ce fut une rencontre improbable entre un français et deux berlinois dans une église perdue au milieu des montagnes norvégiennes, et ces moments-là sont toujours exceptionnels. Ce qui était rigolo aussi, c'est que son père travaillait pour les français au Quartier Napoléon de Berlin, où j'ai fait mon armée, et il est fort probable que j'y ai vu son père à l'époque, qui parle très bien le français !

Je prends la route 30, direction le nord-nord-ouest. Elle suit la rivière Rena au début, puis la Tysla juste un peu plus loin, à partir de Elval.
La vallée porte le nom de Tylldalen. C'est la grande forêt sans dicontinuité jusqu'à Tynset, soit plus de 50 km.

De temps à autre, quelques clairières annoncent la présence de quelques fermes. Ici en face du Holsetvola (1105 m).

Quelques maisons en arrivant au hameau de Tylldalen.

Voici l'église d'Eggjen (à Tylldalen). En fait, Tylldalen est plutôt le nom général regroupant toutes les fermes sur quelques kilomètres. Une partie des tombes est encore sous la neige.

Ici, on est en gros à 540 mètres d'altitude, et le départ était à 270 mètres.

La Grotäa, qui descend du Tron (1665 m). Je pense que ça vous est complètement égal, d'ailleurs, mais ce n'est pas grave, j'avais juste envie de vous le dire. Je suis ici à 639 mètres, et la neige est désormais encore bien présente.

La route longe ensuite un lac encore gelé, le Trondsjoen, qui se trouve à 710 mètres.
C'est à partir de ce lac que je commence à redescendre.

Partour de petites rivières descendent des montagnes environnantes. C'est magnifique.

Et toujours les chalets qui vont avec !

Puis c'est la descente jusqu'à la grande ville, Tynset.

Je trouve un spot WiFi; courrier, famille. Puis je vais faire un tour dans le centre. Regardez bien le troll : c'est exactement le même que celui photographié à Dombäs. En fait, il s'agit d'un troll clôné, et je suis très déçu !

Je suis entré chez un photographe, et lui ai demandé s'il pouvait nettoyer le capteur de mon appareil-photo, sur lequel se trouvent quelques taches. Oui, il pouvait le faire de suite, pour 150 NOK. Ce qui correspond en gros à 20 euros, et j'avoue que c'est un prix très correct comparé aux nôtres. En effet, cette opération est souvent facturée 30 ou 40 euros, quand ce n'est pas davantage, et c'est, chez nous pour le coup, une véritable arnaque. Malgré tout, comme ça ne se voit pas encore de trop, je le ferai plus tard.

Je vous montre quelques boutiques de la seule rue commerçante attractive.

Auto-école.

Ensuite, je vais faire quelques courses. A ce propos, les seuls fruits accessibles sont les bananes, qu'on trouve généralement à 1,40 € le kilo. Et ça tombe bien, car j'aime bien ça ! J'ai remarqué que beaucoup de fruits et légumes venaient d'Espagne et d'Italie. Les français sont, décidément, de piètres commerçants, et c'est bien dommage, car nous sommes excellents dans tellement de domaines. On ne peut pas être bon partout !

JJe repars et fais un crochet pour aller voir l'église de Tynset, bien à l'extérieur de la ville. Ici, avec le drapeau dressé, c'est le... presbytère !

Le paysage en face de l'église.

J'allais partir puis, par acquit de conscience, j'essaye d'ouvrir. Et... c'est ouvert, alors vous pensez bien que j'en profite.
Le gars qui est ici est extrêmement sympathique, me permet de photographier ce que je veux, et discute même un peu avec moi.

Tout est absolument nickel dans cette église, on sent qu'elle est très bien entretenue.

Les fermes disséminées dans la montagne autour de l'église.

Je retourne sur la grande route, la E3. Direction le nord-est. C'est la route de Trondheim, et ça circule !

La rivière que longe la E3 est la Tunna. Ici, je pense qu'un brise-glace est intervenu pour rétablir la circulation maritime.
Je peux me tromper, mais la nature ne fait pas les choses comme ça. Ici, c'est du travail de "bourrin", méthode humaine....
Efficacité avant tout. En tout cas, c'est étrange à voir.

Parti de 500 mètres, la route s'élève elle aussi jusqu'aux environs de 700/720 mètres, et rester à cette altitude : c'est le plateau !
Je trouve un bel emplacement pour me nourrir.

Et c'est reparti. La Tunna est magnifique dans la Tunndalen.

Evidemment, sur le grand plateau, je retrouve les zones marécageuses, et les lacs. Mais comme je ne les vois pas depuis la E3, je trouve une petite route qui me permettrait d'en voir un de plus près. Elle est à péage. Qu'à cela ne tienne, je vais y aller à pied, ce n'est pas bien loin. En fait, par hasard, je tombe juste sur une petite réserve naturelle. Il y a deux lacs, et la route les traverse. Ici le Stubsjoen.

Et le Sorsjoen. J'entends soudain le cri guttural caractéristique des fameuses grues, souvenez-vous.
Il y en a deux, on les aperçoit sur la petite bande de terre. Vous les voyez ?

Allez, pour les bigleux : zoom maximum, plus crop maximum de la photo. Cool, il y en a une qui nous fait la révérence... de dos, cette impolie !
Mais... c'est peut-être le mâle qui appelle sa femelle ? Vous savez, chez les oiseaux, ce sont souvent les mêmes les plus beaux.

Dans l'espèce humaine, je dois dire que ce sont les femmes les plus belles; elles nous battent largement dans ce domaine, et c'est tant mieux !

La piste payante, et gratuite pour les courageux piétons, comme moi.

Et un des inévitables chalets.

Quel est donc l' animal qui a laissé ces traces énigmatiques ?

Je reprends la E3. Heureusement, un peu plus loin, il y a de nombreuses possibilités de stationement. Vous pensez si j'en profite !

Quelles beautés immaculées. Admiration !

Je ne vois jamais ça dans ma belle Vendée.

Sur un grand parking, je vois 7 hommes sortir d'une fourgonnette. Des allemands. J'engage la conversation. Ils reviennent de 8 jours de pêche dans la région de Trondheim, dans des lacs d'eau de mer. Tout l'arrière de la fourgonnette est rempli de poisson, jusqu'au toit. Ils font ça tous les ans, ils partent dix jours, 3 jours de voyage, 7 jours de pêche. Ils louent une cabane et un bateau. Ils font ça depuis dix ans. Je reconnais bien là les allemands, très organisés, méthodiques, efficaces. Bravo à eux. J'en avais rencontré d'autres lors de mon précédent périple en scooter, mais plus haut dans le nord.

Au niveau météo, ils sont satisfaits. Ils m'ont dit que la seule chose qui craînt, c'est le vent. Si le vent se lève, alors là, c'est terrible et glacial. Sinon, aucun souci.

Je reprends mon petit chemin.

De petits hameaux tout le long de la route.

Kvikne.

Je suis fatigué, il commence à faire froid, j'ai envie de me poser. Il y a un petit Spar et un parking : ce sera ici.
La nuit va être froide, je le sens bien, et je dois me faire un petit feu de bois pour réchauffer le salon avant de me coucher.

Ha ha ha.

 


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