Scandinavie 2012, étape 031

Jour 031 - Jeudi 3 mai 2012 - 126 km - 241 photos
(Total : 4013 km - 5754 photos)
De Lysoysundet à Ratvika (Norvège)

Plus que l'activité du port qui s'éveille, c'est le froid qui me fait sortir de mes rêves. Il est tombé des averses très violentes encore cette nuit, souvent de grêle, mais ce matin, au moins, il ne pleut plus. J'ouvre le volet et... surprise surprise, une fois de plus !

Il neige, et même plutôt fort ! On peut dire que ça a le don de me booster ! Je quitte le port à 8h30.

La Rommesvika, avec la neige fraîche sur les montagnes. En hiver, quand tout est blanc, ce doit être splendide.

Et glacial.

Le petit Vikavatnet. Je reprends obligatoirement un petit bout de la route d'hier soir, pour sortir d'ici.

De l'autre côté du lac, c'est la Rommesvika.

Me voici maintenant sur une route nouvelle. C'est le bout du Teksdalsvatnet, un grand lac, qui en rejoint d'autres près desquels je passerai plus tard, mais après un long détour ! J'irais certes plus vite en bateau, sur cette portion.

Oups ! Il faut toujours faire gaffe en Norvège, car d'un versant à l'autre de ces montagnes d'une altitude pourtant si faible, les choses peuvent soudain devenir délicates. Ici, la nige tient. Heureusement, Mygoo adore, depuis qu'elle a ses nouvelles chaussettes !

Juste avant cette descente, j'avais mis les warnings -mal stationné, près d'un virage, mais le paysage était si beau que je voulais descendre faire une photo- et j'allais effectivement ouvrir ma portière lorsque je vois une voiture arriver. J'attends, et elle s'arrête à ma hauteur : police ! Ils me demandent -en anglais, ils sont gentils- ce qui ne va pas. Je leur dis que c'est ok, c'était un truc électrique -bref, un grand n'importe quoi, et je lève le pouce pour signifier que tout va bien, avec un grand sourire. Le gars est suspicieux, et regarde mon PC, mais finalement me dit "OK". Ouf. Je n'ai pas fait la photo...

Mais je suis têtu, et je n'aime pas louper une photo. Je trouve le moyen de faire demi-tour un peu plus loin, et de revenir près de ce petit lac qui m'intéressait : le Jovatnet.

Le même : il y a un cygne sauvage là-bas, c'est magnifique.

Le paysage devient de plus en plus plat, j'arrive à Botngärd, la petite ville traversée hier sans m'arrêter, qui se trouve au fond du Bjugnfjorden.
Ici, c'est le lac Liavatnet.

Coup d'oeil arrière; la route n'est pas goudronnée, la route principale longe l'autre rive !

Terres fraîchement labourées.

Le Liavatnet.

Je ne marque pas plus d'arrêt à Botngärd qu'hier ! Et je me retrouve sur la 710, que j'avais prise le 1er mai dans l'autre sens, et que j'avais quittée pour rejoindre le Stjornfjorden. Je trouve un beau parking au bord du petit Svartvatnet. Je décide de m'offrir un grand café. Mygoo est splendide : les violentes averses de pluie battante et de grêle l'ont bien lavée ! Comme quoi, ça ne vaut vraiment pas le coup de se casser le derrière dans le nettoyage d'une caisse, les éléments naturels s'en chargent très bien.

Boire une grande tasse de café bien chaud dans ce cadre, c'est le bonheur.

Le Gjoljavatnet, déjà photographié mardi -en entier, depuis les hauteurs, entre autres.

Le même.

Décidément, c'est la matinée police ! Le long de ce lac, la vitesse est limitée à 60 km/h, car il y a pas mal de fermes. Vous me connaissez, je respecte, je devais rouler à 50, 55 maxi. Et j'ai la surprise de voir un flic sur le bord de la route, penché sur un instrument... Radar mobile ! Avec moi, il a été déçu, je l'ai vu regarder, se relever aussitôt et se diriger vers ses collègues, qui avaient arrêté un véhicule.

Puis je retrouve la 715 sur laquelle je roulais dimanche. Cette fois, je pars vers le nord.
Grosse averse sur le Nordsetervatnet.

La 715 prend de l'altitude en passant l'Austdalen (rappel : dalen=vallée), et débouche au bord de l'Austdalsvatna, qui est encore partiellement gelé. Je décide d'aller jusqu'à la rive faire deux-trois photos. C'est marécageux, et aussi... mousseux. Admirez l'épaisseur ! Un délice de marcher là. Habituellement, j'évite de marcher ainsi dans la mousse, mais ici, c'est soit ça, soit le pied dans l'eau, car sous l'herbe couchée par la neige se trouve l'eau de la fonte, pas encore évaporée, et pas absorbée dans ce sol imperméable.

C'est le même lac, mais près de sa rive nord, à l'autre bout. Cette partie est entièrement dégelée.

Le bout du lac.

Au moment où je suis en train d'écrire ces lignes, il est 22h35, et c'est le 9 mai. Or, je suis assis dans l'habitacle de Mygoo, le hublot n'est pas occulté et le jour passe... Eh oui, je suis en train de saisir à la lumière du jour. Il fait sombre, mais je vois encore les lettres des touches. Le hublot doit faire grosso_modo 50x50, et je suis 1,30 mètres en-dessous, et un peu décalé. Dehors, je verrais nettement mieux ! Le soleil est couché depuis 30 ou 40 minutes, je pense. Je suis à la même heure que vous en France.

Un peu plus loin, je quitte la 715 au niveau du Morrivatnet -tiens tiens, sympa, ce nom..., comptant la rejoindre plus haut en traversant la montagne par une petite route. Le Mossatjonna, tout petit lac, mais admirez cette énorme dalle. Ces rochers sont typiquement norvégiens, et sont le résultat du travail des glaciers sur la roche. Je suppose que c'est le cas pour celui-ci aussi, mais je ne suis pas géologue.

Cette route longe ensuite le Storvatnet, très difficile à photographier du fait de l'absence totale de parking !

Sur l'autre rive, quelques fermes. Les hommes ont créé une clairière dans la grande forêt.

Coup d'oeil arrière.

Et ça, c'est le Litlvatnet. Eh oui, c'est une avalanche de lacs dans ce coin !

La fameuse route est une piste fermée entre le 1/10 et le 30/4. Elle vient donc juste d'être ouverte. La pente est très forte, mais j'y lance quand même Mygoo. Les affaires se corsent. J'ai déjà remarqué ça plusieurs fois : des entreprises nettoient les abords des routes, mais travaillent comme de vrais cochons, et ne nettoient pas la route après leur passage. Ce n'est pas ce qui m'arrête; c'est que plus haut, une portion de la route est très enneigée, et je ne suis pas certain de passer. De plus, ça monte encore et, d'après ma carte, il y a du souci à se faire. Je fais donc un demi-tour délicat avant de me retrouver bloqué plus haut ! Retour sur la 715, dommage.

Le Storvatnet à nouvau.

Et retour au point de départ, avec vue plongeante sur le Morrivatnet.

Le Morrivatnet.

Et les grandes forêts qui entourent encore en majorité tous ces lacs. Vous vous rendez compte de toutes ces zones où l'on pourrait partir à l'aventure, marche à la boussole, etc... En Norvège, pour les aventuriers, pour ceux qui désirent se plonger dans une nature peu foulée par l'homme, il y a de quoi faire !

Juste derrière le Morrivatnet se trouve le Morrifjorden.... Cette fois, retour à l'eau de mer !

Coup d'oeil arrière du même endroit; on aperçoit à peine les eaux du Morrivatnet en haut à droite.

J'arrive alors à la ville importante du secteur : Äfjord, dont voici la jolie église.
Je vais à l'Office de Tourisme, où je suis reçu avec beaucoup de gentillesse par un homme, ce qui est rare dans cet emploi.

Je n'assisterai malheureusement pas au décollage, qui n'est programmé que pour le mois prochain.
D'ailleurs, je vois bien qu'il y a encore un peu de boulot...

Le Morrifjorden dont je vous parlais n'est qu'un morceau du grand Äfjorden qu'une bande rocheuse sépare du Skräfjorden, ces deux grands fjords remplis d'îles, de baies, de sous-fjords... Bref, c'est un véritable labyrinthe, et il faut faire bien des kilomètres par la route quand quelques minutes de bateau suffiraient ! Je pars pour une boucle autour de Äfjord, et faire le tour des Monstadfjellet (fjellet=montagnes).

Je longe le Grytfjorden aux allures quelque peu tropicales !

Entre les fjords, la péninsule est montagneuse, avec de belles forêts. Sur la rive de ce fjord, ce sont plutôt des fermes, et quelques chalets de temps à autre, près de l'eau, le dos aux conifères. La forêt côté montagne est splendide.

Tiens tiens. J'ai mis un peu trop longtemps à réagir, il y avait un troupeau de cerfs et biches en lisière....

Et elle se croit totalement invisible. Mais avec mon oeil de lynx, je la vois bien, et elle peut se féliciter que je ne sois que chasseur de photos !

Les hommes façonnent le terrain, coupent la forêt, cultivent.

Le massif montagneux au nord est le Kvenndalsfjellet, entre 200 et 400 mètres d'altitude.

15 heures.... Il est grand temps de manger ! Ce matin la neige, ce midi pique-nique, et il fait bon. Ah, cette Norvège surprenante.

Côté fjord, la forêt est différente, plus gaie.

En fait, je suis venu ici pour voir Dragseid. Il s'agit d'un site réunissant le plus grand nombre de tertres funéraires et de pierres levées de Norvège, dressées pendant les grandes invasions (500 ap. JC). Je suis terriblement déçu, il n'y a presque rien !

Par contre, j'ai failli mettre le pied dans cette grande fourmilière, une trentaine de cm de hauteur.
La neige est partie depuis peu de temps, et la vie fonce, car elle sait que la belle saison est courte !

Dragseidvägen, la baie de Dragseid.

Et je longe maintenant le Äfjorden en retournant sur Äfjord.

C'est vraiment dommage que ce ne soit pas la pleine mer, mais c'est vraiment magnifique !

Le fjord est parsemé d'îlots et de presqu'îles formant des baies toutes plus belles les unes que les autres.

Un petit goût de paradis terrestre.

Puis je retourne au nord, contourne le fond du Grytfjorden et longe les Kvenndalsfjellet que je vous montrais plus haut.
Ici, le long du Morkafjorden, long et très étroit, et par conséquent presque vidé de ses eaux à marée basse !

Torhoggvägen, permettant presque de passer du Skräfjorden au Linesfjorden, mais c'est un cul de sac, disons un sous-fjord.

Par contre, la route le fait, et me conduit juste derrière à Ratvika. Quand je vois ce petit port de plaisance, je me dis que je vais camper ici. Vous voyez la petite voiture blanche, à gauche ? Eh bien, c'est à côté d'elle que je vais poser Mygoo pour la nuit.

Justement, la petite voiture blanche en question est une Peugeot Partner Dangel 4x4.... Vous connaissez ?
Depuis que je suis en Norvège, j'ai remarqué que la marque automobile française la plus courante est Peugeot.

Au loin, le pont permettant de passer sur Linesoya (oya=île). Exactement à 8,7 km d'ici à vol d'oiseau.

Les vaisseaux de pierres rabotés par les glaciers.

Excellent agencement des énormes blocs de rochers pris dans les environs.

Ratvika. Comme tous les villages, les habitations sont très dispersées.

Et voilà. Je me couche avec un ciel partiellement bleu.

Ce que me réserve la météo norvégienne pour demain, vous le saurez en lisant l'épisode suivant des aventures de Mygoo dans le Nord.

 


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