Scandinavie 2012, étape 028

Jour 028 - Lundi 30 avril 2012 - 46 km - 119 photos
(Total : 3736 km - 5160 photos)
De Stadsbygd/Soreng à Fevag (Norvège)

Réveillé dès huit heures. Sans doute le soleil, bien que j'avais mis les volets, mais la lumière s'invite tout de même à l'intérieur de l'habitacle par quelques fentes étroites. J'entends un peu d'activité autour; normal, en plus d'être un port de plaisance, il y a des entreprises comme toujours sur les ports.

Il fait un temps superbe, comme hier, mais il y a du vent, et croyez-moi, il est frais ! Je vais un peu plus loin, à la pointe sud de Stadsbygd -et aussi de la péninsule de Fosen- où se trouve un vieux phare à cloche : ça s'appelle Rodbergsneset.

Depuis le phare, vue sur la Gronningsbukta (bukta = baie).

Jolie maison juste à côté.

Toujours la Gronningsbukta que je contourne. Les montagnes sont en fait de l'autre côté du Trondheimsfjörden.

Un des panneaux les plus courants en Norvège, du moins dans la partie sud; plus au nord, les élans sont supplantés par les rennes.

Le Trondheimsfjorden, vu depuis la route, au-dessus de la ferme Brorskift.

Ici au sud de Fosen, les "montagnes" culminent aux alentours de 350 mètres "seulement". Je mets ça entre guillemets, car à cette latitude, et à cette saison, 350 mètres, ça signifie qu'il reste de la neige. De plus, les routes passent parfois ces petites montagnes, et on a l'impression d'être en haute montagne. Et si vous quittez la route principale, vous êtes aussitôt sur une piste, parfois fort étroite, avec un peu de neige sur les bords, et des pourcentages de pente élevés, voire très élevés. Ce que j'ai fait un peu avant de reprendre la route normale. Je ferai très attention désormais avant d'en prendre.. Ici, la descente vers Rissa, dont je vous parlais hier (lieu où se déroule l'action du roman "le dernier viking").

Du même endroit, le Trondheimsfjorden. Admirez la pente de cette terre labourée.

C'est assez rare, mais parfois, l'emplacement de la boîte aux lettres est décoré avec goût.

Superbe église-monastère de Rein (qui semble faire partie de Rissa).

Là, je vois les pierres tompbales les plus originales que j'ai jamais vues : elles sont en métal, et ont la forme de parchemins.
Magnifique.

Le calme qui règne ici est accentué par cette ambiance : de très vieux bouts de bois traînent ça et là sur l'épaisse pelouse constituée en grande partie de mousse. J'ai l'impression de marcher sur un trempoline. Et d'être la première personne à fouler cet espace depuis de nombreuses années.

C'est ici que je vais installer pour la première fois depuis mon départ ma véranda/pare-soleil/agrandissement/abri des regards....

J'ai failli acheter un abri tout-fait, qui se déplie à la mode des tentes "deux-secondes", et s'adapte sur presque toutes les camionnettes. C'est le Ya-Too, je crois. Je suis allé voir une démonstration à La Roche-sur-Yon. C'est bien, spacieux. Mais c'est assez énorme, pas si simple que ça à installer, et à replier, et c'est plutôt volumineux une fois rangé -à cause de cette forme en cercle difficile à "caser" dans une Mygoo déjà bien petite. Et puis, ce qui fâche, c'est que les détenteurs du brevet te vendent ça 500 euros ! Gloups, faut pas exagérer non plus. Alors, je n'ai pas pris. En fait, il y avait aussi un problème : c'est que ce genre d'habitacle est conçu pour y manger à plusieurs, voire même y dormir, et par conséquent, ça se monte pour être utilisé quelques heures, voire quelques jours. Ce qui ne correspond pas vraiment à mon propre cahier des charges. Ce dont j'ai besoin, c'est d'un habitacle plus petit, qui puisse se monter/démonter en quelques minutes, pour une utilisation plutôt brève, le temps d'un repas, ou d'une douche très complète, ou voire d'une après-midi à lire à l'ombre...

Et le grand bricoleur que je suis s'est fabriqué son propre modèle, que je vous présente ici en exclusivité.

Coût de la toile : quelques euros. En fait, ça dépend de sa qualité, et la mienne est très "moyenne", dirons-nous !

Alors, comment faire tenir ça, car c'est bien ça tout le problème ! Et c'est là qu'intervient le génie de votre voyageur préféré (hum hum, là, je m'envoie pas mal de fleurs d'un seul coup). Vous me connaissez : "faut pas qu'c'est compliqué, et faut pas qu'ça fatigue non plus". Dans Mygoo, j'ai déjà pas mal d'astuces de fainéant comme ça, m'ayant évité de fabriquer des choses complexes, du genre : une chaîne qui fait le tour du plafond et des tas de tendeurs, ce qui me permet de suspendre à l'envie des tas de choses là où je le veux, et de les enlever aussi facilement. Et j'ai aussi deux barres métalliques pourvues d'un aimant dont je me sers aussi comme ça pour suspendre des choses : je n'ai qu'à la poser quelque part sur de la carrosserie, et ça tient tout seul.

Et voilà, je la tiens, ma solution ultra-fastoche : des aimants. Tu poses la toile où tu veux comme tu veux, tu poses tes aimants, et "c'est marre". Il y en a de toutes sortes, certains avec crochets. Je les ai achetés sur un site formidable que je vous recommande; je crois que ça s'appelle supermagnet, ce sont des suisses, ils parlent français, très sérieux, répondent aux questions, bref, du "parfait". Je m'en suis acheté un petit paquet de différentes formes/tailles/puissance d'attraction. Ils ne sont pas gros, mais je vous garantis que ça tient vraiment très fort ! J'ai de plus découpé deux morceaux à la forme de mes fenêtres, et chaque soir, je te colle ça en deux secondes avec mes aimants, et hop, le poste de pilotage est à l'abri des regards.

C'est des p'tits trucs...

Au final, je ne suis pas trop satisfait, car j'ai quand même "bâclé" le côté "bâche". L'idéal aurait été de faire des mesures sérieuses, de prendre de la très bonne qualité, et de la pré-plier comme il faut, avec renforts au niveau de mes portières. Bon, je verrai ça pour le prochain voyage qui sera peut-être dans des régions plus chaudes. Mais déjà, là, elle me servira telle quelle, c'est super efficace pour être à l'abri des regards, d'une petite pluie, ou de notre astre préféré -ici, en Norvège, on ne se cache pas du soleil, on s'y met ! Et ça m'a coûté trois fois rien, ce qui est aussi un sacré argument, du moment que ça remplisse le contrat.

Pendant que je procède à mes ablutions, j'entends mes oiseaux préférés des pays nordiques. Je ne suis pas très "oiseau", ce ne sont pas des animaux que j'aime particulièrement. Mais eux, ils me plaisent bien. Ils sont assez trouillards, mais en même temps extrêmement curieux. Du coup, ils s'éloignent quand tu t'approches, mais s'approchent quand tu t'éloignes. Et j'aime bien leur cri. Très faciles à reconnaître, noir et blanc, avec ce bec rouge assez long.

Juste à côté, le Botn. C'est une étendue d'eau rectangulaire, reliée au Trondheimsfjorden par un goulet étroit.
C'est donc de l'eau salée, dont le niveau suit le rythme incessant des marées.

Justement, le goulet dont je vous parlais. Vous n'en voyez pas grand chose, car la photo était plutôt là pour les jolies fermettes.
Au demeurant, vous pouvez constater que la marée est basse.

Face à la Sundsbukta, la baie de Rissa devant le Trondheimsfjorden.

Vous savez quoi ? J'ai envie d'air, j'ai envie de bosser sur ma table. C'est la première fois que je la sors depuis le début de ce voyage.
Quel plaisir que d'écrire dans un tel environnement, face à de telles beautés naturelles.

Et je bosse bien. Je suis lancé pour rester ici toute la journée, mais un élément que j'avais oublié s'est assez vite rappelé à mon bon souvenir. Le vent s'est fait plus fort, et surtout, plus froid. Et c'est arrivé très vite, en fait, en l'espace de 5 minutes maximum. Il s'est mis à faire tellement froid que j'avais besoin de gants pour mes mains, je ne pouvais pas rester plus longtemps les doigts nus à saisir sur le clavier. Ah, Norvège, tu es bien capricieuse. Les islandais disent qu'on peut voir chez eux les quatre saisons dans la même journée. Je le confirme pour l'avoir vécu. Mais on pourrait appliquer ça aussi à la Norvège, et même à tous les pays nordiques. Les écossais sont plus rigolos. Ils disent : "Il pleut ? Attendez cinq minutes...". Jolie façon de le dire, également applicable à la Norvège.

Bref, c'était génial, mais de trop courte durée !

Au bout de la Sundsbukta.

Toujours le long du grand Trondheimsfjorden.

Vue arrière et contre-jour pas très réussis !

La petite église de Hasselvika, sur une butte. Il est midi, il fait un froid de canard et, en plus, une petite neige fondue se met à tomber. Il n'en faut pas plus pour me décider à manger ici. Je me fais une bonne soupe bien chaude pour me réchauffer. Ensuite, comme il pleut-neige toujours, et que le vent est encore très fort, j'allume mon chauffage, et je m'installe au bureau pour continuer mon compte-rendu.

Il est finalement 16h30 lorsque je daigne enfin repartir, du moins lorsque les éléments extérieurs daignent se calmer un peu !

Une très vielle maison, puisque je vois 1832 inscit au-dessus de la porte.

Quelques fermes au loin, entre l'église et le fjord.

Hasselvika, la baie. Vika=baie, aussi. Comme pour Bukta. Il doit bien y avoir une différence. Il en est ainsi des langues; ici, au pays de la mer, les habitants doivent avoir plusieurs noms pour désigner les éléments semblables, chacun d'eux tenant compte de particularités bien réelles qui nous échappent à nous.

Feväg, dont la petite baie a perdu son élément liquide : marée basse !
J'ai changé de fjord, et je longe désormais le Stjornfjorden.

Quelques maisons de Feväg.

J'ai failli y bivouaquer, puis j'ai finalement laissé tomber. Vue globale de Feväg le long de sa petite baie. A droite et au fond, le Stjornfjorden.

En fait, j'avais repéré une petite église sur ma carte, où je pensais m'installer pour la nuit.

Et c'est bien ce que je fis ! Endroit superbe, très calme, un peu à l'écart de la route, avec toilettes parfaites juste à côté.

Au loin, depuis mon petit parking, j'aperçois la Frengsbukta, ou Baie de Frengen, nom du hameau où je me trouve.

Parfait ! Et en plus, les cieux sont plus cléments ce soir.

 


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