Scandinavie 2012, étape 035

Jour 035 - Lundi 7 mai 2012 - 98 km - 303 photos
(Total : 4282 km - 6690 photos)
De Roan à Bessaker (Norvège)

Toute la nuit sans discontinuer. La pluie, la grêle, peut-être la neige fondue. A chaque fois que je me suis réveillé, je l'entendais tomber. Qu'est-ce que j'apprécie d'avoir cette voiture, vous ne pouvez pas savoir, après les nombreuses semaines de voyages en moto que j'ai connues. Je dirais que la moto, avec un hôtel tous les soirs, ce n'est vraiment pas un problème, même s'il pleut. Mais la moto avec une toile de tente, c'est déjà plus difficile, et c'est ce que je connais bien. D'un autre côté, quand on y est, on y est, c'est toujours pareil, c'est dans la tête. Mais la pluie qui est tombée cette nuit, c'est sur la tête de Mygoo qu'elle s'affalait, pas sur la mienne, qui est restée bien sèche ! Et je n'ai pas besoin de faire sécher Mygoo avant de démarrer, le soleil s'en chargera quand il daignera remontrer le bout de son nez.

Allez, 9h30, c'est parti. Je vais continuer à visiter ce rivage. Et je commence donc par aller au fond du Berfjorden. Ici, une petite presqu'île, avec un isthme de sable en miniature sans doute recouvert à marée haute. Derrière, Berfjordholmen (holmen=îlot), et encore derrière, de taille nettement plus imposante et méritant le suffixe "oya", Brandsoya.

La route est très jolie. On voit d'ici le fond du Berfjorden.

La roche a été découpée juste ce qu'il faut pour permettre le passage des camions, en hauteur.

Au fond du Berfjorden, une grande ferme posée sur une grande butte, qui s'appelle.... Berfjorden !

L'eau de la nuit, la neige sans doute tombée sur les hauteurs, retombe maintenant. Et partout, des cascades, des ruisseaux dégringolent, ramenant l'eau en bas, répondant ainsi à la loi gravitationnelle.

Et voici le fond du Berfjorden. Comme je vous le disais, c'est cultivé jusqu'au raz de l'eau.
Je me pose d'ailleurs une question : les terres jouxtant le rivage sont-elles privées, comme je le suppose ? Qui pourrait répondre ?

A droite, le champ fraichement labouré. Juste après, les cailloux marquant la hauteur de la marée haute. J'en conclus donc que la pollution doit bien exister, les déchets des engrais et autres matières organiques sont forcément rejetés directement en mer ! C'est totalement évident.

Après le Berfjorden, une baie appelée Gnaget (ci-dessus) et un pont permettant de franchir le Krakfjorden qu'une route longe sur sa rive sud, car quelques fermes s'y trouvent au fond. Sous le pont, le courant du flot est puissant : vous savez, remplissage et/ou vidage à chaque marée !

La route est désormais une belle piste. Tout du long, des fermes, des hameaux : Hongsand au nord, Kiran au sud.
A ma droite, mais un peu plus loin, c'est la mer ouverte. Enfin, il y a de nombreux îlots.

Après Kiran, la côte s'incurve à 90 degrés : on quitte la pleine mer pour pénétrer dans le large Skjorafjord, en forme de boomerang.

Regard vers la pleine mer (donc dans mon dos maintenant).

Partout où le regard porte sur la montagne, l'eau ruisselle, sous toutes les formes.

Quelques fermes jalonnent la route, là où se trouvent des zones planes en bordure du fjord, et donc des terres cultivables.

Joskjor. La ferme à droite, et la plage à gauche !

Vue arrière sur Joskjor.

Au zoom.

Une belle cascade sur l'autre rive.

Skjora. Un marin est en train de débarquer une grosse caisse remplie de gros poissons.

Vue d'ensemble de ce site magnifique. Dommage que le soleil soit absent !

La route suit le relief assez prononcé.

Au loin, le fond de Skjorafjorden, au pied de montagnes dépassant les 420 mètres.

Au fond du fjord, la piste se poursuit en grimpant dans la montagne; son état est mauvais; les quelques fermes bordant la route, au-delà d'un torrent impétueux, semblent en piteux état, et il est clair que les habitants de ces lieux sont plutôt pauvres, car ça sent vraiment la misère.

Je fais demi-tour ici, pratiquement au bout. On aperçoit les maisons de Brattbakken.

Comme vous pouvez le voir sur l'écran du PC photographié à cet endroit, là où se trouve la flèche. J'avais en effet essayé l'antenne WiFi, et je captais bien un signal, malheureusement crypté. Mais ce qui prouve que même ici, au fin fonds d'un fjord, dans un endroit vraiment au bout de la civilisation, les quelques habitants reçoivent bien Internet !

Retour au fond du Skjorafjorden, absolument fantastique avec la rivière, gonflée des pluies nocturnes, qui s'y jette.
Spectacle d'une très grande beauté, inoubliable !

Et maintenant ? Bein.... retour par la même route, évidemment !

En face de Sjora, c'est Tossvika. Qui se trouve donc sur l'autre rive, mais il n'y a aucune route qui va du fond du fjord vers ce hameau ! Alors comment font-ils ? Je suppose que leur seul moyen d'entrée et de sortie est la voie maritime ! Au-delà de cette ferme, un immense plateau, avec force lacs, marais et autres réjouissances norvégiennes classiques ! Au-delà duquel se trouve la 715 empruntée hier, le long de la Norddalen. Souvenez-vous, avec un peu de neige. Une région donc totalement sauvage et inhabitée. Leur zone de chasse et de pêche est donc immense.

Skjora au premier plan, et donc Tossvika tout au fond.

De la morue en train de sécher sur les planches du mur de grange. Marins et agriculteurs....

L'eau coule sur les immenses dalles rocheuses...

Gros grain en mer, en approche de Kiran.

Je vous le disais plus haut : l'eau quitte le Krakfjorden, qui est en train de se vider !

Je décide d'aller manger sur la petite Brandsoya, que je trouve fort jolie avec le soleil revenu.

Très belles maisons à Bakkan.

En quittant Brandsoya, photo prise depuis Bakkan. Au loin, le Berfjorden que je vais remonter.

Gros grain dans le Berfjorden.

Et ça a bien mouillé ! On retrouve la roche taillée au-dessus de la route, avec le beau soleil après l'averse.

Je repasse tous les fjords déjà vus hier, et photographiés sous le soleil.

Petit arrêt juste ici, au fond de Sumstad, pour la jolie Hagafjellet.

Et pour vous montrer ces deux beaux mâles reproducteurs, mis à part seuls dans ce champ. Un peu trouillards, ils se sont sauvés à mon approche.

Je longe maintenant le Brandsfjorden, déjà vu hier.

Et retour sur la 715 peu après Straum. Cette fois, je prends à gauche, direction le nord.

Je fais un crochet à Hofstad et je redescends au bord du Brandsfjorden, à l'endroit où il fait son coude de boomerang, lui aussi.

Hofstad.

Bessakerfjellet et ses éoliennes que l'on retrouve.

La "plage" de Hofstad.

Retour sur la 715, et ça grimpe pour contourner la Bessakerfjellet..

Ce sont les dunes.

Du coup, comme d'habitude, petit plateau, marécages, lacs, et un peu de neige !

Je vais longer ce très beau lac tout en longueur.

Comme vous pouvez le constater, mais je vous le montre à chaque fois au moyen des photos.... Vous faites quelques kilomètres seulement, et vous vous retrouvez dans un tout autre monde, plein d'intérêt lui aussi, et toujours tout aussi sauvage. Imaginez un peu le nombre de balades possibles ici, avec sac à dos, GPS et boussole. De quoi s'occuper aisément pendant plusieurs jours, et ceci partout, tout au long de la route qui n'en finit jamais.

Lacs, montagnes, marais, c'est partout l'aventure.

Et je quitte à nouveau la 715 pour retourner sur la côte. Vous reconnaissez sans peine les éoliennes de Bessaker : nous sommes désormais de l'autre côté, où se trouve ce lac sauvage : le Vikvatnet. Souvenez-vous, de l'autre bord, c'est le Brandsfjorden ! Etonnant, non ?

Et face à moi, je retrouve l'océan et ses multiples îlots.

En arrivant sur le rivage, il y a une route à droite qui conduit à Vik et rejoint un autre fjord, le Sorjefjorden. C'est une piste, et je ne fais que quelques photos sur le premier kilomètre.

La Vikbukta (baie de Vik) est vide ! Au fond de la baie, les maisons de Vik.

C'est magnifique, non ?

Retour vers la mer.

Je traverse Bessaker et poursuis vers Storvika, qui se trouve à la pointe nord du Brandsfjorden. En fait, je suis à la recherche de mon bivouac, et je ne trouve rien de bien. Si, c'est beau partout. Mais je parle du bivouac. Pour rejoindre Storvika, la route traverse une zone entourée de montagne, mais formant au centre une belle vallée.

Il n'en faut pas plus pour que les agriculteurs vikings reprennent la charrue... heuh, le tracteur, maintenant !

C'est une vallée riante, jolie, aux maisons propres et chatoyantes.
Mais comme d'habitude, pas de place publique, pas de parking : chaque chemin conduit à une ferme, point final !

Au bout de la route.

Face au Bessakersundet (sundet=passage maritime étroit entre le rivage et une île, par exemple).

Retour vers Bessaker. Alors que je comptais retourner sur la 715 et aller voir plus loin -pas si j'y suis, puisque je suis là, et je le sais que je ne suis pas là-bas encore-, je prends quand même la petite piste conduisant aux maisons de Bessaker.

Comme j'ai bien fait ! Un bivouac absolument fabuleux. Sur le port, il y a un petit magasin (Spar ou Coop, je ne sais plus, mais peu importe), des parkings à plat que je les aime, un superbe spot WiFi, et un lieu d'une grande beauté. Bref, THE bivouac, idéal.

Juste à côté, des rorbuer (rorbu au singulier). Ce sont ces fameuses cabanes de pêcheurs construites au bord de l'eau, souvent sur pilotis, que les norvégiens louent aux touristes l'été. Ceux-ci sont déjà loués à des allemands -j'ai entendu la belle langue de Goethe, que beaucoup trouvent moche d'ailleurs...- venus ici pour pêcher. Idéal : ils peuvent pêcher depuis le balcon, ou louer des bateaux et pêcher partout autour des îles et îlots, dans les baies et les fjords, bref, à l'infini.

Je grimpe sur le rocher derrière moi, ce qui me donne une vue formidable.

Les hommes sont en train de détruire l'îlot, là-bas : méthodiquement, ils en extraient toute la roche ! En voyant la taille des camions -pourtant énormes- situés à côté, ça donne une idée du nombre de camions qui ont déjà été remplis pour enlever ce qui est parti !

Tiens, certainement un des bateaux qui font la ligne Hurtigruten, l'express côtier qui relie Betgen à Kirkenes en une semaine, 11 jours pour l'aller-retour. La flotte de l'Hurtigruten comprend 11 bateaux, qui passent au plus près des côtes, longent les fjords... Comme celui-ci.

Majestueux.

Barre à babord..... toutes !

Pendant ce temps, d'autres pêchent....

Ce sera la dernière photo de cette nouvelle magnifique journée de voyage.

Alors, ça va, vous ? Vous ne vous ennuyez pas encore ?

Si ? Dommage, car je suis loin, très loin d'en avoir fini avec la Norvège !

Allez, je vous laisse, j'ai du pain sur la planche, moâ !

 


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