Scandinavie 2012, étape 027

Jour 027 - Dimanche 29 avril 2012 - 103 km - 274 photos
(Total : 3690 km - 5041 photos)
De Gjerdet à Stadsbygd/Soreng (Norvège)

Eh bien non, ils ne sont pas sortis, les "djeunes". Ils ont fait la foire une bonne partie de la nuit ici même, sur MON parking. Musique à fond, vous savez, celle qui rend fou, le "boum boum boum" continu. Pardon, j'ai écrit "musique", c'est une erreur, il s'agit d'une suite de sons identiques, sans aucune beauté, sur un rythme immuable, bref, du bruit, quoi. Je me suis regardé un film, puis j'ai mis ma propre musique, sur laquelle je me suis bien entendu endormi ! Non mais quand même, foi de scron-gnon-gnon, il y a toujours une solution ! J'ai donc bien dormi. Et je me réveille avec un grand ciel bleu. Evidemment, c'est le grand silence, le dimanche matin, il n'y a plus personne : volatilisés ! Décollage à 9h30.

La rivière longée par la E6.

Peu de circulation sur la E6 ce matin, je ne devrais prendre les grands axes que les dimanche. Eglise de Horg. J'ai vu en repartant -trop tard !- que la porte de l'église était ouverte. Ceci dit, il y avait sans doute un office. Sur le parking, des gens habillés sur leur "31" sortaient de leur véhicule. Je vous garantis que c'était la très grande toilette.

Et celle de Flä.

En dehors de ça, aucune photo. La raison en est bien simple : aucun parking sur cette portion ! Il n'y en tout et pour tout, entre mon départ et l'arrivée à Trondheim, qu'un seul parking. Dommage, il y avait quelques jolis paysages le long de la route -pléonasme en Norvège.

Et voici Trondheim. La ville est vide, les larges -enfin, LA large avenue d'entrée en ville- est quasiment déserte.

J'ai eu droit à deux péages, de 10 NOK chacun. Je n'ai pas payé. Forcément, tout est automatique. Tu es débité directement si tu as l'AutoPass. Sinon, tu payes dans une station gérant ces taxes -je n'en ai pas vu une seule. Et sinon, tu reçois une facture chez toi dans les six mois après le voyage, établie par une société londonienne spécialiste dans ce domaine. J'ai longtemps hésité, failli m'inscrire, puis j'ai laissé tomber. La raison ? Il y en a deux. D'abord, ce n'est valable que 3 mois : j'y suis pour 6 mois.... Deuxio, c'est une question de principe : il faut avancer l'argent (300 NOK), payer 200 NOK de caution pour le badge, qu'il faut ensuite renvoyer par la poste pour avoir le remboursement de la caution, plusieurs semaines plus tard. Et voyez-vous, ce sont des choses qui me fâchent. J'aime beaucoup les norvégiens, mais là, je trouve qu'ils se moquent de nous. Nous venons visiter leur beau pays, nous leur apportons des devises, nous payons des taxes en achetant leurs denrées bien plus cher que chez nous (grosses taxes notamment sur l'essence), alors je trouve qu'ils pourraient laisser les routes gratuites pour leurs visiteurs. Au lieu de quoi, ils instaurent un système compliqué, policier, désagréable, pas avantageux, et qui leur coûte en plus de l'argent dans la gestion. Alors, je sais bien où se situe aussi le problème : dans notre société, tout est de plus en plus automatisé, et il n'y a pratiquement plus de postes manuels. Il y a 6 ans, en 2006, il y en avait encore beaucoup, mais désormais, tout est filmé, les numéros minéralogiques des véhicules sont photographiés, et c'est ainsi qu'ils obtiennent nos coordonnées. Je me demande d'ailleurs jusqu'à quel point tout ceci est bien légal !? Bref, je suis passé, j'ai sans doute été photographié, et... ma foi, on verra bien dans six mois !

Je vois soudain en passant la très célèbre Nidaros Dom, la cathédrale de Trondheim. Je la reconnais aussitôt. Je quitte donc la voie principale pour chercher un parking. Facile. Et c'est gratuit le dimanche ! Je me félicite personnellement pour la bonne analyse effectuée par moi-même en amont -eh oui, je me couvre de fleurs, sinon, qui le fera ? En effet, il n'y a pas de circulation, moi qui déteste ça. Et le stationnement est gratuit. Merci Jef pour le bon tuyau. De rien, Jef, c'était avec plaisir. Oui, mais quand même, vachement sympa. Oui, je sais, pas de souci....

Photo de la rue où je suis stationné, pour le cas où...

Je suis stationné à cent mètres de la fameuse cathédrale.

J'adore les gargouilles, et il y en a beaucoup. Je ne vous en montre qu'une seule !

Contre-jour total, mais au moins, vous avez une idée de l'ensemble. Elle est très belle, et n'a rien à envier aux nôtres. J'ai pu y entrer, car il y avait une messe en cours. Il est interdit de photographier à l'intérieur. Le prêtre était une femme. Très traditionnels, les norvégiens. Grande, grande toilette, beaucoup de costumes, la chorale aussi. J'ai même vu un noeud papillon. Très très beau. Je veux dire, musicalement, quand ils chantent.. Et l'acoustique, une merveille. Et l'électronique... De petits téléviseurs sont placés dans les endroits d'où l'on ne voit pas le choeur, pour pouvoir suivre la cérémonie. Toilettes dans les catacombes.

Il paraît que toute l'histoire de la Norvège est sculptée ici à travers les personnages.

Celui du centre se balade avec trois têtes coupées.... des martyrs ?

Le parvis de la cathédrale.

A côté, les bâtiments du palais épiscopal, autour de cette très grande place.

Comme il fait très beau, et pour ceux qui aiment les photos de villes, et parce que je ne vous en ferai pas beaucoup pendant ce voyage, j'ai jeté mon dévolu sur Trondheim.

Trondheim [ˈtrɔnhæjm] (anciennement et localement Trondhjem, Drontheim en allemand, Råante en Same du Sud), l'ancienne Nidaros est une ville norvégienne située dans le comté du Sør-Trøndelag, dont elle constitue le centre administratif. Elle comptait 154 351 habitants au 1er janvier 2004 pour une superficie de 342 km². Trondheim, géographiquement située au milieu du pays, est la troisième ville de Norvège après Oslo et Bergen. Elle accueille une importante université, l'université norvégienne de sciences et de technologie. Le journal local, l'Adresseavisen, fondé en 1767, est le plus ancien journal de Norvège encore en activité.

Et c'est parti. Je marche ici sur la voie principale par laquelle j'arrivais avec Mygoo.

Ce qui me frappe d'emblée, c'est la pauvreté architecturale des immeubles, à part deux-trois qui ressortent du lot.

Une des très rares façades sculptées semblant ancienne.

Nous sommes en plein centre d'une très grande ville européenne -c'est leur troisième ville, quand même !-, et on se croirait encore, comme très souvent en Norvège, à une époque de conquête, de ville nouvelle. Très sincèrement, ça me fait penser à la ruée vers l'or du Klondike, à la fin du 19ème. Bien sûr, j'exagère, mais cette impression de ville nouvelle, de fermes juste installées, que j'ai depuis le départ est très forte. Que puis-je en déduire, puisque dans les faits, cette ville est très vieille, et les fermiers installés un peu partout le sont depuis fort longtemps ? Je dirais qu'ils n'ont pas prospéré, tout simplement. Ils vivent, mais ils ne semblent pas vraiment s'enrichir. C'est mon impression, à ceux qui connaissent le pays de me dire ce qu'ils en pensent eux-mêmes. Mais je trouve ça extrêmement marquant.

Une trotinnette ! Qui me rappelle de bons souvenirs de gamin, lorsque j'en avais une.

Fondée en 997, cette ville a donc plus de mille ans d'âge.

Le dernier viking. Cette statue représente le personnage du roman "le dernier viking" de Johan Bojer sorti en 1921 et décrivant la vie dans un village de pêcheurs voici un siècle. Ce village, Rissa, se trouve en face de Trondheim.

La gare.

La Nidelva au centre de Trondheim, avec de vieux entrepôts sur ses deux rives.

Je retourne maintenant vers la cathédrale. Ici, c'est le quartier des banques.

Une jolie façade.

L'église Vär Frue.

A l'intérieur : le bel hall d'entrée.

La grande place de Kongens Gate, juste à côté de l'église dont vous voyez le clocher à droite. Cette place m'a bien plu.
Sauf pour les bâtiments autour, pas terribles. Il y a un MacDo, je ne vous le montre pas.

C'est la place centrale de Trondheim.

La statue représente Olav Tryggvason, ou Olaf 1er de Norvège, fondateur de la ville.

Un peu plus loin, en retournant vers la cathédrale de Nidaros et Mygoo, l'entrée du Palais de Justice de Trondheim, très belle.

Jolie statue juste à côté de la mairie.

Voilà. Pour une ville de mille ans d'âge, c'est bien pauvre, je trouve. Maintenant, je n'ai pas visité toute la ville, juste le centre. Mais si on compare avec le foisonnement architectural des villes de cette taille, et de cet âge, en Europe de l'Ouest, c'est un peu misérable. Qui plus est, les villes d'Europe de l'Ouest ont subi des dizaines de guerres et destructions phénoménales, ce qui n'est pas le cas de Trondheim. SAUF en ce qui concerne les incendies : cette ville a été plusieurs fois détruite par de terribles brasiers : normal, constructions en bois ! Peut-être faut-il y voir là aussi une cause de cette pauvreté architecturale. Les norvégiens ont pourtant de la pierre à foison, leur territoire entier repose sur du roc. Mais ils ont aussi du bois à foison : et ils ont fait au plus simple, en bois. Je reviens encore sur cette impression de colonie nouvelle : les norvégiens n'ont pas su développer la richesse, sans doute parce qu'ils ne sont pas commerçants, mais cultivateurs et marins.

Ce que je vous dis ici ne repose sur aucune lecture, ni aucune analyse sérieuse. Juste sur une première impression, que je vous transmets telle quelle, sans aucune valeur intellectuelle.

De toute façon, j'en ai assez vu. Il est 13h30, je pars prendre mon ferry. Je vais en face, dans la péninsule de Fosen, où je ne suis jamais allé.
Vue sur Trondheim, vous l'aviez bien deviné.

Ah, la mer ! Quel bonheur. Attention, j'adore aussi la montagne. Mais ma joie est ici totale, puisque... les deux se côtoient ! Vue sur la péninsule de Fosen, sur laquelle donc je me dirige. je pourrais y aller par la route, mais il me faudrait monter au nord, pour redescendre ensuite au sud, ce qui, avouez-le, ne serait pas très rationnel. Je m'installe ici, sur ce parking, pour manger, car j'ai "grand faim", comme disent les vendéens. De toute façon, je n'ai aucune idée des horaires, et je m'en moque bien, car avec Mygoo, je peux lire, écrire, dormir, rêver, boire, etc... en attendant le suivant !

Et voilà. Mygoo, la première. Elle adore les ferries.

En fait, j'ai attendu environ... dix minutes ! Il y a deux bateaux qui font la navette en continu, et la traversée ne dure qu'une demi-heure. Le bateau fait environ 7,6 km fans le fjord d'un bord à l'autre, à la vitesse moyenne de 15,6 km/h, avec une vitesse maxi de 25,8 km/h. Merci au GPS pour les infos.

Alors que j'arrivais en vue du quai d'embarquement, il y avait plusieurs voies, avec des tas de panneaux et de recommandations, autopass, et ceci, et celà. J'ai pris une file, je suivais une voiture, la seule qu'il y avait sur l'immense parking d'embarquement. Il y avait une cabine de péage, mais personne. Le gars s'arrête, moi aussi. Soudain, il passe la marche arrière et recule. Manifestement, il ne m'a pas vu, et je me jette de tout mon poids sur le claxon de Mygoo tout en criant.... Et... miracle, il entend, et s'arrête à un cheveu du pare-choc de Mygoo, qui a hurlé comme une folle pour le coup, et elle a bien fait. Ouf. Le gars avance, et s'arrête, sans doute encore secoué. Je m'arrête et descends lui parler pour lui demander quelle file je devais prendre. Evidemment, notre conversation commence par la discussion sur la marche arrière. Nous avons bien rigolé, avec son épouse... après coup !

Aïe ouille ça fait mal. 28 euros le passage ! Et, en grosses lettres sur les quais d'embarquement, 50% de rabais pour ceux qui ont le badge "autopass".... Là, je hurle (tout bas, rien que pour moi). Ils auraient pu le dire, qu'il y avait de tels rabais ! Le gars qui me fait payer sur le ferry est super sympa, et m'explique qu'ils ont mis un péage spécial sur ce ferry cette année, c'était moitié moins cher l'an passé.... De toute façon, je veux y aller, le soleil brille, c'est splendide, j'adore déjà, alors je suis prêt à payer. D'ailleurs, je paye, tiens. J'enverrai un mail à l'organisme pour savoir si je peux bénéficier du rabais si je m'inscris maintenant à leur formule "autopass", on verra bien !

Me voici donc de l'autre côté, sur Fosen.
Au loin, dans le Flakkfjorden (c'est son nom, et la traversée est Flakk-Rorvika pour les minutieux), le balet incessant des deux ferries.
Au fait, je peux vous dire qu'il n'y avait pas grand monde, à peine une dizaine de voitures !

Bonheur. A moi les immenses plages du Grand Nord.

La première chose qui me frappe en arrivant -même pas mal-, c'est le mariage marin-agriculteur. Ici, les deux métiers sont intimement liés.
Au loin, c'est Trondheim que l'on voit sur l'autre rive.

La belle église de Stadsbygd.

Je suis pleinement heureux, parce que je vois des possibilités de bivouaquer un peu partout. C'est quand même bien différent des zones montagneuse d'où je viens, la vie sociale et communautaire est ici nettement plus présente, il y a des parkings. Je discute ici avec des norvégiens -un peu normal, en fait- car je cherche une station-service. J'ai oublié de faire le plein à Trondheim, et je préfère ne pas continuer sans le faire dès que possible, ne connaissant pas la quantité de stations présentes sur cette péninsule. Il y en avait une juste à côté, que je ne voyais pas. Je paye 1,83 € le litre. Cette fois, je paye avec la CB -en fait, je n'avais pas le choix, c'était une station 24/24 automatique-, et le change a été plus favorable avec la banque que le taux obtenu à la poste de Larvik ! En fait, 10 NOK me coûtent 1,32 euros au lieu de 1,37 en espèces. Mais l'euro a peut-être remonté depuis ?

Quand les labours se font jusqu'à la mer...

Le goëmon à la surface de l'eau, comme j'aime ça. Et encore, je ne vous transmets pas les odeurs de l'iode. Délicieux !

Finalement, c'est ici que j'établis mon bivouac, devant ce petit port de plaisance. Il y a des toilettes chauffées juste à côté.

Bonheur !

Les goëlans chantent, ou crient, ou hurlent, comme ça m'est égal.
Cette musique vaut des millions de fois celle d'hier soir.

Ah, Norvège, comme je t'aime : hier dans la neige et sur tes lacs gelés, et aujourd'hui en bronzette au bord de ta mer.
Divin.

 


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