Scandinavie 2012, étape 034

Jour 034 - Dimanche 6 mai 2012 - 70 km - 296 photos
(Total : 4184 km - 6387 photos)
De Äfjord à Roan (Norvège)

Beau temps, je prends ! Excellente nuit dans le silence total. Pour une nuit de samedi soir, c'était royal. Où étaient donc les jeunes ?

Petit passage à l'église, toilettes obligent...

Je tente de rentrer et, ô miracle, il y a quelqu'un. Je demande si je peux photographier, et un homme semblant être le responsable -ou prêtre, pas moyen de savoir car pas d'habit particulier- me fait signe de le suivre, sans sourire, sans parler.. Il ouvre une porte fermée à clef, et on prend l'escalier pour arriver au premier étage. Et il repart, sans un mot ! OK, merci -tak en norvégien, alors je le "tak"- et je fais ma photo. Puis je repars en "re-takant".

Les fenêtres du haut ont été ouvertes pour lancer le carillon d'appel à la messe. Il n'y a pratiquement personne ici non plus.
Les religions se perdent, mon p'tit monsieur, du moins les religions de l'Europe de l'Ouest.

Il est finalement près de 11 heures lorsque je quitte Äfjord. J'ai bien aimé cette petite ville, accueillante.
Mikkelmoen, à la sortie d'Äfjord, sur la 715 qui longe la Norddalen.

La rivière que je longe est la Norddalselva.. Les chaînes montagneuses de chaque côté de la route font entre 150 et 250 mètres d'altitude seulement ! Et vous le voyez, c'est suffisant pour avoir conservé une partie de la neige tombée hier ! Finalement, j'ai bien fait de rester à Äfjord hier après-midi.

Au fait, pendant que j'y pense, car je ne vous l'ai pas dit (juste oublié). Hier, justement, après avoir mangé à Äfjord, j'avais envie de dormir. Et vous savez quoi ? Je suis allé dans le salon m'allonger sur le canapé, et je me suis assoupi presqu'instantanément. Il y avait du soleil qui pénétrait par la fenêtre du toit, c'était bon, j'étais bien. Tellement bien que je me suis réveillé à 17h30 ! C'est ça aussi, les vacances. Et c'était la première fois en un mois, mais je crois que je le referai plus souvent, tant c'est agréable !

Sur le plateau... Ceci est une petite route qui conduit très certainement à un ou plusieurs chalets, dans un coin d'étangs, de bois, de marécages, comme partout en Norvège sur les plateaux. Mais comme vous pouvez le voir, la route n'est pas encore libérée de sa gangue de neige ! Du coup, je suis allé marcher un peu dans cet élément si particulier; mes chaussures crissaient à chaque pas, génial.

Mamyra. Quelques chalets. Paysage d'autant plus enchanteur que la neige y est toute fraîche tombée de la veille, ou de cette nuit !

Et peut-être même de ce matin, allez savoir, tout change si vite ici, en matière de météo.

Mais ce dont je peux vous assurer, c'est que j'adore ! Lac encore gelé à droite, le Mamyrvatnet, 252 mètres d'altitude !

Mamyrvatnet.

Et environ 9 km après, plus de neige, c'est le grand printemps.

La petite Tostenelva (elva=rivière, vous l'avez sans doute déjà remarqué) et la Tostendalen, forcément.

Nilsengheia, 385 mètres, un sacré gros caillou ! Je ne les ai pas prises en photo, car ça n'aurait absolument rien donné, mais des cascades dévalent un peu partout les pentes des montagnes. Plusieurs d'entre elles seraient, en France, indiquées sur les guides touristiques, mais ici, on ne parle que des grosses, qui sont toutes plus grosses que la plus grosse de chez nous ! A ce propos, et je le disais récemment à Renaud, un lecteur assidu de mon site et en même temps grand amoureux de l'Islande, et que je salue au passage : depuis mon premier voyage en Norvège, je regarde à peine les cascades françaises, et depuis mon voyage en Islande, je regarde à peine les cascades norvégiennes ! C'est vous dire la puissance à peine imaginable des cascades islandaises.

Juste après, je quitte la 715 pour aller visiter le bout de côte situé ici, région appelée le Roan, rivage compris entre le Skjorafjorden au sud et le Brandsfjorden au nord, soit environ 15 km de côte seulement, mais en ligne droite. Et 36 km d'un fond de fjord à l'autre.

C'est aussitôt l'enchantement !
Comme je suis au nord du Roan, le premier fond de fjord qui se découvre sous mes yeux éblouis est le Brandsfjorden. Et le village est Straum.

Et ça, c'est le petit lac de Straum, juste avant le fjord. Il s'appelle tout naturellement le Straumsvatnet ! C'est un tableau vivant, une peinture naturelle. C'est sans doute pour ça que je ne suis pas un grand fan de l'art abstrait, je pense. Car je trouve que la nature nous fait de ces réalisations tellement extraordinairement belles que rien ne peut les améliorer, et que le travail humain, en comparaison, est bien peu de chose ! Par exemple, ce joyau est à moins d'un kilomètre du fjord et de la mer. Il fait très certainement partie de la même vallée glaciaire; le lac est le survivant de l'eau douce du glacier qui recouvraie cette vallée -qu'il a d'ailleurs très certainement lui-même forgée-, et le fond du fjord représente le bout de la vallée recouverte par la mer dans laquelle ce glacier s'est jeté. Du moins, c'est ainsi que je le comprends et imagine; peut-être suis-je complètement à côté de la plaque, mais je ne le pense pas, au vu de la carte topographique et de l'étude rapide des courbes de niveau. Et les hommes se sont installés juste entre les deux, dans la partie plate et facilement aménageable et cultivable, et ont créé cette petite communauté, Straum. C'est souvent le même tableau !

Sur le bord nord-est du lac, et marquant en même temps le fond du fjord, une montagne de 276 m. Et là, entre la montagne et le lac, et en remontant vers le nord jusqu'au fjord, les hommes cultivent la terre, la moindre parcelle de terre. Et la boucle est bouclée, pour l'instant ! Ce qu'il y aura ici dans 50.000 ans, bien malin celui qui pourrait le dire ! Si le niveau des mers remonte, ce sera sous l'eau. S'il y a une nouvelle glaciation, ce sera sous la glace. Si.... A vous de l'imaginer.

Et j'arrive donc au fond du Brandsfjorden, aux eaux limpides.

Je suis tout bonnement scotché, et je reste un moment à regarder, comme figé, saisi d'émerveillement.

Les photos, sachez-le, m'ont une fois de plus terriblement déçu. Soit j'ai un défaut dans la puce analysant la lumière, ou dans l'objectif, mais mon appareil photo ne travaille pas correctement, et ça fait un moment que je me pose des questions. Les couleurs sont mal rendues, et surtout surtout, le calcul de la luminosité se fait très mal. Ou alors, autre hypothèse, la lumière du nord est tellement forte que la puce ne sait pas la gérer ! Quoi qu'il en soit, ce que j'ai vu était très très très très au-dessus de ce que je vous montre ici. Et j'en suis bien désolé.

Je remonte donc le Brandsfjorden qui débouche sur la mer ouverte.

Sur l'autre rive, à droite, le hameau Hofstad.

Vue arrière après le virage du fjord à 70 degrés vers le NO. Vue arrière du fjord.
En face, la Bessakerfjellet, sur laquelle se trouvent quelques éoliennes.

Et vers la pleine mer. Pour faire cette photo, je suis descendu sur le rocher. Comme vous pouvez le constater, la végétation en a pris possession !
Une fois de plus, j'enfonçais à pleine chaussure dans la bruyerre et la mousse.

Carte plus détaillée ci-dessus, pour que vous suiviez mieux le parcours et voyiez mieux le découpage du rivage.

Sumstad, au fond de sa splendide baie naturelle, la Sumstadvika.

Marins et agriculteurs, tels sont les Vikings. Et accessoirement aussi pillards pendant quelques siècles....

Quand même, un bout de soleil, et ça change radicalement tout !

Si vous ne trouvez pas ça beau, alors ne continuez pas.

Je serais d'ailleurs très heureux d'avoir votre opinion sincère sur cette portion de rivage norvégien que je vous montre depuis une dizaine de jours. Car je ne vous entends plus, depuis que je suis au bord de la Mer du Nord. Serait-ce parce que ça vous plait moins ? Ou bien le mauvais temps vous fait rentrer au chaud dans vos maisons, et laisser la Norvège dans sa météo tourmentée ?

Puis la route s'élève, dévoilant la Sumstadvika et, derrière la petite presqu'île formant la baie, le Brandsfjorden bien sûr !

Vue vers le large; au fond, la partie finale du Brandsfjorden rejoignant la mer.

En fait, la baie Sumstadvika a la forme d'une queue de poisson, formant deux sous-baies !

Je ne m'en lasse pas. Si vous saviez comme c'était beau !

La route descend puis remonte aussitôt, passant un nouveau col, et contournant cette fois le Hellfjorden aux eaux d'un bleu intense.

Et transparentes. Admirez le rivage, on dirait un massif corallien -sans le corail.

Rien autour de ce fjord, pas une seule ferme, pas un seul chalet. Les roches, même les cailloux sont recouverts d'un épais tapis de mousse.

La route en fait le tour, et escalade un nouveau col pour passer dans la crique suivante.

Pendant la montée, une vue globale : Hellfjorden au premier plan, Sumstad et sa baie au deuxième, Brandsfjorden au fond !

Et on redescend dans le fjord suivant : le Beskelandsfjorden.

Habité par de nombreuses fermes, et le hameau de Beskeland sur sa rive nord, en hauteur. En bas, Buavika.

Au loin, la pleine mer, qui n'est pas sans me rappeler le rivage adriatique de la Croatie, avec ses très nombreuses îles allongées comme celles-ci.
Il y a ici un petit parking, avec une table et des bancs. Vous pensez bien que c'est là que j'ai dégusté mes cuisses de poulet..

Délicieux, tant pour la vue que pour le goût.

Buavika, avant de monter à Beskeland. En arrière-plan, on voit les éoliennes de Bessaker, de l'autre côté du Brandsfjorden !

Paradis terrestre ? Paradis maritime ? Ou les deux en même temps !

Et en plus, malgré la latitude, l'eau de mer ne gèle pas, ce qui est la grande chance de la Norvège. Grâce au Gulf-Stream qui arrose toute sa façade maritime. De l'autre côté, c'est le Canada, complètement gelé à la même latitude. Il n'a pas le Gulf-Stream, lui !

Descente vers Roan, la "ville" du secteur, et le Berfjorden, plus important.

Roan, le Berfjorden et, en face, Brandsoya (oya=île).

Mon attention est attirée par un mouvement, sur la droite du village, en lisière du bois et des rochers.

Le temps d'aller chercher le compact et son gros zoom dans la voiture, l'animal est presque parti, mais je l'ai quand même : c'est un élan !

La petite église de Roan, toute seule sur la petite butte. A côté, le bâtiment des toilettes. OK, je bivouaquerai dans ce village ce soir.

Avant d'aller me poser, je vais voir le petit village Utro, au nord-ouest du Berfjorden. J'adore ces petites montagnes.

Utro, au bord de l'Utrosjoen.

En face de l'Utrosjoen, c'est Eian.

Au large, les dernières îlots protégeant le continent. Un gros grain éclate là-bas, je vois la pluie tomber !

Le vent est assez fort, ridant la surface des eaux transparentes à souhait.

Utrosjoen (joen=petite baie?)

Retour vers Roan.
Comme vous le voyez, les agriculteurs sont là, avec les marins.
D'ailleurs, je vois souvent le bateau, bien rangé dans la grange, à côté du tracteur.

Le port de plaisance de Roan.

J'ai escaladé -très facilement- le gros rocher surplombant le petit port, ce qui m'a permis de faire ces quelques photos.

La côte au-delà de Roan, vers le fond du Berfjorden. On verra ça demain !

Et une vue vers le large.

Jeu de lumière, entre le grain qui monte et le ciel bleu.

A droite le petit port. En face, c'est Vika, petit village sur le bout de côte conduisant à Utro.

Je vais poser Mygoo près de la mairie de Roan. Pas de spot WiFi ce soir, tout est crypté. Pas grave, je peux bosser quand même.
La pluie ne tarde pas à venir, puissante, torrentielle, continue !

M'obligeant même à mettre un peu de chauffage.

Bienvenue en Norvège. 64°10' de latitude nord..... A deux degrés du cercle polaire.

 


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